Port Ellen

D I S T I L L E R I E S   R É P U T É E S
Faisons connaissance avec les distilleries les plus réputées,
Suivons le Stills Tour avec Gilbert Delos

Où ?
Sur l’île d’Islay, tout au sud, non loin du port qui accueille les ferries desservant l’île. C’est la deuxième ville d’Islay en importance, après Bowmore. Le site de l’ancienne distillerie est occupé
par une malterie depuis 1973, mais une nouvelle distillerie, actuellement en construction, devrait être en fonctionnement en 2021.

Quand ?
En 1825, Alexander Kerr Mackay crée la distillerie de Port Ellen, avec l’aide de Walter Campbell. Mais le fondateur fait rapidement faillite, et c’est finalement John Ramsay, un des ses parents, qui reprend l’entreprise à partir de 1833 et l’a développée durant tout le 19ème siècle puis son épouse Lucy et enfin son fils Iain. Celui-ci la revend en 1920 à Buchanan-Dewar, qui entrera ensuite dans le groupe DCL, devenu Diageo aujourd’hui.

Port Ellen est mise en sommeil à partir de1930, pour ne redémarrer qu’en 1967, après d’importants travaux et le doublement du nombre d’alambics. Puis la malterie est construite en 1973. Mais la distillerie est à nouveau mise en sommeil en 1983, et s’arrête définitivement quatre ans plus tard, Diageo considérant que ses deux distilleries sur Islay, Lagavulin et Caol Ila, suffisent amplement à ses besoins. Alors que le site perd sa licence de distillation, une partie des bâtiments sont détruits, dont un des trois toits en forme de pagode en 2004.

En 2017, Diageo annonce son projet de reconstruire une nouvelle distillerie à Port Ellen, alors que ne subsistent qu’un kiln (four) et les anciens chais. Sont envisagées deux paires d’alambics, dont une servirait à élaborer des whiskies « expérimentaux ». Est également prévu un centre de visite A noter que les anciens plans des équipements comme des bâtiments ont été soigneusement conservés et serviront peut-être à la reconstruction.

Qui ?
John Ramsay et sa famille sont à l’origine de la renommée de Port Ellen, dont les single malts
seront les premiers d’Ecosse à être exportés aux Etats-Unis. Et c’est dans cette distillerie qu’a
été installé le premier spirit safe, le « coffre à alcool » qui permet de contrôler les opérations de
distillation

Comment ?
Port Ellen était équipée de deux paires d’alambics, chauffés au charbon puis à la vapeur. A son
summum, elle a produit jusqu’à 1,7 millions de litres d’alcool pur par an.

Quoi ?
Lorsqu’elle était en activité, la distillerie de Port Ellen n’élaborait des single malts que pour entrer dans les blends de Diageo. Et les embouteillages officiels ne datent que de 1998 et 2000 dans la gamme des Rare Malts, bien après la fermeture. Puis, après le lancement du premier Special Release, en 2001, la marque a commencé à devenir culte, et les embouteillages indépendants se sont mis à atteindre des prix de plus en plus élevés. Diageo possède encore quelques stock qu’elle ne commercialise que « goutte à goutte » ou presque, comme ce Port Ellen de 39 ans lancé en 2019 dans une nouvelle gamme appelée Untold Stories.

Au Clan, nous avons eu le privilège de déguster un Port Ellen, il y a plusieurs années de cela.Il s’agissait d’un 23 ans d’âge titrant 45,9°. Voici mes notes de dégustation :  » Couleur jaune très pâle. Nez huileux, herbacé (foin coupé), avec de puissantes notes fumées. Attaque onctueuse, puis plus relevée par des notes épicées et florales à la fois. Les notes fumées commencent à faire entendre leur jolie musique en arrière-plan, puis prennent progressivement de l’importance, au point d’envahir toute la finale. Le tout dans un équilibre et une élégance générale absolument remarquables. Un vrai chant du cygne, puisque ce malt remonte à la dernière année de production de Port Ellen. »

Photo : Le site actuel dominé par la malterie, deux toits en pagode étant toujours visibles. (Ayack – CC BY-SA 3.0, diffusée par Wikimedia).

 

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