Par Stéphanie Bescond – Publié le 7 août 2025 à 10:30 – Les Echos
On vous emmène à la découverte d’un savoir-faire traditionnel, bien que méconnu, des Côtes-d’Armor : celui de la distillerie qui, né avec les eaux-de-vie, perdure désormais notamment grâce au whisky, dans le monde des spiritueux 100 % made in Breizh avec la Celtic Whisky Distillerie, bien décidée à partir à l’assaut des marchés internationaux.

À l’extrême pointe nord des Côtes-d’Armor, entre granit, bruyères et embruns, une petite distillerie bretonne trace depuis quelques années un chemin singulier dans le paysage des spiritueux français. Avec 35.000 bouteilles produites par an et un chiffre d’affaires d’un million d’euros, Celtic Whisky Distillerie reste une structure artisanale.
Mais derrière ces volumes modestes se dessine un projet plus ambitieux : faire du whisky breton une référence à l’international.
Changement de propriétaire
Une stratégie impulsée en 2020 lors du rachat de la petite entreprise, créée en 1997 sous le nom de Glann Ar Mor, par Maison Villevert (80 millions d’euros de chiffre d’affaires). Si le nouveau propriétaire, spécialisé non loin de Cognac, en Charente, dans la production et le négoce de spiritueux n’a changé ni la physionomie, ni la philosophie de la distillerie, il l’a clairement fait entrer dans une autre dimension. Sur place, peu de choses semblent pourtant avoir bougé. Le site de production, toujours situé à Pleubian, poursuit sa fabrication artisanale, sans filtration à froid ni ajout de colorant. Et le vieillissement des deux gammes – Kornog (tourbé) et Glann Armor (non tourbé) – vieillies dans des fûts de chêne, exposés à l’air iodé breton, façonne toujours le goût de ses whiskies, souvent salués pour leur complexité aromatique.
Le maintien de cette tradition n’empêche pas qu’en coulisses, une mécanique plus industrielle s’est mise en marche. L’intégration à la galaxie Villevert – qui commercialise déjà plusieurs marques de spiritueux premium à l’international – a ainsi permis à la distillerie d’accéder à de nouveaux marchés, de Paris à Tokyo grâce à une stratégie de marque plus affirmée et à une distribution mieux structurée.
Une croissance revendiquée comme « maîtrisée »
Pour autant, les dirigeants insistent sur une stratégie de développement « à taille humaine ». Le choix d’un modèle de croissance raisonnée est mis en avant comme gage de qualité. Aucune volonté, a priori, de doubler ou tripler les volumes. Le discours est calibré : plutôt que de produire plus, il s’agit de produire mieux et de mieux vendre.
Une ligne stratégique assumée dès 2022 avec le lancement de « Gwalarn *», premier blend de la maison. Ce whisky d’assemblage mêle malts bretons, écossais et irlandais, et vise un public plus large, sans pour autant entamer l’image premium des single malts maison. Là encore, la logique est claire : il s’agit d’élargir la clientèle sans perdre de vue les racines de la maison, résolument bretonne.
(*) Anecdote : « Gwalarn » désigne aussi un vent de nord-ouest, l’équivalent de « Noroit » & a également donné son nom à un couteau de marin
dessiner par Henri Viallon.

Après de nombreuses fois remises, nous voici .. à Nancy où la choucroute n’est pas ce que l’on croyait, même dans un magnifique décor art nouveau !
La pandémie de COVID étant derrière nous, nous avons enfin pu reprendre nos pérégrinations écossaises, lesquelles nous ont menés de Glasgow à Edimbourg en passant par l’ile de Mull (sur laquelle se trouve la distillerie Tobermory qui produit également le superbe whisky tourbé Ledaig), Inverness, le Speyside et Saint-Andrews, Cette virée nous a permis de découvrir l’existence de nouvelles distilleries et malheureusement la fermeture d’une distillerie emblématique.
Heureusement en traversant le Speyside, près de la rivière Avon, nous avons pu visiter le château de Ballindalloch, «la Perle du Nord », construction originale datant de 1546, mais ayant subi des modifications au cours des siècles ; fait exceptionnel ce château a toujours appartenu depuis sa création à la famille Grant-Macpherson.
Au moment de notre passage, cette distillerie répondant au doux nom de « Uilebheist », venait de produire ses premiers distillats (ils avaient moins de 3 mois), nous devrons donc attendre avant de pouvoir les goûter.
Contrairement à ce qu’il était indiqué, la distillerie était loin d’être terminée. Sa caractéristique et principal intérêt vient du fait qu’elle est construite en hauteur (40 mètres de haut), il s’agira de la troisième distillerie active à Edimbourg. En attendant que son site de Leith démarre, la distillerie dénommée The Port of Leith a commencé à produire des spiritueux à Tower Street Stilhouse.

ce printemps où elle s’est empressée de visiter la distillerie Yamazaki, près de Kyoto et de participer à une dégustation.
■ Techniquement du grand classique (mais très aseptisé, les visiteurs n’approchent de rien, se lavent les mains au désinfectant avant d’entrer et observent les salles de distillation derrière de grandes baies vitrées) : deux distillations par jour, douze alambics, vieillissement en fûts de bourbon et de sherry, utilisation de bois américains, européens ou japonais, deux « coffres à alcool » (spirit safe).
dégustation. Dans une belle et grande salle, des tables ont été préparées avec des sets de dégustation (quatre verres couverts, un petit guide de dégustation, un petit pichet d’eau). Et c’est là que nous basculons dans un autre univers. L’animatrice, charmante par ailleurs, dépose sur chaque table un grand seau de glaçons et des bouteilles de soda !
s’achève par deux verres contenant le même Yamazaki, le premier à boire tel quel (bon produit basique mais sans grande personnalité) et le second à noyer de soda et de glaçons. Et bien sûr, il faut choisir la meilleure façon de goûter son breuvage : à l’unanimité (essentiellement des japonais et quelques américains) moins les quatre suffrages des membres du Clan, la seconde version l’a emportée … Précision faite que l’animatrice a loué le bon goût des dégustateurs puisque c’est bien ainsi que doit se boire le whisky nippon.
L’ile aux reliefs escarpés est très prisée des sportifs en tous genres (randonneurs, grimpeurs, cyclistes…) et notre visite, bien que motorisée, fut elle aussi assez sportive : gymkhana en Skoda dans la montagne (seule façon d’accéder aux magnifiques points de vue sur la mer) et course poursuite après des moutons égarés (quand il n’y a pas de berger à l’horizon, il faut bien que quelqu’un fasse le boulot et la récompense aura été un magnifique carré d’agneau…). Mais notre but principal restait la
visite de Talisker ! Là, grosse déception, un visitor center caricatural, départ tous les quarts d’heure pour la visite de la distillerie, show dispensé par un guide armé d’un micro, et cerise sur le gâteau un whisky shop décevant.
Déjà adieu à l’île de Skye, retour vers la civilisation, vers Campbeltown et l’Open day chez Springbank. Accéder au whisky bar ne fut pas de tout repos. Nous étions en compétition avec les plus redoutables amateurs de whisky de la planète dont certains sont adhérents au clan… Comme la terre est petite !



