l’ actualite du whisky

The last but not the least

Suite et fin …. par Tony Terrain

Bladnoch

Raymond Armstrong lors de notre visite

Il ne s’agit pas à proprement parlé d’une ouverture mais d’une réouverture. Ceux qui parmi nous ont eu l’occasion de la visiter se souviendront longtemps de cette charmante petite distillerie et de son charismatique propriétaire de l’époque, Raymond Armstrong.
Elle était silencieuse depuis 2009, mais cette année verra le retour de la distillerie la plus méridionale de l’Ecosse sous son 11e propriétaire. Bladnoch a une histoire tumultueuse jonchée de reprises, de rénovations et de longues périodes de silence. La distillerie a été érigée en 1817 sur la ferme de McClelland dans le hameau de Bladnoch dans le sud-est de l’Écosse et depuis ce temps elle a vu dix propriétaires aller et venir. En 2015, elle a été achetée par l’entrepreneur australien de yaourt David Prior, qui a complètement rénové le site avec l’intention de produire son distillat à partir de mai 2017, juste à temps pour célébrer le 200e anniversaire de Bladnoch.

Clydeside

Glasgow était autrefois un centre de distillation et d’assemblage de whisky (blend) en plein essor, mais au début du XXIe siècle, la production de la ville avait été réduite à un murmure, la seule distillerie de whisky encore en exploitation était la distillerie de grain Strathclyde qui appartient à Chivas Bothers.
En 2014, après une absence de 112 ans, la distillation de whisky de malt est de retour dans la ville avec l’ouverture de la distillerie de Glasgow à Hillington. Pendant ce temps, la construction d’une seconde distillerie indépendante était également en cours dans le quartier historique de Queen’s Dock. Morrison Glasgow Distillers (MGD), dirigé par le vétéran du whisky Tim Morrison (il est également propriétaire de la maison de négoce AD Rattray), prévoit de transformer, pour £ 10,5 millions, la vieille station de pompage construite au XIXe siècle en une distillerie de single malt nommée Clydeside. Située au coeur des célèbres docks de Glasgow, la distillerie ouvrira cet automne avec un café-restaurant et une expérience interactive autour du whisky et bien entendu, proposera aux 65 000 visiteurs attendus chaque année des visites accompagnées de dégustations. Alors que le whisky de malt de Clydeside devrait être léger et fruité dans le style typique desLowlands, MGD a laissé entendre que la distillerie produirait également un malt plus épicé de style « Speyside » en mémoire aux anciens jours de gloire des docs de Glasgow, où son commerce de tabac et d’épices était florissant.

Dornoch

Mars 2016 a vu les frères Simon et Phil Thompson lancer une campagne de crowdfunding pour transformer un poste de pompiers vieux de 135 ans en une micro-distillerie. Les dirigeants de l’hôtel familial Dornoch Castle dans la région de Sutherland ont été submergés par des promesses et ont finalement obtenu leur permis de distiller en décembre. Les deux frères ont fait des tests sur leur mout, leur fermentation et leur distillation mais en début d’année ils n’avaient pas totalement défini leur processus de fabrication. Leur objectif est de produire un malt «traditionnel», à partir d’une orge maltée sur une aire de maltage, d’effectuer une fermentation longue dans des washbacks en chêne (c’est bien la première fois que j’entendais cela) avec une levure de brasseur et des alambics alimentés sous une flamme directe.

Lindores Abbey

La première trace écrite de scotch whisky se trouve dans l’« Exchequer Rolls » de 1494, où le frère John Cor est invité à faire de l’aqua vitae pour le roi Jacques IV. Cor est réputé pour avoir résidé à l’abbaye de Lindores dans la région du Fife, un bâtiment maintenant abandonné souvent considéré et appelé la « maison spirituelle de whisky écossais ». Aujourd’hui, quelque 500 ans plus tard, la distillation est amenée à renaitre de ses cendres dans ce lieu mythique (en fait de l’autre côté de la route) grâce à la distillerie Lindores Abbey, dans laquelle il y aura un mélange de procédés de production traditionnels et modernes. L’orge proviendra principalement des 60 acres de terres agricoles qui entourent le site, et certaines d’entre elles seront séchées à l’aide de tourbe. La distillerie disposera d’un entrepôt moderne sur place avec des sections partiellement chauffées permettant à l’équipe d’expérimenter la vitesse de maturation. La distillerie devrait être terminée en septembre 2017. Bien que son premier whisky ne soit pas prêt de voir le jour, Lindores Abbey lancera sur le marché une eau de vie non vieillie au cours de cette année.

Drimnin

En plus d’être une ferme en activité, un fournisseur d’hébergement de vacances et un lieu de mariage, l’historique Drimnin Estate situé dans le comté d’Argyll devrait également devenir une distillerie cette l’année. Drimnin’s Distillery – le nom reste encore à confirmer – sera dirigée séparément du reste de la propriété et occupera les étages de la ferme adjacente à la maison principale. Un centre de visiteurs offrira des visites et des dégustations, avec la possibilité de déjeuner dans une serre reconvertie pour la cause avec une vue « spectaculaire » sur Tobermory et l’ile de Mull.

Isle of Raasay

Cette année verra le lancement de la première distillerie légale sur l’île de Raasay. C’est le premier de deux nouveaux projets pour R & B Distillers, dont le second sera un site dans les Borders. Pour l’instant, la distillerie de l’île de Raasay – qui devrait être opérationnelle d’ici l’été – devrait produire un whisky avec un caractère doux, fruité et légèrement tourbé, comme on peut le voir dans sa version « anticipée » élaborée à partir de deux expressions (l’une tourbée et pas l’autre) provenant d’une seule distillerie, « Raasay While We Wait ». Cependant, la distillerie pourra mener divers expérimentations au niveau de la fermentation ou de la distillation, ce qui permettra de créer une abondante variété de styles. Il y aura un centre de visiteurs – l’île est à proximité de Skye et de ses deux distilleries (Talisker et Torabhaig) – ainsi qu’un appartement sur le site réservé aux membres du club « Na Tusairean ».

Toulvaddie

La construction de cette micro-distillerie située sur l’aérodrome de Fearn près de Tain n’a pas encore démarré, mais Toulvaddie devrait être opérationnelle en mai de cette année. Aussi incroyable que cela puisse paraitre, et compte tenu de la longue histoire de la distillation en Ecosse, ce sera la première distillerie de whisky fondée uniquement par une femme : Heather Nelson. Elle financera et exploitera la distillerie elle-même avec l’aide d’un brasseur et a l’intention de produire un whisky léger et facile à boire avec des expressions tourbées et non tourbées… dans le style qu’elle aime. Pour sa première année d’existence, Toulvaddie propose d’ores et déjà un nombre limité de fûts de 70 litres à l’achat (£ 2 000 chacun), ainsi qu’une souscription pour ceux qui souhaite se joindre au Club des Fondateurs de la Distillerie.

LES PUFFERS par Gérard Trentesaux

L104 08Il y a quelques mois vous avez découvert un curieux logo qui venait illustrer deux nouveaux
blended malts du Clan, complétant nos whiskies régionaux, (ceux-ci n’étant pas immuables…)
d’autres viendront sans doute prochainement les épauler.
Mais qu’étaient les Puffers et que sont-ils devenus ?
Autrefois, ces rustiques embarcations à vapeur « étouffée », « souffleur de Clyde » faisaient du cabotage le long de la côte jusque dans les Iles Hébrides. C’était un spectacle familier sur les côtes ouest de l’Ecosse et sur les rives de la Clyde.
L104 09Pendant près d’un siècle, ces braves bêtes de somme, étaient un lien d’approvisionnement vital, pouvant se balader et accoster avec leur fond plat et leur derrick « in board » dans des lieux inappropriés, charger et décharger les matériaux les plus divers, matériaux de construction, céréales, charbon et bien sûr des fûts !
Voici aussi quelle était parfois leur histoire :
« Le premier skipper s’était avéré être un maniaque ivre. Il avait pris une cargaison de ciment à Barra pour construire une jetée. Le bateau avait subi des dégâts tout au long du bord du tribord, une lame de propulsion avait été renversée, l’équipage était en prison pour avoir volé la petite caisse du magasin… »

Leur histoire persiste, presque mythique…

Mais les temps ont changés et presque tous ont disparus. Signe des temps, ils n’ont pas résistés au développement du transport routier et aux ferries.
L’un d’eux, le Pibroch, construit pour Scottish Malt Distillers Ltd, est échoué en Irlande le long d’un quai, du côté de Galway et ne sera pas restauré. Les dons, des loteries, quelques amateurs L104 10nostalgiques, des bénévoles, des musées maritimes, ont permis de sauver quelques rares unités qui attendaient ici ou là d’improbables restaurations, comme Le « Eilean ».

« Eisdeal » ou le « Auld Reekie »
L’un d’eux le VIC 32 doit sa survie, après des années de travail, à un couple courageux et à leurs amis. Il a repris du service et donne du plaisir à ses passagers, continuant à souffler doucement à travers les eaux écossaises, le long des côtes, des lochs, des canaux, ceux-ci préférant la lenteur à la précipitation, restant sensibles aux senteurs maritimes et aux odeurs de soute.
Son panache de fumée, n’en déplaise à quelques écolos de tout poil, fait encore partie du paysage.
Quelques autres repartiront peut être vers de nouvelles aventures, mêlant le passé et le présent. Leur histoire persiste, presque mythique, traduite au travers des nouvelles écrites au siècle dernier par Neil Munro, ou encore par Keith Mc Ginn dans « The last of the puffermen ».
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Serge Valentin … le malt maniac français …

Serge Valentin, le malt maniac français qui a signé plus de 10 000 notes de dégustation de whiskies sur son blog «Whisky Fun ». Mais comment le définir ? Un passionné, un expert obsessionnel?
Il reste avant tout un formidable amateur indépendant avec une expertise exceptionnelle. Il reste toujours dans le réel et le vécu. Sa banque de données incontournable est une mine pour les amateurs, qui plus est, en accès libre. Chaque whisky est goûté, commenté, puis noté de 0 à 100. Il n’exclut pas de rencontrer un jour le « météorite » qui mériterait 100/100 !
Mais que devient-il dans cet univers ? Voici sa réponse : « Certains semblent se préoccuper de ma santé, mais ils ne devraient pas. Déguster 10 000 whiskies différents n’a rien à voir avec ingurgiter 10 000 verres de whisky. Moi, je me dis qu’il s’agit juste d’un chiffre, peut-être un peu spectaculaire… »
Il nous livre très récemment son commentaire sur le Bunnahabhain 11 ans brut de fût que François Xavier nous a proposé comme sélection de la fin d’année 2016.

Bunnahabhain 11 yo (55.4%, Cadenhead for Dugas, France, Small Batch, 2017)
L103-11Colour: white wine. Nose: it’s almost-new make, but that’s nice when that new make is, well, nice. Coal smoke, ink, clay, and lime, with a little sea air. Simple pleasures and a mezcaly side that we always enjoy.
With water: iodine and ozone everywhere, then wet fabric and damp beach sand. Mouth (neat): a creamy, sweet and lemony peat, zesty and very clean, with touches of jelly babies, Haribo style. And lemonflavoured!
With water: very good, well-chiselled, slightly fattish (think smoked salmon) lemony peat.
Finish: long, and almost totally salty-lemon-driven. Comments: perfect spirit, we’re in the same league as the best mezcals and tequila jovens. Huge quality/age ratio. SGP:457 – 90 points.

Bunnahabhain 11 yo (55,4 %, Cadenhead pour Dugas (France), par petits lots, 2017)
Couleur : vin blanc. Nez : c’est un style de whisky jeune, mais c’est plutôt agréable lorsque c’est bien fait, vraiment agréable. Fumée de charbon, encre, argile et citron vert, avec une touche de brise maritime. Plaisirs simples et un côté mezcal que nous apprécions toujours.
Avec de l’eau : prédominance de l’ iode et de l’ozone puis tissu mouillé et plage de sable humide. Bouche (sans dilution) : une tourbe crémeuse, sucrée et citronnée, piquante et très nette, avec des touches de bonbons Haribo. Et saveur de citron !
Avec de l’eau : très bonne tourbe citronnée, bien ciselé, un peu grasse (pensez au saumon fumé).
Finition : longue et presque totalement dominée par un goût salé-citronné. Commentaires : parfaite eau de vie, nous sommes dans la même catégorie que les meilleurs jeunes mezcals et tequila. Très grand rapport âge/qualité . SGP:457 – 90 points.

Hello, à demain ! d’après Antoine Lebrun

En Écosse, un écovillage bâti en fûts de whisky recyclés :
Findhorn, la ville où whisky et habitants sont du même tonneau.

Etendus sur trois hectares, les jardins communautaires de Cullerne sont cultivés selon les l102-11principes de la permaculture. Les quelques 30 variétés de légumes biologiques récoltés chaque année sont livrés aux abonnés sous forme de paniers via l’association Earth Share pendant qu’une autre partie alimente les cuisines du centre communautaire.
L’ensemble des déchets organiques générés servent aux différents composts, les résidus étant envoyés aux agriculteurs voisins.
L’autonomie comme moteur
Mais en plus de son indépendance alimentaire, Findhorn est aussi auto-suffisant en énergie. Grace à quatre éoliennes réservées, l’électricité ne manque pas et la communauté se paie même le luxe de pouvoir reverser un excédent au réseau national britannique. Pour chauffer les parties communautaires, un projet de chaudière en bois est actuellement à l’étude. Pour boucler définitivement la boucle, les eaux usées sont retraitées directement sur place selon un
processus naturel basé sur les bactéries : The living machine.
La rançon de la gloire
Mais tout n’est pas rose à Findhorn et le succès de l’éco-village pousse la communauté a devoirl102-1
sans cesse se réinventer. Avec 500 habitants aujourd’hui, Findhorn a atteint un stade critique. Afin d’accueillir les nouveaux arrivants toujours plus nombreux, 25 logements supplémentaires sont en cours de construction dans une partie des dunes surplombant le village. Mais cela pourrait ne pas suffire… Alors Findhorn et ses occupants songent à fragmenter leur fraternité en plusieurs micro communautés.
Le revers du succès.

Par Nicole LOISEAU

Hello, à demain ! d’après Antoine Lebrun


En Écosse, un écovillage bâti en fûts de whisky recyclés : Findhorn, la ville où whisky et habitants sont du même tonneau.

l101-3Au fil des années, les écovillages fleurissent un peu partout dans le monde. En Ecosse, la communauté de Findhorn est la plus ancienne d’Europe. Cet l’écovillage regroupe aujourd’hui plus de 500 habitants. Au-delà de son autonomie alimentaire et énergétique, Findhorn dispose d’une spécificité unique : les maisons y sont construites avec des fûts de whisky recyclés. Cheers !
Chaque jour, l’être humain se creuse les méninges pour trouver de nouveaux moyens visant réduire son empreinte écologique. Certains d’entre eux sont allés puiser très loin dans leur imagination.
Le 17 novembre 1962, un petit groupe de personnes s’installe dans des caravanes près du parc de Findhorn, au nord de l’Ecosse. Meurtri par des vents violents et entouré de dunes, le lieu est réputé inhospitalier et incultivable. Mais il en faut plus pour démotiver nos aventuriers qui s’essayent à l’agriculture, sans grande réussite. Dépités, ils s’en remettent alors à la nature et ses esprits. Et le miracle se produit : de gigantesques choux (20 kg !) sortent inexplicablement
de terre, sidérant tout le monde, des agriculteurs voisins aux journalistes. La légende de
Findhorn est née.
Dans les années 70, la communauté de Findhorn est composée d’environ 150 membres. Structurée par la création d’une ONG, la Fondation Findhorn, débute sa mutation en 1986 quand Roger Douda, un activiste américain de l’environnement décide d’y créer un écovillage unique, le plus ancien d’Europe à ce jour.
La vie en tonneaux
De petites maisons de 26 m2 sont alors érigées un peu partout dans le village, le tout avec l101-12 une composition aussi précise qu’insolite : la pierre locale et des mottes de paille pour l’isolation, des toits végétalisés mais aussi et surtout des fûts de whisky recyclés provenant d’une distillerie voisine pour les murs, la maison Haig. Vous avez bien lu, des murs en bois de tonneaux ayant servis à faire vieillir un délicieux single malt. En Ecosse, whisky et habitants sont logés à la même enseigne.
Forte de cette idée, la communauté dispose d’une des plus faibles empreintes écologiques
d’Europe : 2,6 ha par habitant, d’après des mesures réalisées en collaboration avec le Stockholm Environment Institute de York et l’écoquartier londonien de Bed Zed. Un résultat honorable qui repose sur de nombreuses initiatives.

Suite dans la prochaine lettre…

LE PRIX DE LA PASSION …

par Tony TERRAIN

L’augmentation des prix du whisky, notamment le « haut de gamme », est bien une réalité. Il vous suffit de consulter les tarifs de vos marques préférées pour en être convaincu ! Oui, mais… le whisky est aussi un produit dont le prix évolue cycliquement (expansion, contraction puis crise). Ne serait on pas arrivé à la fin du cycle ? Pour mieux s’en rendre compte, une étude me semble utile…
Pour réaliser cette étude, il fallait trouver un historique suffisamment long en date et composé des références « premium » (voire plus), suffisamment nombreuses et dont la mise sur le marché se fait régulièrement. Je me suis donc orienté tout naturellement vers le numéro un des spiritueux : Diageo.
Pour commencer, un petit historique
En 1995, avec l’intérêt croissant pour les single malts apparurent les Rare Malts. Pendant dix ans ces expressions, provenant de distilleries souvent fermées, très appréciées dans le milieu des amateurs de malts et objet de convoitises pour les collectionneurs, furent composées de véritables pépites dont la rareté augmentait à mesure que les stocks déclinaient. Il y avait alors une demande constante pour des bruts de fût hors du commun, aux caractéristiques uniques et non reproductibles, incluant certains Classic Malts jamais proposés dans la série Rare Malts. Pour y répondre, les Special Releases furent créées en 2001. La première série – 100 bouteilles de Talisker 28 ans d’âge à 43,3 % – se vendit immédiatement, et ce malgré un prix de 600€ (à l’heure de boucler ce texte, une bouteille est encore en vente sur un site Internet de référence, Whisky Exchangepour le citer, au prix de 3 999 £ soit près de 5 600 €).
Un Port Ellen 22 ans d’âge et un Talisker 25 ans d’âge suivirent et s’écoulèrent tout aussi rapidement. Et depuis, tous les ans, Diageo lance sur le marché une série de nouveaux embouteillages (6 à 12 bouteilles selon les années) dont les prix ne cessent d’augmenter.
Ainsi, le 20 octobre dernier, la compagnie britannique dévoilait le prix de vente de ses « Special
Releases 2015″….

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Les bouteilles
Hormis quelques distilleries récurrentes, pour lesquelles on retrouve tous les ans un embouteillage (Port Ellen, Brora, Lagavulin et Caol Ila unpeated) certes, avec des âges différents, il n’est pas aisé d’établir une comparaison entre les embouteillages de distilleries différentes, c’est la raison pour laquelle j’ai établi des regroupements par âge et « réputation » de la distillerie.
Pour la plupart, elles sont embouteillées au degré naturel et limitées à quelques milliers de bouteilles (3 000 à 7 000 bouteilles sauf pour les versions de Lagavulin de 12 ans et Caol Ila Unpeated qui atteignent quelques dizaines de milliers de bouteilles).
Les augmentations étant moins significatives avant 2008, elles ne figureront pas ci-dessous.

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Les prix
Afin de ne pas tenir compte du taux de change qui a fortement fluctué durant ces dernières années, j’ai volontairement conservé les tarifs de vente (en livres sterling, monnaie du pays producteur), lors de leur première émission. Les commentaires sont ici peu utiles et les chiffres
sont assez éloquents. On constate pour 2015 une forte décroissance de l’euro par rapport à la livre sterling, ce qui n’est pas sans conséquences pour l’acheteur.

Conclusion (purement personnelle)
L’augmentation des prix de notre breuvage favori est une réalité, toutefois, on s’aperçoit, que l’année 2015 pourrait annoncer un changement (peut-être durable ?) dans la politique tarifaire des distillateurs. En effet, le marché du whisky de collection (Port Ellen et Brora sont des distilleries fermées depuis 1983 et jouissent d’une excellente réputation auprès des amateurs, collectionneurs et autres spéculateurs), bien qu’il reste en légère progression, est loin des croissances à deux (voire trois) chiffres des années antérieures. Sur les gammes régulières standards (Lagavulin 12 ans) le prix reste stable. On observe même une baisse sur les malts âgés ou très âgés provenant de distilleries qui ne sont pas aussi célèbres que leurs consoeurs.
Pourquoi ce revirement de situation ? C’est tout simplement dû au fait que ces whiskies affichent des tarifs trop élevés pour pléthore d’acquéreurs potentiels et par conséquent pas de preneur. Il n’est pas rare de voir chez bon nombre de distributeurs plusieurs de ces références qui se vendent mal.
En conclusion, en 2015, si le prix de votre whisky a encore subit une augmentation, on peut davantage attribuer ce phénomène au change qu’à une réelle volonté du producteur de faire encore plus de bénéfices…
2016 devrait voir les tarifs du whisky stagner sauf si les cours de l’euro chutent à nouveau !

Le guide Hachette des whiskies de Martine Nouet

L’auteur
Martine Nouet est journaliste gastronomique et L9713 MARTINE NOUETdégustatrice, spécialiste des eaux-de-vie et particulièrement du whisky. Elle a participé en 2004 à la création de Whisky Magazine France dont elle fut la rédactrice en chef pendant six ans. Elle collabore à l’édition britannique et à diverses revues spécialisées en France. Reconnue internationalement pour son expertise, elle a développé une approche sensorielle des eaux-de-vie et des accords entre mets et whisky. Elle a reçu en 2012 le titre de « Master of The Quaich », une prestigieuse distinction décernée par le monde du whisky. Elle vit depuis six ans sur l’île d’Islay en Écosse. Elle tient à disposition l’actualité autour du whisky sur son site internet (http://martinenouet.com).
Le livre
Un outil de sélection incontournable :
– Une première approche pour les néophytes et une exploration accompagnée pour les connaisseurs.
– Une sélection de 500 whiskies dégustés, notés (0 à 3 étoiles), commentés, 80 coups de coeur attribués aux whiskies les plus remarquables.
– 150 distilleries classées par pays : histoire, méthode de distillation, informations pratiques.
– Des propositions d’alliances gourmandes.
Un panorama complet  Guide du whisky - M. Nouet
– Tous les goûts, tous les styles, tous les prix : pour chaque whisky présenté, découvrez le profil aromatique et sa fourchette de prix.
– Une exploration des whiskies du monde entier : Écosse, Irlande, États-Unis, Canada, Japon, France, Australie, Afrique du Sud…
Une approche pratique
– Toutes les clés pour apprivoiser et comprendre le monde des whiskies :
culture, histoire, élaboration, consommation.
– Comprendre les fondamentaux de la dégustation
– Des conseils pour bien reconnaître et choisir les whiskies.
– Repérer les circuits d’achat et les lieux de consommation : les points de ventes (boutiques), les achats sur internet et les bars.

De nouvelles distilleries sur Islay ….

Alors que les travaux de Gartbreck, la distillerie de Jean Donnay sur Islay ont pris du retard, un projet porté par un grand groupe est en cours d’étude : il s’agirait d’une distillerie traditionnelle, avec aires de maltage, kilns et une capacité de production de 200 000 LPA. Le site d’Ardnahoe, sur la route de Bunnahabhain, semble bien placé, même si l’achat des terrains reste à négocier. Enfin, une dernière distillerie artisanale est envisagée à Farkin, pas très loin de Laphroaig, mais pas en bord de mer.

Jean-Marc DANQUIGNY

Tais-toi, ferme les yeux, achète, et bois !

La Scotch Whisky Association, qui rassemble la majorité des distillateurs écossais (mais pas Bruichladdich, Springbank ni Bladnoch, entre autres) invoque les règles européennes pour interdire à l’assembleur Compass Box (non-membre de la susdite association)  de communiquer la composition d’un de ses derniers blends dont le nom est inspiré d’un tableau de Magritte. Seul l’âge du plus jeune whisky entrant dans la composition peut être légalement indiqué. Les whiskies qui composent ce blend ont de 19 à 40 ans. Il y a 79 % de Glen Ord 19 ans vieilli en sherry butts de premier remplissage, 10,1 % de whisky de grain de Strathclyde 40 ans, 6,9 % de whisky de grain de Girvan 40 ans et 4% de Caol Ila 30 ans, ces trois derniers élevés en hogsheads de chêne américain de second remplissage –Compass Box peut vous en révéler la composition mais sans indiquer l’âge, heureusement il reste les réseaux sociaux…
Plus sérieusement, au moment où les NAS (no age statement : sans indication d’âge) remplacent les versions d’âge , que reste-t-il pour faire notre choix ?  La dégustation, et il y a exercice plus désagréable.

Jean-Marc DANQUIGNY

Le guide Hachette des whiskies

Guide du whisky - M. NouetUn outil de sélection incontournable – Une première approche pour les néophytes et une exploration accompagnée pour les connaisseurs. – Une sélection de 500 whiskies dégustés, notés (0 à 3 étoiles), commentés, 80 coups de coeur attribués aux whiskies les plus remarquables. – 150 distilleries classées par pays : histoire, méthode de distillation, informations pratiques. – Des propositions d’alliances gourmandes Un panorama complet – Tous les goûts, tous les styles, tous les prix : pour chaque whisky présenté découvrez le profil aromatique et sa fourchette de prix. – Une exploration des whiskies du monde entier : Ecosse, Irlande, Etats-Unis, Canada, Japon, France, Australie, Afrique du Sud… Une approche pratique – Toutes les clés pour apprivoiser et comprendre le monde des whiskies : culture, histoire, élaboration, consommation – Comprendre les fondamentaux de la dégustation – Des conseils pour bien reconnaître et choisir les whiskies – Repérer les circuits d’achat et les lieux de consommation : les points de ventes (boutiques), les achats sur Internet et les bars.

L96 Guide du whisky  - M. NouetL’auteur Martine NOUET Martine Nouet est journaliste gastronomique et dégustatrice, spécialiste des eaux-de-vie et particulièrement du whisky. Elle a participé en 2004 à la création de Whisky Magazine France dont elle fut la rédactrice en chef pendant six ans. Elle collabore à l’édition britannique et à diverses revues spécialisées en France. Reconnue internationalement pour son expertise, elle a développé une approche sensorielle des eaux-de-vie et des accords entre mets et whisky. Elle a reçu en 2012 le titre de « Master of The Quaich », une prestigieuse distinction décernée par le monde du whisky. Elle vit depuis six ans sur l’île d’Islay en Ecosse. Elle tient à disposition l’actualité autour du whisky sur son site Internet http://martinenouet.com/.

Jim McEwans part en retraite …. mais pour combien de temps ?

L96 JimAprès nombre de rumeurs infondées, c’est le 1er août que Jim McEwans a finalement pris sa retraite, 52 ans jour pour jour après avoir débuté chez Bowmore en 1963. Après des débuts comme apprenti tonnelier, il acquiert de l’expérience dans quasiment tous les aspects de la distillation, qu’il s’agisse du brassage, du maltage ou du vieillissement. En 1971, alors âgé de 22 ans, il est nommé maître de chais, poste qu’il occupa jusqu’en février 1976 où il est muté à Glasgow à la Roseburn Bonding Co pour y être apprenti blender. Ayant acquis le précieux art de l’assemblage, il est nommé directeur de la The Tannochside Bonding Co (un centre d’assemblage) en janvier 1978.
En février 1986, retour à Bowmore, cette fois en tant que directeur, où il passera les douze années suivantes. C’est à cette époque qu’il commence à voyager en tant qu’ambassadeur de la marque, passant jusqu’à 30 semaines par an hors d’Islay. En 1995 on lui propose de devenir juge à l’International Wine and Spirit Challenge, poste qu’il occupe toujours. Même proposition de la part de l’International Spirit Challenge. En 1995 toujours, il reçoit le titre de Distiller of the Year, à l’International Wine and Spirits Competition de Londres.
Au printemps 2000 il est contacté par Gordon Wright qui a le projet de racheter Bruichladdich avec Mark Reynier et Simon Coughlin. La décision de quitter Bowmore a été — d’après Jim — assez facile à prendre car il était las de voyager aux dépens de sa vie de famille et préférait l’univers de la distillation. Et le fait de retourner sur son ile n’y a pas été pour rien non plus. Du côté de Bowmore, c’était plutôt la soupe à la grimace…
Les douze années passées à Bruichladdich ont été, pour reprendre l’expression de Jim « comme un tour de montagnes russes », mais une expérience merveilleuse, au vu des progrès accomplis et des amis gagnés. La résurrection de cette vieille distillerie a permis à Bruichladdich d’être trois fois « Distillery of the Year », et à Jim d’être quatre fois « Innovator of the Year ». Le statut maintenant culte de Bruichladdich et la possibilité d’employer de nombreux Ilich (natifs d’Islay), ainsi que le succès du gin The Botanist ne sont pas ses moindres motifs  de satisfaction.

Slàinte mhor a h-uile là a chi ‘s nach fhaic ! (*)
   Jean-Marc DANQUIGNY

DES NOUVELLES DE SKYE –  Tony Terrain

Torabhaig  

L96 - Voyage 1

L96 - Voyage 2

C’est dans un ancien corps de ferme du xixe siècle, un site classé, qui appartenait à Sir Iain Noble que la construction de la seconde distillerie de l’île de Skye a débuté. Il est alloué 5 millions £ pour assurer les travaux permettant de transformer cette ferme en distillerie.
Les travaux de rénovation (qui ont débuté courant 2014) devraient prendre environ 18 mois, et une fois achevés ils marqueront la concrétisation d’une ambition de longue date, celle de Sir Iain, un homme d’affaires connu tant pour sa carrière en banque d’affaires à Edimbourg que pour la promotion de la langue gaélique. Il était également le propriétaire des « Gaëlic whisky » (Praban na Linne) proposant une gamme de whiskies de caractère au nom imprononçables parmi lesquels on retrouve le Té Bheag ou le Poit Dhubh que nous avons déjà eu l’occasion de gouter au Clan.
Il a passé un bon nombre d’années pour mettre sur pied les plans de Torabhaig, mais ceux-ci ne se sont pas concrétisés avant qu’il ne meurt à la fin 2010. Sa veuve, Lucilla, a été invitée à rejoindre le Conseil d’administration de la nouvelle distillerie. Elle est très heureuse de voir le projet de son mari renaître.
Ce projet est maintenant sous le contrôle de Mossburn Distillers (qui produit environ trois millions de bouteilles par an de vin, de vodka et rhum à partir de sites basés en Russie, dans le Caucase, en Pologne, en Suisse et en France), qui est dirigé par Neil Mathieson. M. Mathieson connaissait Sir Iain Noble qui lui avait parlé, il y a quelques années, de Torabhaig.
Les détails de construction de cette nouvelle distillerie ne sont pas encore être finalisés, mais les installations comprendront un centre de visite. Les plans ont été établis par les architectes d’Edimbourg Simpson & Brown, qui avaient préalablement étudié le site pour Sir Iain Noble. Ils mettront l’accent sur la préservation de la structure historique des bâtiments.
Ils ne sont pas novices en la matière puisqu’ils ont déjà travaillé sur des projets de nouvelles distilleries (Kingsbarns) ou de rénovation (Strathisla). Une fois terminée, elle deviendra seulement la deuxième distillerie de la célèbre île des Hébrides. L’autre est l’illustre distillerie Talisker, fondée en 1830 à Carbost et détenue par le géant des spiritueux Diageo.
M. Mathieson a dit que Torabhaig serait une « contribution précieuse » à la distillation du whisky sur Skye. Elle devrait également renforcer l’attrait de l’île aux visiteurs internationaux qui sont attirés par sa beauté naturelle et le patrimoine culturel.
M. Mathieson a rajouté : «Nous avons une magnifique propriété dans un cadre magnifique donnant sur le détroit de Sleat à Knoydart (au sud-ouest de Skye) ». «C’est un endroit parfait pour une petite distillerie traditionnelle et nous avons hâte de travailler avec la communauté locale pour faire vivre notre projet. »
Le premier distillat de Torabhaig devrait s’écouler des alambics fabriqués par Forsyths fin 2015 voire début 2016. Elle devrait produire entre un quart et un demi-million de litres par an (l’équivalent d’une distillerie de petite taille) de single malt et est susceptible d’employer environ huit personnes.
Avant d’arriver à maturité (vers 10 – 12 ans), Torabhaig pourrait proposer des fûts en souscription et quelques versions en « work in progress ».

Écosse : de l’effet du réchauffement climatique sur (entre autres) le haggis !

 

Par Jean-Marc DANQUIGNYL95-5

 

Actuellement, 100 hectares de vasières et marais salés disparaissent chaque année du Royaume-Uni, du fait de l’érosion.
Du coté des précipitations, elles ont augmenté « seulement» de 36,5 % depuis 1961 sur la côte Est mais de 68 % dans le Nord et l’Ouest de l’Ecosse. Les 50 000 km de rivières écossaises seront sujettes à de plus nombreuses crues.
Il vaut mieux qu’il pleuve un jour de mauvais temps, plutôt qu’un jour où il fait beau. Pierre Dac
La température moyenne en Ecosse a augmenté de seulement 0,5 ° C depuis 1910 mais cela s’accélère. Il faut s’attendre à un réchauffement de 1 à 2 ° C en hiver et de plus de 2 ° C en été vers 2050.
En 2003 aussi, l’Ecosse a eu sa période de canicule, avec plus de 2 000 morts. Même si le record de chaleur en Ecosse a été battu à cette occasion – 32,9° C à Greycrook (Scottish borders) – il reste pour nous dans des limites acceptables.
Autre conséquence, une désynchronisation des rythmes de vie de différentes espèces, les chenilles apparaissant trop tôt par rapport à l’éclosion des oeufs pour pouvoir servir de nourriture aux oisillons. Le pin Laricio (eh oui, le même qu’en Corse) est lui menacé par la maladie des bandes rouges.
Pour ce qui est du whisky, les périodes de sécheresse imposeront des périodes de fermeture plus longues, réduisant la production et les revenus du tourisme. L’industrie du ski disparaitrait, et avec elle 50 millions de livres de dépenses (dont 99 % au pub ?).
Et le haggis, me direz-vous ? Hé bien, le réchauffement a permis à plusieurs maladies de remonter vers le Nord : la maladie de la langue bleue (fièvre catarrhale ovine) et d’un vers parasite des poumons, qui rend pour cette dernière les poumons impropres à la consommation. Même si les Ecossais ne s’en vantent pas, le poumon de mouton est un ingrédient de base du haggis, ce qui fait qu’il est interdit d’importation aux USA. Le marché du haggis représente 15 millions de livres en Grande-Bretagne, et 1,2 millions à
l’export vers 28 pays.
PS. Cet article est libre de droits pour servir aux devoirs de vacances de vos enfants, à l’unique condition de me communiquer la note obtenue.

Plus de visiteurs dans les distilleries

Les dépenses dans les distilleries ont atteint 50 millions de livres pour 1,5 millions de visiteurs, à comparer avec les chiffres de 2010 : 27 millions de livres dépensées par 1,2 millions de visiteurs.

Un pavé dans le whisky ou Lorsque le menuisier menace le Master Distiller

Par Gérard TRENTESAUX

L94-6

Christine Lambert dans une de ses rubriques, nous confie ses états d’âme : « Un gadget en chêne se propose de transformer la gnôle à gueule de bois en whisky haut de gamme. On n’avait pas vu tel miracle depuis la multiplication des pains ! »                                    

Transformer le William Peel
en Macallan, on en a tous rêvé

…Un pauvre petit peigne en bois brûlé tombé comme un cheveu sur le whisky est en train de semer l’émoi chez les amateurs de malt. Car une fois trempé dans votre verre, l’objet se fait fort d’ajouter trois ans à votre liquide en seulement vingt-quatre heures… Transformer le William Peel en Macallan, entre nous, on en a tous rêvé, et un tel miracle mériterait d’être reconnu par le Vatican. Time & Oak, la start-up américaine vise la béatification, Tony Peniche, le jeune homme derrière le projet, est ce Harry Potter du malt qui a imaginé Whisky Element, un épais bâton plat crénelé, découpé au laser horizontalement dans la pièce de chêne pour offrir une plus grande porosité et un contact maximum avec l’alcool, puis toasté ou brûlé c’est comme si l’action du fût était décuplée : votre whisky a l’air de prendre un coup de vieux…

…En réalité, il prend surtout un coup de gourdin. Nos confrères de Gizmodo, qui ont testé la chose « pour que personne d’autre n’ait à le faire », ne sont pas sortis convaincus de l’expérience. Continuer la lecture

Rétroviseur ….

Il est courant en début d’année, de jeter un oeil dans le rétroviseur, pour établir un bilan des mois écoulés. Les coutumiers de cette rubrique n’apprendront peut être que peu de choses au travers de cet article, mais il leur permettra de se remémorer en quelques lignes les faits marquants liés au monde du whisky.
Tout d’abord, 2014 a vu naitre le numéro 3 mondial en terme de spiritueux. En effet, Suntory qui possédait déjà les distilleries japonaises Yamazaki et Hakushu ainsi que quelques écossaises (Bowmore, Glen Garioch et Auchentoshan) s’est approprié pour une bonne dizaine de milliards d’euros le leader du bourbon, l’américain Beam. Il amène dans son escarcelle notamment le bourbon Marker’s Mark pour ne citer que le plus connu, mais aussi un bon nombre de whiskies écossais (Laphroaig, Ardmore coté malts et Teacher coté blend), irlandais (Connemara, Tyrconnel) ainsi que quelques canadiens.
Après plusieurs mois d’un long feuilleton à rebondissements (initialement convoité par Diageo),
United Spirits, le géant indien, est parvenu à céder Whyte & Mackay (Dalmore, Jura, Fettercarin, Tamnavulin ainsi que la distillerie de grains Invergordon) au numéro 1 mondial des brandys, le groupe philippin Emperador.
Toujours coté business, les ventes de scotch whisky ont enregistré une baisse significative, notamment en Asie mais aussi sur ses marchés matures que constitue l’Europe (exception faite de la France), ce qui n’était plus arrivé depuis plus d’une décennie. Conséquence, Diageo a d’ores et déjà avorté son projet de construction d’une « nouvelle super distillerie » qui devait voir le jour sur un site adjacent à l’actuelle Teaninich.
Coté bonnes nouvelles, on a pu célébrer les naissances des distilleries Annandale et Kingsbarns
dans les Lowlands, Ballindalloch et Dalmunach (sur le site de la défunte Imperial) dans le Speyside, Ardnamurchan dans les Highlands et Tullamore Dew en Irlande. Souhaitons leur longue vie ! Par ailleurs, de nombreux projets sont en cours et pourraient se concrétiser dès 2015. En effet, Macallan a déjà entrepris la construction d’une nouvelle distillerie qui lui permettra de devenir la plus grosse capacité de production de whisky de malt d’Ecosse. Sur Islay, la 9e distillerie en activité de l’ile pourrait se nommer Gartbreck dont l’initiateur n’est autre que Jean Donnay, fondateur de la distillerie bretonne Glann Ar Mor. Mark Reynier, l’ex-propriétaire de Bruichladdich, envisage de réhabiliter une ancienne brasserie Irlandaise en distillerie et qui pourrait entrer en production début 2016  …
Coté mauvaises nouvelles, les prix de nos breuvages préférés ne cessent de croitre. Tous les ans les nouveaux embouteillages officiels que proposent les distilleries apparaissent avec un nouveau packaging mais à un tarif bien plus élevé. Par exemple, Highland Park propose le « Dark origins » qui est en fait un single malt de 12 ans d’âge avec une proportion plus élevé de whisky élevé en fut de sherry mais aussi 50 % plus cher. Un autre subterfuge pour masquer l’augmentation consiste à diminuer le degré alcoolique de leur embouteillage tout en conservant le même prix. Par exemple chez Ardmore le « traditionnal Cask » est devenu le « Legacy » les deux étant à un tarif comparable mais le premier affiche 46 % d’alcool alors que le second ne présente que 40 %.
De façon plus personnelle, en 2014, j’ai eu le plaisir de participer aux douze dégustations parisiennes organisées par le Clan des Grands Malts et de découvrir plusieurs malts exceptionnels. Les Tomatin 35 ans et Caol Ila 29 ans lors de notre fête du malt ou encore le Highland Park 25 ans de chez Cadenhead dégustés en début d’année en font incontestablement partie, sans oublier les embouteillages officiels de chez Springbank (le 12 ans, un régal ou le Hazelburn Rundlet et Kilderkin) ou encore le savoureux Bladnoch de chez Duncan Taylor gouté lors de notre dégustation de Noël.
Par ailleurs, 2014 pour moi, c’est également un voyage dans les « East Highlands » qui me laissera beaucoup de souvenirs impérissables… Et vous ?

Par Tony TERRAIN

D’abord Londres, puis Islay, enfin l’Irlande … Où s’arrêtera Mark Reynier ?

L94-5Après avoir été l’initiateur du rachat de Bruichladdich par un groupe d’investisseurs,Mark Reynier, au départ négociant en vin londonien, remet cela en rachetant l’ancienne brasserie Guinness de Waterford pour la transformer en distillerie de malt et de grain.

Rassemblant cinquante investisseurs, dont certains avaient déjà participé à l’aventure Bruichladdich, il prévoit de démarrer en 2016 avec une capacité de 3 millions de litres, qui pourra être doublée dans le futur.

Par J-M. DANQUIGNY

Les Écossais aussi savent établir des normes ….

The Scotch whisky regulations 2009 a interdit l’exportation de single malt dans tout autre contenant qu’une bouteille – faite d’un matériau inerte – et étiquetée pour la vente au détail à compter du 23 novembre 2012.

D’autres règles on été édictées :

• On ne peut distiller que du Scotch whisky en Ecosse, et non pas de whisky – product of Scotland..

• Il est interdit de faire vieillir ou d’assembler des whiskies qui ne soient pas du Scotch whisky.
La Scotch Whisky Association avait combattu le vatted malt Celtic Nations de Bruichladdich,
contenant du Bruichladdich, un peu de Port Charlotte et un single malt tourbé irlandais.
Il faut savoir que Bruichladdich, comme Springbank et quelques indépendants, ne sont
pas membres de la SWA.

• Les limites du Speyside ont été clairement définies, excluant au passage quelques distilleries
dont Ardmore. Pour les Lowlands la description de la limite ne prend que huit lignes.

• On peut ajouter l’indication géographique avant le type de whisky : Islay Single Malt Whisky,
mais pas Single Islay Malt Whisky.

• Pas de Glen Dornoch qui peut faire croire qu’il s’agit d’une distillerie existante, car de de nombreuses distilleries ont un nom commençant par Glen (sic). Encore moins de société baptisée Glen Dornoch Distillery Ltd ! Par contre Glen Dornoch Castle est permis.

• Si l’année de distillation est indiquée, l’âge ou l’année d’embouteillage doit être présent dans le
même champ de vision.

• Dans le cas d’un propriétaire de distilleries situées dans différentes régions, il sera légal de faire référence à sa distillerie d’une région sur l’étiquette d’un whisky d’une autre région.
Pas d’exemple dans le texte hélas, et pas encore de mise en pratique.

Enfin, si vous voulez vous référer au texte intégral :
Source : http://www.scotch-whisky.org.uk/
media/12744/scotchwhiskyregguidance2009.pdf

J-M. DANQUIGNY

Stocks en hausse

L93 - Tonneaux
Par Tony TERRAIN
A fin 2013, les stocks de scotch malt whisky représentaient 1 854 679 655 litres d’alcool pur, dont seulement 13 % ont été distillés en 2002 et avant.
La production de whisky de malt a quasiment triplé depuis 1983, s’établissant en 2013 à 274 784 185 litres, contre 93 398 000 en 1983, année dite du « whisky loch » où la surabondance des stocks provoqua la fermeture – temporaire ou définitive– d’une quinzaine de distilleries.

Exportations de scotch whisky en forte baisse au 1er semestre 2014

Les chiffres des dix premiers marchés en valeur sont éloquents, même s’il faut prendre en compte que Singapour est une base de réception du whisky avant sa distribution en Asie du Sud-est. Le Singapourien moyen ne consomme donc pas les 13,7 litres de whisky par an que les statistiques leur attribuent… contre 0,01 litres pour le Chinois moyen.

                                     1er semestre 2014                          1er semestre 2013                       Variation
États-Unis                                328                                                    391                                          -16 %
France                                      211                                                    199                                              6 %
Singapour                                  94                                                    174                                          – 46 %
Taiwan                                        91                                                      65                                            39 %
Espagne                                     79                                                       82                                            – 4 %
Allemagne                                  65                                                      83                                           – 22 %
Afrique du Sud                          59                                                      65                                           – 10 %
Emirats Arabes Unis                 54                                                      43                                             26 %
Corée du Sud                             53                                                      60                                           – 12 %
Brésil                                           40                                                      49                                           – 19 %

(en millions de livres)

Chivas Brothers se paie une nouvelle distillerie

dalmunach chivas

Damunach, la nouvelle distillerie de Chivas Brothers.

 

Chivas Brothers a achevé la construction de sa nouvelle distillerie de malt whisky, ce qui lui permettra de faire face à long terme face à la hausse de la demande mondiale pour le whisky écossais. Cette nouvelle distillerie de malt, la 14e en fonctionnement de Chivas Brothers (le groupe possède entre autres les distilleries Aberlour, Longmorn et Strathisla) est nommée DALMUNACH. C’est l’étang, à proximité de la rivière Spey, sur les bords duquel se trouve la distillerie qui lui a donné son nom.
L’architecture de la distillerie a été « inspirée » par la forme d’une gerbe d’orge, l’ingrédient de base de whisky single malt. Cette nouvelle distillerie abrite huit alambics disposés en cercle.

Vestiges intégrés
Les « wash stills », en forme de tulipe, et les « spirit stills », en forme d’oignon, copient ceux de la
distillerie IMPERIAL qui était située sur ce même site jusqu’en 2012. Par ailleurs, les vestiges de Continuer la lecture

Peat, official mouser

Il s’appelle « Peat », il a huit semaines et vient tout juste d’être nommé Official Mouser, chasseur de souris, dans une distillerie qui est plus célèbre pour sa Grouse que pour son chat, quoique…
Il prendra la succession de « Barley », qui a disparu l’hiver dernier. Nul doute qu’il marchera dans les pas de son illustre ancêtre « Towser », un des chats les plus célèbres qui figure le Guiness Book des records pour la capture de 28 889 souris en 24 ans de service.

Mais où est la souris ?

 

 

 

 

Mais où est la souris ?

Par Tony TERRAIN

Référendum sur l’indépendance : c’est parti !

L91.4 MAGASIN DE GLASGOWLe monde du scotch whisky ne pouvait rester indifférent au référendum du 18 septembre. L91.5 GLENFIDDICH
D’abord quelques flacons, les premiers en provenance d’un magasin de Glasgow. L’autre en provenance de Springbank est un blend de 30 ans limité à 2014 bouteilles.
Plus classiquement, Glenfiddich a fait une donation de 100 000 livres au camp du No, tandis que les membres de la Scotch Whisky Association ont visiblement peu envie de devoir gérer 2 marchés au lieu d’un …
Jean-Marc DANQUIGNY

Départ en retraite d’un Mc Gyver du whisky …

L91.6 DUNCAN MC GILLIVRAYOn peut réunir des capitaux, un maitre-assembleur surdoué et une distillerie en sommeil depuis 10 ans avec son matériel d’époque, cela ne sert à rien si personne ne sait comment faire fonctionner le matériel.
Pour Bruichladdich, ce rôle indispensable, general manager, a été tenu – avec passion et bonne humeur – depuis la réouverture, par Duncan McGillivray. Le journal local avait publié une offre d’emploi impressionnante, tentant de résumer les multiples talents dont devra être doté son remplaçant ! Après 40 ans passés à Bruichladdich, il sera étonnant qu’il ne repasse pas le nez pour voir si tout se passe bien.
Jean-Marc DANQUIGNY

Islay declares war on Britain …

David Cameron was in Downing St, when his phone rang.
— “Hello prime minister” a heavily accented Islay voice said, this is Lucci speaking over here in the Bowmore bar, Islay, we are sick of high petrol prices, food prices, and I do not like a lot of your policies, so I am calling to tell you that we are officially declaring war on you”.
— “Well then…” David replied. “This is indeed important, how big is your army?”
— “Right now”, said Lucci after a moments calculation,  “There is myself, big brother Alistair, Donkey, my next door neighbour, and all of the bar staff”. David paused, “I must tell you Lucci I have 70 000 men in my army, waiting to move on my command”.
— “Wow”, said Lucci, “I will have to call you back”. Continuer la lecture

Le Whisky pour les nuls ! Philippe Jugé

whisky pour les nulsD’où sont originaires les premiers whiskies et comment sont-ils produits ? Comment ont-ils conquis la France et le monde ? Boire son whisky « on the rocks », pur ou en cocktail, est-ce une bonne idée ? Un whisky peut-il être bouchonné ? Existe t-il des whiskies bio ? Qui se cache derrière les étiquettes Chivas, Johnnie Walker, Jack Daniel’s ou Ballantine’s ? Avec Le Whisky pour les Nuls, vous découvrirez les petites et grandes histoires du whisky, ses procédés de fabrication, comment bien acheter son whisky… Vous allez même apprendre à parler « whisky » sur le bout des doigts !

En librairie

Les whiskies français récompensés par le Concours Général Agricole

Pour la première fois, les whiskies élaborés en France ont été reconnus officiellement par le Concours Général Agricole de Paris, créé en 1870 pour sélectionner et primer les meilleurs produits du terroir français. C’est aujourd’hui un évènement de grande envergure. Il y a bien sûr le concours des animaux (plus de 2 200 bêtes représentant plus de 370 races), celui des vins (16 400 échantillons pour près de 4 000 producteurs), mais aussi celui des produits, qui peuvent être fermiers, artisanaux ou industriels.

C’est dans cette dernière catégorie qu’a été mis en place cette première épreuve consacrée aux whiskies, témoignant ainsi de l’essor tout récent de cette production en France. C’est aussi le concours le plus diversifié, réunissant aussi bien les eaux-de-vie, les jus de fruits, les bières que les huîtres, le safran et même le piment d’Espelette !

Une vingtaine d’échantillons ont été soumis à quatre tables de vingt jurés (dont votre serviteur) sélectionnés par le CGA. Selon les principes de cette organisation, on ne connaît pas le nom des producteurs ayant envoyé leurs whiskies, mais uniquement celui des primés. J’ai simplement pu apprendre que, sur les échantillons présentés, il n’y avait que deux 8 ans d’âge, les autres étant des 3 ans. Ce qui d’ailleurs témoigne bien de la jeunesse de cette activité en France.

Chez les lauréats, ce sont essentiellement des distillateurs de métier qui ont été récompensés, avec une exception pour la brasserie de La Chapelle en Normandie, alors que plusieurs brasseries artisanales françaises se sont mises à élaborer leurs whiskies ces dernières années.

Palmarès :

Médaille d’Or :

–       Distillerie J et M. Lehmann, à Obernai (Alsace) pour un whisky à 40°
–       Distillerie Warenghem, à Lannion (Bretagne) pour Armorik Edition Originale (40°)

Médaille d’Argent :

–       Distillerie Warenghem (Lannion) pour Armorik Sherry Finish (40°)

Médaille de Bronze :

–       Brasserie La Chapelle (Seine-Maritime) pour Sleipnir, 8 ans d’âge (44°)
–       Distillerie J. et M. Lehmann, à Obernai (Alsace) pour un whisky à 40°
–       Meyers’ à Neuve-Eglise (Alsace) pour le Blend Supérieur à 40°.

Concours agricole

 

Gilbert DELOS

Controverse sur la définition du Tennessee whiskey

Alors qu’il ne reste que 4 producteurs de whiskey dans le Tennessee – contre 14.191 distilleries légales en 1810, la prohibition y ayant sévit plus longtemps qu’ailleurs, une loi définissant le Tennessee Whiskey a été votée en 2013 : un Bourbon produit dans le Tennessee filtré à travers une colonne de charbon de bois d’érable à sucre (Acer saccharum) de 3 m de hauteur. Le problème, c’est que cette loi reprend le processus de Jack Daniel’s et que cela mécontente Diageo, propriétaire de George Dickel’s , deuxième producteur de  Tennessee whiskey ( 130.000 caisses contre 11,5 millions de caisses pour Jack Daniel’s).

Jack Daniel’s accuse Diageo de vouloir abaisser la qualité des Tennessee whiskeys pour vendre plus scotch whisky, tandis que ses concurrents assurent qu’il y a d’autres méthodes pour produire un whiskey de qualité, ce à quoi Jack Daniel’s rétorque que l’usage de fûts usagés pourrait mener à l’utilisation de colorants. A suivre…

Jean-Marc DANQUIGNY

Nouvelle distillerie sur Harris

disttillerie Harris

La première distillerie sur l’île de Harris devrait être opérationnelle en 2015. Située à Tarbet, elle produira 300 0000 bouteilles/a n d’un whisky nommé The Hearach, qui est le nom gaélique des habitants de l’île (Dans le cas d’Islay,  le natif est un Ileach, pluriel : des Ilich).

Jean-Marc DANQUIGNY

Loch Lomond Distillers vendu

LOCH LOMOND

Les distilleries Loch Lomond et Glen Scotia viennent d’être revendues par le groupe du vétéran Sandy Bulloch à une autre société privée, ce qui fait que l’on ne connaît pas pour une fois le montant de la vente.
Glen Scotia, située à Campbeltown, vend seulement 1000 à 1500 caisses de whisky par an et a de sérieux besoins de travaux, tandis que Loch Lomond, à Alexandria (40km à l’ouest de Glasgow) en vend 50.000 et serait le second single malt en Allemagne en termes de ventes.
Par ailleurs, la distillerie de Loch Lomond, produisant du whisky de malt et du whisky de grain, embouteille le seul single blended whisky écossais.
Enfin, les tintinophiles se souviennent que Loch Lomond a remplacé Johnny Walker dans L’île noire.
TINTIN LOCH LOMOND

 Jean-Marc DANQUIGNY

Bladnoch en vente

Suite à la liquidation du groupe qui en est  propriétaire, la distillerie Bladnoch, dans les Lowlands, est à vendre. Elle avait été acquise par un Irlandais, Raymond Armstrong, en tant que résidence secondaire, mais il décida finalement de la remettre en production, un accord avec l’ancien propriétaire Diageo lui autorisant un maximum de 100.000 litres par an.

Prix de vente : £7.000.000

Raymond Armstrong lors de notre visite

Raymond Armstrong lors de notre visite

Jean-Marc DANQUIGNY

Achat de Beam Inc. par Suntory …

Alors que les locaux craignaient un achat par un joint-venture Diageo-Suntory suivi d’une forte automatisation, c’est finalement Suntory seul qui rachète le groupe Beam qui possède – entre autres – les distilleries de Laphroaig et Ardmore en Écosse, Cooley en Irlande, et Jim Beam aux USA. Les dirigeants du groupe Beam restent en place.

Avec cette acquisition, Suntory devient le 3ème groupe mondial derrière Diageo et Pernod-Ricard.

… Comme il restait un peu d’argent, Bowmore a acquis l’Harbour Inn, hôtel-restaurant situé en face de la distillerie.

Jean-Marc DANQUIGNY

Islay… capitale Reykjavik …

Plusieurs articles d’explorateurs en chambre décrivent une mystérieuse route circulaire faisant le tour d’Islay, alors que le réseau routier local est plutôt en forme de Y. Une des causes probables est une confusion entre Islay et… l’Islande, au moment de la recherche d’une carte sur Internet !

Jean-Marc DANQUIGNY

Retour aux origines …

C’est à Lindores Abbey qu’a été enregistrée la première preuve écrite de distillation de whisky en Écosse, le roi James IV demandant à « Friar » John Cor, de produire environ pour « eight bols of malt » d’aquavitae, soit environ 1 500 bouteilles actuelles.

Manquent pour l’instant : l’argent (£ 5 000 000), des professionnels du whisky, entre autres choses. La pose de la première pierre aurait lieu au mieux dans 18 mois.

Jean-Marc DANQUIGNY

Rénovation du mash tun chez Bruichladdich

mask tun

L’arrêt de production de fin d’année va se prolonger jusqu’à fin février, le mash tun supercentenaire* – qui date de la construction de la distillerie

en 1881 – ayant besoin de sérieuses réparations.
Les pièces qui supportent le bras rotatif doivent être remplacées. En les démontant, on s’est aperçu que le mash tun n’était pas vraiment circulaire, l’écart par rapport à l’axe pouvant atteindre 10 cm.
La seule solution – le remplacement par un rutilant mash tun en inox étant exclu – est de prendre un moule des différentes pièces et de les faire reproduire à l’identique. D’où le délai…
* Si si, ça existe, nos académiciens chenus n’ayant pas encore
prévu un mot pour désigner les nobles vieillards âgés de 110, 120

101 whiskies du monde entier à découvrir … Ian Buxton

Un an après la parution de son premier ouvrage, Ian Buxton récidive de la même manière avec une nouvelle sélection de whiskies (des single malts mais aussi des blends), mais cette fois-ci en provenance d’un peu partout dans le monde. L’Ecosse ne représente plus en effet qu’un tiers des whiskies mentionnés, qui sont d’ailleurs au nombre de 102 très exactement.

On retrouve avec grand plaisir le ton bien particulier de Ian Buxton. Avec lui, ni pédantisme, ni formules creuses, ni vocabulaire de dégustation hermétique.

Et il a toujours son franc parler, n’hésitant pas à dénoncer par exemple le coût démesuré de certaines bouteilles en série très limitée, voire la tendance nuisible à faire de certains whiskies rares un investissement à long terme qui interdit d’ouvrir la bouteille. Car cela ne fait pas l’affaire des véritables amateurs, qui ne sont pas tous à ce point fortunés.

De l’Afrique du Sud à la Finlande, de l’Australie à l’Allemagne, de Taiwan à la Suisse, c’est à un grand périple planétaire que nous invite l’auteur, même si ce n’est pas spécialement la rareté qui le guide, mais surtout la qualité que trouvera le lecteur dans la bouteille. Le plus étonnant (et pourtant très agréable selon lui) est Orbis, un assemblage de whiskies écossais, irlandais, américain, canadien et japonais commercialisé par St James Distillery (qui n’est d’ailleurs pas un producteur) dans les duty-free.
Seul regret : la part très congrue concédée à la France, avec le seul Armorik Double Maturation. Vu le nombre croissant de distilleries hexagonales (en Bretagne, certes, mais aussi en Corse, en Bourgogne, en Alsace voire en Normandie), c’est tout de même bien peu représentatif, d’autant que la France est un des grands marchés mondiaux pour le whisky, et où vivent tant d’amateurs… et donc  potentiels acheteurs de l’ouvrage !

101 whiskies du monde entier à découvrir, Ian Buxton – Éditions Dunod – 12,50 €

 

 

 

 

 

Une 9ème distillerie sur Islay ?

Un projet de distillerie — qui serait la plus petite d’Islay — est en cours de finalisation, dans un site situé sur la côte à 2 miles de Bowmore, faisant face à Bruichladdich.
Il n’y a pour l’instant aucune annonce officielle, mais la Gartbreck Distillery Co Ltd a été enregistrée le 23 mai de cette année avec un capital de départ de 2 livres. Le directeur n’est autre que Jean Donnay, producteur des whiskies bretons Karnog et Glann Ar Mor.

Jean-Marc DANQUIGNY

Comment est mort Jack Daniel, ou une bonne excuse pour les retardataires au travail

Arrivé tôt à la distillerie pour travailler, Jack Daniel ne parvint pas – une fois de plus – à se remémorer la combinaison du coffre-fort de son bureau. De rage, il donna un coup de pied dans le dit coffre et se blessa un orteil du pied gauche.
La blessure ne se referma pas et dégénéra en septicémie puis en gangrène et Jack Daniel décéda le 10 octobre 1911 après avoir prononcé ces derniers
mots : « One last drink, please ».
Ce célèbre décès fut utilisé dans une campagne d’affichage dans le métro londonien en janvier 2006 avec ce slogan « Moral: Never go to work early ».

Jean-Marc DANQUIGNY

Ceux qui les aiment devront prendre l’avion

La liste des whiskies réservés aux seuls magasins d’aéroport s’allonge. Tans qu’elle ne concernait que d’inaccessibles flacons de prestige, cela ne posait pas problème, mais la liste s’allonge hélas avec des whiskies produits certes en quantité limitée mais accessibles au commun des mortels. Si l’on prend le cas d’Islay, la moitié des distilleries a franchi le pas, et les futurs PC 11 et Octomore 6.2 feront partie de cette catégorie.

Jean-Marc DANQUIGNY

La mention d’âge en voie de raréfaction ?

Très appréciée des amateurs de single malt, voire de blends, la mention de l’âge d’un scotch whisky (qui indique donc la durée de son vieillissement en fût) va probablement se raréfier dans les années à venir, comme l’indiquent la tendance observée chez certains fournisseurs, et
pas des plus petits.

C’est ce qu’indique le magazine professionnel Rayon Boissons dans son dernier numéro. Ainsi, le numéro 1 mondial Glenfiddich a retiré du marché français son 18 ans, et lance même dans certains réseaux des gammes sans mention d’âge. Récemment, The Macallan a remplacé ses 12, 15 et 18 ans par des cuvées non datées baptisés Amber, Sienna et Ruby. Et, chez Diageo, on est obligé au moins d’arrêter la promotion de certaines qualités de Lagavulin et Caol Ila, tout en introduisant en grande distribution des cuvées sans mention d’âge de Cardhu et Talisker.

C’est la tension sur les approvisionnements qui, comme en 2008, explique de tels comportements de la part des fournisseurs. Le boom des exportations (+ 87 % en dix ans) en direction des pays émergents a eu de lourdes conséquences sur les stocks, ne permettant plus aux producteurs de garantir l’âge d’un single malt à l’année près… surtout s’il se vend bien. Le choix d’une appellation plus générale permet d’utiliser des malts similaires… à quelques années près !

Gilbert DELOS

Glen Keith redémarre

Ça y est, les redémarrages annoncés deviennent réalité. Après un investissement de 7 millions de
livres qui a permis d’augmenter de moitié la capacité de production, la portant à 6 millions de litres
par an. La distillerie a redémarré le 14 juin.
En l’absence de stocks suffisants, la production sera dans un premier temps destinée aux blends
du groupe, Chivas et Royal Salute, aucun single malt officiel n’étant annoncé.

glen-keith

 

Menace sur l’utilisation de la tourbe ?

L’extraction intensive de la tourbe, principalement pour l’horticulture et le chauffage domestique,
pose des problèmes de réchauffement climatique – par libération du CO2 contenu – et de destruction d’habitat de nombreuses espèces, sans compter la capacité de la tourbe à absorber l’eau et prévenir les inondations.
En Suisse, la tourbe n’est plus exploitable depuis le début des années 1990. En Irlande, les 269.000 ha de tourbières représentent 23 % des surfaces originelles, 40 % des surfaces perdues l’ayant été à cause du chauffage domestique et de l’extraction.

 
En Écosse, la principale cause de disparition de tourbières provient de l’horticulture, mais la tourbe
peut aisément être remplacée pour cet usage. L’usage par l’industrie du whisky ne semble pas
menacé, des systèmes de compensation ayant été mis en place.

 
La dernière menace date du début des années 1980, lorsqu’une interdiction du séchage de l’orge à la fumée de tourbe faillit être décidée. D’où les essais de production de whiskies non tourbés « Kildalton style » que seul Ardbeg a embouteillé.

Une « plus petite distillerie d’Écosse » de plus ?

plus-petite-distillerie

Trois professionnels du whisky, Tony Reeman-Clark, David Lang and David Wight, ont entrepris de créer la plus petite distillerie commerciale d’Écosse. On ne connait pas la taille exacte des
alambics, mais cela semble vrai au vu des photos. Un des projets est d’offrir la possibilité de passer une semaine pour apprendre l’art de la fermentation et la distillation puis de mettre en fut son propre whisky.

La construction d’aires de maltage est également envisagée. Située près de Methven dans le Pertshire, la Strathearn distillery doit commencer à produire
mi-juillet.

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L’année du baby-boom en Écosse !

Trois nouvelles distilleries écossaises devraient voir le jour cette année. Le secteur du whisky ne connaît pas la crise et les quantités de scotch vendues ne cessent d’augmenter. Pour anticiper la demande, Pernod Ricard compte rouvrir certaines distilleries mises en sommeil (Glen Keith), Diageo réagit en décidant de construire la plus importante distille-rie de malt d’Écosse (2014) et quelques passionnés y voient une opportunité Si on établi un récapitulatif des distilleries de malt nées au 21e siècle, on trouve Kilchoman, établie sur l’île d’Islay, qui a commencé à produire en 2005.

 

La même année, Daftmill, la micro distillerie des Lowlands lance sa première production en décembre (à ce jour, aucun embouteillage n’est encore disponible, mais on l’attend avec impatience, tant la dégustation dans les chais de la distillerie avait enthousiasmé les voyageurs du Clan des Grands Malts). En septembre 2008, Mark Tayburn ouvre sa micro distillerie (produisant 1000 fois moins que les grosses structures) sur l’île de Lewis.

 

Bien entendu, il y a eu aussi les méga distilleries Ailsa Bay en 2007 et Roseisle (2010) dont la capacité atteint 12,5 millions de litres d’alcool par an, mais elles sont destinées à alimenter les blends de leurs groupes respectifs William Grant et Diageo. Mais, hormis ces cas extrêmes et malgré des rumeurs persistantes, aucun projet de distillerie de single malt de « taille moyenne » n’avait abouti. 2013 devrait y remédier !

Wolfburn

Le 30 janvier dernier à Thurso (à l’extrême nord du mainland), Wolburn renaissait de ses cendres en mettant en fût son premier new make spirit. Au XIXe siècle, il y eu bien une distillerie Wolburn qui exerça quelques années son activité, mais on en avait, depuis longtemps, perdu toute trace.
Le directeur de la distillerie précise qu’ils produiront un malt caractéristique des Highlands, doux mais non tourbé et qu’il sera vieilli en fût de sherry.

 

Shane Fraser, ancien directeur de la production de Glenfarclas a été choisi pour assumer la supervision de la production qui devrait atteindre 115 000 litres d’alcool par an. Il n’est pas prévu d’embouteillage avant 2016 (lorsque le distillat aura atteint l’age lé-gal de 3 ans pour s’appeler whisky !) qui verra apparaître le premier single malt de la distillerie.

 

Annandale

La deuxième distillerie devrait apparaître à l’op-posé de Wolburn, dans la ville portuaire d’Annan dans les Lowlands, à deux pas de la frontière de l’envahisseur anglais. Annandale est également une distillerie qui a vu le jour au début du XIXe siècle. Après avoir cessé la production en 1919, John Walker & Co, propriétaire de l’époque décida de fermer définitivement la distillerie deux ans plus tard. Depuis, elle était devenu une ferme.
En 2007, David Thomson et Teresa Church ont racheté le terrain et les bâtiments de l’ancienne distillerie à un fermier local. Ils ont entrepris une restauration complète des installations, dévastées par le temps. Concernant la production, ils se sont offert les services du consultant le plus en vue de ces dernières années : le docteur Jim Swan, déjà sol-licité pour les lancements de Penderyn (au Pays-de-Galles), Kilchoman (sur l’île d’Islay) et même Kavalan (à Taïwan). La production devrait débuter en fin d’année.
Bien que les whiskies phénoliques ne soient généralement pas issus des Lowlands, les nouveaux propriétaires ont décidé de produire un malt tourbé (la distillerie se situant sur une tourbière, il semblerait qu’autrefois Annandale produisait un whisky fumé) et un non tourbé, plus classique pour la région. La production devrait atteindre 250 000 litres d’alcool par an. David Thomson précise qu’il sera possible pour les amateurs d’acheter des fûts en souscription et qu’ils commercialiseront probablement un new make spirit.

Ardnamurchan

La troisième distillerie qui devrait voir le jour cette année est le projet de l’embouteilleur indépendant Adelphi. Là encore, il existait bien une distillerie Adelphi, en activité entre 1826 et 1907, située dans une banlieue de Glasgow et rasée en 1968. C’est d’ailleurs l’arrière-petit-fils de l’un des fondateurs de cette distillerie, qui relança la marque en 1993, sous la forme d’une société d’embouteillage indépendant. Ne pouvant la reconstruire à son emplacement initial, les propriétaires ont choisi de bâtir leur distille-rie sur la péninsule d’Ardnamuchan dans les Hi-ghlands. Si les travaux ne prennent pas de retard, la distillation pourrait débuter avant la fin de l’année. Les deux malts qui y seront distillés (un whisky tour-bé dans le style de ceux de la côte ouest et un autre non tourbé, dans la pure tradition des Highlands, qui sera en grande majorité vieilli en fûts de sherry) totaliseront 180 000 litres d’alcool par an.