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Côte est de l’Écosse – 6 jours

À la découverte des châteaux et des distilleries de l’Angus et de l’Aberdeenshire

cote-est-ecosse

Cette année, le Clan des Grands Malts vous propose une excursion de 6 jours sur la côte est de l’écosse.

Au programme des réjouissances
• Huit distilleries dont certaines méconnues du grand public et de bien des amateurs, car
(trop) souvent cantonnées à alimenter les blenders (Ardmore, Glenglassaugh, Glencadam…)
auxquelles s’ajoutent quelques incontournables (Glenfarclas, Glendronach) ;
• des châteaux répartis tout au long de notre parcours ;
• des surprises.

Un avant-goût du voyage

Notre prochain voyage associe les distilleries et les châteaux. Nous partirons à la découverte de distilleries, pour la plupart, méconnues du grand public et nous aurons le plaisir de visiter quelques châteaux attrayants, tels que Scone Palace, Fyvie Castle, Dunnottar Castle ou encore Edzell Castle. Une fois n’est pas coutume, voici la présentation de quelques châteaux programmés au voyage :

scone-palaceScone Palace est un site historique. A l’intérieur de la propriété s’élève « The Moot Hill », lieu ou
Kenneth Mac Alpin fonda le royaume réunissant le peuple picte et le peuple scot. Dès lors, la plupart des rois d’Écosse, dont Robert Bruce, y seront intronisés, sur la Pierre de la destinée. Le château actuel date du début du XIXe siècle et abrite notamment des broderies réalisées par Marie-Stuart.

 

fyvie-castleFyvie Castle est l’un des meilleurs exemples de l’architecture baronniale écossaise. Chacune des cinq tours porte le nom des cinq familles qui se sont succédé dans le manoir. Ce château est également célèbre pour les fantômes qui l’ont hanté dont une certaine dame verte qui apparut en 1920 suite à la découverte d’un squelette dissimulé derrière un mur.

 

dunottar-castleDunnottar Castle est l’une des ruines les plus prestigieuses d’Écosse. Le château se dresse sur un piton rocheux ou il domine la mer du Nord. Parmi les faits marquants l’histoire de ce château, citons qu’il conservait les joyaux de la couronne. Lorsque Cromwell et ses troupes assiégèrent le château, ils furent dissimulés dans une église.

 

 

 

edzel-castleLa construction d’Edzell Castle date du XVIe siècle. Il est réputé pour son jardin clos que Sir David Lindsay, le propriétaire des lieux, a aménagé en 1604.

 

Tony TERRAIN

J’y pense et puis… j’oublie

La mémoire, ce prodigieux outil permettant de stocker de conserver et de rappeler des informations, des faits ou encore des gestes venant de nos expériences passées. À tout instant, elle sera sollicitée pour retrouver un souvenir enfoui dans un recoin de notre cerveau ou encore emmagasiner une nouvelle information perçue par nos sens. Tout ce qui nous relie au monde, l’ouïe, la vue, le toucher, notre odorat ou encore notre goût va nourrir à court terme nos petites cellules nerveuses, puis tout sera rangé, stocké pour notre savoir-faire, notre culture ou notre expérience personnelle. Rien ne sera perdu, tant que subsiste l’intégrité de notre être…
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Voici venir l’été, le temps du soleil et des vacances

En cette période de l’année, il faut reconnaître que nous plus tentés par un apéritif bien frais et peu alcoolisé que par un brut de fût plus robuste.

Et si vous en profitiez pour faire l’inventaire de votre stock personnel ? Cette année encore, nous avons tous acheté des whiskies « coup de cœur », après une dégustation ou lors d’un voyage en Écosse, et nous avons eu mille fois raison : le plaisir retrouvé chaque fois que l’on ouvre une telle bouteille en est la preuve. Mais sont-ils adaptés à toutes les circonstances ? Et quand nous recevons des amis « novices », qu’avons-nous à leur offrir pour les initier ? Qu’avons-nous à leur proposer pour leur faire découvrir la richesse et la variété qui existent dans l’univers du whisky ?

Le palais s’éduque petit à petit. On initie le goût des très jeunes enfants en leur préparant des repas aux saveurs variées mais simples avant de leur faire apprécier des mets plus délicats, aux saveurs et aux textures plus complexes, agrémentés d’épices ou d’aromates.
De la même manière, il me semble inadapté de servir en guise de découverte un Glenfarclas 34 ans ou un Ardbeg Lord of The Isle.
Il faut donc que notre cave soit variée, quel que soit le nombre de bouteilles qui la composent.

Quelques « régionaux », réduits mais non filtrés, choisis pour faire découvrir et pour redécouvrir nous-mêmes les bases incontournables.
Quelques « réduits » de distilleries, de styles variés, histoire de redécouvrir nos classiques et la diversité de leurs arômes.
Quelques « bruts de fûts », pour leur puissance et leur chaleur.

Sans oublier quelques bouteilles exceptionnelles, sans autre raison que le plaisir intense qu’un tel whisky nous procure, et que nous réserverons aux amis que nous avons déjà initiés et qui sauront les apprécier.

Pour vous aider dans vos choix, vous disposez des commentaires figurant dans la rubrique « sélection » de la lettre, mais le mieux reste de participer à nos dégustations. Vous pouvez ainsi vous faire votre propre idée sur les produits et annoter vos « programmes » de vous appréciations personnelles : Une idée de bonne résolution pour la rentrée, non ?
Je vous souhaite d’excellentes vacances à tous.

Slainte !

Marie-Hélène MAGNANT

Chers Amis

Adhérente du Clan depuis un peu plus de quinze ans et membre du Conseil d’Administration depuis plus de dix ans, ce dernier m’a confié, à l’issue de la dernière Assemblée Générale, la responsabilité de présider notre association. Quelqu’un m’aurait prédit cela lorsque j’ai assisté à Bercy à ma première dégustation, c’est certain, je l’aurais pris pour un fou.

Invitée et parrainée par un membre du Clan qui me fit découvrir son club « d’allumés du malt », Je ne connaissais alors pas grand monde et pas grand-chose du monde du whisky…séduite, j’adhérais dès cette première soirée !
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Le Clan in West Highlands – Ecosse

Ndlr : Ces pages de belles photos devraient permettre à ceux qui le désirent de terminer le voyage commencé par le texte publié dans la Lettre n°82 dont les auteurs, mécontents de notre découpage nous ont interdit de poursuivre l’édition.

OU EST PASSÉE MA FORMULE ?

Boris Vian, dans son roman l’Ecume des jours, décrit un curieux appareil inventé par Colin l’un des protagonistes, le pianocktail. A chaque note sur le clavier correspond une liqueur, une eau de vie ou un aromate, pouvant par le rythme imposé, faire varier le degré d’alcool et le volume. Mais une erreur sur la pédale forte et l’œuf battu se transforme en omelette ! Colin avait créé une passerelle entre le son et le goût, entre la technique et les sens.

Quel chimiste, amateur ou spécialiste, n’a pas rêvé à partir d’un clavier d’ordinateur de recréer à l’identique le fabuleux nectar qui aura séjourné de nombreuses années dans la pénombre des chais avant son embouteillage. Sans doute, mais à quel prix ! Ce procédé existe déjà pour la fabrication de la plupart des parfums. Une grande partie de la composition d’un parfum est constituée par des molécules de synthèse qui reproduisent le ‘’jus’’ élaboré par celui que l’on appelle un ‘’nez’’. Certains appareils sont capables de « sentir » un bouquet, d’analyser chaque odeur et de les recréer artificiellement. Le n° 5 de Chanel est par exemple, un mélange d’ ‘’absolue’’ d’ylang-ylang et de différents aldéïdes.
Le whisky contenu dans notre verre est le résultat d’une étrange alchimie qui s’opère depuis l’élaboration jusqu’en fin de maturation. Pendant ce vieillissement, chaque période temps va apporter au ‘’new spirit’’ une évolution aromatique, par les différents apports du contenu et du contenant, par le bois et le liquide qu’il a le plus souvent hébergé pendant sa première vie.

Petit à petit, l’élaboration, puis le vieillissement apporteront des groupes d’arômes le plus souvent identifiables, depuis ceux rappelant les céréales, les esters dans la palette allant des agrumes aux fruits cuits, les arômes floraux et végétaux, n’oublions pas la tourbe, ceux venant du bois, les arômes soufrés et les arômes vineux. Chacun de ces intitulés correspondant à des substances chimiques bien définies. Des composés organo-azotés qui évoquent les céréales, des phénols donnent cette note médicinale ou fumée, parfois terreuse que nous appelons tourbée, les acétates d’éthyle ou d’iso-amyle et d’autres esters seront assimilés aux agrumes, aux fruits secs ou aux fruits cuits, le phényl éthanol ou l’acétaldéhyde pour les notes herbacées ou florales, et ainsi de suite…

Chaque arôme, chaque goût pourrait être strictement identifié à partir de sa molécule, puis évalué en PPM (partie par million) ou encore en milligramme par litre de liquide, ce qui se fait déjà pour la tourbe, le tout dilué dans l’éthanol, pour être ensuite la copie conforme du produit original !! Rêve ou cauchemar où disparait la main de l’homme.

Et nous qui décrivons le plus souvent d’une façon poétique et subjective nos impressions olfactives et gustatives, souhaitons sans doute garder pour nos breuvages, une part de mystère pour que la magie opère.

Slainte
Gérard TRENTESAUX

VENT D’EST, VENT D’OUEST…

Dans le roman de Pearl Buck c’était l’affrontement de l’ancien monde et du nouveau, de la tradition et de la modernité. Il y a un peu plus d’un quart de siècle, évoquer un ‘’cask strength’’, était comme parler mandarin à un native des iles Féroé. Seul un petit nombre d’initiés découvrait ces puissants breuvages que proposait, par exemple, la Scotch Malt Whisky Society à ses membres. Les Single Malts eux-mêmes restaient confidentiels et le Blend était la norme.

Dans les années 1980 l’offre commençait à s’enrichir, mais pour l’amateur la quête du Graal était laborieuse. L’internet en était à ses balbutiements, quelques années plus tard le WEB et les moteurs de recherche permettaient tout juste de partager quelques savoirs, à condition de ne pas oublier la majuscule, le point et la virgule ! En quelques années l’univers du whisky, sous nos yeux, s’est affranchi de ses frontières traditionnelles. La demande et les goûts ont évolué. Nous étions, le Clan des Grands Malts, parmi les pionniers qui diffusèrent, auprès de ses membres, des vieux millésimes, des collectors, des malts rares, des distilleries méconnues. Le savoir et l’info s’échangent maintenant n’importe où et n’importe quand, par les réseaux dits sociaux et le dernier caviste possède un site attractif ! La modernité s’est traduite également par la diffusion des singles malts, puis des degrés naturels, par l’originalité des finitions, par l’imagination des Masters Distillers, l’émergence de nouveaux pays producteurs et la demande de nouveaux consommateurs.

En quelques années, le Japon est passé du statut de whisky exotique, élaborant essentiellement pour son marché intérieur, à celui d’un pays producteur pour lequel  l’engouement ne cesse de se développer, l’Inde nous fait découvrir  des produits respectables, autrefois confinés au Bourbon et au Tennessee whiskey, l’amateur peut à présent entrainer ses papilles avec des Rye whiskeys provenant de petites distilleries américaines. En France, Bretagne, Corse, Bourgogne, Champagne, partout des passionnés nous font partager leur poésie du goût. Rares sont les régions ou les pays qui n’élaborent pas leur propre whisky, parfois avec plus ou moins de bonheur.

De nos jours l’offre semble illimitée, accessible, documentée, au travers des nouveaux médias, des achats par internet, ce qui était réservé à quelques officines s’étale souvent sur les rayons des supermarchés. Parallèlement la demande ne cesse de croître et ce sont les ‘’nouveaux marchés’’ qui modifient le paysage. Dans ces régions du globe, une nouvelle classe de consommateurs apprécie les produits d’exception et ce que ces symboles représentent comme signe de reconnaissance. Peu importe le prix quand il faut paraître, mais nul doute qu’il y ait parmi eux des amateurs comme il en fut et qu’il en est sur le vieux continent. Nos voisins et amis écossais sont à la fois acteurs et témoins de cette évolution. Les prix évoluent de façon irrémédiable, les beaux fûts, les vieux millésimes, deviennent difficilement accessibles, souvent retenus pour des jours encore meilleurs, n’oublions pas ‘’time is money’’ !! Pour autant les clubs d’aficionados n’ont jamais été aussi présents, apportant par leur expertise et leur curiosité, un peu plus d’humanité dans ce monde de ‘’bruts’’.

Slainte

Gérard TRENTESAUX

Des histoires à dormir debout

Ou comment conserver nos whiskies
Aussi vrai que nos meilleures bouteilles de vin demandent le plus grand soin afin de les conserver, pénombre propice, calme, température stable, humidité, ventilation qui permettrons une lente évolution et une dégustation à leur apogée (si vous avez pu patienter jusque là !), nos fioles de whiskies ne conserveront longtemps leurs qualités qu’à certaines conditions. Lorsque le maître distillateur décide de mettre en bouteille tel fût ou tel assemblage, ‘’ la messe est dite’’ et pour résumer, le whisky ne vieillira plus une fois en bouteille, mais cependant nécessite certaines précautions pour que le temps ne lui fasse pas subir quelques outrages et que la couleur, le degré alcoolique et ses qualités gustatives soient préservés.

Que votre bouteille soit pleine ou entamée, elle sera conservée à l’abri de la lumière et des importuns, cela va sans dire ! La lumière du jour peut être à la longue, néfaste, en particulier si votre whisky contient de l’extrait de caramel destiné à lui donner une bonne mine. Sur vos rayons, elle vous attendra patiemment debout, surtout si le bouchon est en liège, celui-ci ne résisterait pas longtemps à l’agression de l’alcool, (mais debout le liège a une fâcheuse tendance à sécher…) et rassurez-vous, en règle générale elle sera plus patiente que vous. Évitons-lui de gros écarts de température ou une température excessive, elle vous en sera reconnaissante. Enfin elle doit être parfaitement fermée si vous ne voulez pas que s’estompent ses qualités aromatiques par l’évaporation de composés volatils ou entraîne une diminution du degré d’alcool. Bien que présentant moins de charme, le bouchon synthétique ou la capsule à vis montrent là leur supériorité.

Une bouteille ouverte peut se dégrader au contact de l’air, surtout s’il s’agit de parfums légers et subtils et si cette bouteille est fortement entamée. Alors suivez notre conseil, ne la laissez pas trop longtemps sans lui rendre visite, et bien sûr insistez auprès de vos amis pour qu’ils fassent de même !!. Malgré tout, après quelques semaines un whisky un peu agressif peut paraître se bonifier au contact de l’air et acquérir la douceur qui lui manquait. Il faut donc comme dans beaucoup de choses trouver le juste équilibre entre l’attente et la précipitation.
Alors amateurs ou collectionneurs, vous pourrez sans crainte continuer à les contempler, les caresser, les surveiller. Et comme le rappelle justement Charles Mac Lean : à la différence d’une collection de timbres, si on se lasse… on peut toujours les boire !

Slainte

Gérard TRENTESAUX

Voici des fruits des fleurs des feuilles et des branches…

Nous voici en été, c’est la saison des fruits, de l’herbe coupée, bientôt des foins, alors parlons un peu des fruits, et de toutes ces fréquentes références végétales que nous retrouvons subtilement avec plus ou moins de bonheur dans cette généreuse palette aromatique que nous offrent les whiskies d’ici et d’ailleurs.

Tout d’abord les ‘’Masters Distillers’’, ces alchimistes qui réalisent de subtils assemblages, puis dans le recueillement, d’éminents dégustateurs, des ‘’nez’’ connus ou anonymes, certains de nos aficionados passionnés, déchiffrent toutes les nuances de ces breuvages variables à l’infini. Ils nous apportent le rêve, mais aussi la caution de leur expertise qui nous permet parfois de dire ‘’…mais oui, mais c’est bien sûr !!’’ lors de la découverte de touches aromatiques dans une version inédite.

Imaginée pour aider et classifier ce qui revient à l’élaboration ou à la maturation des whiskies, la roue des arômes et ses variantes, fait défiler dans des cercles concentriques des gammes aromatiques, puis de multiples références d’arômes secondaires, avec dans les esters, le végétal, puis le floral, agrumes, fruits cuits, fruits frais, végétaux aromatiques, plantes de serres, feuilles et foin, fleurs, enfin à la périphérie de cette galaxie, d’infinies suggestions au travers desquelles nos propres sensations semblent bien souvent prises en défaut. Mais faut-il que notre perception soit un copié/collé de ce qui n’est somme toute que suggéré ? Ce serait enlever tout intérêt à la dégustation. L’impression première évolue, le whisky se ‘’ libère’’ dans notre verre, dans notre main, l’ajout d’eau peut faire apparaitre d’autres nuances, et nous exprimerons petit à petit notre propre ressenti, retrouvant ici le fruité, là le floral, et au-delà, ce qui nous fait palpiter. Où est la poire, où est la prune, la framboise et la figue, où est l’herbe fraîche, où sont les fleurs blanches ? Peu importe, restons dans le plaisir toujours renouvelé de la découverte, qui reste inséparable de nos expériences passées.

Chaque dégustation fait jouer notre propre subjectivité, et le déchiffrage personnel reste toujours dépendant d’éléments inconstants, impalpables, ou même notre humeur du jour, la météo locale, notre état d’esprit, la température du lieu … le charme de notre voisin(e) vont influencer notre jugement. Tel est le résultat de la traduction de nos sensations vers notre substance grise. La dégustation est un plaisir solitaire qui trouve son intérêt dans le partage !

Slainte

Gérard TRENTESAUX

LE CHANGEMENT, C’EST MAINTENANT… OU DEMAIN

Et en préambule une interprétation poétique de Fernando Pessoa

Ni les fleurs ne reviennent, ni les feuilles vertes,
Il ya de nouvelles fleurs, de nouvelles feuilles
Il y a d’autres jours suaves. Rien ne revient, rien ne se répète, …

Au-delà des slogans de campagne et des opinions diverses, c’est l’alternance qui représente chez nos édiles un vrai principe de nos fondements démocratiques et le témoin de la sagesse de nos sociétés.

Dans notre modeste association, (même si elle revendique en France le plus grand nombre d’adhérents) , nous présentions, il y a quelques semaines, notre bilan lors de l’Assemblée Générale Annuelle, et évoquions le changement et de nécessaires métamorphoses pour les années à venir.
Cette Assemblée fut l’occasion de constater l’évolution des idées. Beaucoup se sont exprimés, sur la gestion, sur la communication et ses moyens, sur nos activités et leur renouvellement, manifestant des critiques pleines d’intérêt, dans un climat de franche convivialité.
L’évocation du nouveau site Web fut très vite abordée, lui qui deviendra dans un futur proche un lieu incontournable de nos échanges, des informations sur la vie du Clan et sur ce microcosme qu’est le monde du whisky. Ce site malgré tout, aussi complet soit-il, se doit d’être vivant, donner au visiteur l’envie de nous connaitre et à nos membres, apporter les informations qu’ils recherchent. Il n’a pas la capacité de se régénérer seul comme l’hydre de Lerne et la main de l’homme prolongée par son clavier est encore nécessaire ! Il suffit de trouver les mains, elles étaient là ce soir.

La demande se fait de plus en plus présente sur la communication par mail, même si bon nombre d’entre nous reste attaché à la lettre papier et le plus souvent aux deux formes de communication. Gageons que cette année encore, la lettre a encore de beaux jours, et que nous n’épargnerons pas cette année quelques décimètre cubes de nos belles forêts !

Signe des temps, les membres présents ont acceptés à l’unanimité que leur soit communiqué le rapport financier par mail, et de nous donner leur réponse par la même voie. Ce qui fut dit, fut fait.

Certes la majorité nous a renouvelé sa confiance, mais les problèmes évoqués sont un vrai aiguillon pour les mois à venir.
Le Conseil renouvelé par l’arrivée de trois nouveaux administrateurs, chacun d’eux apportera, à n’en pas douter, ses idées et son dynamisme : Maryline Bazard qui s’offre à seconder Christian Pennequin dans la tâche difficile et très contraignante de trésorier ( Pour l’avoir assumée plusieurs années de suite dans les début du Clan, je sais de quoi je parle !) . Aline Caze qui pourra de concert avec Michèle Collet, tester et prospecter de nouvelles adresses et de nouvelles formules. Laurent Beck dont l’expertise financière pourra nous donner tel ou tel avis sur l’interprétation des résultats … Voila pour le Conseil.

Enfin parlons du Bureau, démissionnaire, mais réélu encore cette année, au sein duquel se profile l’indispensable changement de tout ou partie lors de la prochaine échéance. Nous l’avions déjà évoqué l’an dernier. Une présidence doit donner son empreinte, évoluer avec diplomatie afin d’éviter les conflits aussi modestes soient-ils, et bien se garder de rester dans un moule établi. La personnalité de chacun doit s’exprimer.

Slainte

Gérard TRENTESAUX

CARPE DIEM, si tu peux…

« Le mal se fait sans effort par fatalité, le bien est toujours le produit d’un art »
Charles Baudelaire

Ce début d’année morose ne nous incite pas à nous distraire, la crise parait-il, seulement en ses débuts, la grippe qui n’en est pas à son dernier essai et frappe sans discernement le savetier et le financier, la perte par la France du triple A, (Standard and Poor’s nous a conservé à ce jour, le AAAAA de l’andouillette nationale…), les prothèses PIP et leurs siliconneries, les petits et les grands Satans qui persistent de par le monde, comme la mauvaise herbe dans les jardins, les élections à venir qui ne nous font plus rêver aux jours meilleurs depuis longtemps, un concours de Sciences Po débarrassé des épreuves de culture générale… Quand ce n’est pas l’annonce de la fin du monde pour décembre 2012, et il ne nous reste que quelques mois pour préparer ce départ ! Alors appelons à la rescousse, Mark Twain, Woody Allen, Marx tendance Groucho, Raymond Devos, ou encore Marcel Gauchet lorsqu’il nous dit ‘’Luttons contre le désenchantement du monde’’.

Malgré tout, les années filent et défilent, avec de belles tranches de vie, des rencontres, des expériences vivifiantes et passionnantes, l’insondable vérité d’amitiés renouvelées, et modestement ces moments épicuriens renouvelés autour de cette aventure qu’est le Clan des Grands Malts, ce Clan insoluble dans les fûts de whiskies depuis quinze ans ! S’il était figé, nous aurions sans doute sombrés comme tant d’autres associations éphémères. De nouveaux visages chaque année nous rappellent nos passions des premiers jours, bien sûr celles de nectars méconnus ou prestigieux parfois souvent disparus mais encore celles des échanges, des idées, et la volonté de faire vivre et durer ‘’notre petite entreprise’’.

Immobiles ? Ce serait sans compter sur la motivation de nos amis d’ici et d’ailleurs qui bougent et animent nos soirées, préparent et accompagnent nos voyages, ceux qui cherchent et dénichent de nouveaux lieux pour nos agapes, ceux qui accueillent avec convivialité les nouveaux venus pour leur faire apprécier le moment présent.

Gérard TRENTESAUX

L’EMPIRE DES SENS

Attentif, les yeux plissés dans un intense effort de concentration, aucune trace d’inattention dans le regard, essayant de retrouver là, dans le breuvage doré ce que nous dit le commentateur, interprète initié de nos élixirs.

Le nez au dessus du verre essaye de capter les arômes multiples, saisir les dominantes, analyser les harmoniques, appelle sa mémoire olfactive, désorienté par la complexité des sensations qui l’envahissent, parfois par le picotement du whisky non réduit ( et qu’un peu d’eau pourrait estomper…)et qu’il faudrait traduire, puisqu’il faut des mots pour le dire , tel est l’amateur du Clan au cours de la dégustation !

Et puis là sur la langue, d’autres sensations, moins subtiles peut-être, la brûlure de l’alcool qu’il faut ignorer, la rétro olfaction, l’onctuosité sucrée ou l’amertume, l’astringence qui resserre les papilles, la finale par laquelle le bouquet s’exprime, mêlant l’odorat et le goût, la persistance qui prolongera le souvenir pendant quelques instants…Après quoi, les avis s’expriment et bien souvent divergent curieusement de ce que l’on nous aura suggéré.

Mais ne lit-on pas sous la plume des nez les plus subtils et des plus éminents palais et pour un même élixir : « nez : de la pâte brisée sortie du four pour l’un, et pour l’autre : herbacé, poire verte, noisettes…. ». Ou encore : « nez : cuir neuf, croûte de porc, ou Loukoum, résineux, écorces d’oranges…. » plus loin « nez :noisette, cacao en poudre, foin, pour l’un, tarte au citron, agrumes, marmelade d’orange, pour l’autre….. ».
Troublant, is’t it ? Mais rien d’anormal dans tout cela, puisqu’au delà d’une description purement analytique qui se veut la plus objective possible, au delà des arômes fondamentaux, le fruité, le boisé, le tourbé, le floral, le soufré, le vineux etc.. et de leurs déclinaisons, intervient toute la personnalité et la subjectivité du traducteur, ses sensations propres, ses impressions, comparant le présent à des expériences olfactives passées (Proust où est-tu…..), subissant aussi l’influence du moment et du lieu.

Comme la musique et le chant modifient notre état d’âme, le whisky transcende-t-il nos sens ?
Cet alcool de céréales n’aurait sans doute pas grand chose à dire, s’il n’y avait l’apport de la tourbe et de l’alambic et qu’au delà d’arômes originels, maltés, tourbés, nos whiskies se recouvrent pour l’essentiel des arômes du bois, et du vin ou des alcools qui l’auront imprégné, aboutissant par l’alchimie de leurs apports organoleptiques, à cet extraordinaire richesse et cette infinie variété d’arômes qu’il faudra bien décoder.

Alors s’il vous plait durant nos dégustations, n’ayez pas honte de dire ce que vous ressentez, laissez vous aller à vos propres impressions, utilisez votre propre vocabulaire. Échangeons, laissons libre cours à notre interprétation qui va chercher dans des évocations personnelles ce qui fait notre singularité. Voilà aussi où se trouve l’intérêt et la réussite d’une dégustation et ne mettons pas l’analyse avant la notion de plaisir.

Gérard TRENTESAUX

LA COULEUR DU TEMPS

Il y a quelques années, Georges Brassens évoquait dans son poème ‘’Saturne’’, le temps qui nous file entre les doigts, et puis ce sursaut qu’est l’été de la Saint Martin. Ce moment magique de l’Automne, quelques jours, une semaine au plus, ‘’l’été indien’’ de nos cousins d’Amérique, quand la végétation renouvelle sa palette de couleur dans un chatoiement éphémère. Pour la décrire, nous échappons volontiers aux couleurs fondamentales, bien limitées pour dépeindre l’infinie variété des nuances végétales.

Chaque description laisse un bonne part à l’improvisation, sans qu’une parfaite objectivité soit nécessaire pour traduire nos impressions, et laisse le langage s’inspirer de multiples comparaisons.

Lors d’une dégustation, prenons le temps et regardons au travers de notre verre dont la qualité et la transparence sont essentiels pour apprécier de subtiles gammes de couleur.

Richesse de couleur, la teinte de notre whisky peut aller du plus pâle au foncé le plus profond. En fin de distillation, lors de la mise en fût, le whisky est incolore et transparent. Son séjour plus ou moins prolongé en tonneau, la variété de celui-ci, le vin ou l’eau de vie qu’il aura auparavant hébergé, va lui donner une coloration unique dans toute une variété de nuances. Or pâle, reflets verts, jaune pâle, soutenu ou ambré, parfois aux reflets orangés, jaune doré, paille, cuivré, ambré plus ou moins profond jusqu’à l’acajou, rougeâtre ou couleur de mélasse, les mots ne manquent pas pour décrire toutes les variations que notre futur breuvage va acquérir au cours de sa maturation, et qu’il conservera après sa mise en bouteille, jusqu’à sa destination finale : notre verre !

Le chêne Américain ayant contenu du Bourbon, quel que soit le temps, marquera tout au plus le whisky d’une teinte dorée plus ou moins soutenue, plus ou moins discrète, le Bourbon ayant auparavant acquis sa couleur ambrée au contact des sucs caramélisés des barrels. Un fût de Xeres Oloroso s’il est de premier remplissage, donnera rapidement une belle robe couleur d’ambre ou de mélasse. La coloration au contact d’un fino ou d’une Manzanilla, restera discrète et pâle, bien éloignée d’un profond Pedro Ximenes. Un beau ‘’château’’ ou un Porto, marqueront le whisky d’une nuance rosée caractéristique. Quand avec l’or soutenu du Sauternes, c’est un joli mariage. Mais un fût, après plusieurs remplissages, n’aura plus de message à transmettre… et pour uniformiser certaines gammes, l’essence de caramel n’est pas toujours absente !

Le développement sans limite des finitions, fûts de vin Blanc, allant du Chenin au Sauternes, fûts de vins rouge, du Bordelais au Côtes du Rhône, en passant par de grands crus Italiens, les classiques que sont les vins mutés de Porto ou de Madère, les rhums incontournables, de mélasse ou agricoles, ajoutent encore à la diversité des couleurs de nos whiskies.

La couleur de votre whisky dans son aspect final, n’est donc ni un critère de qualité, ni un critère d’âge mais plutôt le reflet de l’alchimie qui s’est opérée entre le contenant et son contenu, entre le bois et l’eau de vie, entre sa vie antérieure et le ‘’new spirit’’.

Slainte

Gérard TRENTESAUX

LE CLAN ET LA COM, LA COM ET LE CLAN

Dans notre petit microcosme une majorité d’entre nous reste attachée à la lettre papier, c’est beau mais c’est lent… Entre sa conception, son édition, sa publication, interviennent souvent des modifications de lieux et de dates pour nos soirées, qui déconcertent les plus patients d’entre nous (ou les moins patients, question de point de vue !). Le site est un relais d’infos qui a ses qualités et ses défauts, encore faut il que celles-ci soient vérifiées par le webmestre. Restait la confirmation ultime par mail qui nous a été suggérée lors de la dernière AG, et que nous testons avec conviction.

Depuis vingt siècles et plus, les hommes n’ont cessé de chercher à rendre plus efficaces leurs moyens de communication. Pour cela il y a l’outil, le langage et le contenu.

Les tours de guet romaines, furent les premières à permettre de communiquer à distance. Quelques siècles plus tard, les Gênois truffèrent la Corse de tours communiquant entre elles par des feux, afin de prévenir des invasions barbaresques. Tout cela restait rudimentaire. Puis sous Louis XIV les codes de pavillons améliorèrent le sens. Les frères Chappe mirent au point le télégraphe sous la première révolution, et à la demande de Napoléon 1er on vit la naissance et le développement du sémaphore avec ses bras articulés. Les signaux de fumée furent, sous d’autres cieux, une forme de communication optique utilisée sur de longues distances, développée par les natives d’Amérique du nord et en Chine. Mais en l’absence de langage standardisé, ne permettaient de transmettre que des messages très simples, l’émetteur et le receveur se mettaient d’accord à l’avance sur le code. « Toi Jane, moi Tarzan » (N’oublions pas le Vatican lors de l’élection d’un Pape !)

Télégraphie aérienne puis électrique, chaque innovation fut progressivement mise à disposition du public. Le téléscripteur, puis les réseaux télex qui bientôt supplantèrent le télégraphe. L’alphabet morse, (du nom de Mr Morse et non du mammifère marin…) par son codage  est sans aucun doute le précurseur des communications numériques.

Dans le dernier quart du XXème siècle, chaque année nous a apporté une nouvelle innovation, et le développement accéléré de ces technologies ne nous laisse souvent pas le temps de nous adapter à toutes les fonctions de la précédente !! L’ordinateur personnel, le téléphone numérique, l’Ipod, l’Ipad qui va bientôt rendre obsolète nos bons vieux PC portables. Chaque nouvel outil nous parait vite incontournable sinon indispensable, sauf à rester sur le bord du chemin, ce qui, après tout, peut être un choix…

Parallèlement la mise au point de l’ancêtre du net par l’armée Américaine en 68 (C’était hier !) allait être le point de départ d’une fantastique révolution, internet dans les années 1980, les réseaux des universités et des chercheurs, le WEB et les moteurs de recherche dans les années 90, permettant de partager le savoir et l’info n’importe où et n’importe quand, et maintenant les réseaux dits sociaux. Tout cela n’est pas fini. Cette évolution passionnante, vécue par la dernière génération, montre que le moyen le plus récent fini toujours par l’emporter.

Vous me direz quel rapport avec le whisky et nos rendez-vous ? Attendez que je retrouve mon fil conducteur, et revenons au Clan. Depuis peu de temps nous confirmons dates et lieux par mail en Ile de France, pour que parvienne le message à son destinataire dans les meilleurs délais, tout cela parait merveilleux. Comme pour le bon vieux courrier, l’adresse email doit être exacte et précise.

Et là, surprise ! Près d’un tiers de nos amis n’ont pas, ou ne nous ont pas communiqué cette adresse, ou celle-ci est inexacte, peut être ont ils changé d’opérateur…quand elle n’est pas illisible sur un document d’inscription !
Optimistes, nous sommes persuadés que ces quelques réflexions, vont amener la plupart d’entre vous à nous transmettre ces précieuses informations…par mail, bien sûr !
Slainte

Gérard TRENTESAUX

DU NOUVEAU A L’EST

Vendredi 13, ce jour a ceci de particulier qu’il reste associé à une superstition encore présente fréquemment, qui en fait pour certains un jour néfaste (on parle alors de paraskevidékatriaphobie) ou faste pour d’autres.

Le 13 mai dernier, c’était un jour faste pour un petit groupe d’entre nous, qui avait pris la tangente vers l’Est, et malheur aux absents ! A l’initiative de Daniel Billerey, chez qui je reconnais au moins deux passions, les belles voitures anciennes (qu’il restaure sans modération !) et les belles eaux de vie (qu’il consomme avec modération !), une soirée sur le thème de whiskies et rhums prestigieux fut organisée dans une superbe maison au cœur du massif des Vosges, l’Hôtel JULIEN à Fouday, et nous fument sollicités pour apporter modestement la bonne parole, et présenter quelques belles bouteilles.

Le centre de cette maison c’est encore la ‘’winstub’’ crée il y à plus d’un demi siècle par Julien Goetz père. Maintenant c’est un ensemble d’exception pour la table comme pour l’hôtellerie, où tout est prévu pour vous maintenir ou vous remettre en forme, piscine, spa, sauna, fitness, soins etc,etc…Tout cela dans un cadre bucolique, sur les bords de la Bruche, la petite rivière qui coule tranquillement à quelques pas, loin de l’agitation de la ‘’ route des vins’’.

Venons-en à la table, Gérard Goetz, petite moustache et grand cœur, anime avec son épouse et ses filles, plus qu’un Hôtel et un Restaurant, où certes l’on serait bien, mais aussi un lieu où se succèdent au long de l’année, des weekends ou des soirées à thèmes, attirant chez lui les amis, les gourmands, les curieux, les étrangers de passage, les amoureux de la nature, et plus généralement les amoureux de la bonne chère. Une équipe jeune et attentionnée, dans une ambiance décontractée, est aux petits soins avec les hôtes qui se pressent ici.

Des chefs renommés, des producteurs, des spécialiste sont invités pour animer ces soirées, et c’est ainsi que Gérard Goetz nous avait laissé carte blanche pour parler du whisky, en tester quelques uns découvrir des rhums d’exception, et voyager au long de cette soirée entre les brumes de la septentrionale Ecosse et les tropiques.
Nous avons joué l’éclectisme dans notre sélection afin de montrer la complexité et la richesse de l’univers des belles eaux de vie, en souhaitant que de futurs passionnés viennent nous rejoindre.

Slainte

Gérard TRENTESAUX

QUELQUES RÉFLEXIONS… SANS CONSÉQUENCE !

Étant d’un naturel optimiste, je persiste à croire que ce qui fait la richesse du Clan c’est la diversité et l’ouverture indispensables à son renouvellement, et qu’il n’y a pas de critères de reconnaissance pour tel ou tel, en fonction de son ancienneté ou de son pouvoir d’achat, afin que chacun, quel que soit son profil, y trouve son compte.

Le goût des belles et bonnes choses, l’indispensable attrait pour la convivialité d’un club, la curiosité et la tolérance sont les mieux partagés parmi nous, et permettent d’attirer et d’intéresser ceux qui furent souvent la première fois de simples visiteurs.
Les anciens, les membres ‘’fondateurs’’, encore nombreux (même s’ils ont pris quelques rides et quelques cheveux blancs), ont beaucoup de choses en commun, ils sont le ciment qui facilite l’amalgame, le noyau dur de notre club!

Bon nombre d’entre nous, au début encore néophytes, n’était pas loin de penser, que les whiskies brut de fût restaient le domaine d’initiés et que leur abord délicat en réduisait l’accès. Les innombrables découvertes nous ont montré le contraire tout en forgeant notre expérience, continuons à la partager.

Rappelez-vous, déjà en 1997 nous découvrions notre première bouteille de souscription, un malt soyeux sous les couleurs du Clan, un Teaninich déjà, puis ce furent les Macallan, Linkwood, Ardbeg, Old Pulteney, Glengoyne et bien d’autres, qui vinrent tour à tour nous surprendre dans nos chaussons de Noël.

Comme dans la vie, ce sont les bons moments dont le souvenir revient, les petits souvenirs retrouvés par hasard, qui suscitent pendant quelques instants une impalpable nostalgie.

Au travers des voyages, initiés et développés avec une infatigable énergie par notre ami Gilles dès nos débuts (ceux qui l’ont connu n’ont rien oublié), c’est l’esprit du Clan qui a permis de dérider les plus soucieux, de décoincer les plus sérieux, de détendre l’atrabilaire, et d’oublier pour quelques jours le quotidien. Ce furent d’insolites rencontres, des visites improbables comme la distillerie Fettercairn, les iles Orkney en novembre, la découverte d’Arran au tout début de son activité, seule sur cette ile qui en compta dans le passé plus d’une cinquantaine (la plupart illégales !). Ou encore des dégustations d’anthologie, chez Glenmorrangie ou, souviens toi, à Cambeltown jusque tard dans la nuit…

Mais ne nous penchons pas trop sur le passé, et ne nous félicitons du présent que s’il permet de nourrir l’avenir du Clan. Chaque nouveau membre mérite notre attention, ce sont eux qui d’année en année assurent par leur intérêt le dynamisme et le renouvellement de notre club. Ils sont, comme nous l’étions, avides d’insolite, d’originalité ou de rareté, mais aussi d’amitié et de bonne humeur.

Sur l’Ile d’Islay on dit, à propos de l’alchimie du whisky “ the human being is the most important ingrédient “, c’est encore vrai à propos de la vie des associations, plus important peut être que l’objet même qui les anime, j’espère qu’encore longtemps, on pourra dire cela des groupes d’amis d’ici et là, qui font le Clan des Grands Malts.

Slainte,

Gérard TRENTESAUX

LA ROUE TOURNE

Cette image qui symbolise l’avancement perpétuel, celui du temps au cours duquel les choses évoluent, en bien comme en mal, comment ne pas l’appliquer au Clan ?

Chaque année nous apporte notre lot de satisfactions et de changements, 2010 n’a pas fait exception. L’implication toujours plus vive de deux d’entre nous, Jean Marc Danquigny et Tony Terrain, dans les projets et la réalisation des voyages, une idée ou deux et dans les semaines qui suivent, un canevas est prêt !

La découverte et l’expérimentation de nouveaux lieux de rendez vous sur Paris, grâce à Michèle Collet et Marie Hélène Magnant, qui testent avec bonheur. La pugnacité de notre ami Monégasque Hervé Colozier, qui fait découvrir nos élixirs au sein des Rotary et des Lyons de la région.
La sélection ( avec l’aiguillon de nos amis Nordistes ), vers plus d’éclectisme sans renier les classiques, et la recherche inusable de notre ami François Xavier qui, dans les dernières semaines de 2010, plutôt que de nous voir déçus par la bouteille de souscription qui ne correspondait pas à notre première impression, nous a déniché un fût magnifique qui a fait l’unanimité au sein du conseil. What else ?

Mais aussi des déceptions lorsque nous constatons cette année un certain effritement du nombre de nos adhérents, et parfois du nombre de participants à nos dégustations sur Paris ( mais que font-ils donc de leurs soirées ?).

Cette évolution nécessaire, nous la voyons aussi au travers du renouvellement des membres du conseil avec des administrateurs motivés, mais au sein duquel nous serions avisés d’évoluer vers la parité, à condition que nos amies, nos compagnes, nos collègues, dont la finesse et la sensibilité ne pourraient qu’influencer favorablement la majorité masculine, se manifestent !

Chaque année, lors de l’assemblée générale, le conseil élit son bureau parmi les membres candidats, Président, Trésorier, Secrétaire général, le poste de Vice Président restant vaquant. Pour avoir depuis quatorze ans exercé ces différentes fonctions, je peux affirmer que ce n’est ni une sinécure, ni un titre honorifique, mais du temps passé au service du Clan et de ses membres. C’est sans doute pourquoi les candidats ne se précipitent pas, malgré nos sollicitations, et l’on en revient au temps qui coure. .. Cette année sera peut être l’année du changement, toujours dans le même esprit mais avec des idées nouvelles et un dynamisme renouvelé.

Bonne année maltée à tous et à toutes.
Gérard TRENTESAUX

DE L’UNIFORMITÉ NAIT L’ENNUI

Depuis les temps reculés (1997, au siècle dernier…) où nous portions le Clan des Grands Malts sur les fonts baptismaux, rares sont les distilleries qui sont passées au travers des mailles du filet de notre ami François Xavier Dugas dont l’inlassable quête s’efforce de satisfaire l’inlassable curiosité des membres du Clan ! Plus d’une centaine d’entre nous était déjà présente lors des actes fondateurs, et poursuit encore avec nous de passionnantes découvertes.

Si par hasard, l’un d’entre eux eut été collectionneur, c’est près de 600 whiskies qui celui-ci pourrait à présent aligner sur ses étagères, soit un linéaire de plus de plus de 45 mètres, avec un nombre impressionnant de whiskies embouteillés pour le Clan, et quelques ‘’collectors’’ qui nous font encore rêver ! Il pourrait alors rivaliser avec quelques une des plus belles collections privées de whiskies au monde, qui atteignent parfois plus de mille de bouteilles. Certains d’entre nous (j’ai les noms…), petits buveurs, revendiquent plus de cinquante flacons, ce qui est déjà respectable, mais tous n’avouent pas ! Rien à voir bien sûr, avec des collections professionnelles impressionnantes comme celle de Guiseppe Begnoni à Bologne, qui détient plus de 40 000 bouteilles de vieux whiskies dans les chais de Whisky Paradise ! Ou encore les 3 000 versions du Waldhaus am See de Saint Moritz offertes à la dégustation. Vive internet…

Mais le plaisir de déguster et de faire connaitre, fait que la plupart de nos fioles sont vides, et la mémoire du Clan ne subsiste qu’au travers de la saine lecture de nos bulletins, et de la contemplation nostalgique de quelques flacons rescapés. Heureusement, ces souvenirs alimentent encore les conversations dans nos soirées.

Collectionner ou déguster faut-il choisir ? Pour satisfaire l’un et l’autre cela nécessite, ce va de soi, d’acquérir au moins deux exemplaires de chaque produit. Et comme le rappelle le vieil adage Ecossais (je ne suis sûr, ni des termes, ni de l’origine…) : ‘’ le whisky ne s’use que si l’on s’en sert ’’, et conservé dans un ombre propice, il restera inaltérable, ce qui n’est pas le propre de l’homme. L’avantage de cette collection, et non des moindres, c’est que si l’on s’en lasse on peut suivre le conseil avisé de Charles MacLean et la boire !

L’engouement pour les whiskies rares et le goût de collectionner ces eaux de vie, est un phénomène récent, en particulier en France, où il a fallut petit à petit se débarrasser du Coca Cola dans nos verres, puis des glaçons, remettre la plupart des ‘’ blends’’ à la place qu’ils méritent (mais il y a de pires breuvages ), enfin apprendre et apprivoiser les singles malts et les casks strength grâce à des importateurs audacieux, pour pouvoir les apprécier dans leur diversité selon les circonstances et selon notre humeur.

Que les Gascons et les Charentais veuillent bien me pardonner, mais sans les Gi’s et le Coca Cola, serions nous encore limités à la ‘’fine à l’eau’’ ?

Slainte,

Gérard TRENTESAUX

NOUVELLES D’ICI ET D’AILLEURS

Pour la plupart, les vacances viennent de prendre fin avec son lot de souvenirs, d’amitiés, de découvertes, d’évasion, et parfois le hasard de rencontres insolites.

Souvent, pour beaucoup d’entre vous, les vacances c’était le plaisir de la cuisine en plein air et des cocktails improvisés ! Un cocktail, faut-il le rappeler, c’est un mélange de ce que l’on veut dans les proportions que l’on veut… alors place à l’imagination et pourquoi pas les mélanges à base de whisky ! Bien sûr, pour amuser vos amis, il vous fallait une petite panoplie pour arriver à vos fins, avec au minimum, un shaker pour remuer (Pour les séniors, souvenez vous, ‘’to shake rattle and roll’’, Bille Haley, 1954), un tumbler (c’est un grand verre d’un demi-litre) un presse-citron, une cuillère à mélange, … et des verres évidemment !

Les barmen, amateurs ou professionnels, n’ont pas fini de nous surprendre, et au risque de perdre tout sens moral, nous pouvons recenser près d’une centaine de recettes où interviennent whisky, rye ou bourbon, depuis le très classique Manhattan : 2/3 Scotch, 1/3 Noilly, 2 traits d’Angustura, 2 traits de Cointreau, 1 zeste de citron, jusqu’au Napoléon associant le whisky et le gin avec sucre, citron et zeste.
Nous pouvions donc flâner au gré de notre inspiration, sous tous les climats, au milieu de bouteilles oubliées pour proposer des boissons inattendues à nos amis, nos voisins, nos invités, en laissant pour d’autres jours nos fioles préférées.

Plus sérieusement, il nous reste à souhaiter que vous avez passé de bonnes vacances… et fait peut être de belles découvertes maltées! Peut être l’un de vous a-t-il cédé fin Août à l’appel du large pour participer, autour de Bréhat, à la croisière aux 96 iles et aux 5 whiskies, organisée par Jean Donnay (Glann ar mor, c’est lui) sur la ‘’Nébuleuse’’ un vieux gréement de 19 mètres.
Maintenant il faut vous préparer à une nouvelle saison avec le Clan, et accessoirement reprendre vos obligations professionnelles. Quelques privilégiés vont prolonger leurs vacances par une escapade en Ecosse avec le Clan, et découvrir les Lowlands fin septembre. Les aléas des inscriptions puis des annulations font qu’après avoir envisagé deux voyages successifs nous n’aurons qu’un groupe un peu plus étoffé pour visiter châteaux et distilleries. Alors, souhaitons-le, dans ce prochain voyage comme dans ceux qui l’ont précédé, chacun d’entre-nous y trouvera son compte pour évoquer plus tard les bons moments passés ensemble.

Régulièrement certains des courriers qui vous sont adressés nous reviennent après des changements d’adresse où des adresses imprécises. Avec la poste, le téléphone, internet, les SMS, les mails, nous avons l’impression d’être suivis, pistés, et qu’il est impossible d’y échapper ! Voyager, c’est le plus souvent partir puis revenir, alors profitez de cette rentrée pour vérifier et nous communiquer vos changements de coordonnées si elles doivent avoir lieu.

Slainte

Gérard TRENTESAUX

AMÈRES RÉFLEXIONS…

Pour notre assemblée générale annuelle nous étions il y a quelques semaines reçus au Club House du golf d’Ableiges, proche de Génicourt où Pascal Dutarte reçoit régulièrement nos amis de la région de Cergy autour des whiskies du Clan.
Lors de cette assemblée, le renouvellement d’une partie du conseil a permis d’accueillir Marc Goubert pour qui la vie associative n’a pas de secret.
Bien que nous ayons essayé de susciter de nouvelles vocations pour la présidence, la trésorerie et le secrétariat général, le conseil a reconduit le bureau à l’identique, et nous en avons encore repris pour une année !

Ce fut l’occasion de rappeler notre préoccupation concernant la consommation d’alcool lors de nos soirées afin que nos comportements responsables en limitent les risques. Le plus souvent lorsqu’on aborde ce sujet, les idées les plus farfelues circulent, sur la tolérance, les taux d’alcoolémie, les indications des alcootests qui resteraient négatifs lors de certaines dégustations…et il n’est peut être pas inutile de rappeler certains fondamentaux auxquels les avis personnels ne peuvent rien changer.

La consommation d’alcool affecte de façon incontournable la rapidité de notre réaction lors de la survenue d’un évènement imprévu, elle affecte le jugement, l’impression stimulante que l’on ressent est trompeuse avec, quoi qu’il arrive, une diminution de notre vigilance. Et si la tolérance varie d’une personne à l’autre notre comportement sera de toute manière modifié. Cette tolérance plus ou moins subjective n’a rien à voir avec la réalité de notre taux d’alcoolémie.

Celui-ci va être influencée par le poids, le sexe, la durée de consommation et l’alimentation que nous allons lui associer. Nos compagnes seront moins bien loties puisqu’elles atteindront le même taux d’alcoolémie avec une consommation moins importante, et les revendications sur l’égalité des sexes sont hélas sans effet ! C’est la dure loi de la biologie.

Trois cl. de whisky à 40°, c’est bien peu, c’est l’équivalent d’un verre de vin ou de 25 cl. de bière à 5°, mais c’est malgré tout un peu plus de 10 g. d’alcool pur et il nous faudra environ une heure pour éliminer cette unité d’alcool quoi que l’on fasse et ce n’est ni un café fort, ni l’air frais que nous respirons à la fin de la soirée qui changerait les choses. Là encore c’est la biologie qui parle. Multiplions par quatre ou cinq cette consommation et il nous faudra quatre à cinq heures pour éliminer 12 cl. de whisky à 40° !! Amen.

Alors nous réitérons nos conseils amicaux, tout d’abord en incitant les conducteurs à utiliser nos kits de dégustation (qui restent jusqu’à présent un peu trop confidentiels) et qui permettrons de poursuivre chez eux leurs premières impressions. Nous devons les proposer systématiquement en début de soirée avec un système simple d’étiquetage. Mais aussi en favorisant lors de ces réunions, le co-voiturage ou l’utilisation des transports en commun comme cela se pratique dans tous les pays du nord de l’Europe.

Gérard TRENTESAUX

TOUT FEU TOUT FLAMME

Dans cette expression familière, le « feu » symbolise le plus souvent l’ardeur de nos sentiments et cette comparaison est renforcée par le tout et par la flamme, qui fait redondance avec le feu.  » Tout feu tout flamme », exprime l’enthousiasme vers l’objet de notre admiration, de notre désir, voire de notre passion, aussi bien vers la chose inerte que vers le vivant, alors nous pourrions tout aussi bien l’employer à propos de certains whiskies que nous apprécions particulièrement et qui déclenchent lors de leur dégustation les plus vives sensations!

Mais au delà de l’expression imagée, nous sommes aussi bien dans la réalité avec le « feu » qu’entraîne parfois la puissance de l’alcool dans notre délicat organisme, cette sensation particulière de brûlure qui accompagne notre whisky depuis nos papilles, et masque parfois la complexité des arômes. Heureusement nous sommes loin de « l’eau de feu » destinée aux « natives » et qui n’était que des alcools frelatés destinés à favoriser le commerce des peaux avec les indiens.

Avant d’arriver dans votre dram, votre whisky ou plutôt ses composants ont du subir l’épreuve des flammes tout au long des différents stades de son élaboration. Sans feu, sans flamme pas de whisky. Parlant de ces eaux de vie on évoque le plus souvent l’orge, cette céréale modeste qui vient plutôt sous des climats rudes, la tourbe, combustible du pauvre, l’eau des Glens, l’alchimie des alambics, le bois des buts et autres hogsheads, mais la flamme reste le lien entre ces différents éléments.

Même si hélas pour des raisons économiques, le chauffage à l’air chaud tend à remplacer le séchage traditionnel, c’est dans les kilns, ces étranges cheminées en toit de pagode, que la flamme commençait son travail. Consumant les humbles briques de tourbe mêlée au charbon de coke elle va permettre de stopper la germination du malt et l’imprégner de façon indélébile d’arômes phénoliques plus ou moins importants.

Dans les alambics le chauffage interne à la vapeur, remplace progressivement le chauffage direct au charbon qui avait peu évolué depuis les alambics artisanaux chauffés directement sur la flamme du combustible dont on disposait. Les temps changent.

Si l’on retrouve souvent des notes de caramel et de vanille dans la palette aromatique d’un whisky c’est le flambage des fûts qui en est à l’origine, en particulier les fûts de Bourbon, qui sont véritablement brûlés au chalumeau après l’assemblage des douelles. Ce flambage arrondi les tanins résineux du bois et fait ressortir la vanilline et les sucres. Encore fallait-il le trouver.

Albert Einstein résumait cela simplement en disant «  L’imagination est plus importante que le savoir ».

Slainte

Gérard TRENTESAUX

Bonne année

FELICE ANNO NUEVO,
A HAPPY NEW YEAR,
EIN GUTES NEUES JAHR

Bonheur, santé et prospérité,
Parmi les vœux échangés, il s’agit certainement des plus courants, encore faut il savoir si nous y mettons du sens ou si cela n’est qu’une formule. Le bonheur, notre capacité à être ou à rendre heureux ? Santé, sans doute une façon d’oublier nos petits tracas physiques ou intellectuels. Quant à la prospérité, doit elle être matérielle ou morale ?

Vous êtes pour la plupart de la génération des ‘’Baby boomers’’, pleins de projets, avec leurs références et leurs icônes, soucieux de préserver l’émotion, la solidarité, la création de bien être, souvent éloignés des préoccupations des générations précédentes, mais le Clan regroupe heureusement aussi des seniors apportant leur expertise, et des plus jeunes, curieux d’apprentissage et de découvertes.

Alors pour vous tous, nos amis du Clan, dans ces vœux nous mettons d’abord de la chaleur, de l’amitié, de l’attention. Au-delà de nos passions pour de divins breuvages, ce sont ces sentiments qui doivent animer nos soirées, nos voyages, nos contacts et ce qui fait la richesse et l’esprit du Clan.

Si 2009 nous a permis de faire de belles découvertes, des soirées d’exceptions comme la verticale Glenfarclas, notre fête du Malt autour d’Ardbeg et Glenmorrangie, notre soirée de décembre pour retrouver les fleurons de l’année, ce fut aussi en Octobre la réussite d’un périple organisé avec maestria par Tony Terrain et Jean Marc Danquigny dans le Speyside.
En 2010, souhaitons nous le meilleur… et nous y travaillons humblement mais avec détermination !

Slainte
Gérard TRENTESAUX

VOUS AVEZ DIT COTISATION ?

Par définition « La cotisation est une somme d’argent permettant de financer les frais de fonctionnement d’une association. Elle ne donne pas lieu à une contrepartie pour l’adhérent. Elle ne doit pas représenter le prix d’un bien ou d’une prestation de services.

Son montant peut être fixée par le bureau, le conseil d’administration ou l’assemblée générale Il n’existe ni minimum ni maximum, mais son montant doit correspondre aux besoins de l’association ».

Ah quelle rigueur dans ces dispositions réglementaires ! Dura lex, sed lex, comme le disait en son temps le proverbe latin.

Le Clan ne faisant l’objet d’aucune subvention, ni de dons, ni d’aucun revenu occulte, il est obligé de faire appel à ses membres pour que ses coupables activités perdurent. Hors des cotisations point de salut. Sinon, pas de lettres, pas de mailing, pas d’effort de promotion, d’assurance non plus, ou encore de frais de siège. Encore avons-nous reculé l’acquisition d’une voiture de fonction pour le président…à sa grande déception!

Comme le démontre brillamment Christian Pennequin, votre grand argentier, lorsqu’il intervient au cours de chaque assemblée générale, les cotisations sont indispensables au fonctionnement de l’association, certes, mais encore faut-il démontrer qu’une augmentation raisonnable ne fait que compenser les augmentations des différents frais tout en gardant une trésorerie saine. Les tableaux et différents camemberts sont là pour vous convaincre.
Comme pendant les soldes, il est certains chiffres que certains se refusent semble t il à dépasser, et il y a sûrement du symbolique dans tout cela, et les professionnels ne s’y trompent pas quand il affichent ce merveilleux ensemble à 99,99 euros ! Il en est de même pour les cotisations au Clan des Grands Malts.

Lors de l’assemblée générale d’avril 2008 tenue au restaurant du stade Jean Bouin, sur proposition d’un certain nombre de membres, la cotisation a été portée à 60 euros après avoir été maintenue pendant trois longues années à 58 euros…. Sans aucun doute pour certains d’entre vous fallait il proposer 59,99 euros, pour qu’ils acceptent de modifier leurs habitudes. Aussi recevons nous encore régulièrement des courriers de réadhésion assortis d’un modeste chèque de 58 euros ! Ou encore une demande avec bouteille de souscription à 119 euros au lieu de 125 euros.

De même, et par souci d’équité, sans tenir compte de l’année civile, nous proposons le renouvellement de votre cotisation à la date anniversaire de votre adhésion au Clan. Malgré nos courriers successifs c’est parfois après trois mois, six mois voire un an que certains nous font parvenir leur obole. Bien sûr ce sont des oublis, des retards sans conséquence, sauf pour notre gestion que nous souhaitons poursuivre ‘’en bon père de famille’’.

A nos amis délégués régionaux, de diffuser la bonne parole, de distribuer les documents à jour, et de nous aider dans notre merveilleux bénévolat.

Gérard TRENTESAUX

LA GUERRE DES BOUCHONS

Si l’apparence, le plumage, le maquillage, ont pour souci d’attirer et de séduire, nos whiskies n’échappent pas à ce besoin de plaire et l’on voit depuis longtemps évoluer l’étiquetage et la forme des flacons, pour aimanter l’œil et la vue. Déjà en1863, John Dewar créait les premières étiquettes en papier et Berry Bross en son temps créait un logo surprenant avec Cutty Sark. Les spécialistes en marketing redoublent maintenant d’imagination pour que la forme, la couleur des embouteillages, l’appellation donnée à tel ou tel, captent l’attention de l’amateur.

Aussi belles soient-elles, si l’on ne veut pas que le contenu s’écoule ou s’évapore (élémentaire, mon cher Watson !) ces bouteilles se doivent d’être fermées et nous n’échappons pas au débat sur les différents modes d’occlusion qui agitent le monde du vin. Déjà en1912 : William Berguis pour Teachers, invente le bouchon de liège réutilisable et en 1925 la distillerie White House crée la capsule à vis pour son whisky.

Quel avenir pour nos bouchons traditionnels et le liège a-t-il vécu ? Pourtant, que ne lui fait on subir pour qu’il soit parfait : la sélection des meilleurs chêne-liège, le plus beau aura le moins de trous possible, pour s’approcher de ce modèle (beau et cher…) on lui bouchera les pores, on le reconstituera avec des granulés et de la colle, on lui mettra des rondelles au dessus et en dessous, on le traitera avec du co2 hypercritique pour éviter cette plaie qu’est le goût de bouchon. Hantise du récoltant éleveur, du caviste, du sommelier, cette odeur de cave, de moisissure, de pourri, de poussière, de vieille barrique abandonnée, mais pas de liège, est acceptable en visitant des chais (un lieu propre au recueillement et non pas à la critique olfactive), mais pas dans nos verres. Les responsables : certaines moisissures produisant des dérivés chlorés en particulier le tristement célèbre 2,4,6-trichloroanisole, fermer le ban ! Si dans l’œnologie ce problème est constant, il n’est pas sûr que les eaux de vie y échappent toujours.

Pour le vin, matière vivante, le liège étanche, souple et poreux, permet son évolution, pour nos whiskies presque immuables un fois scellés, celui-ci subit quelques critiques. Rangés à la verticale, le liège subira un dessèchement néfaste, allongés, l’altération du bouchon par l’alcool sera inéluctable. Alors pourquoi ne pas se tourner vers de nouveaux produits.

Après le traditionnel bouchon en liège, on a vu apparaître les bouchons synthétiques (polyéthylène, sbs, eva), mais qui évolueront mal au fil du temps, le bouchon en verre avec un joint d’étanchéité parfaitement étanche, des capsule à vis avec des joints variés : étain, liège reconstitué, polyéthylène, alliage de vinyle (Saranex), selon l’échange gazeux souhaité.

Passer du bouchon traditionnel en liège, aux bouchons synthétiques, puis aux bouchons en verre et à la capsule à vis, c’est bien sûr moins de charme, nous oublierons peut-être le bruit du liège se libérant son manchon de verre… mais ce sont des avantages auxquels ne résistent plus de nombreux professionnels de l’embouteillage.

Alors si de nouveaux bouchons leur assure stabilité et régularité, quel est le meilleur moyen de conserver nos chères (à notre cœur et à notre portefeuille) bouteilles? Ce serait évidemment de ne pas les boire…… Assurons leur une pénombre propice à leur repos, visitons les régulièrement, leur parler est inutile, en attendant de se réconforter régulièrement entre amis avec l’une d’entre elles.

Slainte,
Gérard TRENTESAUX

LE MONDE BOUGE ET LES TEMPS CHANGENT…LES GENS AUSSI

L’autre soir, avec un ami, je dégustais de la main droite un dram d’un vénérable et regretté Brora embouteillé pour le Clan il y a quelques années, de la main gauche un Roméo et Juliette « exhibition n°4 », enveloppés par les volutes bleutées du cigare, et le regard égaré dans la transparence ambrée du whisky, nous écoutions la voix troublante de Billie Holiday.

Dans une plénitude hédoniste nous savourions un moment de pur délice, et échangions sur le Clan, sur ses membres et leur diversité qui en fait la richesse.

Ceux là nous ont quittés, ceux ci nous ont rejoints, avides de découvertes, et puis, les amis de la première heure sont encore là toujours nombreux. Parmi ce petit monde, des curieux, des rêveurs, des ingénieux, des ingénieurs, des drôles, des intellectuels, de doux dingues, des bricoleurs, des encyclopédiques, des collectionneurs, des passionnés, des jeunes et des moins jeunes, des détachés, des poètes, des sérieux, mais que lie leur passion commune et que relient le plus souvent la solidarité et l’amitié.

Et puis surtout, sans atteindre encore à la parité lors de nos rencontres, nos amies, nos compagnes sont toujours plus nombreuses à partager ces moments de détente, détruisant ainsi le mythe d’un plaisir exclusivement dédié au masculin !!

Au fil du temps, les lieux qui nous accueillent changent aussi et c’est ainsi. Hier c’était encore Bercy, le Cercle Républicain, les deux Bouchons, l’Autrement Dit, les Feuillantines, l’An II, les Galopins, où nous avons passé tant de bons moments. Aujourd’hui, c’est Génicourt, la taverne du petit Wasquehal, le Meurice, Quelques saveurs du Sud, Saint Cyr sur Loire, et plus récemment le Bar Belge ou Patrick Lemaire nous a reçu chaleureusement.

Si les gens, si les lieux changent, que dire de nos comportements, de notre curiosité, de nos goûts, de notre façon de déguster. Que dire de nos whiskies, souvent façonnés par la diversité des affinages, et par la tourbe appliquée au millimètre, quand elle ne fut longtemps qu’approximative ? Aurait-on, il y a quelques années, proposé à nos invités un dîner au whisky? Lors de nos premiers voyages, nous surprenions les Ecossais eux-mêmes en leur domaine, par nos lubies de Frenchies. Martine Nouet, écrivain et cuisinière émérite, grande prêtresse de la cuisine au whisky et des compositions insolites, nous a surpris puis séduit par l’originalité des alliances aromatiques et de saveurs inédites, donnant par là même une autre façon de flatter nos papilles, par des rencontres étincelantes et inventives.
Quelques grands chefs s’y risquent avec bonheur, bien loin de l’alchimie de la cuisine moléculaire, profitant des infinies variations apportées par les innovations en matière de finitions que des précurseurs comme Balvenie ou Glenmorrangie ont initiés il y a de nombreuses années.

Dans quelques jours c’est l’explosion du printemps, soyons optimistes, le Clan n’a pas fini d’évoluer et le whisky de nous étonner.

Gérard TRENTESAUX

Felix sit annus novus

Préférez vous le gaélique Irlandais ath bhliain faoi mhaise.
Ou plutôt comme en Bretagne : Bloavezh mad, yec’hed mad ha prosperite, hag ar baradoz da fin o puhez. Ou bien encore l’obliadhna mhath ur en gaélique d’Ecosse ? Il est vrai que même à l’occasion des vœux nous montrons notre incapacité à dominer les langues étrangères…

Il est toujours délicat d’adresser ses vœux avec plusieurs semaines de retard. Mais pour notre défense, les alibis ne manquent pas : le courrier, la sélection, le temps qu’il fait, l’imprimeur, le temps qu’il faut, l’édito du président encore en gestation…..Mais selon que l’on adopte tel ou tel calendrier, avec des traditions variables d’une société à l’autre, nous pourrons admettre une certaine fantaisie puisqu’un grand nombre de jour de l’an sont fêtés entre le solstice d’hiver et l’équinoxe de printemps, influencé par le cycle des saisons, les traditions, les édits promulgués par tel ou tel pour essayer de mettre un peu d’ordre dans tout cela et faire correspondre, dans le meilleur des cas, cet évènement avec le premier jour du calendrier!

Oui, ce fameux jour de l’an, où l’on va faire des cadeaux réciproques, peut-être héritage des offrandes aux dieux Egyptiens et Romains, souhaiter pour nos proches et nos amis un illusoire bonheur et une improbable prospérité….. et faire des vœux le plus souvent pleins de bonnes intentions. Et ce fameux nouvel an si souvent associé à des traditions culinaires, des graines, des lentilles, des gâteaux de miel en Italie, des fruits lors des douze coups de minuit en Espagne, de la choucroute en Belgique avec une pièce dans la main (ou sous l’assiette), le miso très largement arrosé de saké au Japon, le champagne et le foie gras chez qui vous savez, mais aussi ici ou ailleurs, les pétards, les feux d’artifice, les cotillons et les parades débridées.

Le mois de Janvier doit son nom à Janus, dieu païen du renouvellement, dont l’un des visages regarde vers l’avant, l’autre vers l’arrière. C’est pour nous l’occasion de se pencher sur un passé récent et de regarder vers un futur plein de promesses.
Le passé c’était renouer en octobre dernier avec la tradition des voyages du Clan, dans les Highlands et vers les Orcades, et nous savons tous à qui nous pensions pendant ce voyage. C’était aussi des rencontres à Tours, à Monaco, ou bien encore lors de soirées réunissant des amateurs de cigares et quelques aficionados du whisky. C’était en décembre un week-end chaleureux chez nos amis Lillois autour de Benriach, de la Brasserie Dubuisson, de la Fleur de Houblon chez Guy Dauchy, c’était en octobre la Seine, Jim Mac Ewans et Bruichladdich, c’était la redécouverte des perles de l’année lors de notre soirée parisienne de décembre.

En 2009, ce n’est pas un mais deux voyages que nous préparons! L’un en mai pour découvrir les distilleries Bretonnes, l’autre en automne dans le Speyside, toujours avec des groupes de quinze à vingt personnes. Mais avant cela, c’est sur la cote d’Opale que nous organiserons l’assemblée générale annuelle au cours d’un week-end maritime chez notre ami Jean Claude Cossart. Pour nous le plaisir, pour eux les tracas, c’est cela aussi la vie du Clan.

Slainte
Gérard TRENTESAUX

BRUICHLADDICH OU « LE BORD DE LA COTE »

Si vous avez la chance un jour d’aborder l’île d’Islay par le loch Indall, qui tranche presque l’île en deux, et que lentement le ferry s’approchera de l’embarcadère de Port Ellen, vous pourrez, là en face, un peu en retrait de la grève balayée par le vent salé et l’air iodé, deviner Bruichladdich la belle du loch. (Pour imiter la prononciation locale nous dirons « Brewick laddie »).

Ses bâtiments brossés de blanc comme toutes les distilleries de l’île se dévoilent au détour de la route venant de Port Charlotte. Là, dans d’anciens entrepôts de la distillerie Lochindaal sommeillent encore de nombreux fûts de la distillerie, richesse du passé et promesse pour l’avenir. Là où la terre et la mer se mêlent intimement, ces fûts respireront pour un temps les embruns et les algues, et dans une secrète alchimie transmettrons un jour à nos sens les effluves de l’île.

Le 11 octobre dernier, Jim Mc Ewan nous faisait l’honneur d’être notre invité lors de notre soirée de gala et d’être l’ambassadeur de la distillerie Bruichladdich, et chacun pu tout au long de la soirée mesurer sa générosité, admirer son expertise, et apprécier sa personnalité.

Jim est un Ileach pur jus, il est né sur Islay, il fut, adolescent, apprenti tonnelier dans l’une des distillerie de l’île, puis fit son apprentissage en tout ce qui concerne l’élaboration du whisky, et c’est le plus naturellement qui devint master distiller chez Bowmore pendant de très nombreuses années. Autrement dit rien de ce qui concerne la magie de ce breuvage ne lui est étranger ! Infatigable laudateur de son île, de cette nature sauvage encore pour un temps préservée, et de ses whiskies dans leur infinie complexité, il défend maintenant avec énergie les couleurs de Bruichladdich, associé incontournable de Mark Reynier en assurant la direction de la production.

Comme souvent en Ecosse, l’histoire de la distillerie Bruichladdich fut mouvementée, achats et rachats se succèdent, menace de démantèlement puis mise en sommeil peu après son acquisition par Whyte and Mackay, enfin après plusieurs années de difficiles tractations avec Fortune Brands, Mark Reynier et ses associés de chez Murray McDavid, Simon Coughlin Gordon Wright et Andrew Gray, réalise son rêve en 2001 en prenant le pari de l’indépendance de l’originalité et de la qualité.

Depuis, profusion d’assemblages d’ages et de styles différents, infinies variations sur les finitions, bousculant la tradition de whiskies sages et non tourbés, Jim n’en finit pas de nous étonner. Alchimiste passionné de nouvelles gammes, il manie saveurs et arômes pour susciter nos émotions. Mais Mark Reynier, Jim et leurs associés restent soucieux de maintenir la tradition en conservant cuve de brassage à ciel ouvert, cuves de fermentation en pin d’Orégon, safe, spirit still présents depuis la création de la distillerie en 1881, et la typicité de leur terroir au travers des apports de son sol, de ses sources et de son climat.

Ivehor Brown disait… Lentement savouré et non ingurgité d’un trait, le whisky peut être une boisson méditative et philosophique.
C’est sans doute dans cette part de rêve que s’inscrit la démarche de Bruichladdich.

Slainte !

Gérard TRENTESAUX

QUAND ON AIME, ON NE COMPTE PAS…

Encore une tradition du Clan, quelques stakhanovistes du whisky, restés début août à Paris, se recueillirent devant quelques belles bouteilles distinguées au cours de l’année. L’occasion pour eux d’évoquer le passé et de discuter du présent, du prix des belles bouteilles ou de leur rareté, de regretter celle-ci ou celle-là qui ne seraient plus que des souvenirs.

Déjà en 1997, notre ami François-Xavier Dugas, dans un discours prémonitoire (désormais célèbre…..) devant l’assemblée constituante du Clan des Grands Malts, évoquait l’envolée des cours et la raréfaction de l’offre des single malts, liés aux problèmes de change et à la demande très forte des marchés émergents (déjà eux !!)

Et pourtant quelle belle époque, où pour une poignée de dollars, l’amateur du Clan semblait pouvoir s’offrir de rares et fabuleuses bouteilles encore méconnues du vulgum pecus: Un Port Ellen 18 ans à 380 francs, un Highland Park 24 ans à 590 francs, ou encore débourser 450 francs pour un Ardbeg 75, le Macallan 19 ans ne valait encore que 425 francs et le Bowmore 17 ans 355 francs. Quant au Dalmore 22 ans, il paraîtrait donné.

L’acteur Chic Murray tournant en dérision la réputation d’avarice des Ecossais, racontait: « Mon père était plus généreux que bien des hommes. Il possédait une très belle montre en or, qu’il a accepté de me vendre sur son lit de mort. Cette montre à laquelle je tenais, je la lui ai payée par chèque…. »
On pourrait tenir nos amis Ecossais pour seuls responsables de l’envolée des prix et de la plus grande rareté des beaux produits, ou encore les groupes soucieux de développer des produits ‘’ premiums’’, ou la demande des nouveaux consommateurs (mais n’étions pas de nouveaux consommateurs il y a quelques années ?), et pourquoi pas les distributeurs, le prix de l’orge, ou encore la notoriété de tel ou tel, la confidentialité de tel autre ? Plus simplement, comme pour le pétrole, le whisky obéit aux lois du marché, à l’offre et à la demande, et pourquoi devrions nous y échapper ?
Le pétrole sans doute encore indispensable pour se déplacer, le whisky pour rêver peut-être, comme pour le pétrole, quel prix sommes nous prêts à accepter avant de réduire notre consommation ou notre fièvre de collection. L’éternelle discussion, et cela vaut pour bien des choses.

Pourrons nous maintenir dans les années futures une démarche hédoniste où la recherche du plaisir est un fondement de la morale, ou bien Epicuriens ou disciples de Lucrèce, nous devront nous affranchir de nos passions pour atteindre au plaisir.

Restons optimiste, on pourrait dire ’’ les choses ont bien changé’’, des règlements chaque jour plus contraignants, des prix souvent dissuasifs, des perles inaccessibles, la fièvre des enchères sur Internet et pourtant le marché ne s’est jamais si bien porté !
Le Clan non plus d’ailleurs, toujours à la recherche du bon et du vrai, pour dénicher de ci de là l’exception qui nourrira nos souvenirs.

Slainte,

Gérard TRENTESAUX

L’AVENTURE, C’EST L’AVENTURE

Dans quelques jours, dans quelques semaines, la plupart d’entre vous partirons en vacances, certains vers des contrées lointaines, d’autres vers le calme des soirées entre amis dans un lieu familier, ce sera encore pour beaucoup les retrouvailles familiales qui marqueront cet été, avec le « blending » des générations, la cuisine en plein air et les cocktails improvisés.
Où que vous soyez, le plaisir des vacances c’est aussi la promesse de découvertes, d’évasion parfois, le besoin de flâner, le hasard des rencontres, et sous tous les climats la curiosité vers des choses inhabituelles. Alors pourquoi ne pas voyager un dram dans vos bagages, et aller à la découverte de whiskies insolites ?

Sans quitter l’hexagone, vous pourriez en Bretagne, vous diriger vers Pleubian et la distillerie Glann a Mor qui distille des whiskies originaux, soucieuse de rivaliser avec les meilleurs, vers Lannion c’est l’ARMORIK et le WHISKY BRETON que vous pourrez tester, ou encore vers la distillerie des Menhirs à Plomelin qui élabore l’EDDU à base de froment. Guillon en Champagne, Michel Couvreur à Beaune, même sans racines Gaëliques la passion les anime et sont prêts à la partager !

Chez nos amis corses, la gastronomie ce n’est pas seulement le gibier, le brucciu, les poissons de roche et les vins de Patrimonio, c’est aussi le PM de la brasserie Pietra: les saveurs du maquis alliées au parfum du muscat.

Mais si c’est vers les Pyrénées et l’Espagne que vous mènent vos pas, vous n’aurez aucun mal à dénicher le DYC ou le DOBLE V (rappellerai-t-il un certain LABEL 5 ?) avec lesquels nos voisins Ibériques, non contents de sacrifier leurs taureaux, essaieront de vous mettre à terre.
Si le souvenir du brave soldat Svejk vous ramène vers la Mittle  Europa , si la nostalgie de Prague la baroque, le pont Charles, le fantôme du Golem vous attirent, alors vous goûterez peut-être le PRINTER’S au bar de l’hôtel Europa.

Chez nos voisins allemands le SCHWÄBISCHER (évidemment d’origine Souabe comme son nom l’indique…) et le RACKE RAUCHZAT (d’origine plus incertaine, peut-être distillé en Ecosse) pourraient vous distraire de l’habituelle saucisse-bière.
Remontons vers le nord et la Suède pour tester (pourquoi pas ?) le MACK MYRA.

Quittons maintenant l’Europe, que ce soit sac au dos avec le « Routard » en poche, ou de palaces en palaces pour les mieux fortunés, il semblerait que peu de pays échappe, hélas, à l’aventureux challenge de l’élaboration d’un whisky. Et nous ne pourrons pas toujours échapper à la fureur de distillateurs démoniaques soucieux de doter leur pays de breuvages incertains.
Vers les Indes ce serait le GOLD CROWN ou mieux le AMRUT, en Thaïlande le MAEKONG, en Turquie l’ANKARA (dit malt wiski….), a Chypre le OLD OAK, en Egypte le AULD STAG, en Syrie le SHAM ( A propos duquel j’ai lu ce commentaire «  l’eau rance d’Arabie »).Que d’imagination !

Mais montons maintenant vers des sommets bien réels si ce ne sont des sommets dans l’art de la distillation. Après une rapide ascension du Kilimandjaro (5895 mètres malgré tout !) pourquoi ne pas tester le REGENCY dans un bar Tanzanien ? Et si c’est le tour des Annapurnas qui vous tente, vous n’éviterez peut-être pas le MOUNT EVEREST commis par la distillerie Shree à Katmandou. A défaut de vous monter vers des sommets il pourrait bien vous plonger dans l’abîme !

Ces flacons, pour la plupart, s’il vous prenait l’envie d’en ramener, finiraient sur une quelconque étagère comme d’aimables souvenirs de vacances, à moins que vous n’ayez envie d’étonner vos amis en leur proposant d’élaborer de déroutants cocktails exotiques qui «… se fabriquent en secouant une mixture composée des alcools industriels qui vous tombent sous la main. On peut y ajouter de la mayonnaise, du pétrole, du jus de réglisse et de la graisse de chevaux de bois » (Curnonsky). Ces découvertes seront peut-être associées à des moments inoubliables, et nous renverrons à la vanité de nos critiques habituelles.

Gérard TRENTESAUX

ON THE ROAD AGAIN…

« Il est bon de lire entre les lignes, cela fatigue moins les yeux. »
Sacha Guitry

De l’idée au projet il n’y avait qu’un pas, Nous irons donc dans les Highlands en octobre, là où les distilleries sont rares mais appréciées !
Si la ville vous pèse, si la pression des journées qui s’enchaînent devient trop forte, ou tout simplement si vous avez besoin de changer d’air quelques jours, alors vous serez peut-être avec nous pour cette prochaine escapade du Clan.

Nous irons à nouveau nous imprégner des vieux mythes celtiques ou des influences scandinaves des îles du Nord, du mystère des sites néolithiques, des légendes autour de Nessie, et puis de cette nation qui mêle si bien le dynamisme du présent à la nostalgie du passé. Faisant aussi la part belle aux distilleries, que ce soit dans un vallon romantique, sur les landes ventées des îles Orkneys, ou au milieu des austères collines entourant Blair Athol. Ces échappées vers les distilleries nous faisant parcourir des paysages rudes et contrastés, traverser des glens où l’eau ruisselle, longer les criques où affleure la brume de mer ou les roches grises couvertes de bruyères des Northern Highlands.

Laissons nous conduire par Michael Jackson. Qui mieux que lui a décrit l’incomparable fusion entre l’Ecosse et sa boisson nationale : « L’Ecosse est une nation capable, il est vrai, de se dissoudre dans un verre : en y trempant les lèvres, on goûte le fabuleux paysage de ce pays.

Le temps étant le plus souvent compté et laissant peu de place à l’aventure, c’est toujours dans des rencontres fortuites, dans d’imprévisibles découvertes que nous faisons le creuset de nos meilleurs souvenirs. Les voyages du Clan n’échappent pas à cette règle.

Peut-être assisterons-nous à Blair Castle au rituel des Keepers of the Quaich, qui maintiennent l’esprit et les traditions autour du whisky écossais. A Wick, que nous réserve la visite de Pulteney ? Certains d’entre-nous évoquent encore avec émotion la découverte de certains fûts. Et là haut, tout au Nord, pour atténuer la rigueur du climat, goûterons nous au punch chaud fait de bière artisanale, de whisky, de sucre et d’épices qui nous serait servi dans un récipient en bois, comme la grole du pays Valdotain ?

Le but est une chose, le voyage en est une autre, certains écrivains voyageurs, Peter Mathiessen dans sa quête du monastère de Shey Gompa au Dolpo, Georges Shaller dans son hypothétique rencontre avec le léopard des neiges, Nicolas Bouvier dans l’usage du monde, et bien d’autres, l’ont magnifiquement décrit. Alors, souhaitons-le, dans ce prochain voyage comme dans ceux qui l’ont précédé, chacun d’entre-nous y trouvera son lot de souvenirs, d’amitié, de découvertes, dont les compte-rendus ne seront qu’une pâle évocation des moments passés ensemble.

Gérard TRENTESAUX

A NOS CHÈRES DISPARUES

Lu dans le journal d’André Gide à propos du journal de jules Renard «  Ce n’est pas un fleuve, c’est une distillerie ».

« Que sont mes amis devenus
Que j’avais de si près tenus
Et tant aimés… »

Ce que disait le poète RUTEBEUF au 13ème siècle, pourrions-nous l’interpréter à propos de toutes ces distilleries qui ne nous laissent que d’émouvants souvenirs ?

Banff, Glenglassaugh, Rosebank, Saint Magdelene, Glendullan ou Port Ellen. En citant ces distilleries, c’est autant de bons moments évoqués, lorsque nous découvrions distraits ou recueillis ces témoins d’un passé récent pour nous, mais déjà d’un âge vénérable pour ces eaux de vie. C’était le plus souvent sans connaître leur destin.

Certaines de ces belles ne sont qu’endormies, pensons à Scapa, Glen Keith, Caperdonich ou Imperial, et reverront peut-être le jour comme Glengyle à Campbeltown ou Octomore dans Islay. Tout est là pour qu’elles se réveillent depuis les bâtiments, les équipements et bien sûr les stocks, sans qui tout serait vain. C’est le marché qui décidera, et le prince charmant qui s’appelle maintenant Diageo, Allied Distillers ou Ricard (cœur de lion), question d’époque….

D’autres ont eu moins de chance : Chartershall, Littlemill, Carsebridge et Saint Magdelene, Cannonmills, Glenochil mais aussi Banff, North Port et Pittyvaich et d’autres encore maintenant détruites. Qui se souviendra d’elles dans quelques années, certaines déjà oubliées, d’autres encore présentes au travers de rares flacons. Vous aurez eu la chance de connaître un certain nombre d’entre-elles (et pas des moindres), lors de certaines de nos soirées, et il reste encore heureusement au Clan des opportunités pour les collectionneurs !

Au hasard de vos ballades en Ecosse, vous verrez peut-être encore des bâtiments n’abritant plus que les fantômes du passé. Ces distilleries démantelées sont vides, c’est le cas de Stratheden, Rosebank ou Boningtown. Les stocks ont été dispersés, les installations démontées et ne reste que le site, de vieilles architectures plus ou moins conservées et parfois le souvenir de bien belles choses. Vous avez dit Rosebank ?

Encore plus nombreuses sont les distilleries fermées, ailleurs dédiées à d’autres activités, (voyez Port Ellen qui produit le malt tourbé pour l’ensemble de l’Ile), ou parfois déplacées comme Ardmore. Glendullan, Nevis, Glenglassaugh ne produiront plus, les chais de certaines sont parfois encore utilisés pour le vieillissement de certains whiskies, d’autres font visiter leurs installations à des escadrons de touristes dans le meilleurs des cas !

Enfin toutes celles qui sont oubliées, dont on a perdu jusqu’au nom. Reste parfois le souvenir de leur emplacement, d’un lieu-dit, un nom, une date de création, le patronyme de leur propriétaire dont a perdu la trace, Wellfield, Meadow, Irvine, Blackburn, Kirkwall, Middletown, tout ces noms ancrés dans la mémoire Ecossaise…

Une année riche de découvertes va s’achever, Noël approche, si notre propos entraîne une certaine nostalgie, pensez à ces pépites, à ces anciens goûts, à ces joyaux que vous ne reverrez plus, étonnez vos amis !

Slainte

Gérard TRENTESAUX

LE CLAN, UNE CERTAINE IDÉE DU BON GOÛT ?

Janvier déjà, après la période convenue des vœux, après les échanges de cadeaux modestes ou somptueux, après des agapes plus ou moins raisonnables, vous pensiez peut-être : « ça y est, c’est terminé pour cette année ! » et si vous avez cru pouvoir y échapper, le temps vous rattrape et notre lettre est là pour vous le rappeler, puisqu’elle devrait vous parvenir avant le 14 février, ( croisons les doigts…) jour de la Saint Valentin.

Selon que nous soyons d’incorrigibles optimistes ou de fâcheux atrabilaires, nous dirons qu’elle parait trop tôt ou trop tard et n’a eu jusqu’ici aucune difficulté à éviter des dates par trop rituelles comme un 5 bimestriel ! Sa sortie restera donc jusqu’ici inattendue et pleine de fantaisie en dépit de notre acharnement à respecter le temps, celui-ci restant comme d’autres choses plus difficile à gagner qu’à dépenser. Heureusement la ponctualité n’est pas sa raison d’être, mais c’est bien de proposer à vos palais insatiables, des perles, des raretés, des nouveautés, des whiskies insolites, des exclusivités, des finitions originales, dénichées par notre ami François Xavier Dugas et testées au cours de longues soirées de travail….., soucieux que nous sommes de distinguer la qualité du luxe.

Dans l’univers des produits hauts de gamme, la stratégie de Premiumisation, charmant néologisme ignoré du Larousse, nous propose des produits Premium, des super Premium et même des ultra Premium ! produits parfaitement calibrés nécessitant une production et une distribution dont les limites sont toujours repoussées. Le Clan ayant encore une certaine idée du bon goût, nous pourrons, et espérons-le longtemps, y échapper.

Si ce n’est déjà plus la période des vœux, c’est encore celle des projets.
Sachant que les échanges nous enrichissent, que la perception est différente pour chacun d’entre nous, que nous pouvons disserter à l’infini sur le mystère de la personnalité de tel ou tel whisky ou sur l’esthétique de tel autre, l’une de nos préoccupations est de vous proposer bientôt, avec l’aide incontournable de Gilbert Delos, des fiches de dégustation vous permettant de noter vos impressions à partir des éléments qui seront suggérés, et pour que tout cela ne reste pas éphémère….dans un élégant classeur personnel.

Le petit monde des amateurs de whiskies se retrouve souvent au sein de clubs de dégustation dont l’expertise est parfois remarquable, nous souhaitons très bientôt établir des liens avec certains d’entre eux afin de voir ce que nos expériences peuvent nous apporter réciproquement et ce que notre passion commune pourrait nous faire partager.

L’intérêt que vous portez aux whiskies sélectionnés et aux dégustations qui permettent de les découvrir est sans doute à l’origine de toutes les nouvelles initiatives de cette année pour créer de nouveaux lieux de dégustation, Jean Pierre Bristow à Tours, Jean-Claude Cossart à Calais, Hervé Colozier à Monaco, et encore en projet, Orléans, Lagny, Tournai, La Baule, bon courage à tous!

Enfin, le Clan ne serait plus le Clan si quelques uns d’entre-vous ne pouvaient pas s’échapper pour quelques jours vers ces contrées exotiques et proches malgré tout et dans lesquelles un toit pagode, des chais, un nom évocateur, sont autant de témoignages du passé et du présent, ces lieux où flotte encore le souvenir de Gilles notre ami. Nous espérons vous proposer bientôt et probablement pour l’automne un de ces voyages insolites.

Mais revenons à notre point de départ : la Saint Valentin, tradition de notre lointain Moyen-Age, jour encore de cadeaux et de témoignages d’affection que partage aussi bien le Japon, la Chine, l’Europe ou l’Inde encore, alors pourquoi pas un dram du Clan pour votre préféré(e) ?

Slainte

Gérard TRENTESAUX

QUE D’EAU, QUE D’EAU…

Une fois n’est pas coutume, sans doute inspirés par cet été arrosé, nous ne parlerons pas de whisky, mais d’eau.

Si l’élaboration du whisky de malt par le mystère de son alchimie nous fait rêver, l’eau le plus souvent se fait discrète. Pourtant cette indispensable compagne est toujours là lors des différents stades de sa création, de la genèse de cette « water of life » à son accomplissement dans notre verre. Depuis les monts enneigés jusqu’aux landes brumeuses, surgissant des lochs, sources et burns, elle accueille les distilleries au fond des vallons ou au bord des collines et leur apporte souvent leur nom de baptême. Rêvons déjà.

Entre vérité et légende, entre légende et superstition, les distilleries de malt sont fières de leur source, les parant de toutes les qualités qui feront leurs futurs whiskies. Chaque distillerie va se trouver près d’une bonne source d’eau douce, pure et généreuse, sur laquelle elle veille jalousement. Cette eau n’a pas besoin d’être potable, les rares impuretés ne résisteront pas à la double distillation ! Le plus souvent c’est une eau douce peu minéralisée, glissant sur des roches volcaniques et se chargeant des caractères du terrain traversé, tourbes et végétaux, bruyères, ajoncs et fougères. Ailleurs comme chez Highland Park ou Glenmorrangie, l’eau est dite dure, riche en sels minéraux, calcium, magnésium, fer, zinc, ayant dissous les roches qu’elle parcourait. Pour l’une, meilleur solvant pour l’extraction des substances au cours du brassage, pour l’autre, ses minéraux favorisant la qualité de la fermentation. Le thé et la bière sont là pour l’attester. Rêvons encore.

Rappelez vous Bourvil dans son inoubliable causerie anti-alcoolique :

«  L’alcool non, mais l’eau ferru, l’eau ferrugineuse, oui!
L’eau ferrugineuse, comme son nom l’indique, contient du fer, et le dire c’est bien mais le faire, c’est mieux…
Et pourquoi y-a-t-il du fer dans l’alcool ? Parce que l’eau a passé et repassé sur le fer, et le fer a dissout ( le fer à dix sous, c’est pas cher, hein ? ) »

Etc, etc…
Mais l’eau ne ferait-elle que passer et que restera-t-il de tout cela ? Notre eau déborde d’activité pendant l’élaboration du whisky, permettant à l’orge de germer lors du trempage, chauffée ensuite à différentes températures, aidée des diastases elle extrait les sucres de l’amidon dans les mashtuns, se rend indispensable lors de la fermentation dans les washbacks, puis va devoir affronter les alambics. Là c’est une certitude, les sels minéraux disparaîtrons, mais qu’en est-il des saveurs volatiles dont elle s’était chargée…

Elle est toujours là pour le refroidissement des serpentins, mais c’est le plus souvent l’eau modeste des mares alentours…. Vient enfin le stade d’une première réduction de 70° à 63,5° avant la mise en fût, rarement avec l’eau de la source mais par addition d’eau distillée, celle-ci n’apportant que sa présence inerte et sans mémoire. Pendant le vieillissement, par l’évaporation, la perte en alcool, l’humidité des chais, la qualité des fûts, l’eau n’est pas vraiment en sommeil. Vient enfin le temps de l’embouteillage, ou notre whisky subira la plupart du temps une nouvelle réduction, 46°, 43°,40°, stop, arrêtons le massacre. Certains lots de celui-ci échappant heureusement à ce traitement pour notre plus grand plaisir !

Imaginons que l’eau influence notre whisky, que reste-t-il alors de notre source ? Il faut encore rêver. Voici le temps de la dégustation, et comme l’on sait le whisky est soluble dans l’eau, même si certains y voient un crime! Si c’est votre choix ( et sous votre responsabilité), n’allons surtout pas y mettre l’eau chlorée du robinet mais quelques gouttes d’une eau minérale neutre, et pourquoi pas d’une source Ecossaise, non gazeuse cela va de soi, un peu rafraîchie, qui vont stimuler les arômes, libérer des arômes secondaires, et atténuer l’agressivité de l’alcool. Mais parfois attention à la casse, la dilution d’un cask strenght peut être catastrophique, destructeur sur des whiskies boisés ou marqué par le sherry, ou inconcevable avec la finesse de certains Speyside.

Chaque whisky est unique, respectons-le.

Slainthe.

Gérard TRENTESAUX

PARCOURS D’UN HOMME BIEN

Il y a quelques semaines nous étions à Marseille, et pendant quelques heures le restaurant des Arcenaulx fut le centre du Clan. Avec Gilles, nous en avions eu l’idée pour joindre et rencontrer nos amis du midi, et maintenir ce lien entre nos adhérents venant d’horizons divers, le Nord était présent, la Bretagne, la Suisse, Paris et l’Ile de France bien sûr.

Pendant cette Assemblée Générale nous faisions le bilan de l’année et de nos dix ans d’existence, au cours desquelles il fut toujours présent. Mais ce soir-là Gilles n’était pas là. Comme Cyrano manquant son rendez-vous avec Roxane, il manquait de force pour participer à ce rendez-vous.

En mai, courageux et opiniâtre, il voulut encore accompagner un groupe de cavistes au Etats-Unis, clients devenus pour beaucoup ses amis, dans un périple qu’il avait découvert deux ans auparavant, préparé minutieusement, et coaché avec un inimitable enthousiasme pour le Clan. Même épuisé cela avait du sens pour lui. Hospitalisé dès son retour, et quelques heures avant qu’il ne nous quitte, il vérifiait encore les moindres détails du voyage pour le festival d’Islay qu’il savait ne pas revoir. Que dire de plus. Au travers de ces derniers moments transparaissait les plus évidentes de ses qualités.

L’histoire du Clan des Grands Malts est indissociable de l’engagement de Gilles, il fut de nos toutes premières réunions où nous doutions de notre avenir. En se penchant sur le berceau du Clan, il voulait assurer son succès. Sa passion des voyages l’amenait tout naturellement à préparer les premiers séjours en Ecosse pour le Clan, n’étions-nous pas déjà en novembre 97 aux Orcades pour découvrir Scapa et Highland Park, ce voyage plein d’imprévus où nous mesurions déjà sa capacité d’adaptation, sa réactivité et son inépuisable bonne humeur qui nous laisse des souvenirs inoubliables.
Puis ce furent les différentes régions d’Ecosse, L’Irlande bien sûr, les Etats-Unis, le Japon, mais aussi le Portugal et la vallée du Douro, et encore l’Espagne et Jérès de la Frontera.
Sa passion du whisky l’amène ainsi à tisser un réseau inégalable de contacts dans les distilleries, transformant les voyages en expériences originales et atypiques, hors des sentiers battus. C’est ainsi qu’il voyait les choses.

Son exigence sur la qualité et le choix des produits maintenait une pression constante sur notre ami François-Xavier Dugas, pour le Clan il voulait du bon du rare et du précieux, et pourquoi pas dénicher de temps à autre au fond d’un chai « le fût » pour notre plaisir à tous.
Aimer ses amis, vivre ses passions, prendre des risques, c’était Gilles.
Personnalité riche, nous sommes honorés de l’avoir côtoyé, nous l’évoquerons souvent, il laisse une trace forte parmi nous.

Gérard TRENTESAUX

L’ASSEMBLAGE DANS TOUT SES ÉTATS

Dans l’art du Patchwork il s’agit pour l’artiste d’assembler d’anciennes pièces de tissus afin de réaliser par l’harmonie des lignes et des couleurs d’admirables compositions sublimant le caractère utilitaire auquel leurs origines modestes les destinaient.
Un assemblage hasardeux n’aurait qu’un déplorable effet esthétique, et les traditions discrètes mais évidentes guident encore les doigts de nos artistes contemporains vers un quilting plein de poésie.

Que serait la peinture sans le mélange inspiré, magique, variable à l’infini du bleu, du rouge, du jaune, recréant la lumière…
Cet exercice de métissage s’adresse aussi à d’autres sens, le goût et l’odorat, quand là aussi nos aînés, nos ancêtres, dépassèrent nos satisfactions vulgaires pour aller vers plus de sensations hédonistes.

Le champagne selon telle ou telle maison marie le vineux Pinot noir, l’élégant Chardonnay, parfois le Pinot Meunier, pour obtenir un style reconnaissable, une originalité qui le distingue.

En Châteauneuf le vigneron réalise de minutieux assemblages avec une palette de plus de dix cépages différents pour réaliser ce vin d’une splendide complexité.

Si le single cask ( embouteillage d’un seul fût ) au degré naturel reste un must pour nos palais exigeants, l’expérience gustative retirée de l’alchimie que réalise le distillat, le bois et le souvenir aromatique d’un contenu éphémère reste unique et, bonne ou mauvaise, celle-ci est sans lendemain. Original et singulier il reste confidentiel ( sauf au Clan des Grands Malts…).

Mais l’art de l’assemblage n’a-t-il pas trouvé de meilleur terreau que dans le whisky, tout d’abord au travers des blends à partir de 1860, puis un siècle plus tard avec l’évolution du goût vers les Single malts, dans des whiskies millésimés ou des versions d’age.

Alcool obtenu par la distillation d’une bière, au début mélange de céréales en excédent auxquelles on ajoutait des aromates et des épices, pendant longtemps ce furent des mélanges hasardeux d’alcools de céréales parfois différents. Au nord de la Highland Line des whiskies à base de malt, d’orge non malté, parfois de froment, au sud des whiskies de grains de médiocre qualité pour l’essentiel, rectifié et transformé en Gin.

D’abord les malts agricoles du nord de l’Ecosse, puissants et rustiques, furent assemblés en vatted malts dans les épiceries de commerçants devenus célèbres tels que John Dewar, Johnnie Walker, Berry Brothers ou encore Georges Ballantine, créant les premières marques et annonçant les whiskies modernes .

Puis déjà vers 1850 des assemblages de whiskies d’âges différents provenant de la même distillerie furent réalisés en entrepôts. Enfin, l’élaboration des blends mettait fin à des décennies de production de produits douteux, donnant un gage de qualité, rendant l’approche plus facile et le prix plus accessible que les whiskies de malt, à l’évidence au commencement d’une autre époque. Actuellement les meilleurs blends peuvent être des produits tout à fait respectables, selon la proportion de malts de qualité qu’ils contiennent et le sérieux de leur vieillissement.

Les single malts millésimés (le millésime étant l’année de distillation ), ceux qui, contrairement aux humains arborent fièrement leur age (celui-ci étant l’age du plus jeune fût entrant dans sa composition) résultent d’un savant dosage entre les fûts. Prenant chez chacun d’eux ce qu’il a de meilleur, l’ assembleur  sélectionne parfois jusqu’à cinquante fûts pour réaliser son « produit ». Sans son expertise et l’expérience, le résultat pourrait être médiocre…. Ces assemblages dans leurs multiples facettes, variables à l’infini mais aussi le fruit de  recettes précises ( et tenues secrètes), réalisent les conditions de produits constants, équilibrés, et comme l’énergie, longtemps renouvelables !

Dans tout cela ce qui est bon est bon, à la fois simple et compliqué, et encore pour longtemps, espérons-le, le fruit du travail des hommes.

Gérard TRENTESAUX Président

L’ART ET LA MANIÈRE

« Le whisky est un traitement pour lequel il n’y a pas de maladie »
John Fergus

Sans doute l’usage des vertus médicinales de l’usquebaugh fut longtemps la priorité des moines. Puis, les chirurgiens-barbiers d’Edimbourg eurent à l’aube du 16ème siècle le privilège et l’exclusivité de la distillation et de la vente de l’eau de vie. Mais mon Dieu, qu’en faisaient-ils? Ces potions agricoles et rudimentaires devaient être probablement imbuvables!
Et jusque-là l’engouement récent pour les single malts et leurs multiples facettes, la notion de dégustation n’était que symbolique.

Si déguster est un des bons plaisirs de l’existence, alors n’épuisons jamais ce sujet , le pourquoi et le comment de la dégustation, tant il est vrai que c’est une manière de mêler le passé au présent, le présent à l’avenir, l’amateur n’aimant rien autant que d’évoquer ses découvertes passées et de se projeter vers d’autres expériences. L’occasion aussi d’échanger entre partenaires d’une même passion, de comparer nos impressions, de découvrir la subjectivité de nos commentaires.

Fumeurs de cigares, goûteurs de thés, fanatiques des huiles d’olive, croqueurs de chocolat, fervents de réunions œnologiques, c’est le plus souvent au sein de clubs qu’ils s’expriment et nous ne faisons pas exception. Nos collègues, tout comme nous, vont appeler leurs différents sens avec souvent une curieuse similitude de termes pour communiquer leurs impressions. La vue d’abord pour décrire la couleur, l’aspect, le corps, l’odorat ensuite pour les sensations et les différents arômes primaires puis secondaires, le goût enfin pour la texture, les saveurs, l’équilibre, reflet d’une sensation d’harmonie, et la finale enfin restant comme un écho de tout ce qui précède. Ce n’est pas par hasard que l’on emploiera souvent les uns et les autres des termes empreints d’une certaine sensualité : le nez, le corps, la jambe, le gras, la bouche….toutes choses qui ont du sens même si le sens n’est plus le même.

Mais si les réunions organisées par nos clubs sont des endroits privilégiés pour faire des découvertes, rencontrer des amateurs expérimentés, y recueillir des commentaires pointus, il reste une place bien sûr pour organiser des réunions privées.
Sans doute pour réussir une dégustation faut-il, pour l’agrément et la convivialité, réunir quelques amis et autres amateurs autour de soi, disons entre deux et trente….disposer d’un endroit sympathique où l’on pourra se détendre debout ou assis (doit-on en bannir les fumeurs ?), préparer des verres à Armagnac ou des « copitas » à Xérès, d’une transparence exemplaire, qui heureusement ne laissent pas de place pour de la glace, mais permettrons de mieux concentrer les arômes de nos breuvages et d’y plonger notre nez avec élégance! De prévoir cependant une eau neutre et fraîche, peu minéralisée, non gazeuse bien sûr, à la fois pour diluer (raisonnablement) nos eaux-de-vie, comme le font beaucoup de professionnels et la plupart des Ecossais , éviter la brûlure de l’alcool  et ouvrir ainsi la palette des arômes volatils . Et puis bien sûr, pour se refaire la bouche entre deux whiskies ! Sélectionner trois ou quatre versions d’une même distillerie (verticale) ou bien des produits issus de régions différentes choisies pour leur caractéristiques originales . Certains, et beaucoup d’entre-nous, préférerons le whisky « sec »( doux euphémisme pour un liquide…) ou le choc avec le degré naturel d’un whisky non réduit dégusté à très petites gorgées, appréciant ses arômes, mais aussi ses « effets »! Somme toute, si l’on respecte certaines recommandations, dégustons nos whiskies comme bon nous semble.

Et maintenant, Slainte Mhath

Gérard TRENTESAUX

UNE SEULE LETTRE NOUS MANQUE…ET TOUT EST DÉPEUPLÉ

Parodions ce cher Lamartine pour évoquer le feuilleton de l’été : pas de lettre, pas de site ! Chaque parution permet aux membres proches ou éloignés de recevoir les témoignages de nos activités au travers des relations de voyage et des compte-rendus de nos différentes dégustations, et bien sûr de se pencher sur les commentaires de nos dernières sélections. Qu’on le veuille ou non, la lettre du Clan est le lien indispensable entre ses adhérents, mais sa parution ne résiste pas toujours aux vicissitudes du temps qui passe…

Lors de nos premiers balbutiements en 1997, elle se limitait à quatre recto-verso pour devenir progressivement un bulletin de seize pages. En octobre 2002, tout en préservant son style, soucieux de rendre sa lecture plus agréable, nous avons modifié la ligne graphique et la présentation des whiskies avec un classement par régions et un tableau de synthèse. La dernière formule de présentation fut proposée il y a deux ans, et chaque évolution fut le résultat de nombreuses réunions tardives et animées…

Il nous semblait maintenant que la lettre gagnerait à plus de lisibilité en aérant certains articles, en particulier la sélection, et cette réflexion est à l’origine de notre retard, celui-ci s’est amplifié pour des problèmes d’impression, puis de livraison ! Tout s’enchaînait pour que nous ne puissions pas vous faire parvenir la lettre 50 dans des délais raisonnables.

Un malheur n’arrivant jamais seul, notre site www.grandsmalts.com, complémentaire du bulletin, pour des problèmes techniques n’était plus accessible depuis plusieurs semaines. Il n’avait pas disparu bien au contraire, notre Webmestre Bruno Guibert nous a concocté une nouvelle version dans sa marmite informatique, et dans sa grande sagesse a changé d’hébergeur pour des problèmes de sécurité ( les initiés comprendront ). Notre site peut être à nouveau consulté sur la toile à l’adresse suivante : www.grandsmalts.fr

Au chapitre des bonnes nouvelles, la Fête du Malt aura lieu le samedi 14 octobre 2006 à Paris. Pour sa dixième année le Clan souhaite préparer une soirée mémorable sur l’organisation de laquelle vous recevrez prochainement un courrier, nous espérons que vous serez comme tous les ans nombreux à participer avec vos amis. A vos agendas !

Puis les 24 et 25 novembre le Clan des Grands Malts sera présent à la première édition du « Grand Testing » au Carrousel du Louvre, l’évènement de l’automne pour les amoureux de vins et eaux-de-vie d’exception.
Autre bonne nouvelle, le siège du Clan est ouvert au 78 avenue des Terroirs de France, nous y disposerons d’une sélection de whiskies pour des envies pressantes ou des besoins urgents…Pour nous appeler : 01 43 43 60 15.

Il nous reste à souhaiter que vous avez passé de bonnes vacances… et fait de bonnes découvertes maltées entre amis !

Gérard TRENTESAUX

LE BONHEUR EST DANS LE FÛT

Une verticale SPRINGBANK ? Pour un non initié ce pourrait être une nouvelle voie d’escalade, mais voilà, pour les amateurs que nous sommes il y avait de quoi exciter plus d’un palais, même si la notion d’escalade n’est pas exclue de nos agapes.

Imaginez mon cousin : trente cinq personnes à Lille, plus de cent à Paris, pour ce qui fut les 7 et 8 juillet une des plus belles dégustation de l’année. Hélas nous dûmes refuser du monde tant à Lille qu’à Paris !

Le 8, jusqu’au dernier moment nous espérions contrôler les éléments, et nous réunir sur la terrasse verdoyante et ombragée du restaurant du stade Jean Bouin. Et pourtant rien n’y fit, les orages, redoublant de violence, nous ont contraints à nous réfugier dans la salle de restaurant initialement prévue pour 80 personnes ! Angoissés nous fûmes, jusqu’à ce que notre hôte Didier DELU trouve la solution en réaménageant la salle avec hardiesse et professionnalisme.

Nous avions le privilège d’accueillir Kate WRIGHT responsable de l’export pour la distillerie SPRINGBANK, et qui cédant à nos sollicitations, était venue avec quelques exclusivités dans ses bagages. Pensez : un LONGROW 13 ans, tourbé bien sûr, puissant et remarquablement harmonieux, qui ne fera sa première apparition en public qu’à l’automne, un HAZELBURN brut de fût distillé en 97, dominé par les agrumes, et restera encore dans les langes pendant un an, un SPRINGBANK 14 ans au degré naturel, avec une finition en fût de rhum (qui disait que chez Springbank on ne connaissait que le Bourbon barrel ?) Il n’y aurait eu évidemment pas de verticale si un SPRINGBANK 15 ans à 46 %. (Bientôt disponible au Clan- premier scoop-) et un grand, que dis-je grand, énorme SPRINGBANK 28 ans (Encore disponible……au clan ) n’avaient pas été de la fête.

Parmi nous ce soir là, Martine NOUET, écrivain, journaliste, auteur entre autres du très beau « les routes du Whisky », et entre autre grande prêtresse de la cuisine au whisky, testant tout au long de la soirée ces fioles avec une joyeuse gourmandise, et bien sûr Gilbert DELOS, également journaliste et écrivain, dont les subtiles commentaires nous font toujours découvrir de nouvelles choses au fond de notre verre.

Tout au long de la soirée Kate pu nous parler de l’originalité de cette distillerie mythique du Kintyre, seule survivante avec GLEN SCOTIA d’une période pléthorique où la presqu’île comptait jusqu’à 30 distilleries ! SPRINGBANK reste une distillerie artisanale, perpétuant la tradition des distilleries « de ferme » : là où quatre à cinq personnes suffisent pour faire fonctionner une distillerie « high tech » presque entièrement automatisée, quinze personnes sont nécessaires chez Springbank pour la distillation, l’embouteillage et la tonnellerie (Quelques douelles à rajouter de ci de là sur ces étranges cuves en bois que l’on se cède, s’échange, que l’on répare de par le monde!).
Propriété de la famille Mitchell depuis sa création en 1828, elle produit les whiskies Springbank, Longrow et Hazelburn (depuis 97). Preuve de son remarquable dynamisme, après avoir aidé au redémarrage de Glen Scotia, elle s’apprête à remettre en production la distillerie GLENGYLE, située à un jet de pierre (c’est presqu’île scoop !) qui fut fermée en 1925, et nous donne rendez-vous en 2014 pour les premiers embouteillages !

Quelle belle soirée…..

Gérard TRENTESAUX

Faites votre choix !

LA REGION D’ORIGINE :
Whisky Irlandais, Bourbon, whisky Japonais, canadian whisky, Scotch whisky, signifie obligatoirement distillé et vieilli dans l’une de ces régions. Le terme « whisky » venant du latin acqua vitae, eau de vie, traduit en Gaélique par « usquebaugh ».

Pour pouvoir porter l’appellation « SCOTCH WHISKY » le produit doit avoir été élaboré en Ecosse, à partir d’eau et d’orge maltée, par le procédé Pot Still (malt whisky), ou d’orge malté à laquelle sont ajoutées d’autres céréales, ou encore de celles-ci ( blé, maïs) sans orge par le procédé Patent Still (grain whisky).Suivent les conditions de fabrication du moût, de fermentation, de distillation, de vieillissement (Celui-ci doit être au minimum de trois ans), et auquel on ne pourra rajouter que de l’eau…et éventuellement de l’essence de caramel (pour la coloration !). S’il s’agit de la couleur liée au fût, cette indication « not colored » sera le plus souvent notée.

LE NOM :
Nom de marques pour les whiskies les plus courants, Johnny Walker, Ballantines, Cutty Sark, Clan Campbell, Famous Grouse, etc, qui représentent encore plus de 90 p 100 de la production. Se sont des «  BLENDED SCOTCH WHISKY », blended signifiant un assemblage de whiskies de malt (orge malté) et de différentes céréales (blé et maïs), mais étant tous des scotch whiskies en proportions variables, pouvant aller jusqu’à cinquante whiskies différents, garantissant une qualité et un goût constant, en principe reconnaissable…..Cette technique mise au point vers 1860 à Edimbourg, va permettre d’étendre la réputation et la diffusion de ces produits dans le monde. Ces whiskies subissent une filtration à froid afin de rester limpides en toutes circonstances. Ils sont en général réduits à 40% alc/ vol. voire 43% par addition d’eau.

Un VATTED MALT désigne un assemblage de whiskies de malt exclusivement, mais provenant de plusieurs distilleries apportant chacune leur style. Ce n’est donc ni un blend ni un single….mais un produit constant, sans aucun doute introduction à l’univers du malt.
Nom de la distillerie d’origine pour l’élite des whiskies, plus récents dans leur diffusion, qui précèdera en général l’appellation SINGLE MALT et provient obligatoirement d’une seule distillerie, mais étant le plus souvent le résultat au sein de cette distillerie d’un assemblage pouvant aller jusqu’à une centaine de fûts, donc de bois différents. Un PURE MALT désigne tantôt un single tantôt un vatted…
Suit alors la région d’Ecosse dans laquelle se situe cette distillerie : ISLAY, LOWLAND ,HIGHLAND, SPEYSIDE.

L’AGE :
L’indication de l’age de vieillissement correspond à l’age du distillat le plus jeune entrant dans sa composition, ceci pour les blended et les assemblages.
Le Single cask sera par contre assorti d’une date de distillation, et d’une date de mise en bouteille (BOTTLED), au-delà de laquelle cette eau-de-vie n’évoluera plus (si la bouteille n’a pas été ouverte !).

LES SPECIFICITES :
Un SINGLE CASK provient d’un fût unique et l’on trouvera en général une autre indication renseignant sur l’origine du fût : sherry wood ou sherry butt, bourbon hogshead ou barrel (selon le volume et l’origine du cask), porto cask, double maturation, rum finish par exemple (lorsque la finition se fait dans un fût différent de celui d’origine).

La contenance du fût en nombre de bouteilles est également indiquée, ainsi que le n° du fût.
Enfin ce whisky peut-être réduit ou non réduit, filtré ou non filtré. Non réduit il portera la mention « cask strength », non filtré, l’indication « not chill filtered ».

Le degré est indiqué en bas à droite ou en bas à gauche…
La réduction par ajout d’eau de source, s’étend en général de 46 à 40% alc/ vol (ou degré). Cette notation remplace l’ancienne indication Anglaise « proof strength » (degré prouvé) dont l’explication nécessiterait l’ensemble de cette colonne !

CASK STRENGTH désigne le degré naturel, c’est-à-dire le degré de l’eau-de-vie au moment de l’embouteillage, ce qui va dépendre du vieillissement, du fût, des conditions de stockage, humidité et température, et peut être attribué à un single cask, ou un assemblage.
Dans ces whiskies haut de gamme, l’étiquette porte aussi le nom de l’embouteilleur, soit que l’embouteillage ai lieu directement à la distillerie pour quelques unes encore, soit chez un embouteilleur indépendant de la distillerie : CADENHEAD, IAN MAC LEOD (Chiftain’s), GORDON MACPHAIL, SIGNATORY, WHISKY CONNOISSEUR par exemple, dont la réputation est souvent liée à la qualité de leurs choix, et sans lesquels nous n’aurions pas, hélas, accès à la plupart des single malts.

L’absence de filtration à froid NOT CHILL FILTERED, maintien en suspension d’infimes particules, préservant certains éléments aromatiques, la filtration par contre évite le trouble qui se produirait par refroidissement ou ajout d’eau.

Et maintenant, bon choix et bonne dégustation !

QUE DE BREUVAGES !

Certes, nous pouvons rester en toutes saisons, et en toutes circonstances les inconditionnels du Single-Single et du cask strengh, sans eau bien sûr,(et sans glace, cela va sans dire !).
Cependant c’est l’été, et j’ai été sollicité pour vous proposer quelques recettes dont les variations font intervenir votre boisson favorite, et ceci pour accompagner, bien sûr, un buffet à l’anglaise, avec quelques amis.
Si l’on est un inconditionnel d’Astérix, et ne pas faire de fastidieuses recherches bibliographiques, c’est évidemment dans la potion magique qu’il faudrait rechercher l’origine du cocktail.
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SAVEURS , ARÔMES, ASSEMBLAGE ET ASSOCIATION

En des temps lointains et reculés, approximativement situés entre l’âge de pierre et l’époque moderne, le whisky fut fréquemment associé sur les deux rives de l’Atlantique, au « soda » et autres boissons douteuses, et plus d’un écossais devait considérer avec mépris ces pratiques infâmes.

Loin de vouloir renouveler de pareils errements, la curiosité aiguisé de certains maltophiles, renouvelant l’art d’associer les fruits de la terre, participaient récemment à la deuxième soirée BIERE ET WHISKY organisée au Feuillantines à l’initiative de Gilbert DELOS pour son club des « AMIS DE LA BIERE ». Continuer la lecture

Édito – Novembre 2001

Dernière nouvelle, deux espèces ( peut-être ) en voie de disparition : le retardataire, le non-inscrit.

Au lendemain de soirée d’exception comme la Fête du Malt, qui s’est déroulée cette année comme chacun sait à l’Espace VIANEY, j’ai envie d’évoquer le village d’Asterix.
Quoi de commun entre ce village d’irréductibles Gaulois et nos hordes de joyeux maltophiles ?
Des épicuriens certes ! Un goût immodéré pour certaines potions, une vive exubérance, une certaine décontraction qui fait partie de la culture du CLAN, une touche rebelle qui fait que les uns ne se plient pas aux diktats Romains et que les autres ont du mal à suivre des convocations codifiées et vraiment trop formelles ! Continuer la lecture