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Les nouveautés – TOMATIN

« Mariage entre la tourbe et le vin »

Ce fut la plus grande distillerie d’Ecosse, avec vingt-trois alambics, mais 12 seulement sont aujourd’hui opérationnels et une capacité de production ayant atteint 12 millions de litres par an, pour 5 millions seulement actuellement. Mais elle a connu beaucoup de vicissitudes, au point d’être rachetée en 1985 par ses principaux clients… des négociants japonais, qui depuis l’exploitent sans discontinuer. Elle a produit jusqu’à 30 malts différents…

Ambré clair. Chaleureux au nez, sur le caramel au beurre, le bois de santal, les champignons de forêt, avec de belles notes épicées. Attaque plutôt vive en bouche, sur le poivre noir, puis se développe un fruité caramélisé (pomme cuite). Belle ampleur en bouche, avec de la suavité, mais aussi du fruit sec (raisins de corinthe, noisette). Classique, mais bien harmonieux, voire charmeur.

Glen Moray

Les vertus du fût …

Cette ancienne brasserie a été transformée en distillerie en 1897, avec l’autorisation d’accompagner son nom de la mention Glenlivet. Elle est située près d’Elgin, disposant de grandes quantités d’eau et d’orges réputées. Depuis son rachat par La Martiniquaise, en 2008, sa production a été fortement accrue pour alimenter les blends Label 5 et Glen Turner, tout en commercialisant des malts maturés en fûts variés.

Nez puissant, bien malté, avec des notes animales (fauves), vieux cuir et pommes mûres. Attaque moelleuse, mais il devient vite puissant et plus sec. Caramel au beurre, fruits secs (amande et raisins de Corinthe), pomme mûre se dégagent d’un ensemble très fondu et bien boisé. Longue persistance sur le fruité. Qui se serait attendu à une telle expression d’un malt habituellement réputé pour sa douceur ? Comme quoi, les vertus du fût…

Longrow

Un beau charmeur tourbé ….
Portant le nom d’une ancienne distillerie de Campbeltown fondée en 1896, et dont le dernier bâtiment existant abrite un des chais de Springbank, Longrow est aujourd’hui un single malt distillé dans les mêmes alambics que ceux servant à élaborer le Springbank. Mais est utilisé un malt entièrement tourbé (et non partiellement), avec une double distillation classique, et un vieillissement uniquement en fût de réemploi. Ce malt, peu produit, a servi d’abord à donner des notes tourbées aux blends de Springbank, avant d’être commercialisé en single depuis les années 90.

Jaune doré. Le nez, d’abord fermé, se développe sur la tourbe, plutôt végétale et humide. L’attaque est ronde et moelleuse, la tourbe prenant rapidement la dominante en tapissant le palais. De la fraîcheur végétale, accompagnée d’un léger boisé, qui devient plus épicée et poivrée vers la finale, marquée par un caractère plus sec et légèrement tannique. Avec une belle puissance malgré la réduction, c’est au final un beau charmeur tourbé.

Deanston

Austère mais bien fruité

Relativement récente, cette distillerie des Highlands ouverte en 1965 doit sa création à la qualité de l’eau de la rivière Teith… et à la présence des grands ateliers d’une ancienne filature de coton. Elle est située à Doune, à peu de distance de la ligne séparant les Highlands des Lowlands. Produisant essentiellement pour les blenders, ses embouteillages officiels sont assez rares.

Jaune doré. Nez sur les céréales, avec du fruité (pomme cuite) et un peu de miel. Onctueux en
bouche, il garde tout de même un caractère sec. Arômes bien fondus sur les fruits secs (raisins de Corinthe), la pomme cuite (tarte Tatin), une touche de miel et quelques notes florales. Bien qu’un peu austère, c’est un malt d’une belle ampleur jusqu’à sa longue finale, très persistante.

Smokehead

Solidement tourbé …
Ce single malt d’Islay, qui signifie « Tête fumée » a été sélectionné et assemblé par Ian MacLeod pour sa puissance tourbée. Il se caractérise également par un packaging novateur : la bouteille transparente est recouverte de grandes lettres façon affiches, un peu délavées par le temps, qui souligne les principales caractéristiques du Smokehead : Phenolic, Peaty, Vigourous, Smoky, Balanced, Deep, etc. que l’on retrouve déclinées en noir et gris sur l’emballage.

Doré tirant sur l’ambré. Une tourbe phénolique assez grasse se développe immédiatement, rappelant le goudron d’un bateau de pêche, avec quelques notes de fruits cuits (confiture). Le caractère sec s’impose dès l’attaque, puis s’accompagne d’un peu plus de rondeur miellée. La tourbe est maintenant plus végétale que phénolique, avec des notes de sous-bois, mais aussi un peu d’agrumes (citron vert). Longue persistance sur la tourbe, qui ne lâche pas prise de sitôt.

Glenlivet

Harmonieusement vôtre

Longtemps distillateur clandestin comme son père et son grand-père, George Smith fut l’un des premiers Highlanders à obtenir une licence de distillation en 1824. Installée au bord de la rivière Livet, sa distillerie a joui rapidement d’une grande réputation pour l’élégance de ses malts, au point que près d’une vingtaine d’autres ont accolé, sur une période, la mention Glenlivet à leur propre nom. Très apprécié par le marché américain, The Glenlivet est entré dans le groupe canadien Seagram en 1978, puis a été repris par Pernod-Ricard.

Jaune d’or. Sec et épicé au nez, avec des notes de fruits secs. Attaque onctueuse malgré la puissance de l’alcool. Avec un peu d’eau, il offre une belle harmonie sur les céréales maltées, la pomme cuite, un peu de vanille et une pointe de caramel au beurre. Un peu de poivre relève le tout, jusqu’à une belle finale à savourer longuement. Toujours une référence pour la richesse des malts du Speyside.

Springbank

Une élégance très harmonieuse

La plus réputée des dernières distilleries de la région du Kyntire, qui en a compté plus d’une trentaine. Springbank, qui appartient à la famille Mitchell depuis sa création en 1828, main tient presqu’à elle seule l’originalité du style somptueux et complexe des malts de Campbeltown, dont l’aptitude au vieillissement est particulièrement remarquable. Tout est fait ici sur place, du maltage à l’embouteillage, avec une double distillation et demie.

Jaune doré. Nez charmeur, enveloppant, mêlant le malt et la tourbe sur une dominante miellée. Attaque plutôt puissante, déjà épicée, puis se développe une remarquable association entre le malt, la tourbe (surtout végétale) et de belles notes de fruits jaunes (pêche, poire Williams bien mûre). Le tout marqué par l’élégance inimitable de Springbank, toujours aussi harmonieuse. On retrouve aussi des fruits secs, un peu de miel et de bois de santal, et un peu de poivre noir pour nous mener jusqu’à la longue finale, séductrice sans être mièvre. Du grand art tout en finesse.

Rosebank

Langoureux mais épicé

Distillerie emblématique des Lowlands, fondée en 1840 à Falkirk et vite très appréciée des blenders. Elle s’est caractérisée par la triple distillation, selon le modèle irlandais pratiqué fréquemment dans la région. Mise en sommeil en 1993, rien n’indique qu’elle devrait réouvrir prochainement, malgré la réputation dont elle jouit. Et ses malts sont de plus en plus rares…

Ambré léger. Nez discret, avec une petite présence de fruits compotés et de malt. Attaque onctueuse, où rivalisent les pommes cuites, la cannelle, le poivre noir et la banane. Très harmonieux, il est presque langoureux, mais réveillé par les notes épicées qui se développent particulièrement sur la finale. Très belle influence du xérès, qui enrichit fortement la base maltée. Un vrai bonheur à déguster lentement et longuement.

Mortlach

De quoi se réconforter

Existant dès 1823, année de la légalisation du scotch whisky, cette distillerie de Dufftown, au coeur du Speyside, a été plusieurs fois modernisée, tout en continuant à élaborer un malt très apprécié des blenders (Johnnie Walker Black Label surtout) pour sa richesse et sa puissance… d’où la grande rareté des single malts. Une distillation en deux étapes et demi (mais différente de celle pratiquée à Springbank) expliquerait son caractère original, ainsi que la grande diversité de formes de ses alambics.

Jaune très pâle. Nez malté et fruité, un peu alcooleux. Plutôt moelleux à l’attaque, il devient puissant, voire agressif en bouche. Puis il devient plus harmonieux et équilibré. Les fruits cuits (poire, pomme) dominent sans exagération, avec aussi de fortes notes maltées. Il devient épicé sur la finale, assez longue et de belle persistance. Parfait pour se réconforter après une journée venteuse et humide.

Longrow 18 ans

Pour un après midi automnal

Portant le nom d’une ancienne distillerie de Campbeltown fondée en 1896, et dont le dernier bâtiment existant abrite un des chais de Springbank, Longrow est aujourd’hui un single malt distillé dans les mêmes alambics que ceux servant à élaborer le Springbank. Mais est utilisé un malt entièrement tourbe (et non partiellement), avec une double distillation classique, et un vieillissement uniquement en fût de réemploi. Ce malt, peu produit, a servi d’abord à donner des notes tourbées aux blends de Springbank, avant d’être commercialisé en single depuis les années 90.

Jaune doré. Au nez, les notes tourbées se développent en premier, mais sans brutalité, bien accompagnées par la poire mûre, le havane, le vieux cuir, mais aussi une fraîche pointe herbacée. En bouche, belle puissance poivrée, puis la tourbe végétale (peu phénolique) s’installe en majesté. Très bel équilibre général, avec beaucoup de caractère. Sur la finale, se développent des notes de sous-bois, d’humus, de champignons sans que la puissance poivrée ne perde de sa vigueur. Idéal pour une fin d’après-midi d’automne, d’autant que sa persistance est aussi remarquable ! L’âge lui va admirablement…