Par Stéphanie Bescond – Publié le 14 août 2025 à 10:30 – Les Echos
Bourrache, criste-marine ou fenouil marin… Autant de plantes typiques du littoral breton que Sébastien Famel, à la tête de la distillerie Ar Roc’h, basée à La Roche-Derrien, dans les Côtes-d’Armor, a choisi de mettre en bouteille.
Fondée en 2019, la distillerie Ar Roc’h produit, chaque année, 2.700 cols de gins, rhums et autres liqueurs. Le travail sur les assemblages et la recherche d’identité aromatique ont rapidement été salués par la critique. En 2022, les trois gins d’Ar Roc’h ont été récompensés aux World Gin Awards de Londres, avec notamment une médaille d’or pour son « Effet Mer » aux saveurs iodées. Ces distinctions ont contribué à faire connaître la distillerie auprès d’un réseau de cavistes, de restaurateurs et d’épiceries fines.
De quoi conforter l’ancien dirigeant dans le secteur numérique quant à son choix de reconversion. Issu d’une famille d’agriculteurs et marqué par les souvenirs du bouilleur de cru de son enfance, la production de spiritueux lui est apparue comme une évidence. Encore fallait-il passer à la pratique. C’est David Roussier, dirigeant de la distillerie Warenghem, à Lannion, qui lui a donné le coup de pouce nécessaire. « Il a mis ses alambics à ma disposition afin de tester ma première recette de gin », explique Sébastien Famel. Neuf mois plus tard, le temps d’une gestation, le premier lot était créé et sa distillerie lancée.
L’entreprise s’est alors installée dans une ancienne cave viticole du début du XXe siècle à La Roche-Derrien, un lieu emblématique de l’histoire du négoce de vin et de cidre en Bretagne. Ce bâtiment, partiellement réaménagé, accueille aujourd’hui un alambic de 100 litres et six cuves historiques en ciment verre, vestiges du passé vinicole du site.
L’objectif de Sébastien Famel est désormais de maintenir une production maîtrisée, avec une éventuelle montée en charge jusqu’à 3.000 bouteilles par an. À moyen terme, il envisage l’acquisition d’un second alambic et le rachat des locaux. Côté produits, l’artisan bouillonne d’idées. « Je travaille actuellement sur une liqueur à base de vanille bretonne, sur une eau-de-vie de chouchen, ainsi que sur du calva arrangé », détaille Sébastien Fame l. Ce dernier s’avoue même « tenté » de lancer un whisky, signé Ar Roc’h bien sûr.

