La grande île de Mull n’abrite qu’une distillerie dans le port de Tobermory, dont elle porte le nom. Remontant à 1795, elle a été créée par un négociant, John Sinclair. Son existence fut ensuite assez sporadique, avec notamment près de 40 ans de fermeture depuis les années 30. En outre, elle porta un temps le nom de Ledaig dans les années 70. Depuis sa reprise par Burn Stewart et maintenant par le groupe Distell, la production est redevenue régulière, avec deux déclinaisons : Tobermory et Ledaig, qui se distingue par son caractère tourbé. Produit sur l’île de Mull au sein de la distillerie Tobermory, Ledaig incarne la version tourbée et maritime de la maison. Son style est marqué par une fumée grasse et légèrement médicinale, soutenue par une trame saline et une belle intensité céréalière. Sous la sélection Discovery de Gordon & MacPhail, l’accent est mis sur la lisibilité du profil : un Ledaig franc, précis et expressif, mettant en avant l’équilibre entre tourbe, fraîcheur et douceur maltée. Ce 12 ans s’ouvre sur la tourbe et conserve toute sa vivacité tout en gagnant en rondeur, offrant une dégustation à la fois énergique et harmonieuse.
Nez : Une attaque de fumée de tourbe s’ouvre sur des notes de viande fumée au sirop d’érable, de caramel au beurre (toffee) et de pommes cuites. Des arômes d’herbes marines persistent pour s’achever sur une délicate pointe saline.
Bouche : Un assemblage de fruits compotés, de raisins secs et de groseilles s’associe à des saveurs de chocolat au lait et de crème brûlée. La douceur du caramel est complétée par des éclats d’agrumes et une nuance de braises de feu de camp.
Finale : Un boisé persistant s’estompe lentement pour révéler de subtiles notes d’agrumes.
La distillerie Tormore a été construite en 1960. Historiquement connue comme « la perle du Speyside », la beauté et le caractère unique de son architecture ont été reconnus en 1986 lorsque la distillerie a été classée monument historique. Le Tormore 12 ans est un Single Malt d’une gourmandise absolue aux multiples facettes. Non filtré à froid, il offre une texture riche et crémeuse, révélant une belle abondance de saveurs fruitées et de fruits à coque. Cette générosité aromatique naît de l’assemblage de trois types de fûts : le Bourbon de premier remplissage apporte d’onctueuses notes de crème vanillée évoquant un dessert aux pêches, marié au Cream Sherry pour une douce sucrosité chaleureuse. Enfin, le chêne neuf toasté et bousiné vient structurer l’ensemble avec de fines notes épicées, offrant au whisky une superbe longueur en bouche.
Nez : Gourmand et enveloppant, il évoque un crumble aux pêches tout juste sorti du four. Les épices du chêne s’entrelacent avec des notes de fondant à la vanille, de poires pochées et de crème anglaise.
Bouche : Riche et onctueuse, la dégustation confirme la gourmandise du nez. La vanille et le fudge s’expriment pleinement, accompagnés de fruits jaunes mûrs et de poires
fondantes, le tout soutenu par un boisé épicé parfaitement intégré.
Finale : Longue, douce et chaleureuse, marquée par les amandes grillées et la noix de coco.
En face d’Islay, et peuplée de cerfs (qui lui ont donné son nom en ancien norvégien), l’île de Jura, montagneuse et peu habitée, doit une partie de sa célébrité à George Orwell, qui, dans ce cadre tourmenté, y a écrit son roman 1984. La distillerie remonte au moins au début du 19ème siècle, mais a été remaniée et modernisée à plusieurs reprises depuis. Elle se caractérise par des alambics aux cols très longs. Depuis quelques années, sont aussi élaborés des malts tourbés, ce qui n’était pas le cas auparavant. La gamme Sherry Cask célèbre les valeurs partagées par deux cultures, l’Espagne et l’Écosse, en s’inspirant de la tradition espagnole de la sobremesa. Ce whisky, issu de l’île écossaise de Jura, présente une couleur naturelle et n’est pas fi ltré à froid. Ce single malt de 12 ans a été vieilli en fûts de sherry oloroso, offrant des notes de prune, de noix caramélisée et d’agrumes secs.
Nez : Prune et agrumes confits, avec une touche florale.
Bouche : Gourmand et équilibré, entre fruits secs, agrumes et chocolat noir.
Finale : Longue, sur le chocolat noir, les noix caramélisées et des épices douces.
« Une gourmande opulence »
Construite en 1897, cette distillerie du Speyside n’a fonctionné que trois ans… avant d’être fermée pendant 65 ans ! Mais sa malterie a longtemps été en service. Elle a après sa réouverture connu plusieurs propriétaires : Seagram, Pernod-Ricard, et Brown Forman depuis 2016. Ses malts ont longtemps été destinés aux blenders, mais se diversifient aujourd’hui avec d’intéressantes finitions. C’est une des rares distilleries du Speyside à élaborer plusieurs single malts très tourbés… mais pas celui d’aujourd’hui !
Ambré. Nez gourmand, réunissant le caramel au beurre, le miel et des fruits rouges compotés. Bouche très riche dès l’attaque, à dominante maltée. Fruits confits, orangette et amande, avec le moelleux typique du Speyside. Mais il sait rester sec et épicé jusqu’à la finale, avec une légère présence de café noir.
« Élégante richesse »
Fondée en 1893 par DCL, cette distillerie des Highlands de l’Est a été surtout vouée à alimenter les blenders, tout en connaissant de longues périodes de fermeture. Le premier single malt offi- ciel date de 1989, mais il prit par la suite le nom d’An Cnoc, peut-être par crainte d’une confusion avec la distillerie Knockando. Mais le chassé-croisé entre les deux noms s’est reproduit plusieurs fois depuis, ne facilitant pas la tâche des amateurs. Depuis 2003, An Cnoc semble être devenu définitif… au moins pour les embouteillages officiels.
Jaune doré. Discret et délicat, il révèle peu à peu du fruité (pomme, prune jaune) puis un peu de floral (fleurs blanches). En bouche, attaque bien maltée, avec la rondeur caractéristique du Speyside et des fruits exotiques (banane ?). Et toujours de la douceur un peu poivrée sur la finale, tout en conservant son fruité avec des notes d’agrumes et une pointe caramélisée. Riche et surtout élégant.
« Pour le xérès bien sûr »
Protégé du duc de Gordon (à l’origine de la loi de 1823 qui a mis fi n à la distillation clandestine), James Allardes et un groupe d’investisseurs fondent la distillerie en 1826, qui fut ravagée par un incendie onze plus tard, suite aux négligences de son propriétaire. Reconstruite, elle connut plusieurs propriétaires indépendants, puis Teacher’s, Allied Breweries et enfi n Pernod-Ricard, qui l’a revendu en 2008 à BenRiach, propriété d’un groupe d’investisseurs, qui ont relancé la production après des années de mise en sommeil et d’importants agrandissements depuis deux ans.
Ambré légèrement orangé. Nez marqué par les notes vineuses des xérès, que l’on retrouve dans le moelleux de la bouche. Mais il s’accompagne ensuite d’une certaine sècheresse boisée. Le corps est puissant et bien structuré. Le fruité vineux domine jusqu’à la finale, également sèche et boisée. Longue persistance sur le xérès.
« Sentez-vous la mer ? »
Proche de la mer dans le comté de Ross, le site de Balblair abrite une distillerie depuis le milieu du 18e siècle au moins. Les installations actuelles remontent à 1870, mais il existe encore des bâtiments beaucoup plus anciens, qui lui donne beaucoup de charme et de caractère. La tourbe de la région est particulière, sèche et très friable, et l’eau utilisée par la distillerie en est imprégnée. Depuis son rachat par Inver House, le malt est un peu moins rare sur le marché.
Jaune clair, voire pâle. Nez assez puissant pour un réduit, sur les fruits jaunes avec des notes de céréales. Attaque bien épicée et poivrée, avec aussi un peu de douceur crémeuse. Sec et plutôt apéritif, on peut aussi percevoir quelques notes boisées apportant de l’astringence. L’influence maritime apportant une fraîcheur mentholée se fait sentir sur la finale et même sur la persistance.
« Gourmandise franc-comtoise »
Fondées en 1864 à Fougerolles (Haute-Saône), les Grandes Distilleries Peureux ont bâti leur réputation sur leur kirsch, tout en ayant élaboré divers spiritueux au cours de leur longue histoire, dont de l’absinthe. Elles sont actuellement leader mondial de la production d’eaux-de-vie de fruits. Devenues propriété du groupe La Martiniquaise, elles élaborent aujourd’hui d’autres spiritueux, comme des whiskies, des anisés, du gin et de la vodka.
Jaune doré soutenu. Nez puissant et soyeux, un peu boisé avec de la douceur. Attaque assez puissante en bouche, voire légèrement tannique. Corps classiquement moelleux et même gourmand, sur les fruits secs (noix, noisette, abricot), devenant plus épicé sur la finale, qui présente quelques notes grillées.
Tomatin – 12 ans Rivesaltes – 46° – Single malt – Highland – Ce single malt a été
distillé le 19/09/2008, il a vieilli en fût de bourbon, avant de séjourner dans les
fûts de Rivesaltes du 13/07/2017 jusqu’à sa mise en bouteille en 03/2021.
« France-Écosse tout en harmonie »
Elle fut la plus grande distillerie d’Ecosse, avec 23 alambics existants mais la moitié est utilisée actuellement. Elle a connu beaucoup de vicissitudes, au point d’être rachetée en 1985 par ses principaux clients japonais, dont le distillateur Takara Shuzo. Intéressé au départ pour se fournir en malts pour ses blends, mais, au vu du potentiel de la distillerie, il décide de développer une nouvelle gamme tourbée. Existe aussi la French Collection, avec des
finitions en fûts de vins français.
Jaune doré. Nez fruité, bien malté avec des arômes de noix. Attaque relativement douce, qui se développe sur une intéressante combinaison de fruits secs et de céréales maltées, sur un fond oxydatif et amer. Ensemble harmonieux et velouté, avec une personnalité originale et bien persistante
« Le « tourbé » d’Irlande »
En 1987, John Teeling ouvre une distillerie de whiskeys irlandais sur le site d’une ancienne fabrique d’eau-de-vie. Il lance ainsi le single malt Tyrconnell, le single grain Greenore et le Connemara, premier whiskey tourbé d’Irlande. En 2011, Teeling vend la distillerie au groupe Jim Beam, qui sera lui-même acheté par le japonais Suntory en 2014.
Jaune paille. Nez élégant légèrement tourbé au départ, avec des notes de fruits jaunes. En bouche, attaque suave, puis la tourbe s’installe sans exagération, toujours accompagnée par le fin fruité du nez. Finale plus conséquente, avec un léger boisé. Un Irlandais qui se démarque bien des Écossais.