Archives

Les nouveautés … Tomatin

« Long et revigorant »

Ce fut la plus grande distillerie d’Ecosse, avec vingt-trois alambics, mais 12 seulement sont aujourd’ hui opérationnels et une capacité de production ayant atteint 12 millions de litres par an, pour 5 millions seulement actuellement. Mais elle a connu beaucoup de vicissitudes, au point d’être rachetée en 1985 par ses principaux clients… des négociants japonais, qui depuis l’exploitent sans discontinuer. Elle a produit jusqu’à 30 malts différents…

Ambré doré. Nez boisé (bois de santal) et caramel cuit. Onctueux à l’attaque en bouche, il devient vite assez brûlant. Arômes bien fondus sur la pomme cuite, les épices et le poivre noir. Assez long et bien revigorant, il se termine sur une fi nale plutôt épicée mais sèche, avec de la persistance.

Les nouveautés … Bunnahabhain – 2008

« Mariage entre la tourbe et le vin »

Longtemps atypique par rapport aux autres distilleries d’Islay (car n’utilisant pas de malts tourbés), elle est située tout au nord de l’Île. Signifiant “Bouche de la crique”, elle se prononce Bouna’hav’n en gaélique. Fondée en 1881 par William Robertson et les frères Greenless, elle a connu plusieurs périodes d’arrêt, y compris après avoir été agrandie en 1963. Après quelques années d’incertitude, elle a été rachetée en 2003 par Burn Stewart qui a relancé la commercialisation et développé de nouvelles expressions, notamment tourbées.

Ambré soutenu à reflets rosés. Nez très vif sur la tourbe. Attaque puissante (un peu d’eau peut être nécessaire) sur le tourbe, le charbon de bois, mais adoucie par un fruité assez doux. Belle longueur sur les fruits compotés, le caramel cuit et le brûlé, avec une remarquable persistance. Belle alliance entre la tourbe et le vineux, ce qui est rare.

Vip

« Pour les amateurs de fino »

Créée à l’initiative de la maison Dugas, la gamme VIP lui est exclusive. Elle comprend déjà un
blended malt (42°), et maintenant ce single malt qui a connu une finition en fût de xérès.

Jaune pâle. Bien sec au nez, un peu acétique, voire âcre. On retrouve ce caractère très sec en bouche, plutôt céréalier, avec des notes d’amandes et de gingembre. Finale assez àpre et astringente, toujours sur les fruits secs, avec quelques notes végétales…

La sélection … Tomintoul

« Sec comme un coup de… xérès »

Créée en 1965, la disillerie, d’abord indépendante, est entrée ensuite dans le groupe Whyte & Mackay, qui changera plusieurs fois de mains. Finalement, c’est la société indépendante et familiale Angus Dundee Distillers qui rachète Tomintoul en 2000, puis Glencadam en 2003. Encore méconnue, Tomintoul a une activité importante (3,3 millions litres d’alcool par an) et une large gamme, non tourbée et tourbée, d’une quinzaine de références.

Jaune clair. Nez à dominante céréalière, mais sec, légèrement épicé. Attaque un peu brûlante, donnant une dominante sèche qui demeure ensuite, rappelant le xérès type fi no. Notes d’amandes et de fruits secs (raisins de Corinthe) qui apporte un léger moelleux. Final assez sec, un peu astringent. Un très bon apéritif …

Springbank

« Authentique… et abordable »

La plus réputée des dernières distilleries de la région du Kyntire, qui en a compté plus d’une trentaine. Springbank, qui appartient à la famille Mitchell depuis sa création en 1828, maintient presque à elle seule l’originalité du style somptueux et complexe des malts de Campbeltown, dont l’aptitude au vieillissement est particulièrement remarquable. Tout est fait ici sur place, du maltage à l’embouteillage, avec une double distillation et demie.

Jaune doré. Dès le nez, on perçoit la tourbe spécifi que à la distillerie, plus végétale que phénolique. L’attaque est un peu brûlante, vu le degré, mais le malt séduit vite par son fondu sur le malté, le caramel au beurre et la tarte Tatin et quelques épices bien sûr. Plus concentré et sec que d’autres versions, il demande à s’ouvrir pour développer toute sa gamme aromatique sur la fi nale et la persistance, remarquable. Un brut de fût authentique… et très abordable.

La sélection … Springbank 14 ans

« Un arc-en-ciel aromatique »

La plus réputée des dernières distilleries de la région du Kyntire, qui en a compté plus d’une trentaine. Springbank, qui appartient à la famille Mitchell depuis sa création en 1828, maintient presque à elle seule l’originalité du style somptueux et complexe des malts de Campbeltown, dont l’aptitude au vieillissement est particulièrement remarquable. Tout est fait ici sur place, du maltage à l’embouteillage, avec une double distillation et demie.

Jaune doré. Nez moelleux mais puissant, marqué par la tourbe végétale, des notes fl orales, un peu de compote de pomme et de la vanille. Attaque assez ronde, mais très vite il devient  brûlant (poivre, épices). Ensuite, le corps est bien fondu et ample, avec la tourbe en toile de fond accompagnée de pomme cuite, d’épices (cannelle, gingembre), de caramel au beurre. Un vrai arc-en-ciel aromatique qui se prolonge jusqu’à la finale, et une longue persistance inimitable.

As we get it

Sec et surtout tourbé …

Sous cette dénomination originale («Comme nous l’avons trouvé»), Ian Mac Leod propose régulièrement l’embouteillage d’un fût unique (single cask) soutiré sans la moindre manipulation : pas de réduction, pas de filtrage à froid, pas de colorant. Pur et naturel, peut-on dire. Tout repose bien évidemment sur le talent et le savoir-faire du maître de chais pour sélectionner un fût intéressant. Pas d’âge ni d’origine géographique pour ce nouveau fût.

Jaune pâle. Nez malté, assez sec, fruité sur le bonbon anglais. Attaque sèche et brûlante, puis une tourbe avec un peu de fumé se fait sentir en arrière-plan. Equilibré et homogène, sa puissance tourbée finit par dominer le palais sans agressivité. Avec son profil bien net, sans fioritures, c’est un remarquable apéritif.

Glen Moray 1992

Bien long, comme son âge …

Cette ancienne brasserie a été transformée en distillerie en 1897, avec l’autorisation d’accompagner son nom de la mention Glenlivet. Elle est située près d’Elgin, disposant de grandes quantités d’eau et d’orges réputées. Depuis son rachat par La Martiniquaise, en 2008, sa production a été fortement accrue pour alimenter les blends Label 5 et Glen Turner, tout en commercialisant des malts maturés en fûts variés.

Jaune doré. Nez assez puissant, crémeux, sur le malté, la noisette et autres fruits secs. Attaque assez moelleuse, puis davantage brûlante. Se développe ensuite un caractère plus suave, tout en restant assez sec. On retrouve le fruité du nez, se terminant sur quelques notes plus astringentes. Bien long (c’est de son âge) et assez persistant sur un ensemble fondu où domine le malt.

Balmenach 2005

Un apéritif bien sec …

Cette distillerie au sud du Speyside date de 1825, fondée par James McGregor, célèbre distillateur clandestin. Mais ses malts resteront longtemps réservés aux blenders de DCL, qui en ont fait l’acquisition en 1930. Devenue propriété d’Inverhouse en 1997, ce groupe appartient aujourd’hui à une société thaÏlandaise. Il n’y a pas de malt offi ciel, la commercialisation en single malt passant par les indépendants, notamment sous le nom Deestalker.

Jaune pâle. Nez fermé, devenant plus malté à l’aération, avec des notes poivrées. Attaque brûlante (un peu d’eau n’est pas à écarter), puis le malté domine, avec quelques notes de fruits jaunes et un peu de caramel au beurre. Surtout sec, mais avec un peu de moelleux en fond de bouche, il est à conseiller à l’apéritif, même s’il possède également un peu de fruité.

Springbank 12 ans

Variations végétales autour de la tourbe …

La plus réputée des dernières distilleries de la région du Kyntire, qui en a compté plus d’une trentaine. Springbank, qui appartient à la famille Mitchell depuis sa création en 1828, maintient presque à elle seule l’originalité du style somptueux et complexe des malts de Campbeltown, dont l’aptitude au vieillissement est particulièrement remarquable. Tout est fait ici sur place, du maltage à l’embouteillage, avec une double distillation et demie.

Jaune bien doré. Le nez, plutôt fermé, demande de l’aération pour se révéler sur une tourbe végétale assez douce et automnale, mais avec de la puissance. Attaque d’abord suave, mais devenant plus sèche et un peu épicée. La tourbe prend ensuite toute son ampleur, accompagnée d’herbe fraîchement tondue, de feuilles mortes et de notes de toffee. Les champignons de sous-bois nous emmènent jusqu’à la finale, un peu astringente. Longue persistance sur la tourbe.

LEDAIG Amontillado finish

Suavement tourbé  …

La grande île de Mull n’abrite qu’une distillerie, au nord, dans le petit port de Tobermory. Ses premières traces remontent à 1795, lors de sa création par un négociant, John Sinclair. Son existence fut ensuite assez sporadique, avec notamment près de 40 ans de fermeture à partir des années 30. En outre, elle porta un temps le nom de Ledaig dans les années 70. Depuis sa reprise par Burn Stewart, la production est redevenue régulière, avec deux déclinaisons : Tobermory et Ledaig, qui se distingue par son caractère tourbé.

Jaune doré/ambré. Dès le premier nez, la tourbe végétale est bien présente, accompagnée d’une certaine onctuosité fruitée. D’une belle puissance en bouche, et même un peu brûlant, il peut nécessiter un peu d’eau pour détailler sa dominante végétale (foin odorant), avec aussi quelques notes animales (cuir, laine, suint). Le tout est très fondu, tout en finesse, avec une belle persistance sur la tourbe. A ne pas manquer.

Longrow Red

Mariage réussi entre tourbe et vin …

Portant le nom d’une ancienne distillerie de Campbeltown fondée en 1896, et dont le dernier bâtiment existant abrite un des chais de Springbank, Longrow est aujourd’hui un single malt distillé dans les mêmes alambics que ceux servant à élaborer le Springbank. Mais est utilisé un malt entièrement tourbé (et non partiellement), avec une double distillation classique, et un vieillissement uniquement en fût de réemploi. Ce malt, peu produit, a servi d’abord à donner des notes tourbées aux blends de Springbank, avant d’être commercialisé en single depuis les années 90.

Ambré avec reflets orangés. Nez puissant, aux notes fruitées (fruits rouges) sur fond de tourbe. Attaque moelleuse, puis il devient plus sec. La tourbe se développe rapidement, mais accompagnée de fines notes fruitées (cerise, fraise) résultant du passage un an en fût de vin. Le corps est puissant, l’alcool se faisant bien sentir. Le résultat est réussi, très harmonieux, et d’autant plus étonnant que le mariage de la tourbe et du vin rouge est très rarement une réussite. Mais, chez Springbank, on sait le faire…

Bunnahabhain 2004

Agréablement tourbé …

Longtemps atypique par rapport aux autres distilleries d’Islay (car n’utilisant pas de malts tourbés), elle est située tout au nord de l’Île. Signifiant “Bouche de la crique”, elle se prononce Bouna’hav’n en gaélique. Fondée en 1881 par William Robertson et les frères Greenless, elle a connu plusieurs longues périodes d’arrêt, y compris après avoir été agrandie en 1963. Après quelques années d’incertitude, elle a été rachetée en 2003 par Burn Stewart qui a relancé la commercialisation et développé de nouvelles expressions, notamment tourbées.

Jaune doré. Nez sur la tourbe végétale, avec un peu de fumé. Attaque chaleureuse, marquée d’entrée par la tourbe. Un peu brûlant en bouche, il ne se manifeste aussi sur la pomme cuite, le caramel et une belle expression épicée (poivre noir notamment). D’une riche puissance, la finale et la persistance sont définitivement marquée par la tourbe, omniprésente sans être écrasante.

Kilkerran

Voluptueusement puissant

Vieilli intégralement dans des fûts de bourbon pendant 8 ans, cette édition limitée de la distillerie Kilkerran récemment rouverte est légèrement tourbée et double distillée, embouteillée brut de fût sans filtration à froid pour exprimer au mieux les arômes iodés et les notes de pomme verte caractéristiques de la distillerie.

Nez : fumé, pomme verte, rhubarbe. Bouche : saline, fermière, gourmande.
Finale : fumée, maltée et sucrée.

Springbank 14 ans

Une bouteille de référence …

La plus réputée des dernières distilleries de la région du Kyntire, qui en a compté plus d’une trentaine. Springbank, qui appartient à la famille Mitchell depuis sa création en 1828, maintient presque à elle seule l’originalité du style somptueux et complexe des malts de Campbeltown, dont l’aptitude au vieillissement est particulièrement remarquable. Tout est fait ici sur place, du maltage à l’embouteillage, avec une double distillation et demie.

Jaune doré. Nez un peu fermé au départ, mais exhalant très vite la tourbe caractéristique de la distillerie. Attaque plutôt moelleuse, mais devenant d’une grande puissance. La tourbe végétale domine le palais, mais bien accompagnée par du fruité (prune jaune, coing), du malté et des épices (poivre noir, gingembre), et quelques notes de vanille et de boisé. Un Springbank vraiment très harmonieux, d’une superbe richesse aromatique, et tel qu’on l’aime. Manquerait peut-être un vieillissement plus long, mais c’est déjà une bouteille de référence.

Springbank

Authentique… et abordable …

La plus réputée des dernières distilleries de la région du Kyntire, qui en a compté plus d’une trentaine. Springbank, qui appartient à la famille Mitchell depuis sa création en 1828, maintient presque à elle seule l’originalité du style somptueux et complexe des malts de Campbeltown, dont l’aptitude au vieillissement est particulièrement remarquable. Tout est fait ici sur place, du maltage à l’embouteillage, avec une double distillation et demie.

Jaune doré. Dès le nez, on perçoit la tourbe spécifique à la distillerie, plus végétale que phénolique. L’attaque est un peu brûlante, vu le degré, mais le malt séduit vite par son fondu sur le malté, le caramel au beurre et la tarte Tatin et quelques épices bien sûr. Plus concentré et sec que d’autres versions, il demande à s’ouvrir pour développer toute sa gamme aromatique sur la finale et la persistance, remarquable. Un brut de fût authentique… et très abordable.

As We Get It

Un Islay puissant et chaleureux …

Sous cette dénomination originale (« Comme nous l’avons trouvé »), Ian Mac Leod propose régulièrement l’embouteillage d’un fût unique (single cask) soutiré sans la moindre manipulation : pas de réduction, pas de filtrage à froid, pas de colorant. Pur et naturel, peut-on dire. Tout repose bien évidemment sur le talent et le savoirfaire du maître de chais pour sélectionner un fût intéressant.

Jaune très pâle. Nez puissant, dominé par la tourbe plutôt phénolique, avec des notes iodées. Brûlant dès l’attaque – un peu d’eau est conseillé – il est aussi onctueux, voire gras. La tourbe phénolique est très maritime, avec une petite pointe de fumée. Mais on distingue aussi un peu de fruité. Un Islay très complet, puissant et chaleureux, avec sa tourbe ominiprésente.

Springbank

Une bouteille de référence …

La plus réputée des dernières distilleries de la région du Kyntire, qui en a compté plus d’une trentaine. Springbank, qui appartient à la famille Mitchell depuis sa création en 1828, maintient presque à elle seule l’originalité du style somptueux et complexe des malts de Campbeltown, dont l’aptitude au vieillissement est particulièrement remarquable. Tout est fait ici sur place, du maltage à l’embouteillage, avec une double distillation et demie.

Jaune doré. Nez un peu fermé au départ, mais exhalant très vite la tourbe caractéristique de la distillerie. Attaque plutôt moeilleuse, mais devenant d’une grande puissance. La tourbe végétale domine le palais, mais bien accompagnée par du fruité (prune jaune, coing), du malté et des épices (poivre noir, gingembre), et quelques notes de vanille et de boisé. Un Springbank vraiment très harmonieux, d’une superbe richesse aromatique, et tel qu’on l’aime. Manquerait peut-être un vieillissement plus long, mais c’est déjà une bouteille de référence.

Takinoka black

Une puissance rare …

La distillerie japonaise White Oak est historiquement la plus ancienne de l’archipel, ayant obtenu sa licence dès 1919. Mais elle a mis plusieurs décennies avant de commercialiser ses whiskies (notamment le single malt Akashi). Les installations actuelles remontent à 1984, et la production n’atteint pas les 50 000 litres par an. Tokinoka (le parfum du temps en japonais) est sa marque de blend, assemblage à l’écossaise d’eaux-de-vie de grain et de single malt.

Jaune doré. Nez puissant, un peu animal, caramélisé, fruits cuits. Bouche chaleureuse voire explosive, bien épicée et soyeuse. Dominante vanillée, avec de la prune rouge et de la pomme cuite. Un blend d’une puissance rare, et en même temps très fondu, avec une longue persistance sur le fruité et le caramel. Une belle découverte à ne pas manquer.

Strathmill 1992

Bien vif malgré son bel âge …

Dans cet ancien moulin du Speyside, remontant à 1823, une distillerie a été créée en 1891, pour répondre à la forte demande de malts par les blenders. Ses propriétaires successifs (Gilbey, IDV et maintenant Diageo) n’ont pas cessé depuis de l’utiliser quasi-exclusivement dans ce but. Modernisée et fortement agrandie en 1969, la distillerie ne commercialise pratiquement pas ce malt, disponible uniquement (et en faibles quantités) chez les embouteilleurs indépendants.

Knockdhu

Presque un Speyside… le poivre en plus

Fondée en 1893 par DCL, cette distillerie des Highlands de l’Est a été surtout vouée à alimenter les blenders, tout en connaissant de longues périodes de fermeture. Le premier single malt officiel date de 1989, mais il prit par la suite le nom d’An Cnoc, peut-être par crainte d’une confusion avec la distillerie Knockando voisine. Mais le chassé-croisé entre les deux noms s’est reproduit plusieurs fois depuis, ne facilitant pas la tâche des amateurs. Depuis 2003, An Cnoc semble être devenu définitif… au moins pour les embouteillages officiels. Mais ceux des indépendants sont assez rares.

Jaune clair. Nez plutôt céréalier, devenant épicé et marqué par l’alcool à l’aération. Après une attaque plutôt brûlante, il se développe sur un bon malté, avec des notes de miel et des touches plutôt florales. Il devient ensuite plus épicé et poivré, et offre une finale encore brûlante malgré l’ajout d’un peu d’eau. Sans doute un peu jeune pour être embouteillé, il évoque nettement un Speyside… d’autant que la distillerie n’en est guère éloignée.

Dailuaine 1996

Un grand classique du Speyside

Comme l’indique son nom gaëlique (“vallon verdoyant”), la distillerie est située dans un creux au bord de la rivière Spey. Créée en 1852 par William Mackenzie, elle a été peu de temps après reliée au réseau de chemins de fer, ce qui a beaucoup influé sur son développement. Ce fut la première distillerie du Speyside à être munie de la cheminée se terminant par une pagode, conçue par Charles Doig en 1889. Equipée de six alambics, et plusieurs fois modernisée, son malt a été réservé longtemps aux blenders (Johnnie Walker), et il est encore peu embouteillé en single.

Springbank

Springbank à l’apéritif ? Et oui !

La plus réputée des dernières distilleries de la région du Kyntire, qui en a compté plus d’une trentaine. Springbank, qui appartient à la famille Mitchell depuis sa création en 1828, maintient presque à elle seule l’originalité du style somptueux et complexe des malts de Campbeltown, dont l’aptitude au vieillissement est particulièrement remarquable. Tout est fait ici sur place, du maltage à l’embouteillage, avec une double distillation et demie.

Jaune clair. Légèrement moelleux au nez, avec de la tourbe végétale en arrière-plan. En bouche, il se développe rapidement avec une belle fougue sur une solide base maltée. De caractère sec, il est surtout épicé (poivre noir), la tourbe se faisant à peine sentir. Jeune encore, il réunit déjà les composantes fruitées, poivrées, maltées et tourbées du style, mais moins fondues que dans les versions plus âgées. Ce qui donne un excellent apéritif… et oui !

Glengoyne Cask Strength 2e édition

Voluptueusement puissant …

Cette distillerie fondée en 1833 présente la particularité d’être géographiquement dans les Lowlands, mais d’avoir été rattachée aux Highlands depuis une trentaine d’années, car l’eau qu’elle utilise en provient directement. En outre, sa typicité n’a rien à voir avec les malts herbacés et floraux des Lowlands. Une des spécificités de la distillerie est d’utiliser différents xérès pour le vieillissement de ses malts. Par ailleurs, une distillation particulièrement lente (3 litres à la minute) donne un style spécial au malt.

Ambré. Nez d’abord fermé, puis devient puissant à l’aération, sur le boisé et le caramel cuit. Attaque brûlante (un peu d’eau est à recommander aux palais sensibles), puis il se révèle bien moelleux, avec des arômes fondus où on retrouve le caramel, mais aussi la vanille du boisé, de la compote de pomme, de la figue et une pointe de réglisse. Longue finale assez voluptueuse, qui persiste durablement.

Knockdhu

Presque un Speyside  … le poivre en plus

Fondée en 1893 par DCL, cette distillerie des Highlands de l’Est a été surtout vouée à alimenter les blenders, tout en connaissant de longues périodes de fermeture. Le premier single malt officiel date de 1989, mais il prit par la suite le nom d’An Cnoc, peut-être par crainte d’une confusion avec la distillerie Knockando voisine. Mais le chassé-croisé entre les deux noms s’est reproduit plusieurs fois depuis, ne facilitant pas la tâche des amateurs. Depuis 2003, An Cnoc semble être devenu définitif… au moins pour les embouteillages officiels. Mais ceux des indépendants sont assez rares.

Jaune clair. Nez plutôt céréalier, devenant épicé et marqué par l’alcool à l’aération. Après une attaque plutôt brûlante, il se développe sur un bon malté, avec des notes de miel et des touches plutôt florales. Il devient ensuite plus épicé et poivré, et offre une finale encore brûlante malgré l’ajout d’un peu d’eau. Sans doute un peu jeune pour être embouteillé, il évoque nettement un Speyside… d’autant que la distillerie n’en est guère éloignée.

Springbank

Springbank à l’apéritif ? Et oui ! …

La plus réputée des dernières distilleries de la région du Kyntire, qui en a compté plus d’une trentaine. Springbank, qui appartient à la famille Mitchell depuis sa création en 1828, maintient presque à elle seule l’originalité du style somptueux et complexe des malts de Campbeltown, dont l’aptitude au vieillissement est particulièrement remarquable. Tout est fait ici sur place, du maltage à l’embouteillage, avec une double distillation et demie.

Jaune clair. Légèrement moelleux au nez, avec de la tourbe végétale en arrière-plan. En bouche, il se développe rapidement avec une belle fougue sur une solide base maltée. De caractère sec, il est surtout épicé (poivre noir), la tourbe se faisant à peine sentir. Jeune encore, il réunit déjà les composantes fruitées, poivrées, maltées et tourbées du style, mais moins fondues que dans les versions plus âgées. Ce qui donne un excellent apéritif… et oui !

As you get it

Pour les passionnés d’Islay ..

Sous cette dénomination originale («Comme nous l’avons trouvé»), Ian Mac Leod propose régulièrement l’embouteillage d’un fût unique (single cask) soutiré sans la moindre manipulation  pas de réduction, pas de filtrage à froid, pas de colorant. Pur et naturel, peut-on dire. Tout repose bien évidemment sur le talent et le savoir-faire du maître de chais pour sélectionner un fût intéressant. Une fois encore, son choix s’est porté sur un fût en provenance d’une distillerie d’Islay.

Jaune très pâle. Nez un peu discret, puis, à l’aération, une tourbe végétale évoluant sur le fumé. Plutôt brûlant à l’attaque (un peu d’eau sera préférable pour le plus grand nombre), il se révèle d’une belle puissance tourbée assez grasse. Puis le phénolique se fait également sentir, sur une base céréalière bien nette, avec quelques fruits jaunes (prunes). Très belle longueur toujours sur la tourbe, nette et franche. De quoi réjouir tous les passionnés d’Islay tourbés.

Springbank

La plus réputée des dernières distilleries de la région du Kyntire, qui en a compté plus d’une trentaine. Springbank, qui appartient à la famille  Mitchell depuis sa création en 1828, maintient presque à elle seule l’originalité du style somptueux et complexe des malts de Campbeltown, dont l’aptitude au vieillissement est particulièrement remarquable. Tout est fait ici sur place, du maltage à l’embouteillage, avec une double distillation et demie.

Couleur jaune doré. Nez finement tourbé, assez onctueux, un peu miellé. Dès l’attaque en bouche, épicé voire poivré, il prend le temps de s’installer avec des notes de tourbe (mais non fumées) et de gingembre. Un caractère bien sec, un peu astringent, qui devient lentement plus chaleureux. Longue finale tout en nuance et en complexité. Un rien austère, un malt qui demande une longue approche pour être apprécié à sa juste valeur, mais alors quelle révélation !

Octomore Scottish Barley 7.1 Islay

Pour la puissance aromatique avant tout …

Portant le nom d’une des sources qui alimentent la distillerie de Bruichladdich, sur Islay, le single malt Octomore s’annonce comme le malt le plus tourbé jamais élaboré en Écosse, utilisant des orges écossais, voire d’Islay. Le premier, distillé en 2002, atteignait un taux de phénol de 110 ppm, alors que les plus tourbés de l’époque ne dépassaient pas les 50 ppm. Depuis, des versions encore plus tourbées sont régulièrement proposées ! Du jamais bu jusqu’à présent dans le monde des whiskies tourbés…

Jaune doré. Nez puissant, voire lourd, sur le caramel, le tabac blond et des zestes d’orange. En bouche, la tourbe s’installe progressivement sans agressivité, accompagnée par la vanille, le caramel au beurre et quelques fruits secs (raisins de Corinthe, amande). Brûlant, certes, mais supportable grâce à une belle rondeur où se fondent tous les arômes. Plus que la seule tourbe, c’est cette puissance aromatique inédite qui impressionne le plus, et le niveau atteint en ppm devient presque accessoire.

Laphroaig

Un charmeur inattendu …

Créée vers 1815 par la famille Johnston (dont l’un des membres a péri noyé… dans une cuve de fermentation), cette distillerie d’Islay est longtemps restée une propriété familiale, possédant ses propres aires de maltage de l’orge (toujours utilisées) et ses tourbières. Sa puissance et ses arômes originaux ont donné à Laphroaig (qui se prononce «Lafrog») un rôle de pionnier dans la découverte des malts d’Islay.

Jaune doré. Nez bien tourbé, immédiatement phénolique, mais sans excès. Attaque onctueuse, puis une forte puissance s’installe, supportable toutefois. La tourbe est bien au rendez-vous, déroulant ses volutes fumées et ses accents végétaux. Une version se distinguant par son caractère très moelleux, l’astringence et l’âcreté n’étant guère dominantes, voire présentes. Sauf sur la finale, et encore, car on y trouve aussi de belles notes miellées. Un Laphroaig charmeur ? Et oui, c’est possible… sans rien perdre de son caractère.

Bunnahabhain

Un grand Islay …

Longtemps atypique par rapport aux autres distilleries d’Islay, elle est située tout au nord de l’Île. Signifiant « Bouche de la crique », elle se prononce Bouna’hav’n en gaélique. Fondée en 1881 par William Robertson et les frères Greenless, elle a connu plusieurs longues périodes d’arrêt, y compris après avoir été agrandie en 1963. Après quelques années d’incertitude, elle a été rachetée en 2003 par Burn Stewart, (groupe CL World Brands) qui a relancé la commercialisation et développé de nouvelles expressions, notamment tourbées, pour les malts. La distillerie est équipée de deux paires d’alambics et de six fermenteurs en pin
d’Oregon.

Jaune doré. Nez discret, surtout malté avec des notes de fruits secs et un peu de résine. Attaque très puissante, sur l’alcool mais surtout les épices (piment, poivre noir), pouvant justifier l’ajout d’un peu d’eau. Puis se développe un corps plus onctueux, très aromatique avec la céréale, les fruits jaunes et même des notes florales marquées, accompagnées d’un peu de miel. Peu de tourbe dans cette version, surtout en arrière-plan, mais une belle richesse très harmonieuse et fondue. Décidément, un grand d’Islay… même peu tourbé !

Laphroaig

Tourbé ? Certes, mais pas seulement …

Créée vers 1815 par la famille Johnston (dont l’un des membres a péri noyé… dans une cuve de fermentation), cette distillerie d’Islay est longtemps restée une propriété familiale, possédant ses propres aires de maltage de l’orge (toujours utilisées) et ses tourbières. Sa puissance et ses arômes originaux ont donné à Laphroaig (qui se prononce « Lafrog ») un rôle de pionnier dans la découverte des malts d’Islay.

Jaune doré soutenu. Nez tourbé et phénolique ; petite touche de miel et de fruits jaunes. Attaque puissante et vigoureuse, nettement dominée par la tourbe fumée et les phénols, avec une pointe d’âcreté de calfat. Mais, avec une certaine rondeur, on retrouve comme au nez des notes fruitées (pêche jaune, mirabelle) et miellées, qui, sans atténuer l’habituelle puissance sauvage de Laphroaig, l’enrobe d’un caractère un peu plus aimable. Très belle finale qui n’en finit pas sur la tourbe.

Clynelish

Joli fruité qui n’aurait demandé qu’à vieillir un peu plus …

Cette distillerie des Highlands du Nord ne date que de 1967 et ne doit pas être confondu avec Brora (fermée depuis 1983), beaucoup plus ancienne et située juste à côté, mais dont les malts ont par le passé également porté le nom de Clynelish. Bâtie sur le modèle de Caol Ila, la distillerie élabore des malts essentiellement destinés aux blends (Johnnie Walker surtout). D’importants travaux d’agrandissement ont été annoncés par Diageo, mais sont depuis suspendus, en raison du ralentissement de certains marchés.

Jaune doré. Nez sur la céréale bien mûre, avec du fruit jaune et une pointe d’épice. Le corps est à la fois sec mais avec de la rondeur, sur une base bien charpentée. Beaucoup de fruits jaunes (poire William, prune) bien relevé par le poivre noir. Malt bien agréable dans sa puissance, mais la finale est un peu courte, oubliant le fruité pour rester sur la note d’alcool et un peu d’astringence boisée. Un âge plus élevé lui aurait sans doute permis de développer un fondu plus harmonieux.

Clynelish

Moelleux et riche …

Cette distillerie des Highlands du Nord ne date que de 1967 et ne doit pas être confondu avec Brora, beaucoup plus ancienne et située juste à côté, mais dont les malts ont par le passé également porté le nom de Clynelish. Brora est fermée depuis 1983, alors que les six alambics de Clynelish sont en pleine activité. Bâtie sur le modèle de Caol Ila, la distillerie élabore des malts essentiellement destinés aux blends (Johnnie Walker surtout).

Nez : Assez voluptueux, il développe surtout sur le caramel au beurre et le xérès sec (fino), avec du fruité (prunes, pelures d’orange séchées). Riche et très moelleuse, la bouche est marquée par le xérès, le cassis, le poivre de cayenne et la poire. Sur la finale, plutôt huileuse, se détachent surtout les fruits rouges avec un peu de pâte d’amande.

Glen Moray

Pour les amateurs de liquoreux …

Cette ancienne brasserie a été transformée en distillerie en 1897, avec l’autorisation d’accompagner son nom de la mention Glenlivet. Elle est située près d’Elgin, disposant de grandes quantités d’eau et d’orges réputées. Depuis son rachat par La Martiniquaise, en 2008, sa production a été fortement accrue pour alimenter les blends Label 5 et Glen Turner, tout en commercialisant des malts maturés en fûts variés.

Jaune doré. Nez bien malté, marqué par l’alcool et quelques notes liquoreuses. Attaque puissante voire brûlante, pouvant nécessiter l’ajout d’un peu d’eau. Corps rond et moelleux, voire liquoreux l’apparentant presque à un sauternes. La poire et le coing dominent, soutenus par le poivre noir de l’alcool. Manifestement, le xérès a donné beaucoup d’ampleur au malt, surtout non réduit.

Linkwood

Peu marqué par les ans …

Fondée en 1821, cette distillerie d’Elgin, dans la partie nord du Speyside, a connu de nombreux
remaniements depuis. Toutefois, l’un de ses dirigeants, entre les deux guerres, était renommé
pour ne remplacer qu’à l’identique les alambics trop âgés, en y martelant les mêmes bosses. Les deux importants alambics d’origine (maintenant non utilisés) ont été remplacés par quatre autres lors d’un agrandissement en 1973, puis par une nouvelle paire en 2013. Les malts ne sont guère embouteillés, sauf par les indépendants.

Jaune pâle. D’abord fermé, le nez assez sec se développe sur des notes de céréales et d’épices. Assez brûlant à l’attaque (un peu d’eau est conseillé), il est avant tout sec, marqué par le poivre noir et le gingembre, comme si son âge pourtant avancé ne l’avait pas marqué. Bien persistant sur sa dominante céréale, avec une finale devenant plus arrondie.

Balmenach

Chaleureux et bien aromatique …

Cette distillerie au sud du Speyside date de 1825, fondée par James McGregor, célèbre distillateur clandestin. Mais ses malts resteront longtemps réservés aux blenders de DCL, qui en ont fait l’acquisition en 1930. Devenu propriété d’Inverhouse en 1997, ce groupe appartient aujourd’hui à une société thailandaise. Il n’y a pas de malt officiel, la commercialisation en single malt passant par les indépendants.

Nez plutôt fermé, se révélant puissant à l’aération, avec des notes animales et maltées. Attaque sèche, un peu brûlante, mais avec aussi du moelleux. Base maltée, avec des raisins secs, de la pomme cuite et un peu d’épices. De l’ampleur au palais, avec beaucoup de puissance jusqu’à la finale. Longue persistance maltée et fruitée.

Craigellachie Dun Bheagan

Puissant mais un peu limité …

Fondée en 1891 par le créateur de White Horse, Peter Mackie, cette distillerie a servi principalement à l’assemblage de ce blend, même si son embouteillage en single a commencé très tôt, quoiqu’en quantités limitées. Située au coeur du Speyside, non loin de Macallan, elle a été modernisée et agrandie en 1965. Elle appartient depuis 1998 au groupe Martini-Bacardi.

Ambré. Nez de caramel au beurre et de raisins de Corinthe bruns. Attaque vive et ample, mais brûlante. Le corps est moelleux, voire épais. On retrouve le caramel au beurre avec de la pomme cuite et du poivre noir. Beaucoup de puissance en bouche, mais la persistance aromatique est curieusement bien limitée. Il aurait sans doute mérité quelques années de fût supplémentaires.

Linkwood

Chaleureux et revigorant …

Fondée en 1821, cette distillerie d’Elgin, dans la partie nord du Speyside, a connu de nombreux
remaniements depuis. Toutefois, l’un de ses dirigeants, entre les deux guerres, était renommé pour ne remplacer qu’à l’identique les alambics trop âgés, en y martelant les mêmes bosses. Les deux importants alambics d’origine (maintenant non utilisés) ont été remplacés par quatre autres lors d’un agrandissement en 1973, puis par une nouvelle paire en 2013. Les malts ne sont guère embouteillés, sauf par les indépendants.

Ambré soutenu. Nez animal, un peu lourd, puis se développant sur le santal et la pomme cuite. Très chaleureux en bouche, sans être franchement brûlant, il présente un corps moelleux et rond, sur les fruits cuits, que les épices (poivre noir, gingembre) relèvent ensuite. Le puissant boisé apporte des notes vanillées, mais aussi une petite astringence sur la finale. Un digestif puissant pour les hivers froids et humides.

Ardmore

Située dans une vallée reculée à la limite du Speyside, cette distillerie centenaire (fondée en 1898) sert essentiellement à alimenter l’élaboration du blend Teacher’s. Malgré son importance – huit grands alambics chauffés au charbon – elle est encore méconnue, et rares sont les embouteillages indépendants de ses malts.

Ambré un peu fauve. Nez chaleureux, à dominante fruité, avec du miel et un peu de vanille. Attaque moelleuse, puis il devient puissant et vif. Fruits cuits, miel, caramel au beurre, puis finale plus boisée, plutôt astringente, alors que les notes fruitées l’emportent et persistent longtemps. L’apport du xérès se traduit par un assouplissement général, rendant le malt moins agressif et nettement plus fruité que précédemment. Le boisé est également plus sensible.

Glen Albyn

Un vrai feu d’artifice …

Fondée en 1844 à Inverness, le grand port du Nord de l’Ecosse, elle fut ravagée par un incendie trois ans plus tard, et ne fut réouverte qu’en 1884. Transformée par l’armée américaine en usine de fabrication de mines pendant la seconde guerre mondiale, elle a été rachetée en 1972 par DCL (aujourd’hui Diageo), et, définitivement fermée en 1983, elle fut détruite trois ans plus tard pour laisser la place à un supermarché. Ses malts sont aujourd’hui de plus en plus rares.

Ambré soutenu, fauve et cuivré. Nez puissant de fruits cuits, de pruneau et de porto, avec aussi des raisins secs, de la vanille et du caramel au beurre. L’attaque en bouche est onctueuse, mais se développe vite une belle et ample vivacité avec un véritable feu d’artifice aromatique. Outre les notes du nez, on trouve un peu d’épices, du toffee et du bois de santal, avec du tabac blond. La longue, très longue finale développe encore plein de nuances autour des fruits cuits et des épices. Une bouteille rare, non seulement à cause de son âge, mais surtout de sa richesse aromatique, d’une grande séduction. A ne pas manquer.

Glen Moray

Les vertus du fût …

Cette ancienne brasserie a été transformée en distillerie en 1897, avec l’autorisation d’accompagner son nom de la mention Glenlivet. Elle est située près d’Elgin, disposant de grandes quantités d’eau et d’orges réputées. Depuis son rachat par La Martiniquaise, en 2008, sa production a été fortement accrue pour alimenter les blends Label 5 et Glen Turner, tout en commercialisant des malts maturés en fûts variés.

Nez puissant, bien malté, avec des notes animales (fauves), vieux cuir et pommes mûres. Attaque moelleuse, mais il devient vite puissant et plus sec. Caramel au beurre, fruits secs (amande et raisins de Corinthe), pomme mûre se dégagent d’un ensemble très fondu et bien boisé. Longue persistance sur le fruité. Qui se serait attendu à une telle expression d’un malt habituellement réputé pour sa douceur ? Comme quoi, les vertus du fût…

Bunnahabhain

Tourbé ? Oui, et bien comme il faut … 

Longtemps atypique par rapport aux autres distilleries d’Islay (car n’utilisant pas de malts tourbés), elle est située tout au nord de l’Île. Signifiant “Bouche de la crique”, elle se prononce Bouna’hav’n en gaélique. Fondée en 1881 par William Robertson et les frères Greenless, elle a connu plusieurs longues périodes d’arrêt, y compris après avoir été agrandie en 1963. Après quelques années d’incertitude, elle a été rachetée en 2003 par Burn Stewart qui a relancé la commercialisation et développé de nouvelles expressions, notamment tourbées.

Jaune pâle. Nez bien marqué par la tourbe phénolique, sans excès. En bouche, la même tourbe domine largement le palais, laissant juste un peu de place à quelques notes fruitées et un peu de poivre noir. Corps moelleux et onctueux, pour ne pas dire gras. Net et sans fioritures, jusqu’à la finale et largement au-delà. Qui aurait cru ça de cette distillerie il y a encore dix ans ?

Springbank

Tel qu’on l’aime …

La plus réputée des dernières distilleries de la région du Kyntire, qui en a compté plus d’une trentaine. Springbank, qui appartient à la famille Mitchell depuis sa création en 1828, maintient presque à elle seule l’originalité du style somptueux et complexe des malts de Campbeltown, dont l’aptitude au vieillissement est particulièrement remarquable. Tout est fait ici sur place, du maltage à l’embouteillage, avec une double distillation et demie.

Dès le nez, la tourbe est là, mi-végétale, mi-animale, avec ce persistant fruité tellement caractéristique. Attaque puissante, d’un bloc, puis se développe un ensemble très complet qui décline le malté, le caramel au beurre, les raisins de Corinthe, la poire mûre et du poivre noir sur la finale… Et bien entendu la tourbe, qui ne se fait surtout pas oublier. Encore une référence incontournable, et qui n’a pas besoin de finition pour atteindre des sommets.

The Irishman

Chaleureusement fruité …

Fondée en 1999 par Bernard et Rosemary Walsh, la société Hot Irishman était d’abord centrée sur l’assemblage et la commercialisation d’une recette d’Irish Coffee jugée la plus intéressante après de multiples essais… dans un chalet des Alpes françaises. Ce fut en suite une crème irlandaise à base de whiskey. En 2006, ils signaient un contrat d’approvisionnement auprès d’Irish Distillers pour constituer des stocks de whiskeys vieillis trois fois. A partir de là, ils ont lancé différentes déclinaisons de leurs propres assemblages.

Ambré. Au nez, très puissant, sur le caramel au beurre, le biscuit sec et de riches notes fruitées (xérès ?). Attaque brûlante, puis moelleuse en bouche, avec des notes épicées et poivrées. Beaucoup de rondeur sur la pomme cuite, le vieux cuir ciré, le raisin de Corinthe, tout en se terminant sur une finale chaleureuse et un peu liquoreuse.

Springbank Burgundy

Un mariage finalement réussi …   Édition limitée de 10 260 bouteilles
Jaune doré, proche de l’ambré. Nez puissant, concentré, un peu sirupeux, avec des fruits rouges mais aussi des notes animales rappelant le jambon cru. En bouche, très moelleux, voire beurré, mais aussi sec par son côté tannique. La tourbe est en arrière-plan, avec de fines notes de fruits rouges. Finale sèche, voire un peu astringente sur le boisé et la réglisse. La personnalité propre à Springbank s’efface un peu derrière le vin rouge, mais le mariage est tout de même réussi car fondu et équilibré.

Springbank

Encore jeune, mais déjà sur la tourbe …
La plus réputée des dernières distilleries de la région du Kyntire, qui en a compté plus d’une trentaine. Springbank, qui appartient à la famille Mitchell depuis sa création en 1828, maintient presque à elle seule l’originalité du style somptueux et complexe des malts de Campbeltown, dont l’aptitude au vieillissement est particulièrement remarquable. Tout est fait ici sur place, du maltage à l’embouteillage, avec une double distillation et demie.

Jaune doré soutenu. Au nez, demande de l’aération avant de développer son côté végétal, à peine marqué par la tourbe. En bouche, très puissant, voire brûlant, mais avec du moelleux. Comme au nez, dominante végétale marquée la tourbe, très peu phénolique, avec de la compote de pomme. Corps puissant, carré car encore jeune. Sur la finale, apparition de légères notes poivrées et fumées qui persistent bien ensuite.

Ardbeg

Sec, élégant et tourbé of course …

Tourbe et élégance, tels sont les traits dominants des malts de cette distillerie d’Islay, appréciée de longue date par les amateurs. Sa spécificité provient surtout d’un dispositif de purification en haut du deuxième alambic, qui conserve le meilleur de la tourbe en lui évitant toute âcreté. Ayant fété son 200e anniversaire en 2015, Ardbeg commercialise chaque année au moins deux nouveautés, souvent sans précision d’âge.

Jaune d’or. Tourbé dès le premier nez, avec une belle finesse, puis davantage marqué par le goudron de pin. Attaque sèche et ample, et la tourbe phénolique et maritime domine rapidement le palais, avec des notes de résine et de réglisse. Le corps est moelleux et élégant jusqu’à la finale, nette et sans fioritures. Longue persistance de la tourbe.

Dalmore 97

Rond et surtout épicé …
Créée en 1839, cette distillerie des Highlands du Nord a été assez vite liée au blender Whyte & Mackay. Elle a pour particularité un très vieil alambic dont le col est refroidi par une circulation d’eau, ce qui a pour effet d’alléger l’eau-de-vie de ses éléments les plus lourds. Ce qui explique peut-être ses capacités à vieillir longuement (audelà de 50 ans), même si les bouteilles d’un tel âge sont particulièrement rares et valent de petites fortunes.

Jaune clair et brillant. Nez légèrement miellé avec des fleurs blanches (aubépine) et un peu de fruits exotiques. Attaque onctueuse, puis s’installe une belle vigueur épicée (poivre noir, girofle et gingembre), s’harmonisant bien avec les notes fruitées et miellées. Belle finale fruitée, toujours sur la puissance, un peu brûlante évoluant sur l’astringence avec une pointe d’âcreté.

Glendullan 96

Moelleux et tannique …
Rachetée par la DCL, la distillerie va être progressivement fermée dans les années 70, tandis
qu’une unité de production (brassage et distillation) est construite à proximité, donnant des malts plus légers et plus aromatiques que ceux de l’ancienne installation. Glendullan est l’un des trois Singleton commercialisés aujourd‘hui par Diageo.

Onctueux et poivré… Deux périodes marquent l’histoire de cette distillerie créée à la fin du XIXe
siècle. Au cours de la première, elle produisait  un malt très apprécié du roi Edouard VII, qui avait droit à des versions spéciales.

Glenburgie

Suave et fruité …
Remontant à 1810 sous le nom de Kilnflat, cette distillerie située à l’ouest du Speyside, dans le Findhorn, a toujours été essentiellement vouée à la production de malts pour les blends, surtout Ballantine’s. Sa commercialisation en single n’est le fait que des embouteilleurs indépendants. En 1927, ce fut la première distillerie dirigée par une femme, Margaret Nicol, qui n’était pas l’épouse ou la veuve d’un propriétaire.

Jaune à peine doré. Nez floral, un peu sur les fruits jaunes. Plutôt sec à l’attaque, et un peu brûlant en raison de son degré, il s’épanouit ensuite sur la prune jaune, la cire d’abeille et un peu de miel blond, type acacia, sans rien perdre de son côté sec, devenant même astrigent vers la finale. Bonne persistance suave et fruitée, très intéressant pour l’apéritif.

Springbank

L’alliance entre la tourbe et le xérès … 

La plus réputée des dernières distilleries de la région du Kyntire, qui en a compté plus d’une trentaine. Springbank, qui appartient à la famille Mitchell depuis sa création en 1828, maintient presque à elle seule l’originalité du style somptueux et complexe des malts de Campbeltown, dont l’aptitude au vieillissement est particulièrement remarquable. Tout est fait ici sur place, du maltage à l’embouteillage, avec une double distillation et demie.

Jaune clair. Nez sec et puissant, sur le fruité (prune jaune), et on croit deviner la tourbe en arrière-plan. Forte attaque où la tourbe apparaît rapidement, mais laisse beaucoup de place à une dominante fruitée, sans doute due au xérès sec (fino ou manzanilla ?). Harmonieuse combinaison entre le fruité et le tourbé, le sec et le moelleux, qu’un peu d’eau permet de mieux percevoir encore. Longue finale où la tourbe revient en arrière-plan, car elle ne cède pas la place au fruité. Un grand, long et passionnant moment de dégustation comme Springbank seul sait en offrir… même s’il faut en mettre le prix !

Ardbeg Uigeadail

Harmonie entre le fumé et le fruit … 

Tourbe et élégance, tels sont les deux traits dominants des malts de cette distillerie d’Islay, appréciée de longue date par les amateurs. Sa spécificité provient surtout d’un dispositif de purification en haut du deuxième alambic, qui conserve le meilleur de la tourbe en lui évitant toute âcreté.  Chaque nouvel arrivage est attendu avec impatience par les passionnés d’Islay.

Couleur doré profond et soutenu. Nez marqué par le fumé, avec une belle richesse fruitée (dattes, raisins secs). Avec un peu d’eau, le caractère miellé se développe davantage. En bouche, c’est d’abord le moelleux qui s’installe, avec des notes de caramel et de miel onctueux, et aussi de fruits confits, de Christmas pudding. Puis se révèlent les arômes fumés (saumon fumé, voire viande grillée) en second plan, sans jamais masquer les premières notes fruitées. Avec un très bel équilibre, l’échange entre les deux familles d’arômes se déroule en permanence, offrant une étonnante complexité et un plaisir renouvelé pour le dégustateur. La finale, très longue, reste dans la même complexité, dans une grande douceur générale.

Glenburgie

Agréablement apéritif …

Remontant à 1810 sous le nom de Kilnflat, cette distillerie située à l’ouest du Speyside, dans le Findhorn, a toujours été essentiellement vouée à la production de malts pour les blends, surtout Ballantine’s. Sa commercialisation en single n’est le fait que des embouteilleurs indépendants. Pendant un temps, elle a utilisé des alambics Lomond, élaborant un malt appelé Glencraig, mais cette pratique a été abandonnée en 1981.

Jaune pâle. Nez discret, un peu végétal sur la paille sèche et le grain. Attaque d’abord  moelleuse, puis elle devient un peu plus sèche, tout en présentant des notes miellées. Le corps, rond et plein, est relevé par un caractère plus épicé (sans doute du au xérès de la finition) qui le rend apéritif. Jolie finale entre les épices, le grain et le miel, avec de la  persistance.

Glendronach Batch 5

Solide comme un monolithe …

Protégé du duc de Gordon (à l’origine de la loi de 1823 qui a mis fin à la distillation clandestine), James Allardice fonda la distillerie en 1826, qui fut ravagée par un incendie onze plus tard, suite aux négligences de son propriétaire. Reconstruite, elle connut plusieurs propriétaires  indépendants, puis Teacher’s, Allied Breweries et enfin Pernod-Ricard, qui l’a revendu en 2008 à BenRiach, propriété d’un groupe d’investisseurs, qui ont relancé la production après des années de mise en sommeil.

Jaune doré soutenu. Après aération, le nez est puissant, voire lourd, animal, et s’accompagnant de notes toastées. Attaque brûlante (un peu d’eau peut être nécessaire) mais supportable. A dominate biscuitée, la bouche développe aussi de la compote de pommes au caramel, tout en présentant un caractère bien sec et épicé. Finale poivrée évoluant sur l’astringence, d’une longue persistance. Plutôt monolithique, un malt solide et réconfortant.

Strathisla 97

Surtout sec pour l’apéritif … 

Fondée en 1785 par un négociant en textile, cette distillerie (appelée à l’origine Milltown ou Milton) revendique le titre de plus ancienne d’Ecosse toujours en activité, sur un site où se trouvait une brasserie au XIIIe siècle. Elle a toutefois été largement reconstruite après un incendie en 1876. Mais elle conserve beaucoup de charme, tout en maintenant une longue tradition de petits alambics. Propriété de Seagram, puis Pernod-Ricard, ses malts sont surtout utilisés pour les blends Chivas, et assez peu commercialisés.

Jaune pâle. D’abord sec, le nez à l’aération devient plus chaleureux, un peu animal mais aussi sur le fruité. Attaque puissante, voire brûlante, mais sans exagération, car tout de même moelleuse. Bien épicé (poivre noir), il révèle surtout des notes de céréales et un peu de fruits jaunes, sans trop de richesse aromatique. Finale assez sèche et astringente, ne laissant guère de place au fruité.

Tullibardine

Aussi long que son âge … 

Créée dans le comté de Perth en 1949, la distillerie a été installée sur l’emplacement d’une ancienne brasserie. Vouée essentiellement à la production de malts pour les blenders, Tullibardine a changé plusieurs fois de propriétaires, puis a été agrandie en 1974. Elle a été ensuite fermée entre 1995 et 2004, et ses propriétaires actuels, une société familiale de vignerons français, veulent davantage développer la commercialisation en single malt.

Jaune pâle. Nez relevé, céréalier et malté. Bien sec à l’attaque, il se développe sur les céréales, avec des notes de fruits jaunes (prune, coing). Plutôt fondu, l’ensemble révèle aussi un peu d’épices et de poivre, surtout sur la finale, marquée elle aussi par le caractère sec. Persistance bien longue, avec de l’astringence.

Laphroaig

Fougueux mais apaisé … 

Créée vers 1815 par la famille Johnston (dont l’un des membres a péri noyé… dans une cuve de fermentation), cette distillerie d’Islay est longtemps restée une propriété familiale, possédant  ses propres aires de maltage de l’orge (toujours utilisées) et ses tourbières. Sa puissance et ses arômes originaux ont donné à Laphroaig (qui se prononce “Lafrog”) un rôle de pionnier dans la découverte des malts d’Islay.

Jaune doré soutenu. Au nez, le tourbé phénolique se manifeste immédiatement, puissant mais sans agressivité. Plutôt moelleux à l’attaque, il développe vite une belle puissance dominée par la tourbe, à la fois fumée et végétale, avec un peu de pomme cuite et quelques épices. L’âge a un peu rasséréné sa fougue et apaisé son astringence, mais son caractère entier est toujours bien là, jusqu’à la finale et bien au-delà.

Teaninich

Harmonieusement vieilli …

Créée en 1817 par le seigneur local, Hugh Monro de Teaninich (qu’on prononce “Tiann-inich”), cette importante distillerie des Highlands septentrionales n’a pratiquement jamais cessé de fonctionner depuis, hormis pendant les guerres. Mais ses malts sont restés longtemps rarissimes avant que Diageo, son propriétaire, ne se décide à en commercialiser une petite partie. Après 2 ans de travaux, sa capacité vient de passer à près de 10 millions de litres.

Jaune pâle. Nez puissant, plutôt sur les céréales, avec un côté cireux et vieux cuir. Belle ampleur en bouche, alliant du moelleux à des notes plus vives, voire un peu acidulées. L’ensemble est sec, puissant, avec des arômes fondus où l’on distingue des fruits cuits et du caramel au beurre, mais aussi le foin séché, le bois de santal et la cire d’abeille. Une harmonie qui ne peut être atteinte qu’après un très long vieillissement.

Mortlach

Un Speyside ? C’est à ne pas croire !

Existant dès 1823, année de la légalisation du scotch whisky, cette distillerie de Dufftown, au coeur du Speyside, élabore surtout un malt très apprécié des blenders pour sa richesse et sa puissance… d’où la grande rareté des single malts. Une distillation en deux étapes et demi (mais
différente de celle pratiquée à Springbank) expliquerait son caractère original, ainsi que la grande diversité de formes de ses six alambics.

Jaune doré. Plutôt fermé, le nez finit par s’ouvrir les fruits jaunes (prune, pêche) et le sucre candi. Attaque sur les épices (ginseng, poivre noir), avec un certain moelleux. Le côté brûlant domine ensuite, mais on distingue tout de même les épices et le fruité, avec une pointe de miel de châtaignier. Longue finale sur le poivre noir, pour un malt puissant bien différent du style rond et charmeur du Speyside.

Glen Elgin

Moelleusement malté

La région d’Elgin au nord du Speyside, le long de la rivière Lossie, compte neuf distilleries en activité, mais celle qui porte son nom est l’une des moins connues. Fondée à la fin du 19e siècle, puis modernisée en 1964 puis en 1992, ses malts sont en effet essentiellement utilisés pour l’élaboration des blends, dont le White Horse. Leur finesse fruitée découle d’une longue fermentation et d’une lente distillation. Il n’existe qu’un seul malt officiel, en 12 ans d’âge.

Jaune d’or. Nez d’abord, puis rond sur le malté et la croûte de pain. Attaque moelleuse, puis la puissance de l’alcool se fait vite dominante (un peu d’eau est conseillé). Dominante des céréales, avec des notes miellées, mais relevées par le poivre noir et quelques notes de gingembre. Le fruité (poire très mûre) se fait également sentir. Finale longue et chaleureuse, avec de la persistance sur le moelleux malté.

Craigellachie

Moelleux et tannique

Fondée en 1891 par Peter Mackie, le créateur de White Horse, cette distillerie a servi principalement à l’assemblage de ce blend, même si son embouteillage en single a commencé très tôt, quoiqu’en quantités limitées. Située au coeur du Speyside, non loin de Macallan, elle a été modernisée et agrandie en 1965. Elle appartient depuis 1998 au groupe Martini-Bacardi.

Ambré foncé. Nez discret mais onctueux, sur le caramel et la pomme cuite. Attaque bien elevée,
avec des fruits noirs bien mûrs. La bouche est moelleuse sur le caramel au beurre, mais plutôt épicée (poivre noir), amenant vers une finale assez sèche et tannique, voire desséchante. Belle persistance sur le caramel et les fruits cuits.

Glenrothes 1999

Une chaleureuse puissance …

Après un démarrage en 1878, la faillite d’une banque a d’abord retardé son ouverture jusqu’ en 1887. Située à Rothes (qui en compte quatre autres), dans le Speyside, cette distillerie a été par la suite agrandie deux fois, et compte aujourd’hui dix alambics. Mais ses malts sont rares en embouteillage en single, car l’essentiel est utilisé par les blenders, notamment pour ’élaboration du Cutty Sark. Elle appartient depuis 1999 à Edrington Group, mais ses malts sont distribués par Berry Brothers.

Jaune clair. Nez plutôt fermé puis, à l’aération, se développe sur un caractère céréalier et miellé. Puissant à l’attaque et plutôt sec, il s’épanouit sur une tonalité de fruits secs (raisins de Corinthe, amande douce) adouci par un peu de miel. Bien chaleureux, car non réduit, voilà un malt bien réjouissant par son équilibre entre le sec et le fruité. Finale réconfortante sur les fruits secs.

Clynelish

Joli fruité qui n’aurait demandé qu’à vieillir un peu plus ….

Cette distillerie des Highlands du Nord ne date que de 1967 et ne doit pas être confondu avec Brora (fermée depuis 1983), beaucoup plus ancienne et située juste à côté, mais dont les malts ont par le passé également porté le nom de Clynelish. Bâtie sur le modèle de Caol Ila, la distillerie élabore des malts essentiellement destinés aux blends (Johnnie Walker surtout). D’importants travaux d’agrandissement ont été annoncés par Diageo, mais sont depuis suspendus, en raison du ralentissement de certains marchés.

Jaune doré. Nez sur la céréale bien mûre, avec du fruit jaune et une pointe d’épice. Le corps est à la fois sec mais avec de la rondeur, sur une base bien charpentée. Beaucoup de fruits jaunes (poire William, prune) bien relevé par le poivre noir. Malt bien agréable dans sa puissance, mais la finale est un peu courte, oubliant le fruité pour rester sur la note d’alcool et un peu d’astringence boisée. Un âge plus élevé lui aurait sans doute permis de développer un fondu plus harmonieux.

EXCEPTIONNEL – Octomore 7.3 – * COLLECTOR TRES LIMITE *

Un sommet de sophistication …

Portant le nom d’une des sources qui alimentent la distillerie de Bruichladdich, sur Islay, le single malt Octomore s’annonce comme le malt le plus tourbé jamais élaboré en Écosse, utilisant des orges écossais, voire d’Islay. Le premier, distillé en 2002, atteignait un taux de phénol de 110 ppm, alors que les plus tourbés de l’époque ne dépassait pas les 50 ppm. Depuis, des versions encore plus tourbées sont régulièrement proposées ! Du jamais bu jusqu’à présent dans le monde des whiskies tourbés…

Jaune doré. Nez élégant avec de la puissance, sur le beurre frais, le gâteau au citron et les céréales maltées. En bouche, la tourbe s’installe en force, après une attaque brûlante et un peu salée. Au-delà de l’alcool, le malt est surtout moelleux, digne d’un vieillissement deux à trois fois plus important. Tout aussi impressionnant que le 7.1, mais en plus sec et maritime, avec une finale davantage astringente. Quand la distillation atteint des sommets de sophistication…

Kilchoman

Immensément tourbé …

Ouverte en 2005 sur Islay, cette distillerie entend renouer avec l’esprit des anciennes distilleries agricoles. Elle a donc été créée dans une ferme et utilise en partie voire en totalité l’orge récoltée sur l’exploitation, qui est également maltée sur place. Malgré une production très réduite (une des plus petites de toute l’Écosse), la distillerie connaît une énorme réputation internationale, rendant ses malts peu disponibles.

Jaune d’or. Nez puissant, marqué par la tourbe. Bouche moelleuse, puis, avec la montée en puissance de l’alcool, la tourbe phénolique prend la première place, mais la base maltée, très céréalière, reste bien perceptible. Si le fort degré peut être un peu réduit, il reste très supportable en l’état, permettant de percevoir l’entièreté de cette superbe démonstration tourbée, une des plus nettes dégustées depuis longtemps.

Springbank

Très complet… et surtout délicieux !

La plus réputée des dernières distilleries de la région du Kyntire, qui en a compté plus d’une trentaine. Springbank, qui appartient à la famille Mitchell depuis sa création en 1828, maintient presque à elle seule l’originalité du style somptueux et complexe des malts de Campbeltown, dont l’aptitude au vieillissement est particulièrement remarquable. Tout est fait ici sur place, du maltage à l’embouteillage, avec une double distillation et demie.

Jaune doré. Nez mi-végétal mi-animal. Attaque onctueuse en bouche, malgré un caractère un peu brûlant. D’une grand puissance, il se développe surtout sur la tourbe végétale (bien plus que phé- nolique), mais s’accompagne de fruits jaunes (prune, poire) relevés par un peu de poivre noir. Harmonieux et très complet, as usual… et surtout délicieux, une fois de plus !

Cognac Charpentier

Une belle vitalité …
Fils d’un caviste parisien, Denis Charpentier est entré dans le monde du vin en 1985, et a créé son groupe de négoce en vins et spiritueux neuf ans plus tard. Tourné presque exclusivement vers l’exportation, et à 60 % en Asie, il propose notamment une gamme de cognacs, provenant notamment de Grande et Petite Champagne, qui ont été plusieurs fois primés dans les concours internationaux, ainsi que des whiskies blend à la marque Eternity.

Plutôt moelleux à l’attaque, il se révèle vite d’une belle puissance et d’une grande vitalité pour son âge vénérable. Souple malgré un boisé bien marqué, surtout sur la fin de bouche, il développe harmonieusement des notes de caramel au beurre, de fruits cuits avec une petite pointe épicée. Belle et chaleureuse finale, un peu astringente, et d’une grande persistance.

Laphroaig

Archétypal …
Créée vers 1815 par la famille Johnston (dont l’un des membres a péri noyé… dans une cuve de fermentation), cette distillerie d’Islay est longtemps restée une propriété familiale, possédant ses propres aires de maltage de l’orge (toujours utilisées) et ses tourbières. Sa puissance et ses arômes originaux ont donné à Laphroaig (qui se prononce “Lafrog”) un rôle de pionnier dans la découverte des malts d’Islay.

Jaune clair. D’emblée, la tourbe phénolique est bien là au nez. Elle se développe encore plus en bouche, avec une certaine onctuosité. Belle ampleur au palais, avec ce qu’il faut de notes épicées et fruitées pour satisfaire bien des goûts. Quasiment une version archétypale, mais aussi très savoureuse, du malt emblématique d’Islay.

Bunnahbhain

Une tourbe bien accompagnée …
Longtemps atypique par rapport aux autres distilleries d’Islay (car n’utilisant pas de malts tourbés), elle est située tout au nord de l’Île. Signifiant “Bouche de la crique”, elle se prononce Bouna’hav’n en gaélique. Fondée en 1881 par William Robertson et les frères Greenless, elle a connu plusieurs longues périodes d’arrêt, y compris après avoir été agrandie en 1963. Après quelques années d’incertitude, elle a été rachetée en 2003 par Burn Stewart qui a relancé la commercialisation et développé de nouvelles expressions, notamment tourbées.

Jaune d’or. Au nez, émane lentement mais avec puissance une dominante tourbée surtout végétale, associée à des notes miellées. En bouche, l’attaque est franche, moelleuse puis devient plus sèche. La tourbe domine sans écraser le palais, accompagnée de fruits jaunes et de fruits secs, bien soutenus par des notes épicées. Finale longue et chaleureuse, aussi épicée que tourbée.

Caol Ila

La tourbe, passionnément  …
Avec un nom qui signifie en gaélique “le détroit d’Islay”, un emplacement en face de l’île de Jura,
et une eau bien tourbée, la distillerie a toujours eu de quoi intéresser les amateurs de malts puissants. Bien que fondée en 1846, Caol Ila a été complètement remaniée vers 1972 par United Distillers (Diageo aujourd’hui). Compte tenu de la demande, elle a été à nouveau agrandie en 2011, ce qui porte sa capacité à 6,5 millions de litres par an. Elégants et bien tourbés, ses malts sont aujourd’hui disponibles en de multiples versions.

Jaune clair. De façon inhabituelle pour cette distillerie, le nez est fermé, et le caractère malté, à peine tourbé, met du temps à se révéler. En bouche, c’est le caractère sec qui domine d’entrée, la tourbe ne se dévoilant que très progressivement. Mais elle devient alors passionnante, avec cette finesse caractéristique, ici accompagnée par quelques fruits jaunes. Finale sèche mais sans astringence, qui ne pourra que séduire tous les fans de tourbe.

Octomore 7.1

Pour la puissance aromatique avant tout ….
Portant le nom d’une des sources qui alimentent la distillerie de Bruichladdich, sur Islay, le single malt Octomore s’annonce comme le malt le plus tourbé jamais élaboré en Écosse, utilisant des orges écossais, voire d’Islay. Le premier, distillé en 2002, atteignait un taux de phénol de 110 ppm, alors que les plus tourbés de l’époque ne dépassaient pas les 50 ppm. Depuis, des versions encore plus tourbées sont régulièrement proposées ! Du jamais bu jusqu’à présent dans le monde des whiskies tourbés…

Jaune doré. Nez puissant, voire lourd, sur le caramel, le tabac blond et des zestes d’orange. En bouche, la tourbe s’installe progressivement sans agressivité, accompagnée par la vanille, le caramel au beurre et quelques fruits secs (raisins de Corinthe, amande). Brûlant, certes, mais supportable grâce à une belle rondeur où se fondent tous les arômes. Plus que la seule tourbe, c’est cette puissance aromatique inédite qui impressionne le plus, et le niveau atteint en ppm devient presque accessoire.

Clynelish

Un apéritif revigorant …
Cette distillerie des Highlands du Nord ne date que de 1967 et ne doit pas être confondue avec Brora (fermée depuis 1983), beaucoup plus ancienne et située juste à côté, mais dont les malts ont par le passé également porté le nom de Clynelish. Bâtie sur le modèle de Caol Ila, la distillerie élabore des malts essentiellement destinés aux blends (Johnnie Walker surtout). D’importants travaux d’agrandissement ont été annoncés par Diageo, mais sont depuis suspendus.
Jaune doré. De la puissance maltée au nez, avec des notes épicées. La bouche se développe dans le même registre, sur les fruits jaunes (poire Williams, pomme jaune), un peu de miel doré et du poivre gris. Bien sec dans l’ensemble, il constitue surtout un apéritif revigorant, mais avec une belle longueur apportée par sa robuste constitution.

Glen Elgin

Puissamment savoureux …
La région d’Elgin au nord du Speyside, le long de la rivière Lossie, compte neuf distilleries en activité, mais celle qui porte son nom est l’une des moins connues. Fondée à la fin du 19e siècle, puis modernisée en 1964, ses malts sont en effet essentiellement utilisés pour l’élaboration des blends, dont le White Horse. Leur finesse fruitée découle d’une longue fermentation et d’une lente distillation. Il n’existe qu’un seul malt officiel, en 12 ans d’âge.

Ambré. Nez un peu discret, avant que ne se développent le biscuit malté, le caramel au beurre et un peu de cire d’abeille. Moelleux voire onctueux au premier abord, il devient ensuite un peu brûlant (degré oblige) sans perdre de son côté fruité (pomme cuite, poire jaune). Le corps est puissamment savoureux, mais bien équilibré, avec une belle finale poivrée et une remarquable persistance. Un Speyside qui reste à découvrir.

Linkwood

Chaleureux et puissant …
Fondée en 1821, cette distillerie d’Elgin, dans la partie nord du Speyside, a connu de nombreux remaniements depuis. Toutefois, l’un de ses dirigeants, entre les deux guerres, était renommé pour ne remplacer qu’à l’identique les alambics trop âgés, en y martelant les mêmes bosses. Les deux importants alambics d’origine (maintenant non utilisés) ont été remplacés par quatre autres lors d’un agrandissement en 1973, puis par une nouvelle paire en 2013. Il n’existe qu’un malt officiel, le 12 ans, les autres viennent des embouteilleurs indépendants.

Plutôt fermé au départ, le nez se révèle lentement sur un malté chaleureux. Ce qui se confirme en bouche, avec de la puissance et une netteté bien franche. Bien fondus, les arômes de fruits secs (raisins de Corinthe, bananes caramélisées) s’accompagnent de pomme cuite et d’une petite pointe épicée (poivre noir). Bien rond, mais sec, jusqu’à la finale, d’une remarquable persistance.

Bruichladdich Islay Barley 2009

Le Bruichladdich Islay Barley 2009 a été distillé à partir d’orge récoltée en 2007 par GilbieMcCormick de la ferme de Claggan, Hunter Jackson de la ferme de Cruach, Ian Mckerrell d’Island et Alastair Torrance de Mulindry. Ces quatre fermes sont toutes situées dans le centre d’Islay, un terroir différent de la ferme Rockside Farm en bord de mer d’où provenait l’orge du Islay Barley 2007.

Le nez, estival, s’ouvre sur des arômes de fruits exotiques et évolue vers la vanille du fût de bourbon relevée par une pointe épicée. Résolument malté, le palais est tapissé de notes de miel, de céréales, avec une pointe de citron typique de Bruichladdich. Très gourmand sur les notes d’amande et de pommes caramélisées, de gingembre et  de biscuit.

Tamdhu

Apéritif, mais aussi digestif …
Fondée en 1896, cette distillerie du Speyside (non loin de Cardhu) est devenue très vite la propriété des Highland Distillers, avant d’appartenir à Edrington Group. Rénovée et agrandie dans les années 70, elle élabore des malts très appréciés des blenders. Elle a eu pour particularité de procéder sur place au maltage de son orge, en utilisant le système Saladin. Toutefois, la distillerie a été mise en sommeil en 2009. En 2011, Ian Macleod l’a rachetée, la production a repris un an après (mais le maltage a été arrêté) avec l’ambition de faire de
Tamdhu un malt plus présent sur le marché.

Jaune doré, limite ambré. Nez d’abord discret, puis puissant à l’aération, sur les céréales maltées et le pain toasté. Bien corpulent en bouche, sur une dominante caramel, avec de la pomme cuite et du boisé. Mais il reste sec sur la finale, avec une petite pointe astringente. Ce qui le positionne aussi bien à l’apéritif qu’en digestif très réconfortant.

Benriach

Bien épicé pour l’apéritif …
Voisine de Longmorn, et construite un an après, en 1898, cette distillerie du Speyside n’a fonctionné que quatre ans… avant d’être fermée pendant 65 ans ! Mais sa malterie a longtemps été en service. Rachetée par Seagram en 1978, elle a été ensuite agrandie en 1985… puis mise en sommeil en 1999. Devenue propriété de Pernod-Ricard en 2001, elle a été revendue en 2004 à un groupe sudafricain. Depuis, ses malts, longtemps réservés aux blends, ont été renouvelés avec des créations très intéressantes. Et les aires de maltage doivent être remises en service !

Jaune pâle. Nez plutôt discret, à dominante végétale, tourbe (?) et foin. Attaque sur le fruité (pomme jaune, coing) avec quelques notes épicées. Le corps est moelleux, avec de l’ampleur, mais reste sec, ce qui le rend bien apéritif. Les épices (poivre noir surtout) se font davantage sentir sur la finale, et persistent assez longtemps en bouche, accompagnées par les notes fruitées.

Glen Moray

Située non loin de Glenmorrangie, ce fut à l’origine une brasserie. La distillation débute en 1897, elle est une des premières distilleries à innover des affinages en fût de vin blanc, Chardonnay et Chenin blanc en particulier, ce qui en faisait l’originalité, malgré tout ses whiskies furent longtemps assez confidentiels.

Fût N°3878, mise en fût le 25 juin 2002. Un single cask puissant et gourmand grâce à son vieillissement intégral en fût de xérès pour une complexité fabuleuse. Très velouté en bouche, avec des notes de cacao et des fruits secs, et une finale très longue toute en douceur de chêne.

Glendullan

Onctueux et poivré …

Deux périodes marquent l’histoire de cette distillerie créée à la fin du 19ème siècle. Au cours de la première, elle produisait un malt très apprécié du roi Edouard VII, qui avait droit à des versions spéciales. Rachetée par la DCL, la distillerie va être progressivement fermée dans les années 70, tandis qu’une unité de production (brassage et distillation) est construite à proximité, donnant des malts plus légers et plus aromatiques que ceux de l’ancienne installation. Glendullan est l’un des trois Singleton commercialisés aujourd ‘hui par Diageo.

Jaune très pâle. Le nez est onctueux, voire gras, avec du caramel au beurre et une petite pointe florale. Epicé voire brûlant dès l’attaque, il se développe sur le moe lleux, sans perdre un caractère assez sec. Les fruits jaunes dominent (poire, coing, prune) accompagné par le poivre noir et un peu de gingembre qui le rend astringent. Finale chaleureuse, mais toujours bien épicée.

Glenallachie

Sec avant tout …

Installée au coeur du Speyside, cette distillerie moderne (fondée en 1967) à proximité d’Edradour est utilisée essentiellement par les blenders, Mackinlay-Mc Pherson d’abord, puis Campbell (Pernod-Ricard) depuis 1989, après une période de sommeil, suivi d’une augmentation des capacités de production. Il n’existe qu’un seul malt officiel, les autres venant des embouteilleurs indépendants.

Jaune très pâle. Nez peu expressif, puis puissant voire lourd à l’aération, sur une dominante végétale. Attaque sèche et un peu brûlante, puis il se développe sur la prune jaune et la poire, très relevée par le poivre noir et les épices. Bien sec sur la finale avec des notes de cire d’abeille.

Miltonduff

Un solide compagnon

Etablie sur les terres d’un prieuré bénédictin, où aurait existé une brasserie, cette distillerie du
Speyside, au sud d’Elgin, remonte au moins à 1824, mais a été modernisée à plusieurs reprises
depuis, notamment dans les années 1970. Ses malts sont principalement destinés aux blends,
surtout Ballantine’s, et de ce fait peu disponibles en embouteillage en single malt.

Ambré clair. Nez un peu fermé, sur la pomme cuite, le caramel et les fruits secs. Forte attaque,
à la limite du brûlant, suivi par une belle ampleur où dominent les fruits secs (raisins de corinthe), le caramel bien cuit et la poire rôtie. Très sec de tonalité, il est relevé voire bien épicé, avec une petite pointe d’âcreté. D’une longue persistance, c’est un solide compagnon pour affronter les embruns ou en fin de repas.

As we get it Islay

Tourbé, certes, mais sur le versant végétal

Sous cette dénomination originale («Comme nous l’avons trouvé»), Ian Mac Leod propose
régulièrement l’embouteillage d’un fût unique (single cask) soutiré sans la moindre manipulation : pas de réduction, pas de filtrage à froid, pas de colorant. Pur et naturel, peut-on dire. Tout repose bien évidemment sur le talent et le savoir-faire du maître de chais pour sélectionner un fût intéressant. Cette fois, son choix s’est porté sur un fût en provenance d’une distillerie d’Islay.

Jaune doré. Nez végétal, voire tourbé, aux herbes médicinales et notes de beurre. Très brûlant à l’attaque (un peu d’eau est recommandé), il se développe sur la tourbe grasse, très végétale.
Ample à onctueux, il garde tout de même un profil sec, surtout sur la finale. Belles notes fruitées (poire cuite) en accompagnement d’une très longue persistance.

Mortlach

Du malt et du fruit …

Existant dès 1823, année de la légalisation du scotch whisky, cette distillerie de Dufftown, au coeur du Speyside, élabore surtout un malt très apprécié des blenders pour sa richesse et sa puissance… d’où la grande rareté des single malts. Une distillation en deux étapes et demi (mais différente de celle pratiquée à Springbank) expliquerait son caractère original, ainsi que la grande diversité de formes de ses alambics. D’importants travaux commencés en 2013 devraient à terme doubler sa capacité.

Jaune clair. Nez d’abord discret, sur le malté, avec un peu de fruité à l’aération (confiture de prune jaune). Attaque forte, voire brûlante. Rond mais très épicé en bouche, les fruits jaunes (coing, prune) dominent aux côtés du malt. Un Speyside certes, mais un peu austère
et astringent tout de même. Finale moyenne sur le malté et le fruité.

Bowmore

Sec comme un coup de trique ….

Distillerie vedette de l’île d’Islay, elle se prévaut notamment de son ancienneté, avec une fondation en 1779 qui en fait une des plus vieilles d’Ecosse. Pratiquant le maltage d’une petite partie de ses orges, elle a longtemps commercialisé une des plus vastes gammes de single malts d’Islay émanant d’une seule distillerie, depuis le Legend (8 ans) jusqu’au mythique Black Bowmore (1964, 50 °) réservé à une élite… fortunée.

Jaune clair. Nez céréalier surtout, avec un peu de tourbe. Sec et assez brûlant, il supporte un peu d’eau qui révèle davantage sa dominante tourbée, plus sur le végétal que sur le phénolique. Corps ample et généreux, sur l’amande et les fruits secs, avec de la paille sèche. Assez austère jusqu’à la finale, de longue persistance.

Auchentoshan

Puissance apéritive …

 Devenue officielle en 1823, la distillerie est certainement plus ancienne, située à un endroit appelé “le coin du champ” (Auchentoshan en gaélique). Elle a connu de nombreux propriétaires avant d’être acheté par Morrison Bowmore (Suntory) en 1984. C’est la dernière distillerie des Lowlands à pratiquer la triple distillation intégrale, utilisant trois alambics de taille différente. Du dernier, l’eau-de-vie sort à 80°, avec un profil aromatique
léger et d’une grande fraîcheur.

Jaune très pâle. Nez chaleureux, sur le miel et le caramel au beurre, un peu résineux. Attaque puissante, presque brûlante. D’abord moelleux, le corps devient plus sec, bien épicé (poivre noir). La prune jaune et la poire Williams sont bien fondues avec du bourgeon de sapin. Longue
finale chaleureuse marquée par l’astringence. Plutôt apéritif, malgré sa grande puissance.

Springbank

Ample et persistant … 

La plus réputée des dernières distilleries de la région du Kyntire, qui en a compté plus d’une trentaine. Springbank appartient à la famille Mitchell depuis sa création en 1828 et maintient presque à elle seule l’originalité du style somptueux et complexe des malts de Campbeltown, dont l’aptitude au vieillissement est particulièrement remarquable.
Tout est fait sur place, du maltage à l’embouteillage, avec une double distillation et demie.

Doré tirant sur l’ambré. Nez un peu fermé, plutôt opulent sur la tourbe, la pomme cuite et le caramel au beurre, avec du bois de santal. Attaque chaleureuse mais plutôt sèche. Beaucoup d’ampleur et de puissance en bouche, avec des arômes très fondus de noix, de fruits secs, alors que la tourbe végétale fait entendre sa petite musique en arrière-plan. Un peu moins complexe que les versions classiques, il se distingue par sa remarquable longueur et sa belle persistance.

Glengoyne

Voluptueusement puissant …
Cette distillerie fondée en 1833 présente la particularité d’être géographiquement dans les Lowlands, mais d’avoir été rattachée aux Highlands depuis une trentaine d’années, car l’eau qu’elle utilise en provient directement. En outre, sa typicité n’a rien à voir avec les malts
herbacés et floraux des Lowlands. Une des spécificités de la distillerie est d’utiliser différents xérès pour le vieillissement de ses malts. Par ailleurs, une distillation particulièrement lente
(3 litres à la minute) donne un style spécial au malt.

Ambré. Nez d’abord fermé, puis devient puissant à l’aération, sur le boisé et le caramel cuit. Attaque brûlante (un peu d’eau est à recommander aux palais sensibles), puis il se révèle bien moelleux, avec des arômes fondus où on retrouve le caramel, mais aussi la vanille du boisé, de la compote de pomme, de la figue et une pointe de réglisse. Longue finale assez voluptueuse, qui persiste durablement.

Clynelish

Rond mais épicé …
Cette distillerie des Highlands du Nord ne date que de 1967 et ne doit pas être confondu avec
Brora (fermée depuis 1983), beaucoup plus ancienne et située juste à côté, mais dont les malts
ont par le passé également porté le nom de Clynelish. Bâtie sur le modèle de Caol Ila, la distillerie élabore des malts essentiellement destinés aux blends (Johnnie Walker surtout).
D’ importants travaux doivent doubler la capacité d’ici un an.

Jaune clair. Nez malté sur le grain moissonné, assez moelleux. Attaque élégante par la puissance en alcool. Beaucoup de rondeur au palais, sur les fruits jaunes (prune surtout), mais un peu de poivre noir relève le tout. Très long et bien persistant pour ce classique qu’on pourrait prendre pour un Speyside…

Linkwood

Chaleureux et revigorant …
Fondée en 1821, cette distillerie d’Elgin, dans la partie nord du Speyside, a connu de nombreux
remaniements depuis. Toutefois, l’un de ses dirigeants, entre les deux guerres, était renommé
pour ne remplacer qu’à l’identique les alambics trop âgés, en y martelant les mêmes bosses. Les deux importants alambics d’origine (maintenant non utilisés) ont été remplacés par quatre autres lors d’un agrandissement en 1973, puis par une nouvelle paire en 2013. Les malts ne sont guère embouteillés, sauf par les indépendants.

Ambré soutenu. Nez animal, un peu lourd, puis se développant sur le santal et la pomme cuite. Très chaleureux en bouche, sans être franchement brûlant, il présente un corps moelleux et rond, sur les fruits cuits, que les épices (poivre noir, gingembre) relèvent ensuite. Le puissant boisé apporte des notes vanillées, mais aussi une petite astringence sur la finale. Un digestif puissant pour les hivers froids et humides.

Bladnoch

Un Lowlands bien puissant …
Fondée en 1814 tout au sud de l’Écosse, dans les Lowlands, cette ferme-distillerie a été de nombreuses fois fermée puis réouverte au long de son histoire. La dernière fermeture, en 1993, a failli lui être fatale, même si elle avait été aménagée en centre de visite, mais un Irlandais à la recherche d’une maison de campagne en est tombé amoureux et a décidé de relancer la production depuis 1999. Mais, en raison de difficultés financières, la production est arrêtée depuis le début de 2014, en attente d’un repreneur.
Jaune doré. N ez chaleureux, à dominante céréalière, pain au levain et brioche beurrée, avec un soupçon de poivre noir. Puissant en bouche, l’alcool se faisant nettement sentir. Le caractère très sec, voire âpre, s’accompagne de quelques notes fruitées (pomme mûre) et aussi de mie de pain de campagne, de biscuit au beurre, avec une belle  concentration. Finale surtout sur le poivré, réchauffante et d’une belle longueur.

Octomore 6.3

Encore plus fort …
Portant le nom d’une des sources qui alimentent  Bruichladdich, Octomore a été conçu par Jim McEwan pour être le single malt le plus tourbé qui soit. Le premier est apparu en 2002 avec un taux de phénol de 110 ppm, soit le double des malts les plus tourbés de l’époque. Ce 6.3 atteint lui 258 ppm. Son autre caractéristique est d’être élaboré uniquement avec de l’orge d’Islay, récolté dans le champ de Lorgba situé à un mile de la distillerie. Et son prix – pour un jeune malt – atteint lui aussi des sommets !
Jaune doré. Le nez s’ouvre sur des notes maritimes, rappelant le secteur marin où a poussé l’orge. Puis se développent le myrte, la menthe et la fleur de bruyère, accompagnés par le thym sauvage et le trèfle rouge ; le tout en harmonie parfaite avec un tourbé monumental. En bouche, une fois dépassé le feu de la tourbe, éclatent les fruits rouges, le caramel, le cacao amer, le sirop d’érable : un goût qui ne ressemble à rien d’autre. Au final, une parfaite harmonie hypnotisante sur le miel chaud, d’une grande richesse aromatique et au caractère puissant, comme si le voyageur avait réussi à atteindre la base de l’arc-en-ciel. (Traduit d’après les commentaires de dégustation de Jim McEwan).

Bunnahabhain

Rudement viril …
Longtemps atypique par rapport aux autres distilleries d’Islay (car n’utilisant pas de malts tourbés), elle est située tout au nord de l’Île. Signifiant « Bouche de la crique », elle se prononce Bouna’hav’n en gaélique. Fondée en 1881, elle a connu plusieurs longues périodes d’arrêt, y compris après avoir été agrandie en 1963. Après quelques années d’incertitude, elle a été rachetée en 2003 par Burn Stewart qui a relancé la commercialisation et développé de nouvelles expressions, notamment tourbées.
Jaune pâle. Nez bien marqué par la tourbe avant tout végétale. L’attaque se révèle assez brûlante, mais tout de même supportable. Très sec au départ, voire astringent, sa rudesse virile est à peine complétée par quelques notes de fruits jaunes (prune, poire), mais elle s’accompagne également de poivre noir. Finale longue, un peu austère et minérale, un malt qui rappelle le gros temps d’hiver.

Glen Moray

Un malt très pâtissier …
Cette ancienne brasserie du Speyside a été transformée en distillerie en 1897, avec l’autorisation d’accompagner son nom de la mention Glenlivet. Elle est située près d’Elgin, disposant de grandes quantités d’eau et d’orges réputées. Depuis son rachat par La Martiniquaise, en 2008, sa production a été fortement accrue pour alimenter les blends Label 5 et Glen Turner, leaders sur le marché français.
Au nez, jus de pomme, aiguilles de pin et un peu de noisette. Puis, pudding de pain et de beurre, avec une riche crème à la vanille. En bouche, un peu de fumé à l’attaque, puis du gâteau citronné avec un peu de réglisse. Sur la finale, tarte à la crème fouettée, aux arômes de vanille et de gingembre (Traduction).

Glenlivet

Harmonieusement vôtre

Longtemps distillateur clandestin comme son père et son grand-père, George Smith fut l’un des premiers Highlanders à obtenir une licence de distillation en 1824. Installée au bord de la rivière Livet, sa distillerie a joui rapidement d’une grande réputation pour l’élégance de ses malts, au point que près d’une vingtaine d’autres ont accolé, sur une période, la mention Glenlivet à leur propre nom. Très apprécié par le marché américain, The Glenlivet est entré dans le groupe canadien Seagram en 1978, puis a été repris par Pernod-Ricard.

Jaune d’or. Sec et épicé au nez, avec des notes de fruits secs. Attaque onctueuse malgré la puissance de l’alcool. Avec un peu d’eau, il offre une belle harmonie sur les céréales maltées, la pomme cuite, un peu de vanille et une pointe de caramel au beurre. Un peu de poivre relève le tout, jusqu’à une belle finale à savourer longuement. Toujours une référence pour la richesse des malts du Speyside.

As We Get It

Rhum-raisin ?

Sous cette dénomination originale (« Comme nous l’avons trouvé »), Ian Mac Leod propose régulièrement l’embouteillage d’un fût unique (single cask) soutiré sans la moindre manipulation : pas de réduction, pas de filtrage à froid, pas de colorant. Pur et naturel, peut-on dire. Tout repose bien évidemment sur le talent et le savoir-faire du maître de chais pour sélectionner un fût intéressant, sans défaut et d’une réelle qualité. Cette fois, son choix s’est porté sur un fût en provenance d’une distillerie des Highlands.
Ambré à reflets orangés. Nez puissant, fruits rouges (raisin ?) et un peu crémeux. Malgré le degré, l’attaque reste supportable, mais un peu d’eau développera davantage les arômes. Sur un corps puissant, se révèle un caractère surtout épicé, mais aussi tannique, presque résineux.
On retrouve le caractère crémeux et moelleux du nez, avec une forte concentration sur le fruité : prune rouge, raisin, rhubarbe, banane flambée. Longue finale marquée par l’astringence et les épices.

Glenglassaugh Torfa

Épicé et tourbé

Fondée en 1875, cette distillerie est située en bord de mer, sur le Moray Firth. Une localisation qui la voit parfois classée dans le Speyside (très voisin), mais aussi dans les Highlands du Nord. Assez vite propriété des Highland Distillers, elle a été complètement rénovée à la fin des années  50, avec notamment le changement des alambics.
Ses malts ont surtout été utilisés par les blenders. Mise en sommeil en 1986, elle a été rachetée par des investisseurs privés en 2008, qui ont relancé la production, puis reprise par le groupe BenRiach en 2013.
Jaune pâle. Nez un peu discret, surtout végétal, puis plus puissant à l’aération, affirmant un caractère tourbé. L’attaque est chaleureuse, presque brûlante. La bouche conjugue la tourbe (20 ppm) surtout végétale mais pas du tout phénolique, avec une puissance épicée (poivre gris, gingembre) qui lui donne beaucoup de corps. Mais il présente également une belle rondeur crémeuse jusqu’à la finale, bien épicée à nouveau.

Caperdonich

Pour les collectionneurs

Cette distillerie du Speyside, fondée par Glen Grant en 1897, s’est révélée produire un malt très différent de sa proche voisine, malgré une eau identique, des matières premières et des méthodes de production similaires. Elle n’a guère fonctionné : fermée trois ans après sa création, elle n’a rouvert que 65 ans après, une fois rachetée par Glenlivet. Pernod-Ricard l’a fermée en 2002, et les bâtiments ont été détruits depuis.
Jaune doré. Nez discret, évoluant entre malté et fruité (fruits jaunes). Attaque ronde et onctueuse, puis il se développe avec puissance sur la poire bien mûre et la prune jaune. Poivre noir et gingembre viennent relever le tout. Du classique, certes, mais qui deviendra de plus en plus rare : les collectionneurs devraient en profiter.

Clynelish

Du brutal

Cette distillerie des Highlands du Nord ne date que de 1967 et ne doit pas être confondue avec Brora, beaucoup plus ancienne et située juste à côté, mais dont les malts ont par le passé également porté le nom de Clynelish. Brora est fermée depuis 1983, alors que les six alambics de Clynelish sont en pleine activité. Bâtie sur le modèle de Caol Ila, la distillerie élabore des malts essentiellement destinés aux blends (Johnnie Walker surtout), le single malt n’étant vendu qu’à hauteur de cent mille bouteilles/an.

Jaune doré. Nez épicé, sur la prune jaune et la céréale bien mûre. Beaucoup de rondeur au palais, avec un corps charpenté. Puis le poivre noir et le boisé un peu astringent prennent toute la place, ne laissant plus guère s’exprimer le fruité, qu’on retrouve à peine sur la finale. Plutôt brutal dans l’ensemble, sans guère de persistance.

Ardmore

Harmonieux et subtil

Située dans une vallée reculée à la limite du Speyside, cette distillerie centenaire (fondée en 1898) sert depuis toujours à l’élaboration du blend Teacher’s. Malgré son importance – huit grands alambics – elle est encore méconnue, mais sa notoriété augmente depuis son acquisition par Jim Beam en 2005 (cf. la fiche de présentation dans ce même numéro).
Jaune clair. Nez grassouillet, devenant plus poivré à l’aération. Attaque puissamment épicée, sur une base moelleuse où l’on devine la tourbe. Le corps est ample, puissant, tapissant le palais, où se révèlent des arômes bien fondus de noisette, d’amande douce et de fruits exotiques, avec des pointes de saumon fumé et de réglisse. Très harmonieux et subtil, il se termine sur une tonalité plus astringente qui se conjugue avec le moelleux général.

Auchroisk

Bien relevé avant tout

Ouverte en 1974, cette distillerie moderne du Speyside a remporté plusieurs prix d’architecture. Se prononçant “Authrusk”, ce qui signifie “gué de la rivière rouge”, elle commercialise aussi ses malts sous l’appellation “The Singleton”. Possédant huit alambics, elle utilise une eau particulièrement douce, et une partie du vieillissement est réalisée en fûts de xérès. Le nom Auchroisk est par contre plutôt utilisé pour des vieillissements en fûts de bourbon.

Jaune doré. Nez fruité (poire mûre), un peu alcooleux avec du boisé. Assez brûlant à l’attaque, il développe malgré tout un caractère moelleux, biscuit au beurre, avec du fruité : datte, figue bien mûre, pomme cuite. Poivre noir et girofle relèvent le tout, lui apportant une belle richesse aromatique. Finale évoluant sur un caractère plus sec, un peu astringent. Le temps lui a donné une intéressante personnalité…

Linkwood

Fondée en 1821, cette distillerie d’Elgin, dans la partie nord du Speyside, a connu de nombreux remaniements depuis. Toutefois, l’un de ses dirigeants, entre les deux guerres, était renommé pour ne remplacer qu’à l’identique les alambics trop âgés, en y martelant les mêmes bosses. Les deux importants alambics d’origine (maintenant non utilisés) ont été remplacés par quatre autres lors d’un agrandissement en 1973, puis par une nouvelle paire en 2013.

Jaune pâle. D’ abord fermé, le nez assez sec se développe sur des notes de céréales et d’épices. Assez brûlant à l’attaque (un peu d’eau est conseillé), il est avant tout sec, marqué par le poivre noir et le gingembre, comme si son âge pourtant avancé ne l’avait pas marqué. Bien persistant sur sa dominante céréales, avec une finale devenant plus arrondie.

Laphroaig

Fin et élégant ? Et oui…

Créée vers 1815 par la famille Johnston (dont l’un des membres a péri noyé… dans une cuve de fermentation), cette distillerie d’Islay est longtemps restée une propriété familiale, possédant ses propres aires de maltage de l’orge (toujours utilisées) et ses tourbières. Sa puissance et ses arômes originaux ont donné à Laphroaig (qui se prononce “Lafrog”) un rôle de pionnier dans la découverte des malts d’Islay.

Nous n’avons pas pu tester cette version avant la parution de la lettre. Mais nous y retrouverons sans aucun doute certaines caractéristiques de la distillerie, des arômes puissants, la tourbe phénolique omniprésente, goudronnée, sans compromis, mais aussi du moelleux, de l’élégance, des finales chaleureuses et complexes.

Springbank

Une fougue pleine de richesses …

La plus réputée des dernières distilleries de la région du Kyntire, qui en a compté plus d’une trentaine. Springbank, qui appartient à la famille Mitchell depuis sa création en 1828, maintient presque à elle seule l’originalité du style somptueux et complexe des malts de Campbeltown, dont l’aptitude au vieillissement est particulièrement remarquable. Tout est fait ici sur place, du maltage à l’embouteillage, avec une double distillation et demie.

Jaune doré. Belle douceur au nez, entre tourbe végétale et quatre-quarts, puis bien épicé au second nez. Puissant dès l’attaque, il marie avec fougue la pomme cuite, les épices (poivre noir, clou de girofle) et un peu de tourbe surtout végétale. Riche et harmonieux, on aura peine à le croire aussi jeune, si ce n’était l’astringence qui se développe sur la finale, de longue persistance.

Glenrothes

“Epicé mais fruité“

Après un démarrage en 1878, la faillite d’une banque a d’abord retardé son ouverture jusqu’en1887. Située à Rothes (qui compte quatre autres distilleries), dans le Speyside, celle-ci fut  par la suite agrandie deux fois, et compte aujourd’hui dix alambics. Mais ses malts sont rares en embouteillage en single, car l’essentiel est utilisé par les blenders, notamment pour l’élaboration du Cutty Sark.

Jaune clair et brillant. Nez d’abord fermé, puis un peu de miel et de cire d’abeille. Attaque puissante mais supportable malgré le degré, car il est plutôt onctueux au palais. Les fruits jaunes (poire, prune) dominent, bien relevés par le poivre noir qui se développe jusqu’à la finale. Belle persistance sur le fruité.

Allt-a-bhainne

Doux et fruité

Créée en 1975 par le groupe Seagram essentiellement pour ses besoins en blends (notamment Chivas), cette distillerie moderne est entièrement automatisée et emploie moins de dix personnes pour une production d’environ 5 millions de litres par an. Se prononçant « Alt-Abanya » et signifiant en gaëlique « ruisseau de lait » (ou d’eau blanche), ce malt n’est que rarement commercialisé, d’autant que la distillerie a été mise en sommeil par son nouveau propriétaire, Pernod-Ricard, de 2002 à 2005.

Au nez, pommes juteuses, toasts beurrés, foin séché et menthe poivré. La bouche est surtout fruitée (ananas, jus de pomme, groseille et sucre glace). Il devient de plus en plus crémeux ensuite, jusqu’à la finale, bien fruitée et douce.

Jura

Moelleux et épicé

En face d’Islay, et peuplée de cerfs (qui lui ont donné son nom en ancien norvégien), l’île de Jura, montagneuse et peu habitée, doit une partie de sa célébrité à George Orwell, qui, dans ce cadre tourmenté, y a écrit son roman 1984. La distillerie remonte au moins au début du 19ème siècle, mais a été remaniée et modernisée à plusieurs reprises depuis. Elle se caractérise par des alambics aux cols très longs. Depuis quelques années, sont aussi élaborés des malts tourbés, ce qui n’était pas le cas auparavant.

Jaune d’or. Nez de céréales et de paille séchée, avec quelques notes musquées après aération. Puissant mais supportable à l’attaque, il se développe avec moelleux et rondeur sur un caractère plus fruité : prune rouge, pomme cuite, avec des notes épicées : cardamone, poivre gris. Finale sèche et astringente, assez apéritive mais pouvant bien s’apprécier en fin de repas.

Ardmore

Du fumé au huileux

Située dans une vallée reculée à la limite du Speyside, cette distillerie centenaire (fondée en 1898) a longtemps servi à l’élaboration du blend Teacher’s. Malgré son importance – huit grands alambics – elle est encore méconnue, mais sa notoriété augmente depuis son acquisition par Jim Beam en 2005.

Au nez, huile d’olive et vanille douce, avec des notes de fumé et de crème fraîche. La bouche commence sur le fumé, plutôt sec, avec de la noix, puis le malt devient plus huileux. Des notes plus fumées apparaissent sur la finale, accompagnées d’olive et d’orange amère.

Glenglassaugh – Evolution

Un junior richement prometteur

Fondée en 1875, cette distillerie est située en bord de mer, sur le Moray Firth. Une localisation qui la voit parfois classée dans le Speyside (très voisin), mais aussi dans les Highlands du Nord. Assez vite propriété des Highland Distillers, elle a été complètement rénovée à la fin des années 50, avec notamment le changement des alambics. Ses malts ont surtout été utilisés par les blenders. Mise en sommeil en 1986, elle a été rachetée par des investisseurs privés en 2008, qui ont relancé la production, puis reprise par le groupe BenRiach en 2013.

Jaune très pâle. Nez fruité (pêche) avec un peu de caramel au beurre
et une pointe de vanille. Bouche moelleuse et fruitée (malgré la puissance en alcool), presque doucereuse, mais finalement relevée par des épices (gingembre et poivre noir) et un peu de fruits exotiques. Déjà riche en arômes pour son jeune âge.

Octomore 6.1

Charnellement tourbé

Portant le nom d’une des sources qui alimentent la distillerie de Bruichladdich, sur Islay, le single malt Octomore s’annonce comme le malt le plus tourbé jamais élaboré en Ecosse. La première version est apparue en 2008, et depuis, chaque année, est commercialisée une nouvelle qui, chaque fois, repousse les limites du taux de tourbe. Toutefois, ce numéro 6.1 est à 167 PPM, comme les précédents.

Jaune pâle. Nez fumé, goudron, soute de vieux bateau. Attaque épicée et forte. La dominante tourbée et fumée devient ici moelleuse, voire voluptueuse, mais restant assez sèche sur la finale. Du fruité (fruits jaunes, pomme cuite) aussi, mais moins que dans les versions précédentes. Très charnel, un malt qui ne peut laisser indifférent : on adore ou on déteste (et il y en a !!!). Et l’intensité de sa persistance ne le laisse pas oublier avant longtemps.

Longrow red

Atypique mais charmeur

Ambré léger tirant sur le rosé. Nez fruité (fruits rouges), plutôt tourbé en arrière-plan. Attaque puissante et épicée, avec un peu de fraise et de melon, combinée à une tourbe plus végétale et terrienne que phénolique. Malgré le degré d’alcool, l’ensemble est finalement assez doux, avec d’intéressantes notes de vieux rose. Une maturation atypique mais qui n’est pas sans charme…

Woodford Reserve – Four wood

Sec et tannique

Fondée en 1812 dans le Kentucky par Elijah Pepper, un des pionniers de l’élaboration du bourbon aux États-Unis, la distillerie a été relancée, après les vicissitudes de la Prohibition, par Brown Forman, son actuel propriétaire, à partir de 1996. De caractère artisanal, Woodford Reserve est la seule du Kentucky à utiliser des alambics à repasse (qui proviennent d’Écosse) et à y pratiquer une triple distillation. Le “roi des bourbons” développe également des séries limitées sur des thématiques particulières, comme le grain, le type de fermentation ou le type de bois utilisé. Ici, il s’agit d’un vieillissement dans quatre fûts successifs : chêne américain, érable (2 ans), xérès oloroso (6 mois) et porto ruby (6 mois).

Ambré soutenu. Nez puissant, tannique avec des notes de caramel et de vanille. Avec une dominante de pommes cuites caramélisées, le boisé est bien présent, accompagné de notes tanniques et un caractère sec et épicé (poivre noir). Finale assez brûlante, avec une bonne persistance sur le boisé et le fruité.

Craigellachie

Un automne dans les Highlands ,,,

Fondée en 1891 par le créateur de White Horse, Peter Mackie, cette distillerie a servi principalement à l’assemblage de ce blend, même si son embouteillage en single a commencé très tôt, quoiqu’en quantités limitées. Située au coeur du Speyside, non loin de Macallan, elle a été modernisée et agrandie en 1965. Elle appartient depuis 1998 au groupe Martini-Bacardi. Bouteille de sous- Ambré.
Nez fauve, sous-bois, pommes cuites. Attaque un peu brûlante, mais le corps se développe ensuite sur un bel ensemble d’arômes boisés et tanniques, avec beaucoup de fruité comme au nez, dans un registre de confiture. Mais il reste sec jusqu’à la finale, avec un peu d’astringence, l’ensemble des arômes étant bien fondu, Un males senteurs automnales.

The Irishman

Malté  et boisé

Fondée en 1999 par Bernard et Rosemary Walsh, la société Hot Irishman était d’abord centrée sur l’assemblage et la commercialisation d’une recette originale d’Irish Coffee. Ce fut ensuite une crème irlandaise à base de whiskey. En 2006, ils signaient un contrat d’approvisionnement auprès d’Irish Distillers pour constituer des stocks de whiskeys distillés trois fois. Avec ça, ils ont lancé différentes déclinaisons de leurs propres assemblages. Vieillie dans du chêne américain, cette édition est limitée à seulement 2 000 bouteilles. Médaillée d’or des Whiskey Masters dans la catégorie Whiskey Irlandais Premium, elle a également obtenu 94.5 points dans la Whiskey Bible 2010 de Jim Murray.
Le nez allie de subtiles notes de bourbon, avec une pointe de gingembre. Légèrement huileuse et maltée, la bouche devient ensuite douce-amère avec le développement de notes boisées plus sèches. D’une grande longueur, la finale est riche (notes de chocolat) et subtilement épicée,

Fettercairn

Avec une belle note fumée

Les malts de cette distillerie créée en 1824 dans les Highlands Orientales se sont appelés Old Fettercairn jusqu’en 2002. Elle a appartenu à la famille de William Gladstone, le célèbre Premier Ministre de la reine Victoria, et se trouve dans la région des Mearns réputée pour ses orges. Produits par quatre alambics, ses malts servent essentiellement à l’élaboration des blends Whyte & Mackay, un groupe qui a souvent changé de propriétaire ces trente dernières années.
Au nez, sur une dominante vanille assez classique, se développent des notes plus originales de chocolat blanc, d’un peu de gingembre et même de traces de fruits exotiques. En bouche, le fumé (caractéristique de la distillerie) est perceptible avec une touche minérale, bien accompagné par le caramel au beurre, la citronnelle, toffee et un peu de fruits rouges. La finale est plutôt sèche et rafraîchissante, avec des notes tanniques et boisées,

Tamdhu

Un puissant gaillard

Fondée en 1896, cette distillerie du Speyside (non loin de Cardhu) est devenue très vite la propriété des Highland Distillers, avant d’appartenir à Edrington Group. Rénovée et agrandie dans les années 70, elle élabore des malts très appréciés des blenders. Elle a pour particularité de procéder sur place au maltage de son orge, en utilisant le système Saladin : il s’agit de caissons de 50 mètres de long équipé de remueurs où l’orge en train de germer est régulièrement brassé pour éviter de s’altérer. Un système aujourd’hui unique en Ecosse, que rappelle (discrètement), un épi d’orge situé sur l’étiquette de la version officielle.

Ambré fauve. Nez fruité : prunes jaunes, noisettes, avec une lègère pointe de caramel au beurre. Surtout alcoolisé à l’aération. Attaque d’abord moelleuse, puis très vite brûlante (ne pas hésiter à le diluer un peu…). Il développe ensuite avec puissance les fruits secs (noisette, raisins de Corinthe), le caramel et les épices (poivre noir, gingembre). Constitution robuste et solide, avec une finale plutôt astringente et une belle persistance.

Talisker 57 North

Chaud devant

Fondée en 1831, et seule rescapée sur l’ile de Skye qui en compta jusqu’à sept, la distillerie a connu un passé au moins aussi tourmenté que le relief volcanique de l’île : nombreux propriétaires, plusieurs fermetures, rapports ombrageux avec les seigneurs MacLeod. Son rachat par EXIL (Diageo) a permis de développer ce malt original dans la collection « Classic », même si les embouteillages non officiels sont rarissimes. Jaune doré tirant sur l’ambré.

Nez puissant, à la fois souffre et maritime. Attaque brûlante, mais chaleureuse aussi, avec beaucoup de poivre noir, d’épices et de notes à peine tourbées. Superbe richesse aromatique, avec du toffee, des fruits cuits, de la tarte Tatin, tout en restant sec et très apéritif. A savourer à très petites gorgées, ou avec quelques gouttes d’eau pour les gosiers sensibles. Direct, tranchant et incroyablement aromatique : à ne manquer sous aucun prétexte.

Springbank – Rundlets & Kilderkins

La preuve par le petit fût

La plus réputée des dernières distilleries de la région du Kyntire, qui en a compté plus d’une trentaine. Springbank, qui appartient à la famille Mitchell depuis sa création en 1828, maintient presqu’à elle seule l’originalité du style somptueux et complexe des malts de Campbeltown, dont l’aptitude au vieillissement est particulièrement remarquable. Tout est fait ici sur place, du maltage à l’embouteillage, avec une double distillation et demie. Cette version porte le nom d’anciens fûts (valant de 68 à 83 litres) utilisés jusqu’au 18ème siècle pour la bière et le vin.

Ambré doré. Nez concentré, avec du miel, des fruits secs (raisin de Corinthe) sur une dominante maltée et à peine tourbée. Attaque franche, sur le sec, puis se développe une grande richesse aromatique : fruits à chair blanche, malt, poivre gris, avec en arrière-plan la tourbe aromatique qui fait entendre sa petite musique. Le corps est puissant, concentré et très fondu. Finale longue, un peu tannique et toujours sur le sec. La preuve que les petits fûts accélèrent le vieillissement et donnent des malts d’un grand caractère.

Springbank 2001

Du rôle de la taille du fût

La plus réputée des dernières distilleries de la région du Kyntire, qui en a compté plus d’une trentaine. Springbank, qui appartient à la famille Mitchell depuis sa création en 1828, maintient à elle seule l’originalité du style somptueux et complexe des malts de Campbeltown, dont l’aptitude au vieillissement est particulièrement remarquable. Tout est fait ici sur place, du maltage à l’embouteillage, avec une double distillation et demie.

Jaune clair. D’abord végétal, le nez développe ensuite des notes d’agrumes et d’herbes sèches. En bouche, l’attaque est vive, mais il révèle ensuite un caractère très fondu où se distinguent la vanille, le miel, les fruits jaunes et le gâteau au beurre. En finale, finissent par apparaître quelques notes tourbées et salées : c’est un Springbank ! La taille réduite des fûts a entraîné une maturation plus rapide, donnant un malt déjà très achevé malgré son jeune âge.

Springbank 1991

A savourer longuement

La plus réputée des dernières distilleries de la région du Kyntire, qui en a compté plus d’une trentaine. Springbank, qui appartient à la famille Mitchell depuis sa création en 1828, maintient presqu’à elle seule l’originalité du style somptueux et complexe des malts de Campbeltown, dont l’aptitude au vieillissement est particulièrement remarquable. Tout est fait ici sur place, du maltage à l’embouteillage, avec une double distillation et demie.

Jaune doré. Au nez, la douceur maltée caractéristique se développe, avec des arômes de noisettes grillées, de caramel mou et de vanille, de fruits tropicaux (kiwi, lychee) et une finale plus salée. La bouche, bien moelleuse, voire crémeuse, offre une dominante boisée, avec en accompagnement de la pomme, de la pêche, de la cannelle et de légères effluves de tabac blond. Un léger ajout d’eau développe davantage encore ces arômes. Finale longue et très moelleuse, pour un grand malt d’après repas. »

Springbank CV

L’art de l’assemblage

Chairman’s Vat (Assemblage du Président) ? Cuvee of Vintages (Cuvée de millésimes) ? Curriculum Vitae ? Chez Springbank, l’emblématique distillerie de Campbeltown, on se refuse à préciser la signification exacte de cette dénomination. Ce qui est assuré, par contre, c’est qu’il s’agit d’un assemblage minutieux de malts distillés en 2001 et maturés en fûts de bourbon, de xérès et de porto. Ils ont été sélectionnés avec soin par Franck McHardy, directeur de la production, et Stuart Robertson, directeur de la distillerie, pour leurs capacités complémentaires à constituer un grand whisky dans la parfaite tradition du style spécifique de Springbank.

Jaune doré. Immédiatement chaleureux, le nez développe avec douceur de belles notes végétales et animales, épaulées par des notes tourbées en arrière plan. Puissante, l’attaque ne manque pas non plus d’élégance. La jeunesse n’empêche pas la richesse aromatique d’une composition où se distinguent les fruits jaunes bien mûrs, le poivre noir, le bois de chêne et quelques épices exotiques. Le caractère végétal de la tourbe l’emporte largement sur le fumé, lui donnant une belle tonalité campagnarde. En finale, le fruité un peu sec amené par le xérès se fait à nouveau sentir, sans rompre l’harmonie générale, avec un caractère plus tannique qu’en bouche. La persistance est d’une très grande longueur.

Springbank

L’apport du xérès

La plus réputée des dernières distilleries de la région du Kyntire, qui en a compté plus d’une trentaine. Springbank, qui appartient à la famille Mitchell depuis sa création en 1828, maintient presque à elle seule l’originalité du style somptueux et complexe des malts de Campbeltown, dont l’aptitude au vieillissement est particulièrement remarquable. Tout est fait ici sur place, du maltage à l’embouteillage, avec une double distillation et demie.

Jaune doré un peu trouble. Nez fondu, plutôt végétal, un peu tourbé, mais aussi des notes fruitées. Attaque onctueuse, voluptueuse, avec une tonalité miellée. Il devient plus puissant ensuite, sans être agressif. Le caractère classique de Springbank (tourbe végétale, malt bien marqué) est ici comme enrobe, sans doute suite à l’influence du xérès. L’ensemble reste très agréable, et d’une belle structure, mais perd en personnalité. Longue finale se terminant sur le fruité, un peu pruneau.

Royal Lochnagar

Une belle ampleur fruitée et poivrée

Fondée au départ en 1823, cette distillerie a été brûlée deux fois par des concurrents, avant de s’installer définitivement en 1845. Toute l’histoire de cette distillerie des Highlands orientales a été marquée par sa situation, à trois kilomètres du château de Balmoral, choisi par la reine Victoria comme résidence d’été à partir de 1848. Ce malt ayant eu l’honneur de lui plaire, la distillerie devint fournisseur officiel de la cour, d’où son adjectif de “Royal”. Elle a été fortement remaniée en 1963. Également très apprécié des blenders (Vat 69 surtout), il était le plus cher en Ecosse dans les années 1960.

Jaune soutenu. Discrète mais intéressante richesse du nez, avec beaucoup de fruité, du miel et un caractère plutôt épicé. Attaque moelleuse, chaleureuse, puis se développe avec l’alcool une belle puissance aromatique. On retrouve les constituants du nez, mais bien fondus, très harmonieux. Finale très épicée, poivre noir et gingembre, avec une belle astringence. Un bon malt d’après repas, malgré sa jeunesse.

Port Charlotte PC10

Tourbe et bien brûlant

Fermée et démolie il y a près de 80 ans, cette distillerie d’Islay connaît une double renaissance au 21ème siècle. En effet, Bruichladdich élabore sous ce nom depuis 2001 un single malt assez tourbe, dont une faible partie est commercialisée chaque année depuis 2006. Par ailleurs, Bruichladdich a décidé de construire une nouvelle distillerie sur Islay portant ce nom, utilisant notamment du matériel récupéré à Inverleven.
Jaune doré. Nez d’abord peu expressif, puis se développe sur la tourbe, plus végétale que phénolique, avec des notes de champignons de sous-bois. Attaque vigoureuse, et même brûlante, mais il se développe ensuite sur une dominante moelleuse, plutôt miellée, mais avec toujours la tourbe végétale en dominante. Le caractère sec fini par l’emporter, avec une jolie persistance végétale et bien épicée.

Port Charlotte PC9

Chaleureusement tannique

Ce fut une distillerie d’Islay, fermée et démolie au début du 20e siècle, mais c’est aussi un single malt tourbe, élaboré chez Bruichladdich, en attendant qu’une nouvelle distillerie, située à côté, soit construite et opérationnelle. Les quantités disponibles du malt Port Charlotte sont assez limitées, mais toujours très attendues, car elles donnent une version de la tourbe assez différente de celles des autres distilleries d’Islay.

Couleur jaune pissenlit. Au nez, des notes de tourbe, de jus de bœuf, de grains de café et de caramel à la noisette, avec une trace de cacao à 80 %, s’unissent harmonieusement. S’y invitent ensuite le miel, le citron, la bruyère, le myrte, la toile de bateau, les embruns, le chêne doux. Au palais, c’est un véritable festival auquel participent tous les invités et qui ne peut laisser personne indifférent. Chaleureux et d’un puissant caractère, c’est un pur Islay, moelleux et dense, auquel les effluves maritimes du Loch Indaal ont apporté une note salée, alors que les perpétuelles évolutions du climat lui ont permis une longue maturation pleine de douceur. Et sa longue persistance découle de l’union entre les tanins du bois et les huiles du grain.

Port Charlotte PC8

Fruité, tourbé, épicé

C’est la quatrième édition du single malt Port Charlotte élaboré par Bruichladdich, avec huit ans de vieillissement du whisky distillé en 2001. C’est aussi la dernière, les stocks étant épuisés… 30 000 bouteilles sont commercialisées pour le monde entier, au degré naturel.

Jaune clair, tirant sur la pêche jaune. Le nez offre à la fois des notes maritimes iodées, un peu de tourbe végétale, des traces d’agrume et une pointe poivrée ! Le tout bien fondu, avec une vraie puissance. En bouche, c’est d’abord une belle suavité qui s’installe, mais bien vite la dominante tourbée prend le dessus, relevée qui plus est par un caractère bien épicé. Mais s’exhalent aussi des notes de pêche jaune, un peu d’agrumes et même de la mangue. Un vrai festival aromatique sans aucune lourdeur, où la tourbe ne cesse de jouer sa petite musique en arrière-plan. Avec Jim Mac Ewans, Port Charlotte est en train de devenir un des malts les plus étonnants d’Islay.

Octomore 5

La tourbe en majesté

Portant le nom d’une des sources qui alimentent la distillerie de Bruichladdich, sur Islay, le single malt Octomore s’annonce comme le malt le plus tourbé jamais élaboré en Ecosse. La première version est apparue en 2008, et depuis, chaque année, est commercialisée une nouvelle qui, chaque fois, repousse les limites du taux de tourbe. Toutefois, ce numéro 5 est à 167 PPM, comme le précédent.

Jaune pâle. Au nez, la tourbe phénolique s’impose immédiatement, mais avec élégance et sans brutalité. Attaque puissante, voire brûlante, mais une belle rondeur fruitée s’installe ensuite. La tourbe y occupe une place majestueuse, dévoilant d’intéressantes nuances végétales et fruitées, et sans pratiquement de notes fumées. Un concentré d’une rare richesse, avec une finale un peu astringente, et surtout une persistance incroyablement longue…

Octomore 4,2 Comus

Un charme envoûtant

Portant le nom d’une des sources qui alimentent la distillerie de Bruichladdich, sur Islay, le single malt Octomore s’annonce comme le malt le plus tourbé jamais élaboré en Ecosse. La première version est apparue en 2008, et depuis, chaque année, est commercialisée une nouvelle qui, chaque fois, repousse les limites du taux de tourbe. La sixième, baptisée 4.2, possède un taux similaire de phénol que la précédente, soit 167 ppm, avec un degré d’alcool légèrement inférieur. Comus est le nom d’un fils de Bacchus et de la magicienne Circé, qui a tenté de séduire une jeune fille grâce à de redoutables potions…

Jaune clair. Au nez, la tourbe se développe rapidement, plus végétal que phénolique, accompagnée d’élégantes notes de fruits jaunes et de fleurs. Attaque puissante, où la tourbe domine, mais sans écraser d’autres notes aromatiques, à la fois fines et élégantes. Le corps est moelleux, d’une belle rondeur mais aussi avec de fortes notes épicées (poivre noir, gingembre) bien fondues dans l’ensemble. Finale longue et persistante, presque envoûtante…

Octomore 3

Toujours plus haut

Après le n° 1 à 110 ppm de phénol, puis le n° 2 à 140 ppm, Octomore de Bruichladdich poursuit son ascension avec cette troisième version qui affiche 152 ppm ! Tous les records sont battus en matière de malt tourbe en attendant la suite ! . » Jaune clair. La tourbe phénolique est immédiatement présente au nez, lourde et concentrée, mais pas agressive.

En bouche, l’attaque est très puissante, fortement tourbée, mais avec une grande netteté, voire une vraie pureté. Un vrai concentré de tourbe à l’état pur, tel un diamant parfait. Mais se mêlent à la structure d’élégantes notes fruitées et herbacées, discrètes mais qui élargissent bien la palette aromatique. Finale fortement épicée et tannique, mais rien d’étonnant vu le degré d’alcool. Le plus étonnant, et agréable aussi, est que l’ensemble n’a rien d’écrasant, mais réjouit le palais de l’amateur… de malts tourbes bien sûr.

Octomore 2

Comme une nuée tourbée

Deuxième version du malt le plus tourbé au monde, et un cran au-dessus, puisqu’il affiche 140 ppm contre 110 dans la version initiale. 15 000 bouteilles sont mises en vente pour le monde entier, au degré naturel. Le packaging de l’étui a été revu dans le sens d’une plus grande modernité.

Couleur jaune clair. La tourbe est présente immédiatement au nez, mais avec à la fois de la puissance, de la profondeur et de l’élégance, sans agressivité aucune. En bouche, après une attaque vive, voire virulente, le malt et surtout la tourbe prennent position dans le palais, comme un nuage épais auquel rien ne peut résister. Sec, à la fois phénolique et végétal, on est envahi par la quintessence de la tourbe dans ce qu’elle peut avoir de plus aristocratique et de plus populaire à la fois. Une expérience inoubliable à ne pas manquer pour aucun amateur de malt.

Mortlach

De quoi se réconforter

Existant dès 1823, année de la légalisation du scotch whisky, cette distillerie de Dufftown, au coeur du Speyside, a été plusieurs fois modernisée, tout en continuant à élaborer un malt très apprécié des blenders (Johnnie Walker Black Label surtout) pour sa richesse et sa puissance… d’où la grande rareté des single malts. Une distillation en deux étapes et demi (mais différente de celle pratiquée à Springbank) expliquerait son caractère original, ainsi que la grande diversité de formes de ses alambics.

Jaune très pâle. Nez malté et fruité, un peu alcooleux. Plutôt moelleux à l’attaque, il devient puissant, voire agressif en bouche. Puis il devient plus harmonieux et équilibré. Les fruits cuits (poire, pomme) dominent sans exagération, avec aussi de fortes notes maltées. Il devient épicé sur la finale, assez longue et de belle persistance. Parfait pour se réconforter après une journée venteuse et humide.

Longrow Red

Une finition pour quoi faire ?

Portant le nom d’une ancienne distillerie de Campbeltown fondée en 1896, et dont le dernier bâtiment existant abrite un des chais de Springbank, Longrow est aujourd’hui un single malt distillé dans les mêmes alambics que ceux servant à élaborer le Springbank. Mais est utilisé un malt entièrement tourbe (et non partiellement), avec une double distillation classique, et un vieillissement uniquement en fût de réemploi. Ce malt, peu produit, a servi d’abord à donner des notes tourbées cabernet-sauvignon aux Wends de Springbank, avant d’être commercialisé en single depuis les années 90.

Jaune doré, tirant sur l’ambré. Nez bien marqué par la tourbe végétale. Attaque plutôt moelleuse, puis il développe la dominante tourbée caractéristique de Longrow. A peine devine-t-on quelques traces fruitées en arrière-plan, alors que la tourbe prend de plus en plus d’ampleur jusqu’à la finale. A se demander à quoi a servi la finition en fût de vin rouge, à part peut-être le caractère plutôt doux de l’attaque…

Longrow 1999

Entre tourbe et fruité

Portant le nom d’une ancienne distillerie de Campbeltown fondée en 1896, et dont le dernier bâtiment existant abrite un des chais de Springbank, Longrow est aujourd’hui un single malt distillé dans les mêmes alambics que ceux servant à élaborer le Springbank. Mais est utilisé un malt entièrement tourbe (et non partiellement), avec une Vieillissement en fût double distillation classique, et un vieillissement de madère uniquement en fût de réemploi. Ce malt, peu produit, a servi d’abord à donner des notes tourbées aux blends de Springbank, avant d’être commercialisé en single depuis les années 90.

Nez de pommes rouges, terreux et pastèque juteuse. Surtout très fruité, avec aussi de la tourbe végétale. En bouche, entre vieux cuir et raisins rouges sucrés. Mélange de cendre et de gazon coupé. Notes de mangue et de pamplemousse rosé. Sur la finale, un fumé léger se marie avec les fruits tropicaux. Très persistant et agréablement réconfortant.

Linkwood

Une belle puissance apéritive

Fondée en 1821, cette distillerie d’Elgin, dans la partie nord du Speyside, a connu de nombreux remaniements depuis, le dernier en 2011. Toutefois, l’un de ses dirigeants, entre les deux guerres, était renommé pour ne remplacer qu’à l’identique les alambics trop âgés, en y martelant les mêmes bosses. Les deux importants alambics d’origine (maintenant non utilisés) ont été complétés par quatre autres lors d’un agrandissement en 1973. Surtout secs et épicés, les malts développent également d’autres aspects grâce à l’utilisation de fûts de xérès.

Jaune clair. Nez chaleureux, surtout malté, avec fruits jaunes (pêche), cire d’abeille, le tout bien fondu. Attaque puissante, plutôt sèche et épicée. Le corps est puissant, très sec, puis se dégage des notes fruitées, mais bien soutenues par une belle dominante épicée (poivre noir). Un malt direct, sans fioritures, peut-être sous l’influence d’un xérès sec… Finale particulièrement tannique, voire virile : un remarquable apéritif donc.

Kilkerran II

Une jeune vigueur

Glengyle est la nouvelle distillerie de Campbeltown, installée entre 2000 et 2004 par la société Springbank à Campbeltown. Il s’agit de la renaissance d’un site qui a été en activité de 1872 à 1925, appartenant à un membre de la famille Mitchell. Le malt qui est élaboré à Glengyle porte le nom de Kilkerran (pour des raisons de propriété commerciale), qui fait référence au saint évangélisateur de la région.

Jaune clair. Nez fruité (poire Williams), foin séché, puis tourbe végétale après aération. Attaque plutôt sèche et épicée, puis on retrouve la dominante fruitée du nez (poire, pomme mûre), avec toujours l’accompagnement discret de la tourbe. Le poivre noir et les épices se font davantage sur la finale, très fringante. Très apéritive, cette deuxième version de Kilkerran est plus vigoureuse et incisive.

Isle of Jura

Un fruité exotique

En face d’Islay, et peuplée de cerfs (qui lui ont donné son nom en ancien norvégien), l’île de Jura, montagneuse et peu habitée, doit une partie de sa célébrité à George Orwell, qui, dans ce cadre tourmenté, y a écrit son roman 1984. La distillerie remonte au moins au début du 19ème siècle, mais a été remaniée et modernisée à plusieurs reprises depuis. Elle se caractérise par des alambics aux cols très longs.

Jaune très clair. D’abord discret, le nez se développe sur un caractère à peine fruité avec des notes de résine. D’abord moelleuse, la bouche évolue vite sur une belle puissance avant tout épicée. Puis se développent des notes fruitées : poire, fruit de la passion, mangue, au caractère assez exotique. Sec et plutôt astringent, avec une forte domination des épices. Très apéritif.

Highland Park

Toute la richesse de l’âge

Comptant plus de deux siècles d’existence, la distillerie des îles Orkneys, l’une des plus septentrionales d’Ecosse, a connu le succès très tôt, avec des malts appréciés dès 1833 par le tsar de Russie et le roi du Danemark. Highland Park possède toujours sa propre malterie, assurant jusqu’à 20 % de ses besoins. En 12 ans d’âge, c’est l’un des malts les plus vendus dans le monde, mais les autres versions sont plus rares… sauf au Clan.

Ambré fauve. Nez de cuir vieilli, de cire jaune d’abeille, avec du havane et du bois de santal, puis une tourbe végétale se développe à l’aération, avec des notes de xérès. Attaque moelleuse, puis se développe une forte puissance épicée, remarquable pour un malt de cet âge. L’ensemble se développe sur une belle rondeur, avec un caractère un peu sec, voire tannique. S’entremêlent harmonieusement, outre les arômes du nez, le caramel au beurre, la bruyère, le poivre noir, la tarte tatin… Une véritable auberge espagnole des saveurs, dont chacun peut faire son miel…

Graigellachie

Un automne dans les Highlands

Fondée en 1891 par le créateur de White Horse, Peter Mackie, cette distillerie a servi principalement à l’assemblage de ce blend, même si son embouteillage en single a commencé très tôt, quoiqu’en quantités limitées. Située au coeur du Speyside, non loin de Macallan, elle a été modernisée et agrandie en 1965. Elle appartient depuis 1998 au groupe Martini-Bacardi.

Ambré. Nez fauve, sous-bois, pommes cuites. Attaque un peu brûlante, mais le corps se développe ensuite sur un bel ensemble d’arômes boisés et tanniques, avec beaucoup de fruité comme au nez, dans un registre de confiture. Mais il reste sec jusqu’à la finale, avec un peu d’astringence, l’ensemble des arômes étant

Glen Lossie

Élégamment fruité

Cette distillerie du Speyside, fondée en 1876 et agrandie en 1962, est assez méconnue des amateurs de malt… mais pas des blenders, qui ont été longtemps les seuls à l’utiliser, notamment pour Haig. Elle offre la particularité d’avoir six alambics équipés de purificateurs, ce qui donne un malt plus léger et plus net. Mis à part un embouteillage officiel de dix ans, les malts sont encore très rares sur le marché.

Jaune doré. Nez de céréales et de miel, mais plus sec à l’aération. Attaque vive, surtout pour un malt de cet âge. Passé le caractère un peu brûlant, il se révèle plutôt onctueux, sans perdre de son caractère sec et un peu astringent. Céréales, fruits jaunes (poire, pêche) sont accompagnées de petites notes poivrées, voire épicées. De plus en plus sec vers la finale, son fruité reste élégant avec une belle persistance.

Glen Spey Glenlivet

Apéritif bien fruité

Bien que fondée en 1880, et modernisée un peu moins d’un siècle plus tard, cette distillerie du Speyside, dans la ville de Rothes, n’a jamais vraiment fait beaucoup parler d’elle. Il est vrai que ses malts sont depuis longtemps essentiellement utilisés pour élaborer le blend J&B, qui se réserve la quasi-totalité de la production. Une rareté, surtout en brut de fût.

Jaune clair. Nez évoluant entre fruits mûrs et champ de céréales, avec quelques notes de fruits secs (noix). Attaque généreuse, puis se développe un corps plein, avec poivre noir et piment, mais de la pomme cuite, du coing, des amandes séchées. La finale est plus tannique, rendant le malt très apéritif. Belle persistance sur le fruité et les épices.

Glen Scotia

Fruité avant tout, mais pas seulement

Fondée en 1832, cette distillerie de Campbeltown a d’abord connu une belle prospérité jusqu’au début du 20ème siècle. Mais la crise qui frappa la région après la seconde guerre mondiale ne l’a pas épargné ; l’un de ses propriétaires fut retrouvé noyé dans le loch en 1928, et on dit localement que son fantôme hante toujours les lieux. A l’inverse de beaucoup d’autres, Glen Scotia ne fut pas démantelée, même si sa production fut souvent sporadique. Actuellement en sommeil partiel, elle est à vendre, même si sa voisine Springbank la fait fonctionner quelques mois par an. Ses malts sont donc assez rares.

Couleur ambré aux accents fauves. Le nez est boisé, avec des notes de havane, de cuir ciré et de pommes cuites. Une petite pointe iodée se fait sentir. Attaque assez voluptueuse, puis, malgré une forte puissance épicée, il reste d’une belle rondeur moelleuse. On retrouve les notes de pommes cuites, de caramel, mais associées avec le caractère très épicé. La finale est longue, plutôt astringente et très fruitée.

Glenronach Cask Strength

La chaleur du xérès ,,,

Protégé du duc de Gordon (à l’origine de la loi de 1823 qui a mis fin à la distillation clandestine), James Allardice fonda la distillerie en 1826, qui fut ravagée par un incendie onze plus tard, suite aux négligences de son propriétaire. Reconstruite, elle connut plusieurs propriétaires, dont Walter Scott et Charles Grant (de la distillerie Glenfiddich), puis Teacher’s, Allied Breweries et enfin Pernod-Ricard, qui l’a revendu en 2008 à BenRiach, propriété d’un groupe d’investisseurs, qui ont relancé la production après des années de mise en sommeil.
Ambré aux nuances fauves. Nez puissant, aux notes vineuses de xérès. Attaque puissante (l’alcool est sensible), il se développe ensuite sur un moelleux assez opulent, bien marqué par les notes du xérès, notamment le cacao amer et un peu de boisé. La finale est relevé par des notes poivrées et épicées qui renforcent son caractère sec. Très chaleureux pour un automne brumeux.

Glengoyne 1994

Une finition réussie

Cette distillerie fondée en 1833 présente la particularité d’être géographiquement dans les Lowlands, mais d’avoir été rattachée aux Highlands depuis une trentaine d’années, car l’eau qu’elle utilise en provient directement. En outre, sa typicité n’a rien à voir avec les malts herbacés et floraux des Lowlands. Une des spécificités de la distillerie est d’utiliser différents xérès pour le Finition Manzanilla vieimssement de ses malts. « Nichée dans une vallée boisée où la rivière Campsie tombe en cascade, c’est en outre une des plus jolies de la région, voire d’Ecosse, ce qui ne gâte rien…

Couleur ambré fauve. Nez chaleureux, bien boisé (santal, acajou) et plutôt fruité. Sec dès l’attaque, il se développe dans un registre puissant marqué par les épices (poivre noir), mais aussi des notes de fruits cuits (pomme, poire), voire de pruneau et de banane séchée. Le corps chaleureux est d’une belle ampleur, tout en gardant un registre bien sec. L’apport de la manzanilla est ici sensible et bien intégré au malt.

Glengarioch

Fruité et épicé, Bel apéritif

Au nord des Highlands, entre Banff et Aberdeen, Glen Garioch (qui se prononce glenn guirie ) remonte à la fin du 18e siècle, et plusieurs bâtiments d’origine ont été conservés, ainsi que les aires de maltage, inutilisées depuis 1979. Longtemps propriété de DCL, elle fait partie du groupe Morri-son Bowmore depuis 1970, et, après une mise en sommeil en 1995, elle a repris du service deux ans plus tard… faute d’avoir trouvé un repreneur. La gamme des embouteillages officiels a été complètement revue en 2009.

Jaune pâle. Nez sec, malté, cire d’abeilles, un peu de miel de sapin. Attaque en bouche vive, voire brûlante. Le corps est sec, plutôt épicé, avec quelques notes de fleurs blanches et de fruits jaunes (prunes). Assez nerveux, c’est avant tout un apéritif avec une belle tenue en bouche, retrouvant le côté cireux, un peu gras, sur la finale, longue et bien persistante.

Glen Scotia

Malt et vin : de quoi surprendre

Fondée en 1832, cette distillerie de Campbeltown a d’abord connu une belle prospérité jusqu’au début du 20ème siècle. Mais la crise qui frappa la région après la seconde guerre mondiale ne l’a pas épargné ; l’un de ses propriétaires fut retrouvé noyé dans le loch en 1928, et on dit localement que son fantôme hante toujours les lieux. A l’inverse de beaucoup d’autres, Glen Scotia ne fut pas démantelée, même si sa production fut souvent sporadique. Sa voisine Springbank l’a fait fonctionner quelques mois par an, mais sa reprise par Loch Lomond Distillers semble annoncer un avenir meilleur. Mais ses malts restent encore assez rares…

Ambré tirant sur le brun-rouge. Nez puissant, voire agressif, avec des notes fauves, voire vineuses. En bouche, attaque sur l’alcool, mais vite complétée par un caractère souple et moelleux, plus acceptable qu’au nez. Croisement étonnant entre les notes céréales et celles tanniques du vin. Sans être désagréable, car les deux se complètent plus qu’elles ne s’opposent, le résultat est tout de même bien surprenant… Qu’en penseront les puristes du malt… ?

Dallas Dhu

Les atouts de l’âge

Fondée en 1899 lors du “boom du whisky”, cette distillerie à l’ouest du Speyside a essentiellement servi à alimenter les blenders, même si le single malt a parfois été diffusé sous le nom Dallas Mhor. La production a été stoppée en 1983, mais les bâtiments, ayant peu changé en près d’un siècle d’existence, ont été transformés en musée du whisky par Historic Scotland (les Monuments Historiques d’Ecosse) en 1988, à ne manquer lorsqu’on visite la région. Faut-il préciser que le malt est de plus en plus rare…. ?

Ambré soutenu. Nez chaleureux, bien épicé avec une dominante tannique, bois de santal. Moelleuse, l’attaque prend vite de la puissance, voire de la brutalité. Sur un corps vigoureux, se développent des notes très fondues de pommes cuites, de cuir, de boisé, de cire d’abeille… Une belle harmonie qui ne manque pas de vivacité, grâce à une pointe épicée qui se développe jusqu’à la finale, d’une grande longueur et d’une belle permanence. Comme quoi l’âge est souvent bien profitable aux malts…

Cigar malt

Solide et bien charpenté…

Nouvelle déclinaison du concept souhaitant proposer aux fumeurs de cigare un single malt – en l’espère un brut de fût – accordé aux arômes des havanes et autres vitoles.

Ambré aux reflets bronze doré. Nez à la fois puissant et élégant, à dominante fruits cuits, notes de cacao et de biscuit au beurre. Attaque moelleuse sans excès, car il devient vite plus brûlant et plus sec. Corps solide et bien charpenté, alliant le fruité, le caramel avec des notes plus épicées et surtout poivrées, avec des notes plutôt végétales (foin séché, mousse) en arrière-plan. Très longue persistance en bouche.

Caol Ila

La tourbe, comme on l’aime …

Avec un nom qui signifie en gaélique « le détroit d’Islay », un emplacement en face de l’ile de Jura, et une eau bien tourbée en provenance d’un loch où souffle en permanence une brise aux effluves de bruyère et de myrte, la distillerie a toujours eu de quoi intéresser les amateurs de malts puissants. Bien que fondée en 1846, Caol lia a été complètement remaniée vers 1972 par United Distillers (Diageo aujourd’hui). Elégants et bien tourbes, ses malts sont aujourd’hui disponibles en de multiples versions.

Jaune pâle. Au nez, la tourbe .à la fois végétale et phénolique se développe rapidement, accompagnée de quelques notes de fruits jaunes (poire, coing). Attaque puissante (malgré l’âge déjà élevé) mais très moelleuse également. La tourbe domine largement, comme au nez, mais plus végétale et fruitée surtout. Tapissant bien le palais, le malt reste sur un caractère plutôt sec, à peine épicé jusqu’à une très longue finale et une persistance tourbée remarquable. Que du bonheur.

Bunnahabhain

Elégance tourbée…

Longtemps atypique par rapport aux autres distilleries d’Islay, elle est située tout au nord de l’Île. Signifiant “Bouche de la crique”, elle se prononce Bouna’hav’n en gaélique. Fondée en 1881 par William Robertson et les frères Greenless, elle a connu plusieurs longues périodes d’arrêt, y compris avoir été agrandie en 1963. Après quelques années d’incertitude, elle a été rachetée en 2003 par Burn Steward, (groupe CL World Brands) qui a relancé la commercialisation et développé de nouvelles expressions, notamment tourbées, pour les malts. La distillerie est équipée de deux paires d’alambics et de six fermenteurs en pin d’Oregon.

Jaune clair. La tourbe fumée est immédiatement présente au nez, avec une belle élégance. Attaque d’une belle finesse, puis la tourbe s’installe avec majesté et ampleur, accompagnée de discrètes notes fruitées et herbacées. Un peu plus poivré sur la finale, il reste sec sur une très belle persistance en bouche. Rarement la tourbe a donné une telle élégance à un malt…

Bunnahabhain 2000

Puissant, mais charmant…

Longtemps atypique par rapport aux autres distilleries d’Islay, elle est située tout au nord de l’île. Signifiant « Bouche de la crique », elle se prononce Bouna’hav’n en gaélique. Fondée en 1881 par William Robertson et les frères Greenless, elle a connu plusieurs longues périodes d’arrêt, y compris après avoir été agrandie en 1963. Après quelques années d’incertitude, elle a été rachetée en 2003 par Burn Stewart, (groupe CL World Brands) qui a relancé la commercialisation et développé de nouvelles expressions, notamment tourbées, pour les malts.

La distillerie est équipée de deux paires d’alambics et de six fermenteurs en pin d’Oregon. Ambré clair, à peine tenté d’orangé. Nez fruité, doux, avec quelques notes vineuses, voire porto. Attaque vive, presque brûlante. Puis le corps ample se révèle d’une belle douceur charmeuse, qui devient ensuite plus épicée. Les notes fruitées du vin se font sentir, mais sans écraser le caractère malté qui reste bien présent. Long, avec une finition de plus en plus tannique, un malt à la fois puissant mais aussi charmant.

Bruichladdich « Bere Barley »

Une étonnante finesse aromatique

Fondée en 1881, cette distillerie d’Islay fait face à Bowmore. Elle a produit les malts les moins tourbes et les plus légers de l’île, grâce à ses quatre alambics au col particulièrement haut Après son rachat en 1995, elle a été mise en sommeil, mais elle a repris depuis la distillation, proposant des assemblages passionnants et de nouvelles façons de distiller. En juillet dernier, elle a étérache le groupe français Rémy Cointreau. Le Bere Barlei est une variété d’orge cultivée depuis plusieurs milliers d’années, notamment en Ecosse, et c’est pour cela qu’elle a été choisie par la distillerie, par rapport à sa politique de proximité pour ses matières premières.

Jaune très pâle. Nez à dominante de céréales fraîchement moissonnées, avec beaucoup de fraîcheur florale qui s’accompagne à l’aération de notes de pommes et de poires, et quelques traces de vanille. En bouche, une dominante de miel (sans être sucrée pour autant) et de fruits délicats, mais bien rehaussée par une belle puissance un peu poivrée. La finale devient plus puissante, grâce aux notes tanniques du fût. Est-ce l’orge… ou le talent du distillateur qui a produit ce malt exquis et d’une étonnante finesse aromatique ?

Bowmore

Tourbé, mais bien apéritif

Distillerie vedette de l’île d’Islay, elle se prévaut notamment de son ancienneté, avec une fondation en 1779 qui en fait une des plus vieilles d’Ecosse. Pratiquant toujours le maltage d’une partie de ses orges, elle commercialise une des plus vastes gammes de single malts du marché émanants d’une seule distillerie, depuis le Legend (8 ans) jusqu’au mythique Black Bowmore (1964, 50 °) réservé à une élite… fortunée.

Ambré soutenu aux reflets acajou. Au nez, la tourbe s’installe rapidement, dans un ensemble plutôt végétal que vraiment fumé. En bouche, attaque assez piquante et vive. Puis le fruité (pruneau) rivalise avec la tourbe, dans un contexte bien épicé et poivré, mais qui conserve une belle fraîcheur. La finale évolue fortement sur l’astringence, développant ainsi un caractère avant tout apéritif… de façon un peu inattendue pour un malt de cet âge.

Bladnoch

Fleurs, fruits et épices : tout un programme

Fondée en 1814 tout au sud de l’Ecosse, dans les Lowlands, cette ferme distillerie possédant beaucoup de charme a été de nombreuses fois fermée puis rouverte tout au long de son histoire. La dernière fermeture, en 1993, a failli lui être fatale, même si elle avait été aménagée en centre de visite, mais un Irlandais à la recherche d’une maison de campagne en est tombé amoureux et a décidé de relancer la production depuis 1999.

Jaune très pâle. Nez sec, plutôt citrique, avec des notes de fleurs blanches. Attaque vive et sèche, puis il se révèle plutôt moelleux, avec une richesse florale et fruitée d’un grand intérêt : pissenlits, pêche blanche, pomme verte, le tout bien relevé par des notes de poivre gris et de coriandre. L’ensemble devient plus sec jusqu’à la finale, même si le miel continue à se faire sentir jusqu’au bout. Un Lowlands au caractère bien marqué, d’une vraie originalité.

Blair Athol

Fruité et épicé

Cette distillerie des Highlands remonte à la fin du 18e siècle, appelée alors Aldour, mais elle a été ensuite déplacée puis plusieurs fois agrandie, no­tamment en 1973 avec le doublement du nombre d’alambics. A noter que le village dont elle porte le nom s’écrit lui avec deux « 1 ».

Ses malts servent essentiellement aux blends de Bell’s (Diageo), et ne sont que rarement disponibles, sauf pour des édi­tions commémoratives limitées. Jaune doré. Nez fruité, avec un caractère plus épicé à l’aération, avec des notes boisées (santal ??). Plutôt rond et moelleux à l’attaque, il mon­te vite en puissance, avec une belle dominante maltée accompagnée de fruits (pomme cuite, liqueur d’orange), d’un peu de caramel et de notes plus épicées. Finale chaleureuse et bien fruitée, mais tout de même un peu courte…

Benrinnes

Fruité et épicé

Situé à plus de 200 m d’altitude sur le versant nord du mont du même nom, le site est alimenté par des eaux abondantes et bien filtrées par le granit. Ce qui explique l’implantation ancienne d’une distillerie (avant 1820). Réaménagée en 1955 et équipée d’alambics supplémentaires 11 ans plus tard, ses malts ont longtemps alimenté les blends Crawford, avec une distillation en deux étapes et demi. Le single malt est rare sur le marché… sauf pour les membres du Clan, qui en ont dégusté déjà plusieurs versions.

Jaune doré. Nez à dominante maltée, peu expressif. Brûlant à l’attaque, il se développe sur une base maltée, avec quelques notes de fruits jaunes et un caractère plutôt moelleux. Des notes plus épicées (poivre noir, gingembre) s’élèvent avec la finale qui garde tout de même un caractère plutôt sec. Belle persistance sur le fruité et les épices.

Benriach Solstice

Bienvenu pour l’hiver

Voisine de Longmorn, et construite un an après en 1898, cette distillerie du Speyside n’a fonctionné que quatre ans… avant d’être fermée pendant 65 ans ! Mais sa malterie a longtemps été en service. Rachetée par Seagram en 1978, elle a été ensuite agrandie en 1985… puis mise en sommeil en 1999. Devenue propriété de Pernod-Ricard en 2001, elle a été revendue en 2004 à un groupe sud-africain. Depuis, ses malts, longtemps réservés aux blends, ont été renouvelés avec des créations très intéressantes. Solstice, comme son nom l’indique, a été commercialisée juste après le solstice d’hiver 2010.

Ambré médium, tirant sur le rouge orangé. Au nez, la tourbe végétale s’accompagne de notes de fruits rouges bien mûrs et d’un caractère animal. Plutôt moelleux à l’attaque, il prend vite une belle puissance, entre un tourbe surtout végétal et les notes fruitées du nez. La finale laisse développer un caractère plus épicé (poivre noir) sur un style plutôt sec. Malgré ce mariage un peu curieux entre tourbe et fruité, c’est un malt généreux, puissant et très réchauffant surtout pour les longues nuits d’hiver !

Ben Nevis

Sec, avec du moelleux tout de même

Portant le nom du plus haut mont d’Ecosse (1 344 mètres), cette distillerie est doublement associée à Long John Macdonald, qui l’a créée en 1825, avant de donner son nom à la marque de blend bien connue. Après une certaine période d’instabilité, elle fut par la suite rachetée par la société… Long John Distillers, et enfin reprise en 1991 par les Japonais de Nikka, qui l’ont bien rénové et commercialisent le malt davantage que par le passé.

Jaune pâle. Nez d’abord discret, puis marqué par les céréales à l’aération, foin séché, mais aussi cire d’abeille et un peu de térébenthine. Attaque vive et sèche, évoluant sur le fruité (poires jaunes), le poivre noir, le gingembre. La puissance de l’alcool se fait davantage sentir sur la finale, mais bien enrobée par un certain moelleux qui le rend plus agréable. Il n’en reste pas moins un excellent apéritif bien sec.

As We Get It

Si jeune et déjà bien tourbé

Sous cette dénomination originale («Comme nous l’avons trouvé»), Ian Mac Leod propose régulièrement l’embouteillage d’un fût unique (single cask) soutiré sans la moindre manipulation : pas de réduction, pas de filtrage à froid, pas de colorant. Pur et naturel, peut-on dire. Tout repose bien évidemment sur le talent et le savoir-faire du maître de chais pour sélectionner un fût intéressant, sans défaut et d’une réelle qualité. Cette fois, son choix s’est porté sur un fût en provenance d’une distillerie d’Islay.

D’une couleur jaune pâle, il développe immédiatement au nez une dominante tourbée, plutôt phénolique, mais sans excès, ainsi que quelques notes florales (fleurs blanches). En bouche, l’attaque tourbée prend vite une ampleur étonnante, appuyée par un caractère sec et presque astringent. La tourbe est dominante et très concentrée, ne laissant guère de place à d’autres arômes, à part un peu de poivre noir en arrière-plan. La permanence tourbée accompagne tout au long une très longue finale, remarquable pour un malt aussi jeune. Les amateurs des single malt tourbés d’Islay ne pourront qu’être aux anges… »

Ardmore

Classique mais chaleureux

Située dans une vallée reculée à la limite du Speyside, cette distillerie centenaire (fondée en 1898) a longtemps servi à l’élaboration du blend Teacher’s. Malgré son importance – huit grands alambics chauffés au charbon – elle est encore méconnue, mais sa notoriété augmente depuis son acquisition par Jim Beam en 2005.

Jaune doré. Nez bien malté, chaleureux avec des Fût de manzanilla notes de miel et de cire d’abeille. Attaque vive, avec un corps assez enveloppant tout en étant plutôt sec. Bonne richesse aromatique, où l’on retrouve les notes du nez, avec une dominante plus marquée du caractère malté. Il devient un plus gras sur la finale, avec des notes poivrées d’une grande vivacité. Que du classique, mais avec une belle chaleur général.

Ardmore

Un vrai Highlander

Située dans une vallée reculée à la limite du Speyside, cette distillerie centenaire (fondée en 1898) a longtemps servi à l’élaboration du blend Teacher’s. Malgré son importance – huit grands alambics chauffés au charbon – elle est encore mé­connue, mais sa notoriété augmente depuis son acquisition par Jim Beam en 2005. Ambré léger. Nez de céréales, avec une présence tourbée végétale significative, et un peu de fumé. Attaque puissante, voire brûlante, vu le degré d’alcool.

Puis la bouche se révèle très chaleureuse, sur un caractère bien sec et viril. Le tourbe domine, sans exagération, dans une ambiance légèrement caramélisée. Epices (surtout gingembre), poivre noir, fruits secs sont au rendez-vous dans une puissante harmonie. Un grand malt à découvrir – en tout cas dans cette version – tant il symbolise bien la fierté et la puissance des Highlands.

Ardbeg

Heureusement, il y a la tourbe

Tourbe et élégance, tels sont les deux traits dominants des malts de cette distillerie d’Islay, appréciée de longue date par les amateurs. Sa spécificité provient surtout d’un dispositif de purification en haut du deuxième alambic, qui conserve le meilleur de la tourbe en lui évitant toute âcreté. Chaque nouvel arrivage est attendu avec impatience par les passionnés d’Islay.

Rosé léger. Nez élégant, légèrement tourbe, avec de fines notes fruitées. Attaque agréable, puis se développe une forte puissance. La tourbe élégante caractéristique prend vite le dessus, dans un corps plutôt aérien et d’une belle finesse. Elle s’accompagne de quelques jolies fruitées, à peine vineuses, qui la rehaussent encore davantage. Malgré la dominante alcool, c’est un malt aimable, finement tourbe : un bon Ardbeg en quelque sorte.

Ardbeg 1991

Une superbe version d’un vrai classique

Tourbe et élégance, tels sont les deux traits dominants des malts de cette distillerie d’Islay, appréciée de longue date par les amateurs. Sa spécificité provient surtout d’un dispositif de purification en haut du deuxième alambic, qui conserve le meilleur de la tourbe en lui évitant toute âcreté. Chaque nouvel arrivage est attendu avec impatience par les passionnés d’Islay.

Jaune doré. D’une grande puissance aromatique, le nez se développe sur une belle puissance tourbée, accompagnée de notes salées et herbacées. Il s’accompagne ensuite de notes plus fruitées : poire, pêche, pomme verte, ainsi que de céréales.

Amrut Blackadder raw cask

Un Indien bien écossais

Cette distillerie familiale a été créée en 1948 à Bangalore au sud des Indes, et s’est intéressée au whisky à partir des années 80, essentiellement pour élaborer des blends, les single malts n’ayant été embouteillés que plus tardivement. Dans ce pays qui est un très gros producteur de whisky, Amrut fait exception par la qualité de ses malts, appliquant des méthodes typiquement écossaises. Seule différence, le climat (de 20° à 40°) qui entraîne un vieillissement plus rapide.

Ambré doré. Nez très puissant, chaleureux, avec une belle dominante maltée. Attaque presque brûlante (un peu d’eau n’est pas de refus…) mais aussi sur le moelleux malté. Belles notes de miel, de fleurs sauvages (bruyère), avec en arrière-plan un peu de tourbe végétale. Finale assez sèche, bien apéritive. Un Indien bien écossais, somme toute…

Amrut Fusion

Séduction indienne

Cette distillerie familiale a été créée en 1948 à Bangalore au sud des Indes, mais ne s’est intéressée au whisky que dans les années 80, essentiellement pour élaborer des blends, les single malts n’ayant été élaborés et surtout embouteillés que plus tardivement. Dans ce pays qui est un très gros producteur de whisky, Amrut fait exception par la qualité de ses malts, appliquant des méthodes typiquement écossaises. Seule différence, le climat (de 20° à 40°) qui entraîne un vieillissement plus rapide. L’Amrut Fusion résulte de l’assemblage de deux eaux-de-vie, l’une à base d’orge maltée récoltée au pied de l’Himalaya, l’autre d’orge maltée écossaise séchée à la tourbe. Elles sont été assemblées après 4 ans de vieillissement séparé.

Ambré doré. Nez puissant mais élégant, avec des notes de miel doux, de fruits confits, avec trace de pâte d’amande et de violette. Attaque puissante, voire brûlante, puis il s’épanouit sur tout le palais sur un registre plutôt sec que liquoreux. Sur une bonne base maltée, on découvre des notes de réglisse, un peu de tourbe végétale et du poivre noir, le tout bien fondu et très harmonieux. Un malt séducteur, tant par sa puissance que sa finesse aromatique.