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Laphroaig

Archétypal …
Créée vers 1815 par la famille Johnston (dont l’un des membres a péri noyé… dans une cuve de fermentation), cette distillerie d’Islay est longtemps restée une propriété familiale, possédant ses propres aires de maltage de l’orge (toujours utilisées) et ses tourbières. Sa puissance et ses arômes originaux ont donné à Laphroaig (qui se prononce “Lafrog”) un rôle de pionnier dans la découverte des malts d’Islay.

Jaune clair. D’emblée, la tourbe phénolique est bien là au nez. Elle se développe encore plus en bouche, avec une certaine onctuosité. Belle ampleur au palais, avec ce qu’il faut de notes épicées et fruitées pour satisfaire bien des goûts. Quasiment une version archétypale, mais aussi très savoureuse, du malt emblématique d’Islay.

Bunnahbhain

Une tourbe bien accompagnée …
Longtemps atypique par rapport aux autres distilleries d’Islay (car n’utilisant pas de malts tourbés), elle est située tout au nord de l’Île. Signifiant “Bouche de la crique”, elle se prononce Bouna’hav’n en gaélique. Fondée en 1881 par William Robertson et les frères Greenless, elle a connu plusieurs longues périodes d’arrêt, y compris après avoir été agrandie en 1963. Après quelques années d’incertitude, elle a été rachetée en 2003 par Burn Stewart qui a relancé la commercialisation et développé de nouvelles expressions, notamment tourbées.

Jaune d’or. Au nez, émane lentement mais avec puissance une dominante tourbée surtout végétale, associée à des notes miellées. En bouche, l’attaque est franche, moelleuse puis devient plus sèche. La tourbe domine sans écraser le palais, accompagnée de fruits jaunes et de fruits secs, bien soutenus par des notes épicées. Finale longue et chaleureuse, aussi épicée que tourbée.

Caol Ila

La tourbe, passionnément  …
Avec un nom qui signifie en gaélique “le détroit d’Islay”, un emplacement en face de l’île de Jura,
et une eau bien tourbée, la distillerie a toujours eu de quoi intéresser les amateurs de malts puissants. Bien que fondée en 1846, Caol Ila a été complètement remaniée vers 1972 par United Distillers (Diageo aujourd’hui). Compte tenu de la demande, elle a été à nouveau agrandie en 2011, ce qui porte sa capacité à 6,5 millions de litres par an. Elégants et bien tourbés, ses malts sont aujourd’hui disponibles en de multiples versions.

Jaune clair. De façon inhabituelle pour cette distillerie, le nez est fermé, et le caractère malté, à peine tourbé, met du temps à se révéler. En bouche, c’est le caractère sec qui domine d’entrée, la tourbe ne se dévoilant que très progressivement. Mais elle devient alors passionnante, avec cette finesse caractéristique, ici accompagnée par quelques fruits jaunes. Finale sèche mais sans astringence, qui ne pourra que séduire tous les fans de tourbe.

Bruichladdich Islay Barley 2009

Le Bruichladdich Islay Barley 2009 a été distillé à partir d’orge récoltée en 2007 par GilbieMcCormick de la ferme de Claggan, Hunter Jackson de la ferme de Cruach, Ian Mckerrell d’Island et Alastair Torrance de Mulindry. Ces quatre fermes sont toutes situées dans le centre d’Islay, un terroir différent de la ferme Rockside Farm en bord de mer d’où provenait l’orge du Islay Barley 2007.

Le nez, estival, s’ouvre sur des arômes de fruits exotiques et évolue vers la vanille du fût de bourbon relevée par une pointe épicée. Résolument malté, le palais est tapissé de notes de miel, de céréales, avec une pointe de citron typique de Bruichladdich. Très gourmand sur les notes d’amande et de pommes caramélisées, de gingembre et  de biscuit.

Ardbeg

Tourbe et élégance, tels sont les deux traits dominants des malts de cette distillerie d’Islay, appréciée de longue date par les amateurs. Sa spécificité provient surtout d’un dispositif de purification en haut du deuxième alambic, qui conserve le meilleur de la tourbe en lui évitant toute âcreté. Chaque nouvel arrivage est attendu avec impatience par les passionnés d’Islay.

[Commentaire à venir]

As we get it Islay

Tourbé, certes, mais sur le versant végétal

Sous cette dénomination originale («Comme nous l’avons trouvé»), Ian Mac Leod propose
régulièrement l’embouteillage d’un fût unique (single cask) soutiré sans la moindre manipulation : pas de réduction, pas de filtrage à froid, pas de colorant. Pur et naturel, peut-on dire. Tout repose bien évidemment sur le talent et le savoir-faire du maître de chais pour sélectionner un fût intéressant. Cette fois, son choix s’est porté sur un fût en provenance d’une distillerie d’Islay.

Jaune doré. Nez végétal, voire tourbé, aux herbes médicinales et notes de beurre. Très brûlant à l’attaque (un peu d’eau est recommandé), il se développe sur la tourbe grasse, très végétale.
Ample à onctueux, il garde tout de même un profil sec, surtout sur la finale. Belles notes fruitées (poire cuite) en accompagnement d’une très longue persistance.

Bowmore

Sec comme un coup de trique ….

Distillerie vedette de l’île d’Islay, elle se prévaut notamment de son ancienneté, avec une fondation en 1779 qui en fait une des plus vieilles d’Ecosse. Pratiquant le maltage d’une petite partie de ses orges, elle a longtemps commercialisé une des plus vastes gammes de single malts d’Islay émanant d’une seule distillerie, depuis le Legend (8 ans) jusqu’au mythique Black Bowmore (1964, 50 °) réservé à une élite… fortunée.

Jaune clair. Nez céréalier surtout, avec un peu de tourbe. Sec et assez brûlant, il supporte un peu d’eau qui révèle davantage sa dominante tourbée, plus sur le végétal que sur le phénolique. Corps ample et généreux, sur l’amande et les fruits secs, avec de la paille sèche. Assez austère jusqu’à la finale, de longue persistance.

PORT CHARLOTTE

Maritimement vôtre …. 

Fermée et démolie en 1929, cette distillerie d’Islay (appelée aussi Lochindaal) connaît la renaissance au 21e siècle. En effet, Bruichladdich élabore sous ce nom depuis 2001 un single malt assez tourbé, dont une faible partie est commercialisée chaque
année depuis 2006. Avec l’arrivée de Rémy-Cointreau comme nouveau propriétaire, la reconstruction de la distillerie ne semble plus à l’ordre du jour.

Jaune pâle. Nez de tourbe végétale, avec du fumé de bois de hêtre, et des notes salines rappelant le varech. Bouche chaleureuse et puissante, voire revigorante. Les épices (poivre noir) dominent sur une base maltée et tourbée, avec le bois brûlé en toile de fond. A croire qu’on se retrouve sur un quai d’Islay, au retour des bâteaux de pêche crachant leur panache de  fumée.

Smokehead

Solidement tourbé …
Ce single malt d’Islay, qui signifie « Tête fumée » a été sélectionné et assemblé par Ian MacLeod pour sa puissance tourbée. Il se caractérise également par un packaging novateur : la bouteille transparente est recouverte de grandes lettres façon affiches, un peu délavées par le temps, qui souligne les principales caractéristiques du Smokehead : Phenolic, Peaty, Vigourous, Smoky, Balanced, Deep, etc. que l’on retrouve déclinées en noir et gris sur l’emballage.

Doré tirant sur l’ambré. Une tourbe phénolique assez grasse se développe immédiatement, rappelant le goudron d’un bateau de pêche, avec quelques notes de fruits cuits (confiture). Le caractère sec s’impose dès l’attaque, puis s’accompagne d’un peu plus de rondeur miellée. La tourbe est maintenant plus végétale que phénolique, avec des notes de sous-bois, mais aussi un peu d’agrumes (citron vert). Longue persistance sur la tourbe, qui ne lâche pas prise de sitôt.

Bunnahabhain Cèobanach

Entre tourbe et mer …
Longtemps atypique par rapport aux autres distilleries d’ Islay (car n’utilisant pas de malts tourbés), elle est située tout au nord de l’Île. Signifiant « Bouche de la crique », elle se prononce Bouna’hav’n en gaélique. Fondée en 1881, elle a connu plusieurs périodes d’arrêt. Après quelques années d’incertitude, elle a été rachetée en 2003 par Burn Stewart qui a relancé la commercialisation et développé de nouvelles expressions, notamment tourbées, comme ce Céobanach (qui se prononce Chio Ba Nac), qui veut dire « brume fumée ».

Jaune très pâle. Au nez, la tourbe fumée s’exprime immédiatement, avec quelques notes iodées. Attaque moelleuse, mais bien épicée. La tourbe domine largement, accompagnée par un boisé assez vanillé. L’ensemble est puissant, bien fumé et relevé par des notes salées en fin
de bouche, accompagnées par du poivre noir. Incontournable pour les amateurs de tourbe… et même les autres !