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Springbank

« Authentique… et abordable »

La plus réputée des dernières distilleries de la région du Kyntire, qui en a compté plus d’une trentaine. Springbank, qui appartient à la famille Mitchell depuis sa création en 1828, maintient presque à elle seule l’originalité du style somptueux et complexe des malts de Campbeltown, dont l’aptitude au vieillissement est particulièrement remarquable. Tout est fait ici sur place, du maltage à l’embouteillage, avec une double distillation et demie.

Jaune doré. Dès le nez, on perçoit la tourbe spécifi que à la distillerie, plus végétale que phénolique. L’attaque est un peu brûlante, vu le degré, mais le malt séduit vite par son fondu sur le malté, le caramel au beurre et la tarte Tatin et quelques épices bien sûr. Plus concentré et sec que d’autres versions, il demande à s’ouvrir pour développer toute sa gamme aromatique sur la fi nale et la persistance, remarquable. Un brut de fût authentique… et très abordable.

Bunnahabhain 2003

Non tourbé, mais éminemment délectable …

Longtemps atypique par rapport aux autres distilleries d’Islay (car n’utilisant pas de malts tourbés), elle est située tout au nord de l’île. Signifiant « Bouche de la crique », elle se prononce Bouna’hav’n en gaélique. Fondée en 1881 par William Robertson et les frères Greenless, elle a connu plusieurs longues périodes d’arrêt, y compris après avoir été agrandie en 1963. Après quelques années d’incertitude, elle a été rachetée en 2003 par Burn Stewart qui a relancé la commercialisation et développé de nouvelles expressions, notamment tourbées.

Ambré. Surtout malté au nez, avec des notes animales et caramel. Puissant, et même un peu brûlant (mais supportable), il développe une grande harmonie sur le boisé, le sous-bois, le caramel au beurre, la vanille et la pommme cuite, dans un ensemble fondu et rehaussé par de fines notes épicées (cannelle, muscade ?). Non tourbé, mais éminemment délectable…

Kilkerran

Voluptueusement puissant

Vieilli intégralement dans des fûts de bourbon pendant 8 ans, cette édition limitée de la distillerie Kilkerran récemment rouverte est légèrement tourbée et double distillée, embouteillée brut de fût sans filtration à froid pour exprimer au mieux les arômes iodés et les notes de pomme verte caractéristiques de la distillerie.

Nez : fumé, pomme verte, rhubarbe. Bouche : saline, fermière, gourmande.
Finale : fumée, maltée et sucrée.

Springbank

Authentique… et abordable …

La plus réputée des dernières distilleries de la région du Kyntire, qui en a compté plus d’une trentaine. Springbank, qui appartient à la famille Mitchell depuis sa création en 1828, maintient presque à elle seule l’originalité du style somptueux et complexe des malts de Campbeltown, dont l’aptitude au vieillissement est particulièrement remarquable. Tout est fait ici sur place, du maltage à l’embouteillage, avec une double distillation et demie.

Jaune doré. Dès le nez, on perçoit la tourbe spécifique à la distillerie, plus végétale que phénolique. L’attaque est un peu brûlante, vu le degré, mais le malt séduit vite par son fondu sur le malté, le caramel au beurre et la tarte Tatin et quelques épices bien sûr. Plus concentré et sec que d’autres versions, il demande à s’ouvrir pour développer toute sa gamme aromatique sur la finale et la persistance, remarquable. Un brut de fût authentique… et très abordable.

Old Pulteney Navigator

Épicé et salé … 

La plus septentrionale des distilleries écossaises (exception faite des Orcades) remonte à 1826, et doit son nom à sir Williams Pulteney, directeur de la Société des Pêches britanniques qui y construisit un port modèle en 1811. Tout en changeant plusieurs fois de propriétaires, la distillerie a surtout fourni les blenders, qui apprécient son malt autant pour ses notes salées (la mer n’est qu’à 20 km) que ses caractères fruités dus à l’emploi de fûts de xérès (manzanilla). La gamme Navigator, sans âge indiqué, est déclinée en nombreuses variétés qui portent le nom d’un des phares de la côte.

Jaune légèrement doré. Nez discret, plutôt sec, avec un léger parfum iodé. En bouche, il développe un caractère également sec, avec un fondu aromatique où se distinguent l’amande, le raisin de corinthe blond, le gingembre et quelques notes miellées. La finale, longue, est surtout marquée par les épices (poivre) avec une sécheresse persistante, un peu salée.

EXCEPTIONNEL – Octomore 7.3 – * COLLECTOR TRES LIMITE *

Un sommet de sophistication …

Portant le nom d’une des sources qui alimentent la distillerie de Bruichladdich, sur Islay, le single malt Octomore s’annonce comme le malt le plus tourbé jamais élaboré en Écosse, utilisant des orges écossais, voire d’Islay. Le premier, distillé en 2002, atteignait un taux de phénol de 110 ppm, alors que les plus tourbés de l’époque ne dépassait pas les 50 ppm. Depuis, des versions encore plus tourbées sont régulièrement proposées ! Du jamais bu jusqu’à présent dans le monde des whiskies tourbés…

Jaune doré. Nez élégant avec de la puissance, sur le beurre frais, le gâteau au citron et les céréales maltées. En bouche, la tourbe s’installe en force, après une attaque brûlante et un peu salée. Au-delà de l’alcool, le malt est surtout moelleux, digne d’un vieillissement deux à trois fois plus important. Tout aussi impressionnant que le 7.1, mais en plus sec et maritime, avec une finale davantage astringente. Quand la distillation atteint des sommets de sophistication…

Smokehead

Solidement tourbé …
Ce single malt d’Islay, qui signifie « Tête fumée » a été sélectionné et assemblé par Ian MacLeod pour sa puissance tourbée. Il se caractérise également par un packaging novateur : la bouteille transparente est recouverte de grandes lettres façon affiches, un peu délavées par le temps, qui souligne les principales caractéristiques du Smokehead : Phenolic, Peaty, Vigourous, Smoky, Balanced, Deep, etc. que l’on retrouve déclinées en noir et gris sur l’emballage.

Doré tirant sur l’ambré. Une tourbe phénolique assez grasse se développe immédiatement, rappelant le goudron d’un bateau de pêche, avec quelques notes de fruits cuits (confiture). Le caractère sec s’impose dès l’attaque, puis s’accompagne d’un peu plus de rondeur miellée. La tourbe est maintenant plus végétale que phénolique, avec des notes de sous-bois, mais aussi un peu d’agrumes (citron vert). Longue persistance sur la tourbe, qui ne lâche pas prise de sitôt.

Hazelburn

Puissamment épicé …
Une ancienne distillerie de Campbeltown (1836-1925) a donné son nom à ce single malt distillé pour la première fois en 1996 par les Mitchell, dans les mêmes alambics utilisés pour Springbank et Longrow. L’idée était de refaire un malt comme dans les Lowlands, en utilisant un orge malté non tourbé, et en pratiquant une triple distillation. Ce malt est produit en faible quantité.
Jaune un peu doré. Nez vif, fruits jaunes, poivre noir, crème à la vanille. Plein de vivacité à l’attaque, mais sur un fond plus moelleux, voire onctueux. Poire mûre, prune jaune, avec beaucoup de mordant et un peu d’épices (gingembre, coriandre). Longue présence de la finale, avec une légère astringence. Un plus long vieillissement devrait encore l’enrichir.

Rozelieures fumé

Made in Lorraine …
Existant depuis 1860, la distillerie Grallet se trouve à Rozelieures, au sud de la Meurthe-et-Moselle. Il y a quelques années, Hubert Grallet, le distillateur, a eu l’idée de s’associer avec Christophe Dupic, cultivateur de céréales, pour élaborer le premier whisky lorrain, à partir d’une eau de grande qualité provenant des sources vosgiennes.
Reprenant les techniques écossaises, Rozelieures propose déjà plusieurs whiskies différents, dont ce whisky fumé, mais aussi des finitions dans des fûts de xérès, de Condrieux et de Nuits St Georges.
Ambré fauve. Nez puissant, surtout boisé, vieux cuir, havane. Attaque bien marquée, plutôt sèche. Fruits secs (noisette, raisins de Corinthe), pruneau et pomme cuite, la tourbe annoncée (20 ppm) ne se faisant guère sentir. Finale sèche et plus épicée, avec une longue persistance, beaucoup d’âpreté et toujours le boisé.

Benromach

Entre le fumé et l’épicé …
Construite en 1898, cette distillerie à l’ouest du Speyside, près de la ville de Forres, a rouvert exactement un siècle après, en 1998, 15 ans après sa mise en sommeil par DCL (United Distillers). Reprise par un embouteilleur indépendant, elle a été complètement modernisée, y compris pour l’alambic, d’une taille plus petite. C’était d’ailleurs la plus petite distillerie du Speyside… mais elle vient d’être supplantée par Ballindalloch. Cas rare, toute la production est utilisée en single malt.
Ambré clair. Nez un peu fumé, puis marqué par le végétal (foin), avec du caramel au beurre. Tapissant bien le palais, il est épicé, bien malté, avec du fruit sec (noisette) et une pointe d’agrumes. On retrouve un peu de bois brûlé sur la finale, bien réchauffante.

Glenglassaugh Torfa

Épicé et tourbé

Fondée en 1875, cette distillerie est située en bord de mer, sur le Moray Firth. Une localisation qui la voit parfois classée dans le Speyside (très voisin), mais aussi dans les Highlands du Nord. Assez vite propriété des Highland Distillers, elle a été complètement rénovée à la fin des années  50, avec notamment le changement des alambics.
Ses malts ont surtout été utilisés par les blenders. Mise en sommeil en 1986, elle a été rachetée par des investisseurs privés en 2008, qui ont relancé la production, puis reprise par le groupe BenRiach en 2013.
Jaune pâle. Nez un peu discret, surtout végétal, puis plus puissant à l’aération, affirmant un caractère tourbé. L’attaque est chaleureuse, presque brûlante. La bouche conjugue la tourbe (20 ppm) surtout végétale mais pas du tout phénolique, avec une puissance épicée (poivre gris, gingembre) qui lui donne beaucoup de corps. Mais il présente également une belle rondeur crémeuse jusqu’à la finale, bien épicée à nouveau.

Port Charlotte

Brut de tourbe

Fermée et démolie en 1929, cette distillerie d’Islay (appelée aussi Lochindaal) connaît la renaissance au 21ème siècle. En effet, Bruichladdich élabore sous ce nom depuis 2001 un single malt assez tourbé, dont une faible partie est commercialisée chaque année depuis 2006. Avec l’arrivée de Rémy-Cointreau comme nouveau propriétaire, la reconstruction de la distillerie ne semble plus à l’ordre du jour.

Jaune pâle. Nez nettement tourbé, assez phénolique. Attaque ample mais sèche. La tourbe et le fumé s’installent en force au palais, avec un accent sec, voire minéral, à peine complété par un peu de prune jaune. Net et sans fioriture, et juste amorti par la réduction, le caractère tourbé se déploie ici en toute simplicité… et en majesté.

Tamdhu

Agréablement malté

Fondée en 1896, cette distillerie du Speyside (non loin de Cardhu) est devenue très vite la propriété des Highland Distillers, avant d’appartenir à Edrington Group. Rénovée et agrandie dans les années 70, elle élabore des malts très appréciés des blenders. Elle a pour particularité de procéder sur place au maltage de son orge, en utilisant le système Saladin. Toutefois, la distillerie a été mise en sommeil en 2009. En 2011, Ian Macleod l’a rachetée, la production a repris un an après (mais le maltage a été arrêté) avec l’ambition de faire de Tamdhu un malt plus présent sur le marché.
Ambré doré. Nez discret, plutôt sur le fruité. Bien sec sur l’attaque, il se développe ensuite sur un registre plus moelleux, avec un bon fondu fruité, caramel au beurre et un peu de poivre noir pour le relever. Finale agréable, avec du caractère, et une bonne persistance sur le malté.

Yamazaki

Doux avec beaucoup de force

Fondée en 1924 par le groupe Suntory, c’est la plus ancienne distillerie de whisky du Japon, ayant bénéficié de l’expérience acquise en Ecosse par Matasaka Taketsuru. Située entre Kyoto et Osa-ka, elle se trouve dans une région montagneuse, avec un climat qui n’est pas sans rappelé les Hi-ghlands, et bénéficie d’une eau dont la pureté est reconnue depuis le 16èmc’ siècle. Equipée de douze alambics de forme et de contenance variées, la distillerie produit aujourd’hui des malts assez différenciés.

Jaune doré. Nez plutôt chaleureux, miellé, et des notes de fruits jaunes (pêche, coing) et un peu de cire d’abeille. Même chaleur en bouche dès l’attaque, mais sans excès. Bien charpenté sur une base maltée, il est onctueux, avec toujours le miel, les fruits jaunes, et quelques notes épicées plus évidentes en allant sur la finale : poivre gris, gingembre, coriandre et résine de pin. Très harmonieux, il possède aussi une belle force, qui se poursuit sur une longue persistance.

Woodford « Sweet Mash »

Frais et joliment boisé

Fondée en 1812 dans le Kentucky par Elijah Pepper, un des pionniers de l’élaboration du bourbon aux Etats-Unis, la distillerie a été relancée, après les vicissitudes de la Prohibition, par Brown Forman, son actuel propriétaire, à partir de 1996. De caractère artisanal, avec une production réduite, Woodford Reserve est la seule du Kentucky à utiliser des alambics à repasse (qui proviennent d’Ecosse) et à y pratiquer une triple distillation. Habituellement, la fermentation du bourbon se fait en ajoutant au moût une petite quantité de sour mash (maische aigre qui a été distilllée), mais ici, il s’agit d’un mash jeune utilisant une levure fraîche.

Couleur ambré-roux. Le nez est chaleureux, bien fruité (tarte aux pommes) et avec de légères notes de céréales. En bouche, l’attaque est moelleuse, puis il devient puissant et bien épicé, tout en gardant une certaine fraîcheur herbacé. On trouve aussi des notes de caramel, de fruits compotés (pomme), voire exotiques. Le corps offre une belle ampleur, puis le boisé s’installe progressivement jusqu’à dominer la finale, d’une bonne longueur.

Talisker 57 North

Chaud devant

Fondée en 1831, et seule rescapée sur l’ile de Skye qui en compta jusqu’à sept, la distillerie a connu un passé au moins aussi tourmenté que le relief volcanique de l’île : nombreux propriétaires, plusieurs fermetures, rapports ombrageux avec les seigneurs MacLeod. Son rachat par EXIL (Diageo) a permis de développer ce malt original dans la collection « Classic », même si les embouteillages non officiels sont rarissimes. Jaune doré tirant sur l’ambré.

Nez puissant, à la fois souffre et maritime. Attaque brûlante, mais chaleureuse aussi, avec beaucoup de poivre noir, d’épices et de notes à peine tourbées. Superbe richesse aromatique, avec du toffee, des fruits cuits, de la tarte Tatin, tout en restant sec et très apéritif. A savourer à très petites gorgées, ou avec quelques gouttes d’eau pour les gosiers sensibles. Direct, tranchant et incroyablement aromatique : à ne manquer sous aucun prétexte.

Springbank

Fidèle à sa réputation

La plus réputée des dernières distilleries de la région du Kyntire, qui en a compté plus d’une trentaine. Springbank, qui appartient à la famille Mitchell depuis sa création en 1828, maintient presqu’à elle seule l’originalité du style somptueux et complexe des malts de Campbeltown, dont l’aptitude au vieillissement est particulièrement remarquable. Tout est fait ici sur place, du maltage à l’embouteillage, avec une double distillation et demie.

Jaune doré. Nez lent à s’ouvrir, puis développe une belle puissance sur le malt et la tourbe végétale. Attaque vigoureuse, assez épicée. Grande ampleur en bouche avec toute la richesse aromatique qu’on attend de Springbank : malt, fruits jaunes, tourbe végétale (mais toutefois plus discrète que dans des versions précédentes), un peu de fruits secs (amande), de poivre noir et de gingembre. Fidèle à son style, mais on aurait aimé un vieillissement encore un peu plus long pour un meilleur fondu des arômes…

Springbank CV

L’art de l’assemblage

Chairman’s Vat (Assemblage du Président) ? Cuvee of Vintages (Cuvée de millésimes) ? Curriculum Vitae ? Chez Springbank, l’emblématique distillerie de Campbeltown, on se refuse à préciser la signification exacte de cette dénomination. Ce qui est assuré, par contre, c’est qu’il s’agit d’un assemblage minutieux de malts distillés en 2001 et maturés en fûts de bourbon, de xérès et de porto. Ils ont été sélectionnés avec soin par Franck McHardy, directeur de la production, et Stuart Robertson, directeur de la distillerie, pour leurs capacités complémentaires à constituer un grand whisky dans la parfaite tradition du style spécifique de Springbank.

Jaune doré. Immédiatement chaleureux, le nez développe avec douceur de belles notes végétales et animales, épaulées par des notes tourbées en arrière plan. Puissante, l’attaque ne manque pas non plus d’élégance. La jeunesse n’empêche pas la richesse aromatique d’une composition où se distinguent les fruits jaunes bien mûrs, le poivre noir, le bois de chêne et quelques épices exotiques. Le caractère végétal de la tourbe l’emporte largement sur le fumé, lui donnant une belle tonalité campagnarde. En finale, le fruité un peu sec amené par le xérès se fait à nouveau sentir, sans rompre l’harmonie générale, avec un caractère plus tannique qu’en bouche. La persistance est d’une très grande longueur.

Springbank

Une élégance très harmonieuse

La plus réputée des dernières distilleries de la région du Kyntire, qui en a compté plus d’une trentaine. Springbank, qui appartient à la famille Mitchell depuis sa création en 1828, main tient presqu’à elle seule l’originalité du style somptueux et complexe des malts de Campbeltown, dont l’aptitude au vieillissement est particulièrement remarquable. Tout est fait ici sur place, du maltage à l’embouteillage, avec une double distillation et demie.

Jaune doré. Nez charmeur, enveloppant, mêlant le malt et la tourbe sur une dominante miellée. Attaque plutôt puissante, déjà épicée, puis se développe une remarquable association entre le malt, la tourbe (surtout végétale) et de belles notes de fruits jaunes (pêche, poire Williams bien mûre). Le tout marqué par l’élégance inimitable de Springbank, toujours aussi harmonieuse. On retrouve aussi des fruits secs, un peu de miel et de bois de santal, et un peu de poivre noir pour nous mener jusqu’à la longue finale, séductrice sans être mièvre. Du grand art tout en finesse.

Port Charlotte PC10

Tourbe et bien brûlant

Fermée et démolie il y a près de 80 ans, cette distillerie d’Islay connaît une double renaissance au 21ème siècle. En effet, Bruichladdich élabore sous ce nom depuis 2001 un single malt assez tourbe, dont une faible partie est commercialisée chaque année depuis 2006. Par ailleurs, Bruichladdich a décidé de construire une nouvelle distillerie sur Islay portant ce nom, utilisant notamment du matériel récupéré à Inverleven.
Jaune doré. Nez d’abord peu expressif, puis se développe sur la tourbe, plus végétale que phénolique, avec des notes de champignons de sous-bois. Attaque vigoureuse, et même brûlante, mais il se développe ensuite sur une dominante moelleuse, plutôt miellée, mais avec toujours la tourbe végétale en dominante. Le caractère sec fini par l’emporter, avec une jolie persistance végétale et bien épicée.

Port Charlotte PC8

Fruité, tourbé, épicé

C’est la quatrième édition du single malt Port Charlotte élaboré par Bruichladdich, avec huit ans de vieillissement du whisky distillé en 2001. C’est aussi la dernière, les stocks étant épuisés… 30 000 bouteilles sont commercialisées pour le monde entier, au degré naturel.

Jaune clair, tirant sur la pêche jaune. Le nez offre à la fois des notes maritimes iodées, un peu de tourbe végétale, des traces d’agrume et une pointe poivrée ! Le tout bien fondu, avec une vraie puissance. En bouche, c’est d’abord une belle suavité qui s’installe, mais bien vite la dominante tourbée prend le dessus, relevée qui plus est par un caractère bien épicé. Mais s’exhalent aussi des notes de pêche jaune, un peu d’agrumes et même de la mangue. Un vrai festival aromatique sans aucune lourdeur, où la tourbe ne cesse de jouer sa petite musique en arrière-plan. Avec Jim Mac Ewans, Port Charlotte est en train de devenir un des malts les plus étonnants d’Islay.

Old pulteney

Entre miel et mer

La plus septentrionale des distilleries écossaises (exception faite des Orcades) remonte à 1826, et doit son nom à sir Williams Pulteney, directeur de la Société des Pêches britanniques qui y construisit un port modèle en 1811. Tout en changeant plusieurs fois de propriétaires, la distillerie a surtout fourni les blenders, qui apprécient son malt autant pour ses notes salées (la mer n’est qu’à 20 km) que ses caractères fruités dus à l’emploi de fûts de xérès (manzanilla) qui lui donnent son style assez sec.

Nez sec, austère, un peu fumé, puis s’ouvrant sur le maritime (iode, goudron) avec une pointe herbacée. Bouche suave à l’attaque, puis devient plus épicée, tout en conservant un caractère miellé. Bien charpenté, il déroule lentement une grande puissance aromatique, où l’on retrouve la bruyère, le bois de santal, avec des notes de fruits cuits (pruneau). La finale retrouve le côté salé, un peu astringent. Très long en bouche, il met beaucoup de temps à se faire oublier.

Kilkerran II

Une jeune vigueur

Glengyle est la nouvelle distillerie de Campbeltown, installée entre 2000 et 2004 par la société Springbank à Campbeltown. Il s’agit de la renaissance d’un site qui a été en activité de 1872 à 1925, appartenant à un membre de la famille Mitchell. Le malt qui est élaboré à Glengyle porte le nom de Kilkerran (pour des raisons de propriété commerciale), qui fait référence au saint évangélisateur de la région.

Jaune clair. Nez fruité (poire Williams), foin séché, puis tourbe végétale après aération. Attaque plutôt sèche et épicée, puis on retrouve la dominante fruitée du nez (poire, pomme mûre), avec toujours l’accompagnement discret de la tourbe. Le poivre noir et les épices se font davantage sur la finale, très fringante. Très apéritive, cette deuxième version de Kilkerran est plus vigoureuse et incisive.

Glengoyne

Un robuste compagnon

Cette distillerie fondée en 1833 présente la particularité d’être géographiquement dans les Lowlands, mais d’avoir été rattachée aux Highlands depuis une trentaine d’années, car l’eau qu’elle utilise en provient directement. En outre, sa typicité n’a rien à voir avec les malts herbacés et floraux des Lowlands. Une des spécificités de la distillerie est d’utiliser différents xérès pour le vieillissement de ses malts. Par ailleurs, une distillation particulièrement lente (3 litres à la minute) donne une complexité spécifique au malt. Ambré clair.

Le nez, d’abord fermé, développe un chaleureux boisé à l’aération. Attaque assez souple, puis une puissance plus marquée se développe. Le caractère boisé, voire tannique, s’accompagne de notes de céréales et de pain de campagne bien cuit. Robuste, il évolue vers une finale plus épicée (poivre noir surtout) assez apéritive.

Glengoyne

Apéritif et bien malté

Cette distillerie fondée en 1833 présente la particularité d’être géographiquement dans les Lowlands, mais d’avoir été rattachée aux Highlands depuis une trentaine d’années, car l’eau qu’elle utilise en provient directement. En outre, sa typicité n’a rien à voir avec les malts herbacés et floraux des Lowlands. Une des spécificités de la distillerie est d’utiliser différents xérès pour le vieillissement de ses malts. Nichée dans une vallée boisée où la rivière Campsie tombe en cascade, c’est en outre une des plus jolies de la région, voire d’Ecosse, ce qui ne gâte rien…

Jaune doré. Nez fermé, peu expressif, plutôt céréalier à l’aération. Vif à l’attaque, il se développe sur le malt, avec du moelleux et de la rondeur, mais sans perdre son caractère sec. qui lui donne un caractère nettement apéritif, malgré quelques notes de miel de bruyère. Finale assez longue, surtout sur la puissance maltée.

Connemara Turf Mor

Le brut de fut, le plus tourbé d’Irlande

Poursuivant sa politique de séries limitées pour sa marque Connemara, la distillerie irlandaise Cooley vient de sortir une deuxième déclinaison, après celle caractérisée par une finition en fût de xérès. Seul single malt tourbe d’Irlande, Connemara est désormais connu dans le monde entier pour son style tourbe caractéristique.

Turf Mor, nom donné à cette série de 20 000 bou­teilles, est bien plus tourbe que la version initiale, car elle affiche un taux de phénol de 50 ppm, ce qui lui permet de rivaliser avec les écos­sais Ardberg ou Laphroaig, tout en étant le single malt irlandais le plus tourbe sur le marché. De plus, il a été embouteillé à son degré naturel (58,2 %) et sans filtration à froid. Sur l’étiquette comme sur l’étui, un feu de briquettes de tourbe brûlant dans un âtre traditionnel irlandais explicite sans conteste la spécificité de Turf Mor.

Jaune clair. Au nez, une tourbe végétale se développe progressive­ment, avec des notes herbacées, puis, à l’aération, le fumé devient prédominant, évoluant sur le goudron et le bitume. Attaque rive, très puissante, puis le fumé de la tourbe s’installe avec une belle inten­sité. Il s’accompagne de notes plus fruitées (pomme verte, marmelade d’orange) mais aussi herbacées (menthe fraîche). Le corps est imposant, crémeux, tapissant largement le palais. H évolue sur le poivré, mais aussi sur un citronné acidulé. Et on retrouve longuement la tourbe sur une très belle finale. Une riche puissance tourbée qui confirme le profil spécifique de Connemara.

Bruichladdich

Un Islay ? Vous êtes sûrs ?

Fondée en 1881, cette distillerie d’Islay fait face à Bowmore, de l’autre côté du Loch Indaal. Elle a produit les malts les moins tourbés et les plus légers de l’île. Une caractéristique sans doute due à ses quatre alambics au col particulièrement haut. Après son rachat en 1995, elle a été mise en sommeil pendant plusieurs années, mais elle a repris depuis la distillation. Entre des assemblages passionnants et de nouvelles façons de distiller, Jim Mc Ewan ne cesse d’étonner le monde du malt. Mais, le 23 juillet dernier, elle a été rachetée par le groupe français Rémy Cointreau, pour 73 millions d’euros…

Jaune doré. Nez malté, floral, avec des traces d’agrumes. Attaque puissante, presque brûlante (surtout pour un réduit…) puis se développe une belle ampleur, harmonieuse. Le caractère malté domine, mais bien accompagné de fines notes fruitées (fruits secs, poire jaune) mais aussi florales (fleurs blanches). Une dominante plus épicée vient relever la finale. Un malt très équilibré, mais qui, à l’aveugle, n’indiquerait pas du tout son origine d’Islay…