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La sélection … Tomintoul

« Sec comme un coup de… xérès »

Créée en 1965, la disillerie, d’abord indépendante, est entrée ensuite dans le groupe Whyte & Mackay, qui changera plusieurs fois de mains. Finalement, c’est la société indépendante et familiale Angus Dundee Distillers qui rachète Tomintoul en 2000, puis Glencadam en 2003. Encore méconnue, Tomintoul a une activité importante (3,3 millions litres d’alcool par an) et une large gamme, non tourbée et tourbée, d’une quinzaine de références.

Jaune clair. Nez à dominante céréalière, mais sec, légèrement épicé. Attaque un peu brûlante, donnant une dominante sèche qui demeure ensuite, rappelant le xérès type fi no. Notes d’amandes et de fruits secs (raisins de Corinthe) qui apporte un léger moelleux. Final assez sec, un peu astringent. Un très bon apéritif …

Girvan

« Fort en bouche… mais faible en arômes »

Construite en 1983 dans le sud de l’Ecosse, la distillerie Girvan a été voulue par William Grant &
Sons (Glenfi ddich) pour maîtriser ses approvisionnements en whisky de grain pour ses blends,
suite à un diff érend avec son fournisseur DCL. D’une capacité de 15 millions de litres par an, c’est une des plus importantes d’Ecosse. Sur le site, a existé une distillerie de malt, Ladyburn, de 1966 à 1975. Une autre, Ailsa Bay, également productrice de single malt, a été créée en 2008, et produit aujourd’hui 12 millions de litres par an, uniquement pour les blends du groupe Grant & Sons.

Jaune pâle. Nez assez léger, sur les céréales, un peu de fruits jaunes et des notes d’alcool. Très sec en bouche, avec beaucoup de puissance (degré oblige), on retrouve la dominante céréalière relevée par le poivre noir, le fruité du nez étant moins évident. Pour les amateur de puissance… faiblement aromatique !

Springbank

Springbank à l’apéritif ? Et oui !

La plus réputée des dernières distilleries de la région du Kyntire, qui en a compté plus d’une trentaine. Springbank, qui appartient à la famille Mitchell depuis sa création en 1828, maintient presque à elle seule l’originalité du style somptueux et complexe des malts de Campbeltown, dont l’aptitude au vieillissement est particulièrement remarquable. Tout est fait ici sur place, du maltage à l’embouteillage, avec une double distillation et demie.

Jaune clair. Légèrement moelleux au nez, avec de la tourbe végétale en arrière-plan. En bouche, il se développe rapidement avec une belle fougue sur une solide base maltée. De caractère sec, il est surtout épicé (poivre noir), la tourbe se faisant à peine sentir. Jeune encore, il réunit déjà les composantes fruitées, poivrées, maltées et tourbées du style, mais moins fondues que dans les versions plus âgées. Ce qui donne un excellent apéritif… et oui !

Springbank

Springbank à l’apéritif ? Et oui ! …

La plus réputée des dernières distilleries de la région du Kyntire, qui en a compté plus d’une trentaine. Springbank, qui appartient à la famille Mitchell depuis sa création en 1828, maintient presque à elle seule l’originalité du style somptueux et complexe des malts de Campbeltown, dont l’aptitude au vieillissement est particulièrement remarquable. Tout est fait ici sur place, du maltage à l’embouteillage, avec une double distillation et demie.

Jaune clair. Légèrement moelleux au nez, avec de la tourbe végétale en arrière-plan. En bouche, il se développe rapidement avec une belle fougue sur une solide base maltée. De caractère sec, il est surtout épicé (poivre noir), la tourbe se faisant à peine sentir. Jeune encore, il réunit déjà les composantes fruitées, poivrées, maltées et tourbées du style, mais moins fondues que dans les versions plus âgées. Ce qui donne un excellent apéritif… et oui !

Ardmore

Située dans une vallée reculée à la limite du Speyside, cette distillerie centenaire (fondée en 1898) sert essentiellement à alimenter l’élaboration du blend Teacher’s. Malgré son importance – huit grands alambics chauffés au charbon – elle est encore méconnue, et rares sont les embouteillages indépendants de ses malts.

Ambré un peu fauve. Nez chaleureux, à dominante fruité, avec du miel et un peu de vanille. Attaque moelleuse, puis il devient puissant et vif. Fruits cuits, miel, caramel au beurre, puis finale plus boisée, plutôt astringente, alors que les notes fruitées l’emportent et persistent longtemps. L’apport du xérès se traduit par un assouplissement général, rendant le malt moins agressif et nettement plus fruité que précédemment. Le boisé est également plus sensible.

Bunnahabhain

Tourbé ? Oui, et bien comme il faut … 

Longtemps atypique par rapport aux autres distilleries d’Islay (car n’utilisant pas de malts tourbés), elle est située tout au nord de l’Île. Signifiant “Bouche de la crique”, elle se prononce Bouna’hav’n en gaélique. Fondée en 1881 par William Robertson et les frères Greenless, elle a connu plusieurs longues périodes d’arrêt, y compris après avoir été agrandie en 1963. Après quelques années d’incertitude, elle a été rachetée en 2003 par Burn Stewart qui a relancé la commercialisation et développé de nouvelles expressions, notamment tourbées.

Jaune pâle. Nez bien marqué par la tourbe phénolique, sans excès. En bouche, la même tourbe domine largement le palais, laissant juste un peu de place à quelques notes fruitées et un peu de poivre noir. Corps moelleux et onctueux, pour ne pas dire gras. Net et sans fioritures, jusqu’à la finale et largement au-delà. Qui aurait cru ça de cette distillerie il y a encore dix ans ?

Laphroaig

Tourbé, mais avec modération …
Créée vers 1815 par la famille Johnston (dont l’un des membres a péri noyé… dans une cuve de fermentation), cette distillerie d’Islay est longtemps restée une propriété familiale, possédant ses propres aires de maltage de l’orge (toujours utilisées) et ses tourbières. Sa puissance et ses arômes originaux ont donné à Laphroaig (qui se prononce « Lafrog ») un rôle de pionnier dans la découverte des malts d’Islay.
Jaune clair. Plutôt doux au nez, puis la tourbe fumée se laisse deviner, sans être très marquée. Attaque onctueuse sur la prune jaune, puis la tourbe fumée s’installe calmement, pour finir par dominer tout le palais. Elle s’accompagne d’épices (gingembre, coriandre, un peu de poivre gris) dans un équilibre bien harmonieux. Finale plus âpre, presque astringente.

Longrow red

Atypique mais charmeur

Ambré léger tirant sur le rosé. Nez fruité (fruits rouges), plutôt tourbé en arrière-plan. Attaque puissante et épicée, avec un peu de fraise et de melon, combinée à une tourbe plus végétale et terrienne que phénolique. Malgré le degré d’alcool, l’ensemble est finalement assez doux, avec d’intéressantes notes de vieux rose. Une maturation atypique mais qui n’est pas sans charme…

Longrow Red

Une finition pour quoi faire ?

Portant le nom d’une ancienne distillerie de Campbeltown fondée en 1896, et dont le dernier bâtiment existant abrite un des chais de Springbank, Longrow est aujourd’hui un single malt distillé dans les mêmes alambics que ceux servant à élaborer le Springbank. Mais est utilisé un malt entièrement tourbe (et non partiellement), avec une double distillation classique, et un vieillissement uniquement en fût de réemploi. Ce malt, peu produit, a servi d’abord à donner des notes tourbées cabernet-sauvignon aux Wends de Springbank, avant d’être commercialisé en single depuis les années 90.

Jaune doré, tirant sur l’ambré. Nez bien marqué par la tourbe végétale. Attaque plutôt moelleuse, puis il développe la dominante tourbée caractéristique de Longrow. A peine devine-t-on quelques traces fruitées en arrière-plan, alors que la tourbe prend de plus en plus d’ampleur jusqu’à la finale. A se demander à quoi a servi la finition en fût de vin rouge, à part peut-être le caractère plutôt doux de l’attaque…

Dailuaine

Tout simplement classique

Comme l’indique son nom gaélique (« vallon verdoyant »), la distillerie est située dans un creux au bord de la rivière Spey. Créée en 1852 par William Mackenzie, elle a été peu de temps après reliée au réseau de chemins de fer, ce qui a beaucoup influé sur son développement. Ce fut la première distillerie du Speyside à être munie de la cheminée se terminant par une pagode, conçue par Charles Doig en 1889. Equipée de six alambics, et plusieurs fois modernisée, son malt a été réservé longtemps aux blenders (Johnnie Walker), et il est encore peu embouteillé en single.

Ambré doré. Le nez, assez léger, débute sur de la fraîcheur fruitée, puis des notes de céréales plutôt campagnardes, avec une petite pointe de miel de bruyère. Malgré la réduction, l’attaque est assez puissante, mais moelleuse avec un solide caractère épicé. Le corps évolue sur le fruité (influence du xérès ?) avec de la pomme et de la poire, mais la dominante reste avant tout sur les céréales. La finale est plutôt longue, avec toujours ce bel accord épicé qui persiste longuement. Certes, ce n’est pas de l’originalité qu’on trouvera dans cette bouteille, mais simplement une belle illustration du classicisme en vigueur dans le Speyside.