Les atouts de l’âge
Fondée en 1899 lors du “boom du whisky”, cette distillerie à l’ouest du Speyside a essentiellement servi à alimenter les blenders, même si le single malt a parfois été diffusé sous le nom Dallas Mhor. La production a été stoppée en 1983, mais les bâtiments, ayant peu changé en près d’un siècle d’existence, ont été transformés en musée du whisky par Historic Scotland (les Monuments Historiques d’Ecosse) en 1988, à ne manquer lorsqu’on visite la région. Faut-il préciser que le malt est de plus en plus rare…. ?
Ambré soutenu. Nez chaleureux, bien épicé avec une dominante tannique, bois de santal. Moelleuse, l’attaque prend vite de la puissance, voire de la brutalité. Sur un corps vigoureux, se développent des notes très fondues de pommes cuites, de cuir, de boisé, de cire d’abeille… Une belle harmonie qui ne manque pas de vivacité, grâce à une pointe épicée qui se développe jusqu’à la finale, d’une grande longueur et d’une belle permanence. Comme quoi l’âge est souvent bien profitable aux malts…
Solide et bien charpenté…
Nouvelle déclinaison du concept souhaitant proposer aux fumeurs de cigare un single malt – en l’espère un brut de fût – accordé aux arômes des havanes et autres vitoles.
Ambré aux reflets bronze doré. Nez à la fois puissant et élégant, à dominante fruits cuits, notes de cacao et de biscuit au beurre. Attaque moelleuse sans excès, car il devient vite plus brûlant et plus sec. Corps solide et bien charpenté, alliant le fruité, le caramel avec des notes plus épicées et surtout poivrées, avec des notes plutôt végétales (foin séché, mousse) en arrière-plan. Très longue persistance en bouche.
La tourbe, comme on l’aime …
Avec un nom qui signifie en gaélique « le détroit d’Islay », un emplacement en face de l’ile de Jura, et une eau bien tourbée en provenance d’un loch où souffle en permanence une brise aux effluves de bruyère et de myrte, la distillerie a toujours eu de quoi intéresser les amateurs de malts puissants. Bien que fondée en 1846, Caol lia a été complètement remaniée vers 1972 par United Distillers (Diageo aujourd’hui). Elégants et bien tourbes, ses malts sont aujourd’hui disponibles en de multiples versions.
Jaune pâle. Au nez, la tourbe .à la fois végétale et phénolique se développe rapidement, accompagnée de quelques notes de fruits jaunes (poire, coing). Attaque puissante (malgré l’âge déjà élevé) mais très moelleuse également. La tourbe domine largement, comme au nez, mais plus végétale et fruitée surtout. Tapissant bien le palais, le malt reste sur un caractère plutôt sec, à peine épicé jusqu’à une très longue finale et une persistance tourbée remarquable. Que du bonheur.
Elégance tourbée…
Longtemps atypique par rapport aux autres distilleries d’Islay, elle est située tout au nord de l’Île. Signifiant “Bouche de la crique”, elle se prononce Bouna’hav’n en gaélique. Fondée en 1881 par William Robertson et les frères Greenless, elle a connu plusieurs longues périodes d’arrêt, y compris avoir été agrandie en 1963. Après quelques années d’incertitude, elle a été rachetée en 2003 par Burn Steward, (groupe CL World Brands) qui a relancé la commercialisation et développé de nouvelles expressions, notamment tourbées, pour les malts. La distillerie est équipée de deux paires d’alambics et de six fermenteurs en pin d’Oregon.
Jaune clair. La tourbe fumée est immédiatement présente au nez, avec une belle élégance. Attaque d’une belle finesse, puis la tourbe s’installe avec majesté et ampleur, accompagnée de discrètes notes fruitées et herbacées. Un peu plus poivré sur la finale, il reste sec sur une très belle persistance en bouche. Rarement la tourbe a donné une telle élégance à un malt…
Puissant, mais charmant…
Longtemps atypique par rapport aux autres distilleries d’Islay, elle est située tout au nord de l’île. Signifiant « Bouche de la crique », elle se prononce Bouna’hav’n en gaélique. Fondée en 1881 par William Robertson et les frères Greenless, elle a connu plusieurs longues périodes d’arrêt, y compris après avoir été agrandie en 1963. Après quelques années d’incertitude, elle a été rachetée en 2003 par Burn Stewart, (groupe CL World Brands) qui a relancé la commercialisation et développé de nouvelles expressions, notamment tourbées, pour les malts.
La distillerie est équipée de deux paires d’alambics et de six fermenteurs en pin d’Oregon. Ambré clair, à peine tenté d’orangé. Nez fruité, doux, avec quelques notes vineuses, voire porto. Attaque vive, presque brûlante. Puis le corps ample se révèle d’une belle douceur charmeuse, qui devient ensuite plus épicée. Les notes fruitées du vin se font sentir, mais sans écraser le caractère malté qui reste bien présent. Long, avec une finition de plus en plus tannique, un malt à la fois puissant mais aussi charmant.
Une étonnante finesse aromatique
Fondée en 1881, cette distillerie d’Islay fait face à Bowmore. Elle a produit les malts les moins tourbes et les plus légers de l’île, grâce à ses quatre alambics au col particulièrement haut Après son rachat en 1995, elle a été mise en sommeil, mais elle a repris depuis la distillation, proposant des assemblages passionnants et de nouvelles façons de distiller. En juillet dernier, elle a étérache le groupe français Rémy Cointreau. Le Bere Barlei est une variété d’orge cultivée depuis plusieurs milliers d’années, notamment en Ecosse, et c’est pour cela qu’elle a été choisie par la distillerie, par rapport à sa politique de proximité pour ses matières premières.
Jaune très pâle. Nez à dominante de céréales fraîchement moissonnées, avec beaucoup de fraîcheur florale qui s’accompagne à l’aération de notes de pommes et de poires, et quelques traces de vanille. En bouche, une dominante de miel (sans être sucrée pour autant) et de fruits délicats, mais bien rehaussée par une belle puissance un peu poivrée. La finale devient plus puissante, grâce aux notes tanniques du fût. Est-ce l’orge… ou le talent du distillateur qui a produit ce malt exquis et d’une étonnante finesse aromatique ?
Tourbé, mais bien apéritif
Distillerie vedette de l’île d’Islay, elle se prévaut notamment de son ancienneté, avec une fondation en 1779 qui en fait une des plus vieilles d’Ecosse. Pratiquant toujours le maltage d’une partie de ses orges, elle commercialise une des plus vastes gammes de single malts du marché émanants d’une seule distillerie, depuis le Legend (8 ans) jusqu’au mythique Black Bowmore (1964, 50 °) réservé à une élite… fortunée.
Ambré soutenu aux reflets acajou. Au nez, la tourbe s’installe rapidement, dans un ensemble plutôt végétal que vraiment fumé. En bouche, attaque assez piquante et vive. Puis le fruité (pruneau) rivalise avec la tourbe, dans un contexte bien épicé et poivré, mais qui conserve une belle fraîcheur. La finale évolue fortement sur l’astringence, développant ainsi un caractère avant tout apéritif… de façon un peu inattendue pour un malt de cet âge.
Fleurs, fruits et épices : tout un programme
Fondée en 1814 tout au sud de l’Ecosse, dans les Lowlands, cette ferme distillerie possédant beaucoup de charme a été de nombreuses fois fermée puis rouverte tout au long de son histoire. La dernière fermeture, en 1993, a failli lui être fatale, même si elle avait été aménagée en centre de visite, mais un Irlandais à la recherche d’une maison de campagne en est tombé amoureux et a décidé de relancer la production depuis 1999.
Jaune très pâle. Nez sec, plutôt citrique, avec des notes de fleurs blanches. Attaque vive et sèche, puis il se révèle plutôt moelleux, avec une richesse florale et fruitée d’un grand intérêt : pissenlits, pêche blanche, pomme verte, le tout bien relevé par des notes de poivre gris et de coriandre. L’ensemble devient plus sec jusqu’à la finale, même si le miel continue à se faire sentir jusqu’au bout. Un Lowlands au caractère bien marqué, d’une vraie originalité.
Fruité et épicé
Cette distillerie des Highlands remonte à la fin du 18e siècle, appelée alors Aldour, mais elle a été ensuite déplacée puis plusieurs fois agrandie, notamment en 1973 avec le doublement du nombre d’alambics. A noter que le village dont elle porte le nom s’écrit lui avec deux « 1 ».
Ses malts servent essentiellement aux blends de Bell’s (Diageo), et ne sont que rarement disponibles, sauf pour des éditions commémoratives limitées. Jaune doré. Nez fruité, avec un caractère plus épicé à l’aération, avec des notes boisées (santal ??). Plutôt rond et moelleux à l’attaque, il monte vite en puissance, avec une belle dominante maltée accompagnée de fruits (pomme cuite, liqueur d’orange), d’un peu de caramel et de notes plus épicées. Finale chaleureuse et bien fruitée, mais tout de même un peu courte…
Fruité et épicé
Situé à plus de 200 m d’altitude sur le versant nord du mont du même nom, le site est alimenté par des eaux abondantes et bien filtrées par le granit. Ce qui explique l’implantation ancienne d’une distillerie (avant 1820). Réaménagée en 1955 et équipée d’alambics supplémentaires 11 ans plus tard, ses malts ont longtemps alimenté les blends Crawford, avec une distillation en deux étapes et demi. Le single malt est rare sur le marché… sauf pour les membres du Clan, qui en ont dégusté déjà plusieurs versions.
Jaune doré. Nez à dominante maltée, peu expressif. Brûlant à l’attaque, il se développe sur une base maltée, avec quelques notes de fruits jaunes et un caractère plutôt moelleux. Des notes plus épicées (poivre noir, gingembre) s’élèvent avec la finale qui garde tout de même un caractère plutôt sec. Belle persistance sur le fruité et les épices.