Un fruité exotique
En face d’Islay, et peuplée de cerfs (qui lui ont donné son nom en ancien norvégien), l’île de Jura, montagneuse et peu habitée, doit une partie de sa célébrité à George Orwell, qui, dans ce cadre tourmenté, y a écrit son roman 1984. La distillerie remonte au moins au début du 19ème siècle, mais a été remaniée et modernisée à plusieurs reprises depuis. Elle se caractérise par des alambics aux cols très longs.
Jaune très clair. D’abord discret, le nez se développe sur un caractère à peine fruité avec des notes de résine. D’abord moelleuse, la bouche évolue vite sur une belle puissance avant tout épicée. Puis se développent des notes fruitées : poire, fruit de la passion, mangue, au caractère assez exotique. Sec et plutôt astringent, avec une forte domination des épices. Très apéritif.
Toute la richesse de l’âge
Comptant plus de deux siècles d’existence, la distillerie des îles Orkneys, l’une des plus septentrionales d’Ecosse, a connu le succès très tôt, avec des malts appréciés dès 1833 par le tsar de Russie et le roi du Danemark. Highland Park possède toujours sa propre malterie, assurant jusqu’à 20 % de ses besoins. En 12 ans d’âge, c’est l’un des malts les plus vendus dans le monde, mais les autres versions sont plus rares… sauf au Clan.
Ambré fauve. Nez de cuir vieilli, de cire jaune d’abeille, avec du havane et du bois de santal, puis une tourbe végétale se développe à l’aération, avec des notes de xérès. Attaque moelleuse, puis se développe une forte puissance épicée, remarquable pour un malt de cet âge. L’ensemble se développe sur une belle rondeur, avec un caractère un peu sec, voire tannique. S’entremêlent harmonieusement, outre les arômes du nez, le caramel au beurre, la bruyère, le poivre noir, la tarte tatin… Une véritable auberge espagnole des saveurs, dont chacun peut faire son miel…
Un automne dans les Highlands
Fondée en 1891 par le créateur de White Horse, Peter Mackie, cette distillerie a servi principalement à l’assemblage de ce blend, même si son embouteillage en single a commencé très tôt, quoiqu’en quantités limitées. Située au coeur du Speyside, non loin de Macallan, elle a été modernisée et agrandie en 1965. Elle appartient depuis 1998 au groupe Martini-Bacardi.
Ambré. Nez fauve, sous-bois, pommes cuites. Attaque un peu brûlante, mais le corps se développe ensuite sur un bel ensemble d’arômes boisés et tanniques, avec beaucoup de fruité comme au nez, dans un registre de confiture. Mais il reste sec jusqu’à la finale, avec un peu d’astringence, l’ensemble des arômes étant
Élégamment fruité
Cette distillerie du Speyside, fondée en 1876 et agrandie en 1962, est assez méconnue des amateurs de malt… mais pas des blenders, qui ont été longtemps les seuls à l’utiliser, notamment pour Haig. Elle offre la particularité d’avoir six alambics équipés de purificateurs, ce qui donne un malt plus léger et plus net. Mis à part un embouteillage officiel de dix ans, les malts sont encore très rares sur le marché.
Jaune doré. Nez de céréales et de miel, mais plus sec à l’aération. Attaque vive, surtout pour un malt de cet âge. Passé le caractère un peu brûlant, il se révèle plutôt onctueux, sans perdre de son caractère sec et un peu astringent. Céréales, fruits jaunes (poire, pêche) sont accompagnées de petites notes poivrées, voire épicées. De plus en plus sec vers la finale, son fruité reste élégant avec une belle persistance.
Apéritif bien fruité
Bien que fondée en 1880, et modernisée un peu moins d’un siècle plus tard, cette distillerie du Speyside, dans la ville de Rothes, n’a jamais vraiment fait beaucoup parler d’elle. Il est vrai que ses malts sont depuis longtemps essentiellement utilisés pour élaborer le blend J&B, qui se réserve la quasi-totalité de la production. Une rareté, surtout en brut de fût.
Jaune clair. Nez évoluant entre fruits mûrs et champ de céréales, avec quelques notes de fruits secs (noix). Attaque généreuse, puis se développe un corps plein, avec poivre noir et piment, mais de la pomme cuite, du coing, des amandes séchées. La finale est plus tannique, rendant le malt très apéritif. Belle persistance sur le fruité et les épices.
Fruité avant tout, mais pas seulement
Fondée en 1832, cette distillerie de Campbeltown a d’abord connu une belle prospérité jusqu’au début du 20ème siècle. Mais la crise qui frappa la région après la seconde guerre mondiale ne l’a pas épargné ; l’un de ses propriétaires fut retrouvé noyé dans le loch en 1928, et on dit localement que son fantôme hante toujours les lieux. A l’inverse de beaucoup d’autres, Glen Scotia ne fut pas démantelée, même si sa production fut souvent sporadique. Actuellement en sommeil partiel, elle est à vendre, même si sa voisine Springbank la fait fonctionner quelques mois par an. Ses malts sont donc assez rares.
Couleur ambré aux accents fauves. Le nez est boisé, avec des notes de havane, de cuir ciré et de pommes cuites. Une petite pointe iodée se fait sentir. Attaque assez voluptueuse, puis, malgré une forte puissance épicée, il reste d’une belle rondeur moelleuse. On retrouve les notes de pommes cuites, de caramel, mais associées avec le caractère très épicé. La finale est longue, plutôt astringente et très fruitée.
La chaleur du xérès ,,,
Protégé du duc de Gordon (à l’origine de la loi de 1823 qui a mis fin à la distillation clandestine), James Allardice fonda la distillerie en 1826, qui fut ravagée par un incendie onze plus tard, suite aux négligences de son propriétaire. Reconstruite, elle connut plusieurs propriétaires, dont Walter Scott et Charles Grant (de la distillerie Glenfiddich), puis Teacher’s, Allied Breweries et enfin Pernod-Ricard, qui l’a revendu en 2008 à BenRiach, propriété d’un groupe d’investisseurs, qui ont relancé la production après des années de mise en sommeil.
Ambré aux nuances fauves. Nez puissant, aux notes vineuses de xérès. Attaque puissante (l’alcool est sensible), il se développe ensuite sur un moelleux assez opulent, bien marqué par les notes du xérès, notamment le cacao amer et un peu de boisé. La finale est relevé par des notes poivrées et épicées qui renforcent son caractère sec. Très chaleureux pour un automne brumeux.
Une finition réussie
Cette distillerie fondée en 1833 présente la particularité d’être géographiquement dans les Lowlands, mais d’avoir été rattachée aux Highlands depuis une trentaine d’années, car l’eau qu’elle utilise en provient directement. En outre, sa typicité n’a rien à voir avec les malts herbacés et floraux des Lowlands. Une des spécificités de la distillerie est d’utiliser différents xérès pour le Finition Manzanilla vieimssement de ses malts. « Nichée dans une vallée boisée où la rivière Campsie tombe en cascade, c’est en outre une des plus jolies de la région, voire d’Ecosse, ce qui ne gâte rien…
Couleur ambré fauve. Nez chaleureux, bien boisé (santal, acajou) et plutôt fruité. Sec dès l’attaque, il se développe dans un registre puissant marqué par les épices (poivre noir), mais aussi des notes de fruits cuits (pomme, poire), voire de pruneau et de banane séchée. Le corps chaleureux est d’une belle ampleur, tout en gardant un registre bien sec. L’apport de la manzanilla est ici sensible et bien intégré au malt.
Fruité et épicé, Bel apéritif
Au nord des Highlands, entre Banff et Aberdeen, Glen Garioch (qui se prononce glenn guirie ) remonte à la fin du 18e siècle, et plusieurs bâtiments d’origine ont été conservés, ainsi que les aires de maltage, inutilisées depuis 1979. Longtemps propriété de DCL, elle fait partie du groupe Morri-son Bowmore depuis 1970, et, après une mise en sommeil en 1995, elle a repris du service deux ans plus tard… faute d’avoir trouvé un repreneur. La gamme des embouteillages officiels a été complètement revue en 2009.
Jaune pâle. Nez sec, malté, cire d’abeilles, un peu de miel de sapin. Attaque en bouche vive, voire brûlante. Le corps est sec, plutôt épicé, avec quelques notes de fleurs blanches et de fruits jaunes (prunes). Assez nerveux, c’est avant tout un apéritif avec une belle tenue en bouche, retrouvant le côté cireux, un peu gras, sur la finale, longue et bien persistante.
Malt et vin : de quoi surprendre
Fondée en 1832, cette distillerie de Campbeltown a d’abord connu une belle prospérité jusqu’au début du 20ème siècle. Mais la crise qui frappa la région après la seconde guerre mondiale ne l’a pas épargné ; l’un de ses propriétaires fut retrouvé noyé dans le loch en 1928, et on dit localement que son fantôme hante toujours les lieux. A l’inverse de beaucoup d’autres, Glen Scotia ne fut pas démantelée, même si sa production fut souvent sporadique. Sa voisine Springbank l’a fait fonctionner quelques mois par an, mais sa reprise par Loch Lomond Distillers semble annoncer un avenir meilleur. Mais ses malts restent encore assez rares…
Ambré tirant sur le brun-rouge. Nez puissant, voire agressif, avec des notes fauves, voire vineuses. En bouche, attaque sur l’alcool, mais vite complétée par un caractère souple et moelleux, plus acceptable qu’au nez. Croisement étonnant entre les notes céréales et celles tanniques du vin. Sans être désagréable, car les deux se complètent plus qu’elles ne s’opposent, le résultat est tout de même bien surprenant… Qu’en penseront les puristes du malt… ?