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La sélection … Kirin Signature

« Rond avec du caractère »

Important brasseur japonais, le groupe Kirin a ouvert la distillerie de Gotemba en 1972, au pied du mont Fuji, en s’associant avec Seagram et Chivas, puis en devient l’unique propriétaire par la suite. Tout est fait sur le même site, du brassage à l’embouteillage, les alambics produisant single malts et eaux-de-vie de grain. L’élevage est réalisé dans des fûts de 180 litres, plus petits que ceux de bourbon.

Doré soutenu. Nez fruité sur l’orange et la poire. Moelleux voire gourmand en bouche, mais relevé par quelques notes épicées, avec aussi du caramel au beurre et du biscuit tendre. Un blend rond, voire charnu, mais avec du caractère et une vraie personnalité. A découvrir…

La sélection … Glendullan 16 ans

« Surtout épicé »

Deux périodes marquent l’histoire de cette distillerie créée à la fi n du 19ème siècle. Au cours de la première, elle produisait un malt très apprécié du roi Edouard VII, qui avait droit à des versions spéciales. Rachetée par la DCL, la distillerie va être progressivement fermée dans les années 70, tandis qu’une unité de production (brassage et distillation) est construite à proximité, donnant des malts plus légers et plus aromatiques que ceux de l’ancienne installation. Glendullan est l’un des trois Singleton commercialisés aujourd ‘hui par Diageo.

Ambré soutenu. D’abord discret, le nez se développe ensuite sur une belle puissance maltée, avec des notes de fruits rouges. Attaque plutôt moelleuse, puis vite épicée, mais avec de la rondeur en bouche, et aussi de la vivacité. Les fruits cuits (pomme notamment) sont présents, mais le caractère épicé domine l’ensemble. Persistance assez courte, sur l’astringence.

Takinoka black

Une puissance rare …

La distillerie japonaise White Oak est historiquement la plus ancienne de l’archipel, ayant obtenu sa licence dès 1919. Mais elle a mis plusieurs décennies avant de commercialiser ses whiskies (notamment le single malt Akashi). Les installations actuelles remontent à 1984, et la production n’atteint pas les 50 000 litres par an. Tokinoka (le parfum du temps en japonais) est sa marque de blend, assemblage à l’écossaise d’eaux-de-vie de grain et de single malt.

Jaune doré. Nez puissant, un peu animal, caramélisé, fruits cuits. Bouche chaleureuse voire explosive, bien épicée et soyeuse. Dominante vanillée, avec de la prune rouge et de la pomme cuite. Un blend d’une puissance rare, et en même temps très fondu, avec une longue persistance sur le fruité et le caramel. Une belle découverte à ne pas manquer.

Craigellachie Dun Bheagan

Puissant mais un peu limité …

Fondée en 1891 par le créateur de White Horse, Peter Mackie, cette distillerie a servi principalement à l’assemblage de ce blend, même si son embouteillage en single a commencé très tôt, quoiqu’en quantités limitées. Située au coeur du Speyside, non loin de Macallan, elle a été modernisée et agrandie en 1965. Elle appartient depuis 1998 au groupe Martini-Bacardi.

Ambré. Nez de caramel au beurre et de raisins de Corinthe bruns. Attaque vive et ample, mais brûlante. Le corps est moelleux, voire épais. On retrouve le caramel au beurre avec de la pomme cuite et du poivre noir. Beaucoup de puissance en bouche, mais la persistance aromatique est curieusement bien limitée. Il aurait sans doute mérité quelques années de fût supplémentaires.

Linkwood

Chaleureux et puissant …
Fondée en 1821, cette distillerie d’Elgin, dans la partie nord du Speyside, a connu de nombreux remaniements depuis. Toutefois, l’un de ses dirigeants, entre les deux guerres, était renommé pour ne remplacer qu’à l’identique les alambics trop âgés, en y martelant les mêmes bosses. Les deux importants alambics d’origine (maintenant non utilisés) ont été remplacés par quatre autres lors d’un agrandissement en 1973, puis par une nouvelle paire en 2013. Il n’existe qu’un malt officiel, le 12 ans, les autres viennent des embouteilleurs indépendants.

Plutôt fermé au départ, le nez se révèle lentement sur un malté chaleureux. Ce qui se confirme en bouche, avec de la puissance et une netteté bien franche. Bien fondus, les arômes de fruits secs (raisins de Corinthe, bananes caramélisées) s’accompagnent de pomme cuite et d’une petite pointe épicée (poivre noir). Bien rond, mais sec, jusqu’à la finale, d’une remarquable persistance.

Bruichladdich Islay Barley 2009

Le Bruichladdich Islay Barley 2009 a été distillé à partir d’orge récoltée en 2007 par GilbieMcCormick de la ferme de Claggan, Hunter Jackson de la ferme de Cruach, Ian Mckerrell d’Island et Alastair Torrance de Mulindry. Ces quatre fermes sont toutes situées dans le centre d’Islay, un terroir différent de la ferme Rockside Farm en bord de mer d’où provenait l’orge du Islay Barley 2007.

Le nez, estival, s’ouvre sur des arômes de fruits exotiques et évolue vers la vanille du fût de bourbon relevée par une pointe épicée. Résolument malté, le palais est tapissé de notes de miel, de céréales, avec une pointe de citron typique de Bruichladdich. Très gourmand sur les notes d’amande et de pommes caramélisées, de gingembre et  de biscuit.

Miltonduff

Un solide compagnon

Etablie sur les terres d’un prieuré bénédictin, où aurait existé une brasserie, cette distillerie du
Speyside, au sud d’Elgin, remonte au moins à 1824, mais a été modernisée à plusieurs reprises
depuis, notamment dans les années 1970. Ses malts sont principalement destinés aux blends,
surtout Ballantine’s, et de ce fait peu disponibles en embouteillage en single malt.

Ambré clair. Nez un peu fermé, sur la pomme cuite, le caramel et les fruits secs. Forte attaque,
à la limite du brûlant, suivi par une belle ampleur où dominent les fruits secs (raisins de corinthe), le caramel bien cuit et la poire rôtie. Très sec de tonalité, il est relevé voire bien épicé, avec une petite pointe d’âcreté. D’une longue persistance, c’est un solide compagnon pour affronter les embruns ou en fin de repas.

Port Charlotte

Maritimement vôtre …. 

Fermée et démolie en 1929, cette distillerie d’Islay (appelée aussi Lochindaal) connaît la renaissance au 21e siècle. En effet, Bruichladdich élabore sous ce nom depuis 2001 un single malt assez tourbé, dont une faible partie est commercialisée chaque
année depuis 2006. Avec l’arrivée de Rémy-Cointreau comme nouveau propriétaire, la reconstruction de la distillerie ne semble plus à l’ordre du jour.

Jaune pâle. Nez de tourbe végétale, avec du fumé de bois de hêtre, et des notes salines rappelant le varech. Bouche chaleureuse et puissante, voire revigorante. Les épices (poivre noir) dominent sur une base maltée et tourbée, avec le bois brûlé en toile de fond. A croire qu’on se retrouve sur un quai d’Islay, au retour des bâteaux de pêche crachant leur panache de  fumée.

Glenglassaugh Torfa

Épicé et tourbé

Fondée en 1875, cette distillerie est située en bord de mer, sur le Moray Firth. Une localisation qui la voit parfois classée dans le Speyside (très voisin), mais aussi dans les Highlands du Nord. Assez vite propriété des Highland Distillers, elle a été complètement rénovée à la fin des années  50, avec notamment le changement des alambics.
Ses malts ont surtout été utilisés par les blenders. Mise en sommeil en 1986, elle a été rachetée par des investisseurs privés en 2008, qui ont relancé la production, puis reprise par le groupe BenRiach en 2013.
Jaune pâle. Nez un peu discret, surtout végétal, puis plus puissant à l’aération, affirmant un caractère tourbé. L’attaque est chaleureuse, presque brûlante. La bouche conjugue la tourbe (20 ppm) surtout végétale mais pas du tout phénolique, avec une puissance épicée (poivre gris, gingembre) qui lui donne beaucoup de corps. Mais il présente également une belle rondeur crémeuse jusqu’à la finale, bien épicée à nouveau.

Bruichladdich Islay Barley

Puissamment rural …

Fondée en 1881, cette distillerie d’Islay fait face à Bowmore, de l’autre côté du Loch Indaal. Elle a produit les malts les moins tourbés et les plus légers de l’île. Une caractéristique sans doute due à ses quatre alambics au col particulièrement haut. Après son rachat en 1995, elle a été mise en sommeil pen- dant plusieurs années, mais elle a repris depuis la distillation. Entre des assemblages passionnants et de nouvelles façons de distiller, Jim Mc Ewan ne cesse d’étonner le monde du malt. En juillet 2012, elle a été rachetée par le groupe français Rémy Cointreau.

Jaune clair. Nez céréalier, légèrement miellé, plutôt végétal. Rond et fruité dès l’attaque, pourtant assez puissante. La dominante maltée se combine avec une certaine finesse, malgré la force épicée. Le caractère est finalement très rural, se terminant avec de l’astringence nettement sensible. Comment ne pas penser au temps des moissons ?

Glenglassaugh – Evolution

Un junior richement prometteur

Fondée en 1875, cette distillerie est située en bord de mer, sur le Moray Firth. Une localisation qui la voit parfois classée dans le Speyside (très voisin), mais aussi dans les Highlands du Nord. Assez vite propriété des Highland Distillers, elle a été complètement rénovée à la fin des années 50, avec notamment le changement des alambics. Ses malts ont surtout été utilisés par les blenders. Mise en sommeil en 1986, elle a été rachetée par des investisseurs privés en 2008, qui ont relancé la production, puis reprise par le groupe BenRiach en 2013.

Jaune très pâle. Nez fruité (pêche) avec un peu de caramel au beurre
et une pointe de vanille. Bouche moelleuse et fruitée (malgré la puissance en alcool), presque doucereuse, mais finalement relevée par des épices (gingembre et poivre noir) et un peu de fruits exotiques. Déjà riche en arômes pour son jeune âge.

Miltonduff

La pleine maturité d’un Speyside

Etablie sur les terres d’un prieuré bénédictin, où aurait existé une brasserie, cette distillerie du Speyside, au sud d’Elgin, remonte au moins à 1824, mais a été modernisée à plusieurs reprises depuis, notamment dans les années 1970. Ses malts sont principalement destinés aux blends, surtout Ballantine’s, et de ce fait peu disponibles en embouteillage en single malt.

Jaune doré. Nez moelleux, assez doux, fruits jaunes bien fondus. Attaque vive (surtout pour cet âge…) puis devient moelleux et harmonieux avec une structure très fondue. Sur une base bien maltée, on distingue la pêche jaune et la prune, relevées par quelques notes poivrées. Longue finale bien persistante. Un vrai Speyside en pleine maturité.

Linkwood

Une belle puissance apéritive

Fondée en 1821, cette distillerie d’Elgin, dans la partie nord du Speyside, a connu de nombreux remaniements depuis, le dernier en 2011. Toutefois, l’un de ses dirigeants, entre les deux guerres, était renommé pour ne remplacer qu’à l’identique les alambics trop âgés, en y martelant les mêmes bosses. Les deux importants alambics d’origine (maintenant non utilisés) ont été complétés par quatre autres lors d’un agrandissement en 1973. Surtout secs et épicés, les malts développent également d’autres aspects grâce à l’utilisation de fûts de xérès.

Jaune clair. Nez chaleureux, surtout malté, avec fruits jaunes (pêche), cire d’abeille, le tout bien fondu. Attaque puissante, plutôt sèche et épicée. Le corps est puissant, très sec, puis se dégage des notes fruitées, mais bien soutenues par une belle dominante épicée (poivre noir). Un malt direct, sans fioritures, peut-être sous l’influence d’un xérès sec… Finale particulièrement tannique, voire virile : un remarquable apéritif donc.

Dalmore

Solide comme un pack d’avants

Créée en 1839, cette distillerie des Highlands du Nord a été assez vite liée au blender Whyte & Mackay. Elle a pour particularité un très vieil alambic dont le col est refroidi par une circulation d’eau, ce qui a pour effet d’alléger l’eau-de-vie de ses éléments les plus lourds. Ce qui explique peut-être ses capacités à vieillir longuement (au-delà de 50 ans), même si les bouteilles d’un tel âge sont particulièrement rares et valent de petites fortunes.

Jaune tirant sur le doré. Nez puissant, sur le floral et les fruits jaunes (poire mûre). Attaque vive et épicée, puis la dominante fruitée du nez se développe avec beaucoup de puissance. Beaucoup d’élégance, accompagnée d’une petite pointe d’astringence et de fumé léger. Belle finale, toujours sur la puissance, digne d’un match du tournoi des Six Nations.

Dallas Dhu

Les atouts de l’âge

Fondée en 1899 lors du “boom du whisky”, cette distillerie à l’ouest du Speyside a essentiellement servi à alimenter les blenders, même si le single malt a parfois été diffusé sous le nom Dallas Mhor. La production a été stoppée en 1983, mais les bâtiments, ayant peu changé en près d’un siècle d’existence, ont été transformés en musée du whisky par Historic Scotland (les Monuments Historiques d’Ecosse) en 1988, à ne manquer lorsqu’on visite la région. Faut-il préciser que le malt est de plus en plus rare…. ?

Ambré soutenu. Nez chaleureux, bien épicé avec une dominante tannique, bois de santal. Moelleuse, l’attaque prend vite de la puissance, voire de la brutalité. Sur un corps vigoureux, se développent des notes très fondues de pommes cuites, de cuir, de boisé, de cire d’abeille… Une belle harmonie qui ne manque pas de vivacité, grâce à une pointe épicée qui se développe jusqu’à la finale, d’une grande longueur et d’une belle permanence. Comme quoi l’âge est souvent bien profitable aux malts…

Benriach Solstice

Bienvenu pour l’hiver

Voisine de Longmorn, et construite un an après en 1898, cette distillerie du Speyside n’a fonctionné que quatre ans… avant d’être fermée pendant 65 ans ! Mais sa malterie a longtemps été en service. Rachetée par Seagram en 1978, elle a été ensuite agrandie en 1985… puis mise en sommeil en 1999. Devenue propriété de Pernod-Ricard en 2001, elle a été revendue en 2004 à un groupe sud-africain. Depuis, ses malts, longtemps réservés aux blends, ont été renouvelés avec des créations très intéressantes. Solstice, comme son nom l’indique, a été commercialisée juste après le solstice d’hiver 2010.

Ambré médium, tirant sur le rouge orangé. Au nez, la tourbe végétale s’accompagne de notes de fruits rouges bien mûrs et d’un caractère animal. Plutôt moelleux à l’attaque, il prend vite une belle puissance, entre un tourbe surtout végétal et les notes fruitées du nez. La finale laisse développer un caractère plus épicé (poivre noir) sur un style plutôt sec. Malgré ce mariage un peu curieux entre tourbe et fruité, c’est un malt généreux, puissant et très réchauffant surtout pour les longues nuits d’hiver !

Amrut Fusion

Séduction indienne

Cette distillerie familiale a été créée en 1948 à Bangalore au sud des Indes, mais ne s’est intéressée au whisky que dans les années 80, essentiellement pour élaborer des blends, les single malts n’ayant été élaborés et surtout embouteillés que plus tardivement. Dans ce pays qui est un très gros producteur de whisky, Amrut fait exception par la qualité de ses malts, appliquant des méthodes typiquement écossaises. Seule différence, le climat (de 20° à 40°) qui entraîne un vieillissement plus rapide. L’Amrut Fusion résulte de l’assemblage de deux eaux-de-vie, l’une à base d’orge maltée récoltée au pied de l’Himalaya, l’autre d’orge maltée écossaise séchée à la tourbe. Elles sont été assemblées après 4 ans de vieillissement séparé.

Ambré doré. Nez puissant mais élégant, avec des notes de miel doux, de fruits confits, avec trace de pâte d’amande et de violette. Attaque puissante, voire brûlante, puis il s’épanouit sur tout le palais sur un registre plutôt sec que liquoreux. Sur une bonne base maltée, on découvre des notes de réglisse, un peu de tourbe végétale et du poivre noir, le tout bien fondu et très harmonieux. Un malt séducteur, tant par sa puissance que sa finesse aromatique.