Très Xéres …
Protégé du duc de Gordon (à l’origine de la loi de 1923 qui a mis fin à la distillation clandestine), James Allardice fonda la distillerie en 1826, qui fut ravagée par un incendie onze mois plus tard, suite aux négligences de son propriétaire. Reconstruite, elle connut plusieurs propriétaires, dont Walter Scott et Charles Grant (de la distillerie Glenfid-dich). Après avoir été propriété de Teacher’s, puis d’Allied Breweries, elle appartient depuis 2008 à BenRiach, propriété d’un groupe d’investisseurs, qui ont relancé la production après des années de mise en sommeil. Couleur acajou avec des reflets fauves. Nez intense, parfumé, fruits rouges très mûrs, bois de santal, tabac blond, raisins secs. Attaque plutôt onctueuse, puis devient très vite plus vif, acéré et sec. Beaucoup d’épices, puis se développe une belle amertume apportée par le cacao amer et un peu de boisé. Long et plaisant jusqu’à la fin, sans aucune lourdeur et une pointe de rancio…
Belle vivacité
Ambré aux notes orangées. Nez de fruits rouges et de cire d’abeille, sur une base bien maltée. Attaque assez moelleuse, suivie pas une belle vivacité épicée (poivre noir).
Élégance tourbée
Avec un nom qui signifie en gaélique “le détroit d’Islay”, un emplacement en face de l’île de Jura, et une eau bien tourbée, la distillerie a toujours eu de quoi intéresser les amateurs de malts puissants. Bien que fondée en 1846, Caol Ila a été complètement remaniée vers 1972 par United Distillers (Diageo aujourd’hui). Compte tenu de la demande, elle a été à nouveau agrandie en 2011, ce qui porte sa capacité à 6,5 millions de litres par an.
Jaune pâle. Nez tourbé, voire phénolique, mais avec de la finesse et sans excès. Beaucoup d’ampleur dès l’attaque, avec toujours cette dominante tourbée caractéristique de la distillerie. Elle s’accompagne d’un fruité soutenu (poire) accompagné de poivre noir. Jamais excessive, la tourbe phénolique s’exprime comme souvent avec une belle élégance, à peine rassérénée par l’âge.
Pour un soir d’automne
La grande île de Mull n’abrite qu’une distillerie, au nord, dans le petit port qui porte le même nom. Ses premières traces remontent à 1795, lors de sa création par un négociant, John Sinclair. Son existence fut ensuite assez sporadique, avec notamment près de 40 ans de fermeture à partir des années 30. En outre, elle porta un temps le nom de Ledaig dans les années 70. Depuis sa reprise par Burn Stewart, la production est redevenue régulière, avec deux déclinaisons : Tobermory et Ledaig, ce dernier étant tourbé.
Jaune doré. Nez fauve, animal, un peu musqué, avec du caramel au beurre. Attaque moelleuse sur les fruits cuits et la tarte Tatin. De l’ampleur en bouche, avec aussi des fruits secs (amande, noisette, raisin de Corinthe) et des arômes de sous-bois. Belle persistance sur ce fruité un peu caramélisé, aux senteurs automnales.
Chocolat gourmand
Glengyle est la nouvelle distillerie de Campbeltown, installée entre 2000 et 2004 par la société Springbank. Il s’agit de la renaissance d’un site qui a été en activité de 1872 à 1925, appartenant à un membre de la famille Mitchell. Le malt qui est élaboré à Glengyle porte le nom de Kilkerran, pour des raisons de propriété commerciale. Sans âge indiqué, les malts sont déclinés sous le nom Work in Progress (Travail en cours).
Marqué par une dominante de chocolat noir, le nez se développe richement autour de dates miellées, de massepain et de fruits rouges. Toujours aussi riche, la bouche gourmande retrouve les dattes au miel, avec cette fois des raisins secs, de la mélasse de canne à sucre et un peu de cannelle. Le chocolat noir revient sur la finale, ronde et très équilibrée.
Autant en apporte le vin
La grande île de Mull n’abrite qu’une distillerie, au nord, dans le petit port qui porte le même nom. Ses premières traces remontent à 1795, lors de sa création par un négociant, John Sinclair. Son existence fut ensuite assez sporadique, avec notamment près de 40 ans de fermeture à partir des années 30. En outre, elle porta un temps le nom de Ledaig dans les années 70. Depuis sa reprise par Burn Stewart, la production est redevenue régulière, avec deux déclinaisons : Tobermory et Ledaig, qui se distingue par son caractère tourbé.
Ambré léger, avec des notes orangées. Nez peu marqué, avec quelques traces de fruits rouges. Attaque fougueuse, un peu brûlante. Sur une base maltée, la bouche s’accompagne de petites notes fruitées (framboise, fraise) assez discrètes mais perceptibles, provenant manifestement de la finition en fût de bordeaux. Mais l’ensemble est bien équilibré, donnant un profil un peu plus original à un malt habituellement très classique. Finale sur le poivre noir, assez désaltérante… et bien relevée. A découvrir…
Malt et xérès : un beau mariage
Fondée en 1896, cette distillerie du Speyside (non loin de Cardhu) est devenue très vite la propriété des Highland Distillera, avant d’appartenir à Edrington Group. Rénovée et agrandie dans les années 70, elle élabore des malts très appréciés des blenders. Elle a pour particularité de procéder sur place au maltage de son orge, en utilisant le système Saladin : il s’agit de caissons de 50 mètres de long équipé de remueurs où l’orge en train de germer est régulièrement brassé pour éviter de s’altérer. Toutefois, la distillerie a été mise en sommeil en novembre 2009
Couleur ambrée. Le nez présente un caractère sec, avec des notes d’amande et de céréales mûres. En bouche, l’attaque est d’abord un peu douce, puis le corps se développe avec une belle amplitude. Le fino apporte sa dominante caractéristique : sec, un peu épicé, avec de belles notes de fruité, tandis que le malt lui donne fruité et moelleux, perceptibles davantage en fin de bouche. : Mais la finale reste sur le caractère sec et très apéritif. Une belle union entre le malt et le xérès.
Harmonie dans le Speyside
Fondée en 1785 par un négociant en textile, cette distillerie (appelée à l’origine Milltown ou Milton) revendique le titre de plus ancienne d’Ecosse toujours en activité, sur un site où se trouvait une brasserie au 13ème siècle. Elle a toutefois été largement reconstruite après un incendie en 1876. Mais elle conserve beaucoup de charme, tout en maintenant une longue tradition de petits alambics. Propriété de Seagram, puis de Pernod-Ricard, ses malts sont surtout utilisés pour les blends Chivas, et assez peu commercialisés.
Ambré. Nez moelleux, assez riche, avec beaucoup de douceur maltée et caramel au beurre. Attaque onctueuse, puis il devient plus épicé et un peu marqué par l’alcool. Corps bien fondu, harmonieux, mêlant pommes cuites (Tatin), caramel, raisins de Corinthe et poivre noir qui relève bien la finale. Assez sec et tannique, et d’une belle longueur en bouche. Un vrai condensé du Speyside.
Fidèle à sa réputation
La plus réputée des dernières distilleries de la région du Kyntire, qui en a compté plus d’une trentaine. Springbank, qui appartient à la famille Mitchell depuis sa création en 1828, maintient presqu’à elle seule l’originalité du style somptueux et complexe des malts de Campbeltown, dont l’aptitude au vieillissement est particulièrement remarquable. Tout est fait ici sur place, du maltage à l’embouteillage, avec une double distillation et demie.
Jaune doré. Nez lent à s’ouvrir, puis développe une belle puissance sur le malt et la tourbe végétale. Attaque vigoureuse, assez épicée. Grande ampleur en bouche avec toute la richesse aromatique qu’on attend de Springbank : malt, fruits jaunes, tourbe végétale (mais toutefois plus discrète que dans des versions précédentes), un peu de fruits secs (amande), de poivre noir et de gingembre. Fidèle à son style, mais on aurait aimé un vieillissement encore un peu plus long pour un meilleur fondu des arômes…
L’art de l’assemblage
Chairman’s Vat (Assemblage du Président) ? Cuvee of Vintages (Cuvée de millésimes) ? Curriculum Vitae ? Chez Springbank, l’emblématique distillerie de Campbeltown, on se refuse à préciser la signification exacte de cette dénomination. Ce qui est assuré, par contre, c’est qu’il s’agit d’un assemblage minutieux de malts distillés en 2001 et maturés en fûts de bourbon, de xérès et de porto. Ils ont été sélectionnés avec soin par Franck McHardy, directeur de la production, et Stuart Robertson, directeur de la distillerie, pour leurs capacités complémentaires à constituer un grand whisky dans la parfaite tradition du style spécifique de Springbank.
Jaune doré. Immédiatement chaleureux, le nez développe avec douceur de belles notes végétales et animales, épaulées par des notes tourbées en arrière plan. Puissante, l’attaque ne manque pas non plus d’élégance. La jeunesse n’empêche pas la richesse aromatique d’une composition où se distinguent les fruits jaunes bien mûrs, le poivre noir, le bois de chêne et quelques épices exotiques. Le caractère végétal de la tourbe l’emporte largement sur le fumé, lui donnant une belle tonalité campagnarde. En finale, le fruité un peu sec amené par le xérès se fait à nouveau sentir, sans rompre l’harmonie générale, avec un caractère plus tannique qu’en bouche. La persistance est d’une très grande longueur.