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Rozelieures fumé

Made in Lorraine …
Existant depuis 1860, la distillerie Grallet se trouve à Rozelieures, au sud de la Meurthe-et-Moselle. Il y a quelques années, Hubert Grallet, le distillateur, a eu l’idée de s’associer avec Christophe Dupic, cultivateur de céréales, pour élaborer le premier whisky lorrain, à partir d’une eau de grande qualité provenant des sources vosgiennes.
Reprenant les techniques écossaises, Rozelieures propose déjà plusieurs whiskies différents, dont ce whisky fumé, mais aussi des finitions dans des fûts de xérès, de Condrieux et de Nuits St Georges.
Ambré fauve. Nez puissant, surtout boisé, vieux cuir, havane. Attaque bien marquée, plutôt sèche. Fruits secs (noisette, raisins de Corinthe), pruneau et pomme cuite, la tourbe annoncée (20 ppm) ne se faisant guère sentir. Finale sèche et plus épicée, avec une longue persistance, beaucoup d’âpreté et toujours le boisé.

Benromach

Entre le fumé et l’épicé …
Construite en 1898, cette distillerie à l’ouest du Speyside, près de la ville de Forres, a rouvert exactement un siècle après, en 1998, 15 ans après sa mise en sommeil par DCL (United Distillers). Reprise par un embouteilleur indépendant, elle a été complètement modernisée, y compris pour l’alambic, d’une taille plus petite. C’était d’ailleurs la plus petite distillerie du Speyside… mais elle vient d’être supplantée par Ballindalloch. Cas rare, toute la production est utilisée en single malt.
Ambré clair. Nez un peu fumé, puis marqué par le végétal (foin), avec du caramel au beurre. Tapissant bien le palais, il est épicé, bien malté, avec du fruit sec (noisette) et une pointe d’agrumes. On retrouve un peu de bois brûlé sur la finale, bien réchauffante.

Ben Nevis

Vraiment apéritif

Portant le nom du plus haut sommet d’Ecosse (1 344 mètres), cette distillerie est doublement associée à Long John Macdonald, qui l’a créée en 1825, avant de donner son nom à la marque de blend bien connue. Après une certaine période d’instabilité, elle fut par la suite rachetée par la société… Long John Distillers, et enfin reprise en 1989 par les Japonais de Nikka, qui l’ont bien rénovée et commercialisent le malt davantage que par le passé. Ils utilisent aussi 1/3 du malt pour leurs propres blends.
Jaune clair. Nez frais, herbacé, un peu piquant. Attaque plutôt ronde, mais il devient vite acéré, voire agressif. La poire mûre domine ensuite, avec un peu de poivre noir qui relève l’ensemble. Très sec, avec une astringence tannique bien marquée sur la finale. Puissamment apéritif.

Kilkerran

Montée en puissance

Glengyle est la nouvelle distillerie de Campbeltown, installée entre 2000 et 2004 par la société Springbank. Il s’agit de la renaissance d’un site qui a été en activité de 1872 à 1925, appartenant à un membre de la famille Mitchell. Le malt qui est élaboré à Glengyle porte le nom de Kilkerran (pour des raisons de propriété commerciale), qui fait référence au saint évangélisateur de la région.
Jaune d’or. Nez puissant, fruité (figue mûre) et malté, avec de la brioche. En bouche (assez brûlante), toujours le fruité, plutôt sur la poire. La tourbe végétale est à peine sensible en arrière-plan. Rendu moelleux par le xérès, il débouche sur une finale sèche, voire astringente. Une nouvelle étape, en attendant le 12 ans prévu pour 2016.

Bowmore

Tourbé en toute simplicité …

Distillerie vedette de l’île d’Islay, elle se prévaut notamment de son ancienneté, avec une fon- dation en 1779 qui en fait une des plus vieilles d’Ecosse. Pratiquant le maltage d’une petite partie de ses orges, elle a longtemps commercialisé une des plus vastes gammes de single malts d’Islay émanant d’une seule distillerie, depuis le Legend (8 ans) jusqu’au mythique Black Bowmore (1964, 50 °) réservé à une élite… fortunée.

Jaune très pâle. Nez d’abord fermé, puis se développe sur la tourbe phénolique, avec une pointe herbacée. Plutôt moelleux au démarrage, il est surtout marqué par un caractère tourbé, mais qui reste assez mo- déré. Caractère minéral et sec en allant vers la finale, avec une touche de pierre à fusil. Bonne persistance sur le phénolique.

Teeling

Chaleureux et original …

Avec un ancêtre créateur d’une distillerie en 1782 à Dublin, et fils de John Teeling, qui a fondé Cooley en 1987, Jack Teeling a de qui tenir. Il s’est lancé comme embouteilleur indépendant, avec l’ambition de proposer des whiskeys irlandais différents du style moelleux et doux actuellement répandu. Outre ce blended whiskey, il propose également le single malt Vintage Reserve de 21 ans, et un Poitin (le whiskey clandestin d’antan) à 61,5°. Jack  Teeling vient de créer sa distillerie à Dublin.

Ambré. Nez moelleux, plutôt vanillé avec un peu d’épices. Attaque puissante, mais avec de la rondeur. Vanille, banane flambée, avec du toffee. Le moelleux initial fait place à un caractère plus sec, relevé par le poivre noir et un peu de piment. Chaleureux et original, avec une longue persistance sur les épices. Mais en quoi est-il irlandais ?

Strathclyde 24 ans

“Osons le grain ? “

Située dans Glasgow, cette distillerie de grain remonte à 1927, et appartient aujourd’hui au groupe Pernod-Ricard. De 1957 à 1975, le site a également abrité une distillerie de malt, appelée Kinclaith. Mais elle a été démantelée pour laisser plus de place à la production de whisky de grain. Rarement vieillis et embouteillés sous leur nom, les whiskies de grain sont très peu répandus, malgré un début d’intérêt ces dernières années.

Jaune clair. Nez très discret, avec une légère présence de céréales bien mûres et de fruits jaunes. Attaque moelleuse mais aussi puissante. L’alcool domine, mais accompagné de notes de poires et de prunes jaunes. Un peu de miel doux se fait également sentir. Finale sur le poivre noir et le gingembre. Une curiosité, mais qui ne peut lutter avec la plupart des single malts.

Clynelish – 22 ans – CGM164

“Vif et épicé“

Cette distillerie des Highlands du Nord ne date que de 1967 et ne doit pas être confondu avec Brora, beaucoup plus ancienne et située juste à côté, mais dont les malts ont par le passé également porté le nom de Clynelish. Brora est fermée depuis 1983, alors que les six alambics de Clynelish sont en pleine activité. Bâtie sur le modèle de Caol Ila, la distillerie élabore des malts essentiellement destinés aux blends (Johnnie Walker surtout).

Jaune légèrement orangé. Nez légèrement fruité (fruits rouges), un peu malté. De la vivacité à l’attaque, et aussi de la rondeur. La base est maltée, mais l’utilisation de fûts de porto se fait sentir par le bouquet fruité, mais sans excès lourdement tanniques comme souvent avec ce type de finition. Vif et bien épicé sur la finale.

PORT CHARLOTTE

Brut de tourbe

Fermée et démolie en 1929, cette distillerie d’Islay (appelée aussi Lochindaal) connaît la renaissance au 21ème siècle. En effet, Bruichladdich élabore sous ce nom depuis 2001 un single malt assez tourbé, dont une faible partie est commercialisée chaque année depuis 2006. Avec l’arrivée de Rémy-Cointreau comme nouveau propriétaire, la reconstruction de la distillerie ne semble plus à l’ordre du jour.

Jaune pâle. Nez nettement tourbé, assez phénolique. Attaque ample mais sèche. La tourbe et le fumé s’installent en force au palais, avec un accent sec, voire minéral, à peine complété par un peu de prune jaune. Net et sans fioriture, et juste amorti par la réduction, le caractère tourbé se déploie ici en toute simplicité… et en majesté.

Braeval (Braes of Glenlivet)

Bien épicé pour l’apéritif

Fondée en 1973 sous le nom de Braes of Glenlivet – c’était la plus moderne de l’Écosse à l’époque – la distillerie a toujours été destinée à l’élaboration de malts pour les blends, principalement Chivas. En 1994, son nom devient Braeval, pour éviter toute confusion avec The Glenlivet, propriété du même groupe. Appartenant aujourd’hui à Pernod-Ricard, elle a été en sommeil à partir de 2002, puis rouverte depuis 2008. Ses malts ne sont pas commercialisés officiellement.

Jaune clair. Nez discret, à dominante maltée. Moelleux à l’attaque, il se développe sur un caractère plus sec, voire un peu astringent et épicé. Prune jaune et coing marquent le côté fruité. Finale puissante sur la dominante épicée (poivre noir, gingembre) qui présente une belle persistance et ouvre l’appétit.