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Strathclyde 24 ans

“Osons le grain ? “

Située dans Glasgow, cette distillerie de grain remonte à 1927, et appartient aujourd’hui au groupe Pernod-Ricard. De 1957 à 1975, le site a également abrité une distillerie de malt, appelée Kinclaith. Mais elle a été démantelée pour laisser plus de place à la production de whisky de grain. Rarement vieillis et embouteillés sous leur nom, les whiskies de grain sont très peu répandus, malgré un début d’intérêt ces dernières années.

Jaune clair. Nez très discret, avec une légère présence de céréales bien mûres et de fruits jaunes. Attaque moelleuse mais aussi puissante. L’alcool domine, mais accompagné de notes de poires et de prunes jaunes. Un peu de miel doux se fait également sentir. Finale sur le poivre noir et le gingembre. Une curiosité, mais qui ne peut lutter avec la plupart des single malts.

Glenrothes

“Epicé mais fruité“

Après un démarrage en 1878, la faillite d’une banque a d’abord retardé son ouverture jusqu’en1887. Située à Rothes (qui compte quatre autres distilleries), dans le Speyside, celle-ci fut  par la suite agrandie deux fois, et compte aujourd’hui dix alambics. Mais ses malts sont rares en embouteillage en single, car l’essentiel est utilisé par les blenders, notamment pour l’élaboration du Cutty Sark.

Jaune clair et brillant. Nez d’abord fermé, puis un peu de miel et de cire d’abeille. Attaque puissante mais supportable malgré le degré, car il est plutôt onctueux au palais. Les fruits jaunes (poire, prune) dominent, bien relevés par le poivre noir qui se développe jusqu’à la finale. Belle persistance sur le fruité.

Allt-a-bhainne

Doux et fruité

Créée en 1975 par le groupe Seagram essentiellement pour ses besoins en blends (notamment Chivas), cette distillerie moderne est entièrement automatisée et emploie moins de dix personnes pour une production d’environ 5 millions de litres par an. Se prononçant « Alt-Abanya » et signifiant en gaëlique « ruisseau de lait » (ou d’eau blanche), ce malt n’est que rarement commercialisé, d’autant que la distillerie a été mise en sommeil par son nouveau propriétaire, Pernod-Ricard, de 2002 à 2005.

Au nez, pommes juteuses, toasts beurrés, foin séché et menthe poivré. La bouche est surtout fruitée (ananas, jus de pomme, groseille et sucre glace). Il devient de plus en plus crémeux ensuite, jusqu’à la finale, bien fruitée et douce.

Glendronach

Chocolat et crème anglaise

Protégé du duc de Gordon (à l’origine de la loi de 1823 qui a mis fin à la distillation clandestine), James Allardice fonda la distillerie en 1826, qui fut ravagée par un incendie onze plus tard, suite aux négligences de son propriétaire. Reconstruite, elle connut plusieurs propriétaires indépendants, puis Teacher’s, Allied Breweries et enfin Pernod-Ricard, qui l’a revendu en 2008 à BenRiach, propriété d’un groupe d’investisseurs, qui ont relancé la production après des années de mise en sommeil.

Au nez, gâteau au chocolat, piment vert et gâteau au citron meringué, avec des zestes de citron. En bouche, sur une base de pâte brisée, se détachent de l’herbe fraîchement coupée, des amandes et du miel. La finale est marquée par le sucre brun, le café en grain et la crème anglaise.

Ardmore

Du fumé au huileux

Située dans une vallée reculée à la limite du Speyside, cette distillerie centenaire (fondée en 1898) a longtemps servi à l’élaboration du blend Teacher’s. Malgré son importance – huit grands alambics – elle est encore méconnue, mais sa notoriété augmente depuis son acquisition par Jim Beam en 2005.

Au nez, huile d’olive et vanille douce, avec des notes de fumé et de crème fraîche. La bouche commence sur le fumé, plutôt sec, avec de la noix, puis le malt devient plus huileux. Des notes plus fumées apparaissent sur la finale, accompagnées d’olive et d’orange amère.

Braeval (Braes of Glenlivet)

Bien épicé pour l’apéritif

Fondée en 1973 sous le nom de Braes of Glenlivet – c’était la plus moderne de l’Écosse à l’époque – la distillerie a toujours été destinée à l’élaboration de malts pour les blends, principalement Chivas. En 1994, son nom devient Braeval, pour éviter toute confusion avec The Glenlivet, propriété du même groupe. Appartenant aujourd’hui à Pernod-Ricard, elle a été en sommeil à partir de 2002, puis rouverte depuis 2008. Ses malts ne sont pas commercialisés officiellement.

Jaune clair. Nez discret, à dominante maltée. Moelleux à l’attaque, il se développe sur un caractère plus sec, voire un peu astringent et épicé. Prune jaune et coing marquent le côté fruité. Finale puissante sur la dominante épicée (poivre noir, gingembre) qui présente une belle persistance et ouvre l’appétit.

Caol Ila

Élégance tourbée

Avec un nom qui signifie en gaélique “le détroit d’Islay”, un emplacement en face de l’île de Jura, et une eau bien tourbée, la distillerie a toujours eu de quoi intéresser les amateurs de malts puissants. Bien que  fondée en 1846, Caol Ila a été complètement remaniée vers 1972 par United Distillers (Diageo aujourd’hui). Compte tenu de la demande, elle a été à nouveau agrandie en 2011, ce qui porte sa capacité à 6,5 millions de litres par an.

Jaune pâle. Nez tourbé, voire phénolique, mais avec de la finesse et sans excès. Beaucoup d’ampleur dès l’attaque, avec toujours cette dominante tourbée caractéristique de la distillerie. Elle s’accompagne d’un fruité soutenu (poire) accompagné de poivre noir. Jamais excessive, la tourbe phénolique s’exprime comme souvent avec une belle élégance, à peine rassérénée par l’âge.

Highland Park

Crémeux et fruité

Comptant plus de deux siècles d’existence, la distillerie des îles Orkneys (Orcades), l’une des plus septentrionales ’Ecosse, a connu le succès très tôt, avec des malts appréciés dès 1833 par le tsar de Russie et le roi du Danemark. Highland Park possède toujours sa propre malterie. En 12 ans d’âge, c’est l’un des malts les plus vendus dans le monde, mais les autres versions sont plus rares… sauf au Clan.
Au nez, belle présence du xérès, avec une touche de fumé et des notes de fruits rouges (cerises et cassis). En bouche, la texture est crémeuse et dense avec beaucoup de fruits rouges. Notes de xérès à l’attaque, qui laissent progressivement place à des notes plus crémeuses et une douceur fumée. La finale, toujours crémeuse, est équilibrée entre la fumée et les fruits rouges.

Fettercairn

Avec une belle note fumée

Les malts de cette distillerie créée en 1824 dans les Highlands Orientales se sont appelés Old Fettercairn jusqu’en 2002. Elle a appartenu à la famille de William Gladstone, le célèbre Premier Ministre de la reine Victoria, et se trouve dans la région des Mearns réputée pour ses orges. Produits par quatre alambics, ses malts servent essentiellement à l’élaboration des blends Whyte & Mackay, un groupe qui a souvent changé de propriétaire ces trente dernières années.
Au nez, sur une dominante vanille assez classique, se développent des notes plus originales de chocolat blanc, d’un peu de gingembre et même de traces de fruits exotiques. En bouche, le fumé (caractéristique de la distillerie) est perceptible avec une touche minérale, bien accompagné par le caramel au beurre, la citronnelle, toffee et un peu de fruits rouges. La finale est plutôt sèche et rafraîchissante, avec des notes tanniques et boisées,

Clynelish

Moelleux et riche

Cette distillerie des Highlands du Nord ne date que de 1967 et ne doit pas être confondu avec Brora, beaucoup plus ancienne et située juste à côté, mais dont les malts ont par le passé également porté le nom de Clynelish. Brora est fermée depuis 1983, alors que les six alambics de Clynelish sont en pleine activité. Bâtie sur le modèle de Caol Ila, la distillerie élabore des malts essentiellement destinés aux blends (Johnnie Walker surtout).
Nez : Assez voluptueux, il développe surtout sur le caramel au beurre et le xérès sec (fino), avec du fruité (prunes, pelures d’orange séchées). Riche et très moelleuse, la bouche est marquée par le xérès, le cassis, le poivre de cayenne et la poire. Sur la finale, plutôt huileuse, se détachent surtout les fruits rouges avec un peu de pâte d’amande.