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NOTRE COUP DE COEUR – DEANSTON

« Un digestif d’une belle ampleur »

Relativement récente, cette distillerie des Highlands ouverte en 1965 doit sa création à la qualité de l’eau de la rivière Teith. et à la présence des grands ateliers d’une ancienne filature de coton. Elle est située à Doune, à peu de distance de la ligne séparant les Highlands des Lowlands. Produisant essentiellement pour les blenders, ses embouteillages officiels sont assez rares.

Jaune doré soutenu. Nez animal, avec du cuir et du tabac brun. Attaque un peu brûlante, il devient ensuite assez sec, sur les raisins de Corinthe et la noisette grillée. Belle ampleur aromatique avec aussi du boisé : le fût de brandy a beaucoup apporté… Finale légèrement liquoreuse, toujours sur les fruits secs et une pointe de vanille. Un excellent digestif.

Les nouveautés – DEANSTON

« Un digestif d’une belle ampleur »

Relativement récente, cette distillerie des Highlands ouverte en 1965 doit sa création à la qualité de l’eau de la rivière Teith. et à la présence des grands ateliers d’une ancienne filature de coton. Elle est située à Doune, à peu de distance de la ligne séparant les Highlands des Lowlands. Produisant essentiellement pour les blenders, ses embouteillages officiels sont assez rares.

Jaune doré soutenu. Nez animal, avec du cuir et du tabac brun. Attaque un peu brûlante, il devient ensuite assez sec, sur les raisins de Corinthe et la noisette grillée. Belle ampleur aromatique avec aussi du boisé : le fût de brandy a beaucoup apporté… Finale légèrement liquoreuse, toujours sur les fruits secs et une pointe de vanille. Un excellent digestif.

Springbank

« Si jeune et déjà… Springbank » ! »

La plus réputée des dernières distilleries de la région du Kyntire, qui en a compté plus d’une trentaine. Springbank, qui appartient  à la famille Mitchell depuis sa création en 1828, maintient presque à elle seule l’originalité du style somptueux et complexe des malts de Campbeltown, dont l’aptitude au vieillissement est particulièrement remarquable. Tout est fait ici sur place, du maltage à l’embouteillage, avec une double distillation et demie.

Doré légèrement soutenu. Au nez, la tourbe se développe plus lentement, et demande un peu d’aération pour prendre de l’ampleur, s’accompagnant de notes beurrées et fruitées. En  bouche, c’est d’abord la vivacité de l’alcool qui s’impose, et la tourbe se fait plus discrète, davantage fondue dans une douceur aromatique sur la brioche, l’herbacé, la poire et la prune jaune, la vanille avec des épices (gingembre, poivre noir). Malgré sa jeunesse, un Springbank déjà bien complet et harmonieux.

Glenallachie10 ans

Fruits secs et épices, avant tout …

Installée au coeur du Speyside, cette distillerie moderne (fondée en 1967) à proximité d’Edradour est utilisée essentiellement par les blenders, Mackinlay-Mc Pherson d’abord, puis Campbell depuis 1989, après une période de sommeil, suivi d’une augmentation des capacités de production par Pernod-Ricard… qui l’a ensuite revendu à un groupement indépendant. Il n’existe qu’un seul malt officiel, les autres venant des embouteilleurs indépendants.

Jaune un peu doré. Nez surtout malté, un peu de sous-bois et de caramel. Attaque d’abord moelleuse, puis il devient plus sec et épicé, avec de la puissance. Harmonieux, il est bien fondu sur les fruits compotés, l’abricot sec et les raisins de Corinthe brun. De plus en plus sec jusqu’à la finale, avec toujours une présence bien épicée. Plutôt un apéritif, mais pas seulement…

Glen Moray 2004

Du caractère, mais oui ! …

Cette ancienne brasserie a été transformée en distillerie en 1897, avec l’autorisation d’accompagner son nom de la mention Glenlivet. Elle est située près d’Elgin, disposant de grandes quantités d’eau et d’orges réputées. Depuis son rachat par La Martiniquaise, en 2008, sa production a été fortement accrue pour alimenter les blends Label 5 et Glen Turner, tout en commercialisant des malts maturés en fûts variés.

Jaune doré soutenu. Nez puissant, sur la rondeur maltée, avec des notes de fruits secs. Attaque très vive, surtout pour un réduit, laissant place au caractère malté, un peu sur le caramel au beurre, et des fruits jaunes (poire surtout, pomme cuite). L’ensemble est bien relevé par des notes poivrées et un peu de gingembre qui apporte de l’âpreté. Finale bien persistante sur le poivre noir. Sauf finition spéciale, un malt de caractère plutôt inhabituel de la part de cette distillerie.

Auchroisk

Non, ce n’est pas du gin !

Ouverte en 1974, cette distillerie moderne du Speyside a remporté plusieurs prix d’architecture. Se prononçant “Auth-rusk”, ce qui signifie “gué de la rivière rouge”, elle a un temps commercialisé ses malts sous l’appellation “The Singleton”, plus facile à prononcer. Possédant quatre paires d’alambics, elle utilise une eau particulièrement douce, et une partie du vieillissement est réalisée en fûts de xérès. Pratiquement incolore (!). Nez léger, un peu discret, se développant à l’aération sur des notes herbacées et minérales.

Attaque un peu ronde, puis plus sèche, avec une dominante poivrée et un peu épicée (genévrier). Corpulence maltée jusqu’à la finale, bien aromatique et d’une bonne persistance. Franchement original, surtout pour un Speyside.

Macduff

Fruité, mais surtout poivré ..

Créée en 1962 (ou en 1960 selon d’autres sources), cette distillerie des Highlands constitue un cas rare en Ecosse, car ses malts officiels portent le nom Glen Deveron, puis The Deveron, du nom de la petite rivière proche. Et l’appellation Macduff n’est utilisée que par les embouteilleurs indépendants. Les malts de la distillerie sont avant
tout un constituant fondamental du blend William Lawson’s.

Jaune pâle. Nez sec, un peu léger, restant fermé à l’aération. Attaque puissante et bien épicée. Il se développe ensuite sur les fruits jaunes (prune, poire), avec un caractère moelleux qui ne fait pas oublier ses notes poivrées. Puissant jusqu’à la finale, il persiste assez longtemps en bouche grâce à sa petite astringence et ses notes fruitées.

Knockdhu

Presque un Speyside… le poivre en plus

Fondée en 1893 par DCL, cette distillerie des Highlands de l’Est a été surtout vouée à alimenter les blenders, tout en connaissant de longues périodes de fermeture. Le premier single malt officiel date de 1989, mais il prit par la suite le nom d’An Cnoc, peut-être par crainte d’une confusion avec la distillerie Knockando voisine. Mais le chassé-croisé entre les deux noms s’est reproduit plusieurs fois depuis, ne facilitant pas la tâche des amateurs. Depuis 2003, An Cnoc semble être devenu définitif… au moins pour les embouteillages officiels. Mais ceux des indépendants sont assez rares.

Jaune clair. Nez plutôt céréalier, devenant épicé et marqué par l’alcool à l’aération. Après une attaque plutôt brûlante, il se développe sur un bon malté, avec des notes de miel et des touches plutôt florales. Il devient ensuite plus épicé et poivré, et offre une finale encore brûlante malgré l’ajout d’un peu d’eau. Sans doute un peu jeune pour être embouteillé, il évoque nettement un Speyside… d’autant que la distillerie n’en est guère éloignée.

Macduff

Fruité, mais surtout poivré …

Créée en 1962 (ou en 1960 selon d’autres sources), cette distillerie des Highlands constitue un cas rare en Ecosse, car ses malts officiels portent le nom Glen Deveron, puis The Deveron, du nom de la petite rivière proche. Et l’appellation Macduff n’est utilisée que par les embouteilleurs indépendants. Les malts de la distillerie sont avant tout un constituant fondamental du blend William Lawson’s.

Jaune pâle. Nez sec, un peu léger, restant fermé à l’aération. Attaque puissante et bien épicée. Il se développe ensuite sur les fruits jaunes (prune, poire), avec un caractère moelleux qui ne fait pas oublier ses notes poivrées. Puissant jusqu’à la finale, il persiste assez longtemps en bouche grâce à sa petite astringence et ses notes fruitées.

Knockdhu

Presque un Speyside  … le poivre en plus

Fondée en 1893 par DCL, cette distillerie des Highlands de l’Est a été surtout vouée à alimenter les blenders, tout en connaissant de longues périodes de fermeture. Le premier single malt officiel date de 1989, mais il prit par la suite le nom d’An Cnoc, peut-être par crainte d’une confusion avec la distillerie Knockando voisine. Mais le chassé-croisé entre les deux noms s’est reproduit plusieurs fois depuis, ne facilitant pas la tâche des amateurs. Depuis 2003, An Cnoc semble être devenu définitif… au moins pour les embouteillages officiels. Mais ceux des indépendants sont assez rares.

Jaune clair. Nez plutôt céréalier, devenant épicé et marqué par l’alcool à l’aération. Après une attaque plutôt brûlante, il se développe sur un bon malté, avec des notes de miel et des touches plutôt florales. Il devient ensuite plus épicé et poivré, et offre une finale encore brûlante malgré l’ajout d’un peu d’eau. Sans doute un peu jeune pour être embouteillé, il évoque nettement un Speyside… d’autant que la distillerie n’en est guère éloignée.

Dalmore 97

Rond et surtout épicé …
Créée en 1839, cette distillerie des Highlands du Nord a été assez vite liée au blender Whyte & Mackay. Elle a pour particularité un très vieil alambic dont le col est refroidi par une circulation d’eau, ce qui a pour effet d’alléger l’eau-de-vie de ses éléments les plus lourds. Ce qui explique peut-être ses capacités à vieillir longuement (audelà de 50 ans), même si les bouteilles d’un tel âge sont particulièrement rares et valent de petites fortunes.

Jaune clair et brillant. Nez légèrement miellé avec des fleurs blanches (aubépine) et un peu de fruits exotiques. Attaque onctueuse, puis s’installe une belle vigueur épicée (poivre noir, girofle et gingembre), s’harmonisant bien avec les notes fruitées et miellées. Belle finale fruitée, toujours sur la puissance, un peu brûlante évoluant sur l’astringence avec une pointe d’âcreté.

Ardbeg Uigeadail

Harmonie entre le fumé et le fruit … 

Tourbe et élégance, tels sont les deux traits dominants des malts de cette distillerie d’Islay, appréciée de longue date par les amateurs. Sa spécificité provient surtout d’un dispositif de purification en haut du deuxième alambic, qui conserve le meilleur de la tourbe en lui évitant toute âcreté.  Chaque nouvel arrivage est attendu avec impatience par les passionnés d’Islay.

Couleur doré profond et soutenu. Nez marqué par le fumé, avec une belle richesse fruitée (dattes, raisins secs). Avec un peu d’eau, le caractère miellé se développe davantage. En bouche, c’est d’abord le moelleux qui s’installe, avec des notes de caramel et de miel onctueux, et aussi de fruits confits, de Christmas pudding. Puis se révèlent les arômes fumés (saumon fumé, voire viande grillée) en second plan, sans jamais masquer les premières notes fruitées. Avec un très bel équilibre, l’échange entre les deux familles d’arômes se déroule en permanence, offrant une étonnante complexité et un plaisir renouvelé pour le dégustateur. La finale, très longue, reste dans la même complexité, dans une grande douceur générale.

Bunnahabhain

Tourbe marine …

Longtemps atypique par rapport aux autres distilleries d’Islay (car n’utilisant pas de malts tourbés), elle est située tout au nord de l’Île. Signifiant “Bouche de la crique”, elle se prononce Bouna’hav’n en gaélique. Fondée en 1881 par William Robertson et les frères Greenless, elle a connu plusieurs longues périodes d’arrêt, y compris après avoir été agrandie en 1963. Après quelques années d’incertitude, elle a été rachetée en 2003 par Burn Stewart qui a relancé la commercialisation et développé de nouvelles expressions, notamment tourbées.

Jaune très pâle. La tourbe se développe immédiatement au nez, puissante et huilleuse mais sans lourdeur. En bouche, forte attaque sur la tourbe phénolique, avec le même caractère gras qu’au nez. Elle s’accompagne de notes poivrées, voire pimentées, mais aussi iodées lui donnant une tonalité marine. Longue finale un peu astringente. (Malt distillé à forte chauffe pour accentuer le caractère fumé).

Glen Moray

Tout en fruits exotiques ,,,

Un single cask tout en fruits exotiques grâce à sa maturation en fût de Madère.

En bouche, des notes d’ananas confit aux épices douces, avec une pointe de gousse de vanille, et une finale où s’harmonisent les épices et la gourmandise du bois. Commentaire de Donald MacKenzie, Brand Ambassador Whisky chez Dugas.

Hazelburn

Puissamment épicé …
Une ancienne distillerie de Campbeltown (1836-1925) a donné son nom à ce single malt distillé pour la première fois en 1996 par les Mitchell, dans les mêmes alambics utilisés pour Springbank et Longrow. L’idée était de refaire un malt comme dans les Lowlands, en utilisant un orge malté non tourbé, et en pratiquant une triple distillation. Ce malt est produit en faible quantité.
Jaune un peu doré. Nez vif, fruits jaunes, poivre noir, crème à la vanille. Plein de vivacité à l’attaque, mais sur un fond plus moelleux, voire onctueux. Poire mûre, prune jaune, avec beaucoup de mordant et un peu d’épices (gingembre, coriandre). Longue présence de la finale, avec une légère astringence. Un plus long vieillissement devrait encore l’enrichir.

Benromach

Entre le fumé et l’épicé …
Construite en 1898, cette distillerie à l’ouest du Speyside, près de la ville de Forres, a rouvert exactement un siècle après, en 1998, 15 ans après sa mise en sommeil par DCL (United Distillers). Reprise par un embouteilleur indépendant, elle a été complètement modernisée, y compris pour l’alambic, d’une taille plus petite. C’était d’ailleurs la plus petite distillerie du Speyside… mais elle vient d’être supplantée par Ballindalloch. Cas rare, toute la production est utilisée en single malt.
Ambré clair. Nez un peu fumé, puis marqué par le végétal (foin), avec du caramel au beurre. Tapissant bien le palais, il est épicé, bien malté, avec du fruit sec (noisette) et une pointe d’agrumes. On retrouve un peu de bois brûlé sur la finale, bien réchauffante.

Hazelburn 10 ans

“L’atout d’un vieillissement rapide“

Elaboré à Campbeltown par la famille Mitchell dans les mêmes alambics que Springbank, Hazelburn est un malt distillé trois fois, mais non tourbé, reprenant d’anciennes traditions de la région comme de celle des Lowlands qui ne sont d’ailleurs pas si loin… à ailes de mouette s’entend. La production, limitée, permet de faire différentes expérimentations, comme ici avec des vieillissements dans de petits fûts, les rundlets (68 litres) et les kilderkins (80 litres environ).

Jaune doré. Au nez, beaucoup de rondeur fruitée (fruits secs) allant jusqu’au crémeux. En bouche, l’attaque sèche et épicée se développe sur une structure très riche, marquée par le toffee, les raisins de Corinthe et les amandes. Belle plénitude pour un malt jeune, due au vieillissement plus rapide. Finale plus sèche et plus tannique, un peu iodée, mais d’une belle longueur.

Caol ila

“Pour néophytes et passionnés“

Avec un nom qui signifie en gaélique “le détroit d’Islay”, un emplacement en face de l’île de Jura, et une eau bien tourbée, la distillerie a toujours eu de quoi intéresser les amateurs de malts puissants. Bien que fondée en 1846, Caol Ila a été complètement remaniée vers 1972 par United Distillers (Diageo aujourd’hui). Compte tenu de la demande, elle a été à nouveau agrandie en 2011, ce qui porte sa capacité à 6,5 millions de litres par an. Elégants et bien tourbés, ses malts sont aujourd’hui disponibles en de multiples versions.

Jaune pâle. La tourbe caractéristique de la distillerie est immédiatement présente au nez, même s’il est un peu fermé au départ. Elle demande donc une bonne aération pour se développer. La bouche est chaleureuse d’entrée, et le caractère tourbé domine tout de suite, avec des nuances plus médicinales que végétales ou maritimes. Belle puissance malgré la réduction, tapissant tout le palais et demeurant longtemps en bouche. Pour néophytes comme pour passionnés.

Jura

Moelleux et épicé

En face d’Islay, et peuplée de cerfs (qui lui ont donné son nom en ancien norvégien), l’île de Jura, montagneuse et peu habitée, doit une partie de sa célébrité à George Orwell, qui, dans ce cadre tourmenté, y a écrit son roman 1984. La distillerie remonte au moins au début du 19ème siècle, mais a été remaniée et modernisée à plusieurs reprises depuis. Elle se caractérise par des alambics aux cols très longs. Depuis quelques années, sont aussi élaborés des malts tourbés, ce qui n’était pas le cas auparavant.

Jaune d’or. Nez de céréales et de paille séchée, avec quelques notes musquées après aération. Puissant mais supportable à l’attaque, il se développe avec moelleux et rondeur sur un caractère plus fruité : prune rouge, pomme cuite, avec des notes épicées : cardamone, poivre gris. Finale sèche et astringente, assez apéritive mais pouvant bien s’apprécier en fin de repas.

Port Charlotte

Brut de tourbe

Fermée et démolie en 1929, cette distillerie d’Islay (appelée aussi Lochindaal) connaît la renaissance au 21ème siècle. En effet, Bruichladdich élabore sous ce nom depuis 2001 un single malt assez tourbé, dont une faible partie est commercialisée chaque année depuis 2006. Avec l’arrivée de Rémy-Cointreau comme nouveau propriétaire, la reconstruction de la distillerie ne semble plus à l’ordre du jour.

Jaune pâle. Nez nettement tourbé, assez phénolique. Attaque ample mais sèche. La tourbe et le fumé s’installent en force au palais, avec un accent sec, voire minéral, à peine complété par un peu de prune jaune. Net et sans fioriture, et juste amorti par la réduction, le caractère tourbé se déploie ici en toute simplicité… et en majesté.

Tamdhu

Agréablement malté

Fondée en 1896, cette distillerie du Speyside (non loin de Cardhu) est devenue très vite la propriété des Highland Distillers, avant d’appartenir à Edrington Group. Rénovée et agrandie dans les années 70, elle élabore des malts très appréciés des blenders. Elle a pour particularité de procéder sur place au maltage de son orge, en utilisant le système Saladin. Toutefois, la distillerie a été mise en sommeil en 2009. En 2011, Ian Macleod l’a rachetée, la production a repris un an après (mais le maltage a été arrêté) avec l’ambition de faire de Tamdhu un malt plus présent sur le marché.
Ambré doré. Nez discret, plutôt sur le fruité. Bien sec sur l’attaque, il se développe ensuite sur un registre plus moelleux, avec un bon fondu fruité, caramel au beurre et un peu de poivre noir pour le relever. Finale agréable, avec du caractère, et une bonne persistance sur le malté.

Tobermory

Atypique mais si charmeur

La grande île de Mull n’abrite qu’une distillerie, au_nord, dans le petit port de Tobermory. Ses premières traces remontent à 1795, lors de sa création par un négociant, John Sinclair. Son existence fut ensuite assez sporadique, avec notamment près de 40 ans de fermeture à partir des années 30. En outre, elle porta un temps le nom de Ledaig dans les années 70. Depuis sa reprise par Burn Stewart, la production est redevenue régulière, avec deux déclinaisons : Tobermory et Ledaig, qui se distingue par son caractère tourbe. Les d eux malts sont maintenant présentés dans une version officielle à 46°3, non filtrée à froid.

Jaune très pâle. Nez végétal, foin séché, fleurs blanches, petite pointe de pomelos. Attaque moelleuse, d’abord fraîche puis plutôt poivrée, voire pimentée. En bouche, il se développe avec puissance sur les fruits jaunes (poire, coing), les fleurs blanches, avec une petite n ote de miel et de cire jaune. Equilibré mais très concentré, il reste frais jusqu’à la finale, qui devient plus tannique et poivre blanc. Un style finalement assez atypique pour un Island, mais vraiment très agréable et charmeur.

Springbank – Rundlets & Kilderkins

La preuve par le petit fût

La plus réputée des dernières distilleries de la région du Kyntire, qui en a compté plus d’une trentaine. Springbank, qui appartient à la famille Mitchell depuis sa création en 1828, maintient presqu’à elle seule l’originalité du style somptueux et complexe des malts de Campbeltown, dont l’aptitude au vieillissement est particulièrement remarquable. Tout est fait ici sur place, du maltage à l’embouteillage, avec une double distillation et demie. Cette version porte le nom d’anciens fûts (valant de 68 à 83 litres) utilisés jusqu’au 18ème siècle pour la bière et le vin.

Ambré doré. Nez concentré, avec du miel, des fruits secs (raisin de Corinthe) sur une dominante maltée et à peine tourbée. Attaque franche, sur le sec, puis se développe une grande richesse aromatique : fruits à chair blanche, malt, poivre gris, avec en arrière-plan la tourbe aromatique qui fait entendre sa petite musique. Le corps est puissant, concentré et très fondu. Finale longue, un peu tannique et toujours sur le sec. La preuve que les petits fûts accélèrent le vieillissement et donnent des malts d’un grand caractère.

Ledaig

L’autre façon d’être tourbe

La grande île de Mull n’abrite qu’une distillerie, au nord, dans le petit port de Tobermory. Ses premières traces remontent à 1795, lors de sa création par un négociant, John Sinclair. Son existence fut ensuite assez sporadique, avec notamment près de 40 ans de fermeture à partir des années 30. En outre, elle porta un temps le nom de Ledaig dans les années 70.

Depuis sa reprise par Burn Stewart, la production est redevenue régulière, avec deux déclinaisons : Tobermory et Ledaig, qui se distingue par son caractère tourbe. Les deux malts sont maintenant présentés dans une version officielle à 46°3, non filtrée à froid. Ambré léger. Au nez, se développe immédiatement un puissant caractère tourbe, à la fois végétal et fumé, mais peu phénolique. Après une attaque plutôt moelleuse, on retrouve très vite la tourbe, toujours végétale, mais accompagnée de légères notes poivrées. Beaucoup d’élégance et de finesse jusqu’à la finale, remarquablement persistante, qui témoigne combien la tourbe peut avoir de multiples aspects dans un malt.

Caol Ila

En pleine fougue…

Avec un nom qui signifie en gaélique “le détroit d’Islay”, un emplacement en face de l’ile de Jura, et une eau bien tourbée en provenance d’un loch “où souffle en permanence une brise aux effluves de bruyère et de myrte”, la distillerie a toujours eu de quoi intéresser les amateurs de malts puissants. Bien que fondée en 1846, Caol Ila a été complètement remaniée vers 1972 par United Distillers (Diageo aujourd’hui). Elégants et bien tourbés, ses malts sont aujourd’hui disponibles en de multiples versions.

Jaune d’or. Dès le premier nez, le tourbé caractéristique de la distillerie s’exprime avec une certaine suavité, accompagné de notes de céréales et de fruits mûrs. Après une attaque plutôt moelleuse, il s’exprime avec une grande puissance (surtout pour un réduit), où l’on retrouve la tourbe, certes, mais aussi d’intenses notes poivrées et épicées. Le corps est solide, vigoureux, et se poursuit sur une finale bien persistante. Toute la fougue de la jeunesse est au rendez-vous de ce grand classique.

Bruchladdich

Du grand art

Fondée en 1881, cette distillerie d’Islay (une des plus à l’ouest de toute l’Ecosse) fait face à Bow-more, de l’autre côté du Loch Indaal. Elle a produit les malts les moins tourbes et les plus légers de l’île. Une caractéristique sans doute due à ses quatre alambics au col particulièrement haut.

Après son rachat en 1995, elle a été mise en sommeil pendant plusieurs années, mais elle a repris depuis la distillation. Ce dix ans, le premier single malt directement élaboré par Jim Me Ewan, était très attendu : non tourbe, non filtré à froid, élaboré avec une fermentation lente et une distillation au goutte—goutte. Jaune doré. Nez délicat, légèrement miellé, avec des notes de plantes aromatiques (thym citronné, romarin) mais aussi un peu beurré. Bouche moelleuse, plutôt crémeuse, puis devient épicée et chaleureuse. Caramel au beurre, fruits secs, légèrement toasté.

Plutôt sec, il enrobe bien le palais, acquérant plus de vivacité sur la finale, avec même un caractère assez tannique. Remarquable persistance sur la séduction d’un malt qui renoue en les vivifiant les anciennes traditions de Bruichladdich. Du grand art tout en finesse.

Ardmore

Classique mais chaleureux

Située dans une vallée reculée à la limite du Speyside, cette distillerie centenaire (fondée en 1898) a longtemps servi à l’élaboration du blend Teacher’s. Malgré son importance – huit grands alambics chauffés au charbon – elle est encore méconnue, mais sa notoriété augmente depuis son acquisition par Jim Beam en 2005.

Jaune doré. Nez bien malté, chaleureux avec des Fût de manzanilla notes de miel et de cire d’abeille. Attaque vive, avec un corps assez enveloppant tout en étant plutôt sec. Bonne richesse aromatique, où l’on retrouve les notes du nez, avec une dominante plus marquée du caractère malté. Il devient un plus gras sur la finale, avec des notes poivrées d’une grande vivacité. Que du classique, mais avec une belle chaleur général.