Archives

Les nouveautés – BALMENACH – 2005

« A l’apéritif, de toute évidence »

Cette distillerie au sud du Speyside date de 1825, fondée par James McGregor, célèbre distillateur clandestin. Mais ses malts resteront longtemps réservés aux blenders de DCL, qui en ont fait l’acquisition en 1930. Devenue propriété d’Inverhouse en 1997, ce groupe appartient
aujourd’ hui à une société thailandaise. Il n’y a pas de malt officiel, la commercialisation en single malt passant par les indépendants, notamment sous le nom Deerstalker.

Nez puissant, sur les céréales et la prune jaune. Très sec en attaque, voire brûlant (un peu d’eau est conseillé). En bouche, dominent les fruits secs (amande) et la poire William, puis évolution vers un peu d’astringence. Finale sèche mais chaleureuse, sur les fruits jaunes et l’amande. Apéritif, bien sûr, avec une longue persistance.

La sélection … Tomintoul

« Sec comme un coup de… xérès »

Créée en 1965, la disillerie, d’abord indépendante, est entrée ensuite dans le groupe Whyte & Mackay, qui changera plusieurs fois de mains. Finalement, c’est la société indépendante et familiale Angus Dundee Distillers qui rachète Tomintoul en 2000, puis Glencadam en 2003. Encore méconnue, Tomintoul a une activité importante (3,3 millions litres d’alcool par an) et une large gamme, non tourbée et tourbée, d’une quinzaine de références.

Jaune clair. Nez à dominante céréalière, mais sec, légèrement épicé. Attaque un peu brûlante, donnant une dominante sèche qui demeure ensuite, rappelant le xérès type fi no. Notes d’amandes et de fruits secs (raisins de Corinthe) qui apporte un léger moelleux. Final assez sec, un peu astringent. Un très bon apéritif …

La sélection … Auchroisk

« Quand la valeur n’attend pas le nombre des années »

Ouverte en 1974, cette distillerie moderne du Speyside a remporté plusieurs prix d’architecture.
Se prononçant “Auth-rusk”, ce qui signifie “gué de la rivière rouge”, elle a un temps  commercialisé ses malts sous l’appellation “The Singleton”, plus facile à prononcer. Possédant huit alambics, elle utilise une eau particulièrement douce, et une partie du vieillissement est réalisée en fûts de xérès.

Ambré soutenu. Nez bien malté, puissant et équilibré, sur la pomme cuite et le caramel. Belle ampleur dès l’attaque, puis on retrouve le malt, le caramel et le fruité du nez, avec une pointe de poivre noir. Déjà bien harmonieux pour son âge, ce Speyside d’un grand classicisme offre la richesse de malts plus âgés. A ne pas manquer donc, même si sa persistance assez limitée trahit tout de même un peu sa jeunesse.

Glen Moray 1992

Bien long, comme son âge …

Cette ancienne brasserie a été transformée en distillerie en 1897, avec l’autorisation d’accompagner son nom de la mention Glenlivet. Elle est située près d’Elgin, disposant de grandes quantités d’eau et d’orges réputées. Depuis son rachat par La Martiniquaise, en 2008, sa production a été fortement accrue pour alimenter les blends Label 5 et Glen Turner, tout en commercialisant des malts maturés en fûts variés.

Jaune doré. Nez assez puissant, crémeux, sur le malté, la noisette et autres fruits secs. Attaque assez moelleuse, puis davantage brûlante. Se développe ensuite un caractère plus suave, tout en restant assez sec. On retrouve le fruité du nez, se terminant sur quelques notes plus astringentes. Bien long (c’est de son âge) et assez persistant sur un ensemble fondu où domine le malt.

Balmenach 2005

Un apéritif bien sec …

Cette distillerie au sud du Speyside date de 1825, fondée par James McGregor, célèbre distillateur clandestin. Mais ses malts resteront longtemps réservés aux blenders de DCL, qui en ont fait l’acquisition en 1930. Devenue propriété d’Inverhouse en 1997, ce groupe appartient aujourd’hui à une société thaÏlandaise. Il n’y a pas de malt offi ciel, la commercialisation en single malt passant par les indépendants, notamment sous le nom Deestalker.

Jaune pâle. Nez fermé, devenant plus malté à l’aération, avec des notes poivrées. Attaque brûlante (un peu d’eau n’est pas à écarter), puis le malté domine, avec quelques notes de fruits jaunes et un peu de caramel au beurre. Surtout sec, mais avec un peu de moelleux en fond de bouche, il est à conseiller à l’apéritif, même s’il possède également un peu de fruité.

AUCHROISK

Apéritif et aromatique …

Ouverte en 1974, cette distillerie moderne du Speyside a remporté plusieurs prix d’architecture.
Se prononçant “Auth-rusk”, ce qui signifie “gué de la rivière rouge”, elle a un temps commercialisé ses malts sous l’appellation “The Singleton”, plus facile à prononcer. Possédant huit alambics, elle utilise une eau particulièrement douce, et une partie du vieillissement est réalisée en fûts de xérès.

Jaune un peu doré. Nez malté, sur la noix, un peu gras. Attaque assez vive, bien maltée. Le corps, plutôt sec, se développe sur les fruits secs (raisin de Corinthe, noix), un peu de toffee et relevé par des notes bien épicées. Surtout apéritif, mais ne pas négliger sa persistance bien aromatique.

Glenburgie 15 ans

Épicé, voire brûlant …

Remontant à 1810 sous le nom de Kilnflat, cette distillerie située à l’ouest du Speyside, dans le Findhorn, a toujours été vouée à la production de malts pour les blends, surtout Ballantine’s. Sa commercialisation en single n’est le fait que des embouteilleurs indépendants. En 1927, ce fut la première distillerie dirigée par une femme, Margaret Nicol, qui n’était pas l’épouse ou la veuve d’un propriétaire. Les bâtiments ont été détruits en 2003 pour être remplacés par une distillerie moderne.

Jaune tirant sur le doré. Nez malté, un peu de fruits secs et de pomme cuite. Attaque d’abord souple, voire moelleuse, mais il devient vite brûlant et bien épicé. Caramel, compote de pommes, raisins de Corinthe dans un ensemble puissant et bien fondu, surtout sec. Finale sur le poivre noir, bien persistante.

Dailuaine

Sec et onctueux ? Oui, la preuve …

Comme l’indique son nom gaëlique (“vallon verdoyant”), la distillerie est située dans un creux au bord de la rivière Spey. Créée en 1852 par William Mackenzie, elle a été peu de temps après reliée au réseau de chemins de fer, ce qui a beaucoup influé sur son développement. Ce fut la première distillerie du Speyside à être munie de la cheminée se terminant par une pagode, conçue par Charles Doig en 1889. Equipée de six alambics, et plusieurs fois modernisée, son malt est réservé aux blends Johnnie Walker), et il est très peu embouteillé en single.

Jaune très, très, très pâle, mais pas incolore. Nez un peu musqué, animal, puis évoluant sur les fruits secs (amande). Attaque sèche, minérale. En bouche, beaucoup de puissance marquée par le poivre noir et les épices, mais aussi des notes de fleurs blanches. Finale plus onctueuse, mais toujours bien épicée. Apéritif ou digestif ? Les deux, en fait.

Glenallachie10 ans

Fruits secs et épices, avant tout …

Installée au coeur du Speyside, cette distillerie moderne (fondée en 1967) à proximité d’Edradour est utilisée essentiellement par les blenders, Mackinlay-Mc Pherson d’abord, puis Campbell depuis 1989, après une période de sommeil, suivi d’une augmentation des capacités de production par Pernod-Ricard… qui l’a ensuite revendu à un groupement indépendant. Il n’existe qu’un seul malt officiel, les autres venant des embouteilleurs indépendants.

Jaune un peu doré. Nez surtout malté, un peu de sous-bois et de caramel. Attaque d’abord moelleuse, puis il devient plus sec et épicé, avec de la puissance. Harmonieux, il est bien fondu sur les fruits compotés, l’abricot sec et les raisins de Corinthe brun. De plus en plus sec jusqu’à la finale, avec toujours une présence bien épicée. Plutôt un apéritif, mais pas seulement…

Glenrothes 1996

Solidement classique …

Solidement classique Après un démarrage en 1878, la faillite d’une banque a d’abord retardé son ouverture jusqu’en 1887. Située à Rothes (qui en compte quatre autres), dans le Speyside, cette distillerie a été par la suite agrandie deux fois, et compte aujourd’hui dix alambics. Mais ses malts sont rares en embouteillage en single, car l’essentiel est utilisé par les blenders. Elle appartient depuis 1999 à Edrington Group, mais ses malts sont distribués par Berry Brothers, au moins au Royaume-Uni.

Jaune doré soutenu. Nez bien malté, mais plutôt fermé. L’attaque est un peu brûlante, avec des notes maltées et miellées. Plutôt onctueux, voire tirant sur la cire d’abeille, il est relevé par un caractère poivré qui se dégage surtout vers la finale. On retrouve les fruits jaunes classiques de la distillerie, voire du Speyside, un style auquel elle ne déroge pas. Rien de vraiment original, mais un solide métier qu’on retrouve avec plaisir.

Balmenach Glenlivet

A réserver à l’apéritif …

Cette distillerie au sud du Speyside date de 1825, fondée par James McGregor, célèbre distillateur clandestin. Mais ses malts resteront longtemps réservés aux blenders de DCL, qui en ont fait l’acquisition en 1930. Devenu propriété d’Inverhouse en 1997, ce groupe appartient aujourd’hui à une société thailandaise. Il n’y a pas de malt officiel, la commercialisation en single malt passant par les indépendants, notamment sous le nom Deestalker.

Jaune pâle. Nez d’abord discret, prenant à l’aération une certaine ampleur maltée. Attaque sèche, voire un peu brûlante. Derrière cette puissance, quelques notes fruitées (pomme, poire) et un peu de poivre noir. Finale surtout tannique et astringente, avec une petite persistance maltée.

Springbank 14 ans

Une bouteille de référence …

La plus réputée des dernières distilleries de la région du Kyntire, qui en a compté plus d’une trentaine. Springbank, qui appartient à la famille Mitchell depuis sa création en 1828, maintient presque à elle seule l’originalité du style somptueux et complexe des malts de Campbeltown, dont l’aptitude au vieillissement est particulièrement remarquable. Tout est fait ici sur place, du maltage à l’embouteillage, avec une double distillation et demie.

Jaune doré. Nez un peu fermé au départ, mais exhalant très vite la tourbe caractéristique de la distillerie. Attaque plutôt moelleuse, mais devenant d’une grande puissance. La tourbe végétale domine le palais, mais bien accompagnée par du fruité (prune jaune, coing), du malté et des épices (poivre noir, gingembre), et quelques notes de vanille et de boisé. Un Springbank vraiment très harmonieux, d’une superbe richesse aromatique, et tel qu’on l’aime. Manquerait peut-être un vieillissement plus long, mais c’est déjà une bouteille de référence.

Les incontournables .. Single Speyside

Un jardin de fleurs au chocolat …

Cette distillerie est une des rares à pouvoir se prévaloir d’être encore indépendante. Elle propose une très large sélection de malts. Elle a même initié la diffusion des tout premiers bruts de fût.

Le malt non filtré du club délicatement ciselé par le sherry est enthousiasmant au nez. Très parfumé et frais, il évolue en bouche en de très douces saveurs florales teintées de l’amertume du chocolat. Très bonne persistance en bouche.

Aultmore 1997

Austère mais tout de même bien épicé …

Située au nord de la ville de Keith, dans l’extrême ouest du Speyside, cette distillerie est installée sur les bords de la rivière Isla (à ne pas confondre avec l’île réputée pour ses malts tourbés). Fondée en 1886, elle alimente surtout les blends Dewar’s, et a été complètement reconstruite dans les années 1970. Appartenant au groupe Bacardi depuis 1998, les embouteillages officiels sont rares.

Jaune pâle. Nez puissant, assez gras, à dominante animale. Attaque puissante et épicée, voire un peu brûlante, surtout pour un malt de cet âge. Bien fruité, avec la pomme, les raisins secs et le gingembre, Il est surtout sec, voire un peu austère, mais avec de la rondeur en arrière-plan. De quoi le rendre atypique par rapport au Speyside, surtout à un tel âge. Longue finale et grande persistance épicée.

Glen Moray 2004

Du caractère, mais oui ! …

Cette ancienne brasserie a été transformée en distillerie en 1897, avec l’autorisation d’accompagner son nom de la mention Glenlivet. Elle est située près d’Elgin, disposant de grandes quantités d’eau et d’orges réputées. Depuis son rachat par La Martiniquaise, en 2008, sa production a été fortement accrue pour alimenter les blends Label 5 et Glen Turner, tout en commercialisant des malts maturés en fûts variés.

Jaune doré soutenu. Nez puissant, sur la rondeur maltée, avec des notes de fruits secs. Attaque très vive, surtout pour un réduit, laissant place au caractère malté, un peu sur le caramel au beurre, et des fruits jaunes (poire surtout, pomme cuite). L’ensemble est bien relevé par des notes poivrées et un peu de gingembre qui apporte de l’âpreté. Finale bien persistante sur le poivre noir. Sauf finition spéciale, un malt de caractère plutôt inhabituel de la part de cette distillerie.

Glen Spey 2001

Sec et bien apéritif …

Bien que fondée en 1880, et modernisée un peu moins d’un siècle plus tard, cette distillerie du Speyside, dans la ville de Rothes, n’a jamais vraiment fait beaucoup parler d’elle. Il est vrai que ses malts sont depuis longtemps essentiellement utilisés pour élaborer le blend J&B, qui se réserve la quasi-totalité de la production, avec une capacité de 1,4 million de litres par an. Une rareté…

Jaune très pâle. Nez discret, sur le végétal (céréales) et les fleurs blanches, avec de la suavité à l’aération. Assez sec à l’attaque, le corps prend vite de l’ampleur, avec surtout du poivre blanc pour le relever. Plus rond en milieu de bouche, il développe aussi de la vivacité, tout en restant à dominante céréalière, avec des fruits secs (noix) mais aussi du nougat moelleux. Finale bien relevée, le caractère sec le rendant très apéritif.

Bunnahabhain Stiureadair

Tourbe marine …

Longtemps atypique par rapport aux autres distilleries d’Islay (car n’utilisant pas de malts tourbés), elle est située tout au nord de l’Île. Signifiant “Bouche de la crique”, elle se prononce Bouna’hav’n en gaélique. Fondée en 1881 par William Robertson et les frères Greenless, elle a connu plusieurs longues périodes d’arrêt, y compris après avoir été agrandie en 1963. Après quelques années d’incertitude, elle a été rachetée en 2003 par Burn Stewart qui a relancé la commercialisation et développé de nouvelles expressions, notamment tourbées. Le mot gaélique Stiureadair (Helmsman en anglais) signifie l’homme de barre, référence maritime classique de la distillerie.

Jaune doré. Au nez, une tourbe plutôt végétale se développe rapidement, mais sans domminer l’ensemble, accompagnée de fruits secs et de vanille. Attaque chaleureuse, un peu crémeuse, mais puissante ; la tourbe s’accompagne de noisettes, d’un peu d’épices et de notes salées. Finale riche et enveloppante sur les fruits secs et le poivre noir. Quant la tourbe se marie avec la mer…

Auchroisk

Non, ce n’est pas du gin !

Ouverte en 1974, cette distillerie moderne du Speyside a remporté plusieurs prix d’architecture. Se prononçant “Auth-rusk”, ce qui signifie “gué de la rivière rouge”, elle a un temps commercialisé ses malts sous l’appellation “The Singleton”, plus facile à prononcer. Possédant quatre paires d’alambics, elle utilise une eau particulièrement douce, et une partie du vieillissement est réalisée en fûts de xérès. Pratiquement incolore (!). Nez léger, un peu discret, se développant à l’aération sur des notes herbacées et minérales.

Attaque un peu ronde, puis plus sèche, avec une dominante poivrée et un peu épicée (genévrier). Corpulence maltée jusqu’à la finale, bien aromatique et d’une bonne persistance. Franchement original, surtout pour un Speyside.

Strathmill 1992

Bien vif malgré son bel âge …

Dans cet ancien moulin du Speyside, remontant à 1823, une distillerie a été créée en 1891, pour répondre à la forte demande de malts par les blenders. Ses propriétaires successifs (Gilbey, IDV et maintenant Diageo) n’ont pas cessé depuis de l’utiliser quasi-exclusivement dans ce but. Modernisée et fortement agrandie en 1969, la distillerie ne commercialise pratiquement pas ce malt, disponible uniquement (et en faibles quantités) chez les embouteilleurs indépendants.

Benrinnes

Bien sec, donc apéritif …

Situé à plus de 200 m d’altitude sur le versant nord du mont du même nom, le site est alimenté par des eaux abondantes et bien filtrées par le granit. Ce qui explique l’implantation ancienne d’une distillerie (avant 1820). Entièrement reconstruite en 1955 et équipée d’alambics supplémentaires 11 ans plus tard, ses malts alimentent les blends J&B, Johnnie Walker et Crawford’s, avec une distillation en deux étapes et demi, aujourd’hui abandonnée. Le single malt est rare sur le marché… sauf pour les membres du Clan.

Jaune clair. Nez à dominante maltée, avec fruits jaunes. Attaque plutôt moelleuse, mais bien relevée par le poivre noir. Il devient plus sec par la suite, conservant son fruité, mais allant jusqu’à à une légère astringence en fond de bouche. A conseiller plutôt à l’apéritif, en raison de sa finale sèche.

Dailuaine 1996

Un grand classique du Speyside

Comme l’indique son nom gaëlique (“vallon verdoyant”), la distillerie est située dans un creux au bord de la rivière Spey. Créée en 1852 par William Mackenzie, elle a été peu de temps après reliée au réseau de chemins de fer, ce qui a beaucoup influé sur son développement. Ce fut la première distillerie du Speyside à être munie de la cheminée se terminant par une pagode, conçue par Charles Doig en 1889. Equipée de six alambics, et plusieurs fois modernisée, son malt a été réservé longtemps aux blenders (Johnnie Walker), et il est encore peu embouteillé en single.

Strathmill 1992

Bien vif malgré son bel âge  ….

Dans cet ancien moulin du Speyside, remontant à 1823, une distillerie a été créée en 1891, pour répondre à la forte demande de malts par les blenders. Ses propriétaires successifs (Gilbey, IDV et maintenant Diageo) n’ont pas cessé depuis de l’utiliser quasi-exclusivement dans ce but. Modernisée et fortement agrandie en 1969, la distillerie ne commercialise pratiquement pas ce malt, disponible uniquement (et en faibles quantités) chez les embouteilleurs indépendants.

Nez : Ananas, mangue, papaye et pointe de chocolat.
Bouche : Tomates cerises, noix de coco, chocolat et orange.
Finale : soupçon de fumé (commentaires de la distillerie).

Dailuaine 1996

Un grand classique du Speyside ...

Comme l’indique son nom gaëlique (« vallon verdoyant »), la distillerie est située dans un creux au bord de la rivière Spey. Créée en 1852 par William Mackenzie, elle a été peu de temps après reliée au réseau de chemins de fer, ce qui a beaucoup influé sur son développement. Ce fut la première distillerie du Speyside à être munie de la cheminée se terminant par une pagode, conçue par Charles Doig en 1889. Equipée de six alambics, et plusieurs fois modernisée, son malt a été réservé longtemps aux blenders (Johnnie Walker), et il est encore peu embouteillé en single.

Nez : Vanille, cardamone, sucre glace.
Bouche : sirupeux, tabac, légèrement mentholée, café moulu.
Finale : moelleuse, grasse et charnue (commentaires de la distillerie).

Benrinnes

Bien sec, donc apéritif …

Situé à plus de 200 mètres d’altitude sur le versant nord du mont du même nom, le site est alimenté par des eaux abondantes et bien filtrées par le granit. Ce qui explique l’implantation ancienne d’une distillerie (avant 1820). Entièrement reconstruite en 1955 et équipée d’alambics supplémentaires 11 ans plus tard, ses malts alimentent les blends J&B, Johnnie Walker et Crawford’s, avec une distillation en deux étapes et demi, aujourd’hui abandonnée. Le single malt est rare sur le marché… sauf pour les membres du Clan.

Jaune clair. Nez à dominante maltée, avec fruits jaunes. Attaque plutôt moelleuse, mais bien relevée par le poivre noir. Il devient plus sec par la suite, conservant son fruité, mais allant jusqu’à à une légère astringence en fond de bouche. A conseiller plutôt à l’apéritif, en raison de sa finale sèche.

Knockdhu

Presque un Speyside  … le poivre en plus

Fondée en 1893 par DCL, cette distillerie des Highlands de l’Est a été surtout vouée à alimenter les blenders, tout en connaissant de longues périodes de fermeture. Le premier single malt officiel date de 1989, mais il prit par la suite le nom d’An Cnoc, peut-être par crainte d’une confusion avec la distillerie Knockando voisine. Mais le chassé-croisé entre les deux noms s’est reproduit plusieurs fois depuis, ne facilitant pas la tâche des amateurs. Depuis 2003, An Cnoc semble être devenu définitif… au moins pour les embouteillages officiels. Mais ceux des indépendants sont assez rares.

Jaune clair. Nez plutôt céréalier, devenant épicé et marqué par l’alcool à l’aération. Après une attaque plutôt brûlante, il se développe sur un bon malté, avec des notes de miel et des touches plutôt florales. Il devient ensuite plus épicé et poivré, et offre une finale encore brûlante malgré l’ajout d’un peu d’eau. Sans doute un peu jeune pour être embouteillé, il évoque nettement un Speyside… d’autant que la distillerie n’en est guère éloignée.

Glen Moray

Pour les amateurs de liquoreux …

Cette ancienne brasserie a été transformée en distillerie en 1897, avec l’autorisation d’accompagner son nom de la mention Glenlivet. Elle est située près d’Elgin, disposant de grandes quantités d’eau et d’orges réputées. Depuis son rachat par La Martiniquaise, en 2008, sa production a été fortement accrue pour alimenter les blends Label 5 et Glen Turner, tout en commercialisant des malts maturés en fûts variés.

Jaune doré. Nez bien malté, marqué par l’alcool et quelques notes liquoreuses. Attaque puissante voire brûlante, pouvant nécessiter l’ajout d’un peu d’eau. Corps rond et moelleux, voire liquoreux l’apparentant presque à un sauternes. La poire et le coing dominent, soutenus par le poivre noir de l’alcool. Manifestement, le xérès a donné beaucoup d’ampleur au malt, surtout non réduit.

Linkwood

Peu marqué par les ans …

Fondée en 1821, cette distillerie d’Elgin, dans la partie nord du Speyside, a connu de nombreux
remaniements depuis. Toutefois, l’un de ses dirigeants, entre les deux guerres, était renommé
pour ne remplacer qu’à l’identique les alambics trop âgés, en y martelant les mêmes bosses. Les deux importants alambics d’origine (maintenant non utilisés) ont été remplacés par quatre autres lors d’un agrandissement en 1973, puis par une nouvelle paire en 2013. Les malts ne sont guère embouteillés, sauf par les indépendants.

Jaune pâle. D’abord fermé, le nez assez sec se développe sur des notes de céréales et d’épices. Assez brûlant à l’attaque (un peu d’eau est conseillé), il est avant tout sec, marqué par le poivre noir et le gingembre, comme si son âge pourtant avancé ne l’avait pas marqué. Bien persistant sur sa dominante céréale, avec une finale devenant plus arrondie.

Glen Spey Glenlivet

Puissance épicée …

Bien que fondée en 1880, et modernisée un peu moins d’un siècle plus tard, cette distillerie du Speyside, dans la ville de Rothes, n’a jamais vraiment fait beaucoup parler d’elle. Il est vrai que ses malts sont depuis longtemps essentiellement utilisés pour élaborer le blend J&B, qui se réserve la quasi-totalité de la production, avec une capacité de 1,4 million de litres par an. Une rareté…

Jaune d’or. Nez céréalier, gras et lourd. Assez sec en bouche, voire un peu brûlant, il se développe sur les céréales bien mûres, le biscuit sec au beurre, avec épices et poivre noir pour relever le tout. Puissant jusqu’à la finale, malgré la réduction. Bonne persistance sur le malt et les épices.

Auchroisk

Sec et fruité …

Ouverte en 1974, cette distillerie moderne du Speyside a remporté plusieurs prix d’architecture.
Se prononçant “Auth-rusk”, ce qui signifie “gué de la rivière rouge”, elle commercialise aussi ses malts sous l’appellation “The Singleton”. Possédant huit alambics, elle utilise une eau particulièrement douce, et une partie du vieillissement est réalisée en fûts de xérès. Le nom « Auchroisk » est par contre plutôt utilisé pour des vieillissements en fûts de bourbon.

 Jaune doré, avec reflets rosés. Nez fruité avec notes florales (rose). Sec à l’attaque, son corps est assez puissant, avec des notes surtout florales et fruits secs (amande, noisette), puis une rondeur davantage marquée par les fruits rouges se fait sentir. Surtout apéritif, l’ensemble est avant tout sec jusqu’à la finale, un peu épicée, mais de courte persistance.

Balmenach

Chaleureux et bien aromatique …

Cette distillerie au sud du Speyside date de 1825, fondée par James McGregor, célèbre distillateur clandestin. Mais ses malts resteront longtemps réservés aux blenders de DCL, qui en ont fait l’acquisition en 1930. Devenu propriété d’Inverhouse en 1997, ce groupe appartient aujourd’hui à une société thailandaise. Il n’y a pas de malt officiel, la commercialisation en single malt passant par les indépendants.

Nez plutôt fermé, se révélant puissant à l’aération, avec des notes animales et maltées. Attaque sèche, un peu brûlante, mais avec aussi du moelleux. Base maltée, avec des raisins secs, de la pomme cuite et un peu d’épices. De l’ampleur au palais, avec beaucoup de puissance jusqu’à la finale. Longue persistance maltée et fruitée.

Craigellachie Dun Bheagan

Puissant mais un peu limité …

Fondée en 1891 par le créateur de White Horse, Peter Mackie, cette distillerie a servi principalement à l’assemblage de ce blend, même si son embouteillage en single a commencé très tôt, quoiqu’en quantités limitées. Située au coeur du Speyside, non loin de Macallan, elle a été modernisée et agrandie en 1965. Elle appartient depuis 1998 au groupe Martini-Bacardi.

Ambré. Nez de caramel au beurre et de raisins de Corinthe bruns. Attaque vive et ample, mais brûlante. Le corps est moelleux, voire épais. On retrouve le caramel au beurre avec de la pomme cuite et du poivre noir. Beaucoup de puissance en bouche, mais la persistance aromatique est curieusement bien limitée. Il aurait sans doute mérité quelques années de fût supplémentaires.

Mortlach

Un Speyside ? C’est à ne pas le croire !!!

Existant dès 1823, année de la légalisation du scotch whisky, cette distillerie de Dufftown, au
coeur du Speyside, élabore surtout un malt très apprécié des blenders pour sa richesse et sa puissance… d’où la grande rareté des single malts. Une distillation en deux étapes et demi (mais
différente de celle pratiquée à Springbank) expliquerait son caractère original, ainsi que la grande diversité de formes de ses six alambics.

Jaune doré. Plutôt fermé, le nez finit par s’ouvrir les fruits jaunes (prune, pêche) et le sucre candi. Attaque sur les épices (ginseng, poivre noir), avec un certain moelleux. Le côté brûlant domine ensuite, mais on distingue tout de même les épices et le fruité, avec une pointe de
miel de châtaignier. Longue finale sur le poivre noir, pour un malt puissant bien différent du style rond et charmeur du Speyside.

Glenallachie

Miellé et fruité …

Installée au coeur du Speyside, cette distillerie moderne (fondée en 1967) à proximité d’Edradour est utilisée essentiellement par les blenders, Mackinlay-Mc Pherson d’abord, puis Campbell (Pernod-Ricard) depuis 1989, après une période de sommeil, suivi d’une augmentation des capacités de production. Il n’existe qu’un seul malt officiel, les autres venant des embouteilleurs indépendants.

Jaune doré. Nez puissant, d’abord animal, puis surtout malté et à dominante végétale. Attaque pleine de vivacité, voire un peu brûlante pour son degré, puis il se révèle bien moelleux,
avec des notes de miel, de cire d’abeille, et du fruit jaune (prune surtout). Finale un peu plus sèche, avec de l’ampleur sur le fruité et le miel.

Linkwood

Chaleureux et revigorant …

Fondée en 1821, cette distillerie d’Elgin, dans la partie nord du Speyside, a connu de nombreux
remaniements depuis. Toutefois, l’un de ses dirigeants, entre les deux guerres, était renommé pour ne remplacer qu’à l’identique les alambics trop âgés, en y martelant les mêmes bosses. Les deux importants alambics d’origine (maintenant non utilisés) ont été remplacés par quatre autres lors d’un agrandissement en 1973, puis par une nouvelle paire en 2013. Les malts ne sont guère embouteillés, sauf par les indépendants.

Ambré soutenu. Nez animal, un peu lourd, puis se développant sur le santal et la pomme cuite. Très chaleureux en bouche, sans être franchement brûlant, il présente un corps moelleux et rond, sur les fruits cuits, que les épices (poivre noir, gingembre) relèvent ensuite. Le puissant boisé apporte des notes vanillées, mais aussi une petite astringence sur la finale. Un digestif puissant pour les hivers froids et humides.

Glen Keith

Un Speyside technique …

Cette distillerie récente du Speyside (1957-1960), située en face de Strathisla dans un vieux moulin, a été la première à être chauffée au gaz, et a servi à de nombreuses expérimentations : triple distillation, distillation de malts en colonne continue, élaboration de malts très tourbés. Fermée en 1999, elle a été remise en marche en 2013 avec une capacité importante de 6 millions de litres d’alcool par an.

Ambré. Nez assez puissant, animal, avec des notes de toffee et de fruits cuits. Moelleux et chaleureux à l’attaque, il se développe sur un caractère surtout fruité (pomme cuite), avec une pointe d’acidité un peu astringente. Finale sèche (fruits secs), de persistance assez courte. Plus « technique » que franchement original.

Ardmore

Située dans une vallée reculée à la limite du Speyside, cette distillerie centenaire (fondée en 1898) sert essentiellement à alimenter l’élaboration du blend Teacher’s. Malgré son importance – huit grands alambics chauffés au charbon – elle est encore méconnue, et rares sont les embouteillages indépendants de ses malts.

Ambré un peu fauve. Nez chaleureux, à dominante fruité, avec du miel et un peu de vanille. Attaque moelleuse, puis il devient puissant et vif. Fruits cuits, miel, caramel au beurre, puis finale plus boisée, plutôt astringente, alors que les notes fruitées l’emportent et persistent longtemps. L’apport du xérès se traduit par un assouplissement général, rendant le malt moins agressif et nettement plus fruité que précédemment. Le boisé est également plus sensible.

Glen Albyn

Un vrai feu d’artifice …

Fondée en 1844 à Inverness, le grand port du Nord de l’Ecosse, elle fut ravagée par un incendie trois ans plus tard, et ne fut réouverte qu’en 1884. Transformée par l’armée américaine en usine de fabrication de mines pendant la seconde guerre mondiale, elle a été rachetée en 1972 par DCL (aujourd’hui Diageo), et, définitivement fermée en 1983, elle fut détruite trois ans plus tard pour laisser la place à un supermarché. Ses malts sont aujourd’hui de plus en plus rares.

Ambré soutenu, fauve et cuivré. Nez puissant de fruits cuits, de pruneau et de porto, avec aussi des raisins secs, de la vanille et du caramel au beurre. L’attaque en bouche est onctueuse, mais se développe vite une belle et ample vivacité avec un véritable feu d’artifice aromatique. Outre les notes du nez, on trouve un peu d’épices, du toffee et du bois de santal, avec du tabac blond. La longue, très longue finale développe encore plein de nuances autour des fruits cuits et des épices. Une bouteille rare, non seulement à cause de son âge, mais surtout de sa richesse aromatique, d’une grande séduction. A ne pas manquer.

Linkwood

Apéritif, bien-sûr …

Fondée en 1821, cette distillerie d’Elgin, dans la partie nord du Speyside, a connu de nombreux remaniements depuis. Toutefois, l’un de ses dirigeants, entre les deux guerres, était renommé pour ne remplacer qu’à l’identique les alambics trop âgés, en y martelant les mêmes bosses. Les deux importants alambics d’origine  (maintenant non utilisés) ont été remplacés par quatre autres lors d’un agrandissement en 1973, puis par une nouvelle paire en 2013. Les malts ne sont guère embouteillés, sauf par les indépendants.

Jaune clair. Nez floral, un peu miellé mais assez sec. Attaque sèche, mais bien aromatique, avec de la puissance poivrée. Notes florales surtout, mais avec aussi du fruité (prune jaune, poire williams). Très équilibré et harmonieux jusqu’à la finale et au-delà, voilà un bon apéritif, à conseiller aux néophytes en single malts : ils seront sûrement charmés.

Linkwood

La fougue de la jeunesse …

Fondée en 1821, cette distillerie d’Elgin, dans la partie nord du Speyside, a connu de nombreux remaniements depuis. Toutefois, l’un de ses dirigeants, entre les deux guerres, était renommé pour ne remplacer qu’à l’identique les alambics trop âgés, en y martelant les mêmes bosses. Les deux importants alambics d’origine (maintenant non utilisés) ont été remplacés par quatre autres lors d’un agrandissement en 1973, puis par une nouvelle paire en 2013. Les malts ne sont guère embouteillés, sauf par les indépendants.

Jaune pâle. Nez floral, feuillage, avec une pointe épicée, puis davantage fruité à l’aération. Plutôt sec à l’attaque, il se développe avec des accents miellés assez onctueux, accompagnés de prune jaune et de coing. Son jeune âge lui donne une belle puissance et beaucoup de fougue bien relevée par des notes épicées. Jolie persistance sur le fruité.

Dailuaine

Speyside, what else ?

Comme l’indique son nom gaëlique (“vallon verdoyant”), la distillerie est située dans un creux au bord de la rivière Spey. Créée en 1852 par William Mackenzie, elle a été peu de temps après reliée au réseau de chemins de fer, ce qui a beaucoup influé sur son développement. Ce fut la première distillerie du Speyside à être munie de la cheminée se terminant par une pagode, conçue par Charles Doig en 1889. Equipée de six alambics, et plusieurs fois modernisée, son malt est réservé aux blends (Johnnie Walker), et il est très peu embouteillé en single.

Jaune d’or. Nez moelleux, bien malté, avec une petite pointe miellée. Attaque ronde, puis se développe une belle puissance céréalière relevée par de fortes notes poivrées, à croire qu’il ne s’agit pas d’un réduit. Structure hyper classique d’un Speyside, avec le malté moelleux et les notes épicées. Déjà bien persistant pour son âge, ce qui fait presque regretter un embouteillage aussi juvénile.

Inchgower

Sec puis onctueux, mais bien apéritif …
Fondée en 1871 à Buckie dans le Speyside, cette distillerie a eu une existence relativement discrète, si on excepte le fait qu’elle fut propriété de la municipalité pendant quelques temps dans les années 30, ce qui est assez rare en Ecosse. Modernisée en 1966 avec ajout de deux nouveaux alambics, puis à nouveau en 2011, elle produit des malts surtout utilisés pour les blends, et rarement embouteillés.

Jaune bouton d’or. Nez épicé et fruité (pomme jaune, coing), avec de belles notes maltées. Bien sec à l’attaque, il se développe d’abord sur le floral, rejoint ensuite par des fruits jaunes. caractère brioché plus onctueux ensuite, et un peu de miel. On retrouve le poivre noir et le
gingembre du nez sur la finale, elle-même sèche et apéritive. Persistance fruitée assez longue.

Glendullan 96

Moelleux et tannique …
Rachetée par la DCL, la distillerie va être progressivement fermée dans les années 70, tandis
qu’une unité de production (brassage et distillation) est construite à proximité, donnant des malts plus légers et plus aromatiques que ceux de l’ancienne installation. Glendullan est l’un des trois Singleton commercialisés aujourd‘hui par Diageo.

Onctueux et poivré… Deux périodes marquent l’histoire de cette distillerie créée à la fin du XIXe
siècle. Au cours de la première, elle produisait  un malt très apprécié du roi Edouard VII, qui avait droit à des versions spéciales.

Glenburgie

Suave et fruité …
Remontant à 1810 sous le nom de Kilnflat, cette distillerie située à l’ouest du Speyside, dans le Findhorn, a toujours été essentiellement vouée à la production de malts pour les blends, surtout Ballantine’s. Sa commercialisation en single n’est le fait que des embouteilleurs indépendants. En 1927, ce fut la première distillerie dirigée par une femme, Margaret Nicol, qui n’était pas l’épouse ou la veuve d’un propriétaire.

Jaune à peine doré. Nez floral, un peu sur les fruits jaunes. Plutôt sec à l’attaque, et un peu brûlant en raison de son degré, il s’épanouit ensuite sur la prune jaune, la cire d’abeille et un peu de miel blond, type acacia, sans rien perdre de son côté sec, devenant même astrigent vers la finale. Bonne persistance suave et fruitée, très intéressant pour l’apéritif.

Glenrothes

Bien caramélisé …

Après un démarrage en 1878, la faillite d’une banque a d’abord retardé son ouverture jusqu’en 1887. Située à Rothes (qui en compte quatre autres), dans le Speyside, cette distillerie a été par la suite agrandie deux fois, et compte aujourd’hui dix alambics. Mais ses malts sont rares en embouteillage en single, car l’essentiel est utilisé par les blenders. Elle appartient depuis 1999 à Edrington Group, mais ses malts sont distribués par Berry Brothers, ce qui est très rare en Ecosse.

Ambré profond, presque brun. Nez discret, sur le sucre brun et un peu de noisette. Attaque onctueuse, sur le caramel cuit, mais devient sec et presque virulent lorsqu’il gagne tout le palais. Sur la finale, il devient acidulé et plutôt astringent, avec des notes tanniques. Chaleureux, avec une persistance sur le caramel cuit.

Glenburgie

Agréablement apéritif …

Remontant à 1810 sous le nom de Kilnflat, cette distillerie située à l’ouest du Speyside, dans le Findhorn, a toujours été essentiellement vouée à la production de malts pour les blends, surtout Ballantine’s. Sa commercialisation en single n’est le fait que des embouteilleurs indépendants. Pendant un temps, elle a utilisé des alambics Lomond, élaborant un malt appelé Glencraig, mais cette pratique a été abandonnée en 1981.

Jaune pâle. Nez discret, un peu végétal sur la paille sèche et le grain. Attaque d’abord  moelleuse, puis elle devient un peu plus sèche, tout en présentant des notes miellées. Le corps, rond et plein, est relevé par un caractère plus épicé (sans doute du au xérès de la finition) qui le rend apéritif. Jolie finale entre les épices, le grain et le miel, avec de la  persistance.

Glendronach Batch 5

Solide comme un monolithe …

Protégé du duc de Gordon (à l’origine de la loi de 1823 qui a mis fin à la distillation clandestine), James Allardice fonda la distillerie en 1826, qui fut ravagée par un incendie onze plus tard, suite aux négligences de son propriétaire. Reconstruite, elle connut plusieurs propriétaires  indépendants, puis Teacher’s, Allied Breweries et enfin Pernod-Ricard, qui l’a revendu en 2008 à BenRiach, propriété d’un groupe d’investisseurs, qui ont relancé la production après des années de mise en sommeil.

Jaune doré soutenu. Après aération, le nez est puissant, voire lourd, animal, et s’accompagnant de notes toastées. Attaque brûlante (un peu d’eau peut être nécessaire) mais supportable. A dominate biscuitée, la bouche développe aussi de la compote de pommes au caramel, tout en présentant un caractère bien sec et épicé. Finale poivrée évoluant sur l’astringence, d’une longue persistance. Plutôt monolithique, un malt solide et réconfortant.

Strathisla 97

Surtout sec pour l’apéritif … 

Fondée en 1785 par un négociant en textile, cette distillerie (appelée à l’origine Milltown ou Milton) revendique le titre de plus ancienne d’Ecosse toujours en activité, sur un site où se trouvait une brasserie au XIIIe siècle. Elle a toutefois été largement reconstruite après un incendie en 1876. Mais elle conserve beaucoup de charme, tout en maintenant une longue tradition de petits alambics. Propriété de Seagram, puis Pernod-Ricard, ses malts sont surtout utilisés pour les blends Chivas, et assez peu commercialisés.

Jaune pâle. D’abord sec, le nez à l’aération devient plus chaleureux, un peu animal mais aussi sur le fruité. Attaque puissante, voire brûlante, mais sans exagération, car tout de même moelleuse. Bien épicé (poivre noir), il révèle surtout des notes de céréales et un peu de fruits jaunes, sans trop de richesse aromatique. Finale assez sèche et astringente, ne laissant guère de place au fruité.

Tullibardine

Aussi long que son âge … 

Créée dans le comté de Perth en 1949, la distillerie a été installée sur l’emplacement d’une ancienne brasserie. Vouée essentiellement à la production de malts pour les blenders, Tullibardine a changé plusieurs fois de propriétaires, puis a été agrandie en 1974. Elle a été ensuite fermée entre 1995 et 2004, et ses propriétaires actuels, une société familiale de vignerons français, veulent davantage développer la commercialisation en single malt.

Jaune pâle. Nez relevé, céréalier et malté. Bien sec à l’attaque, il se développe sur les céréales, avec des notes de fruits jaunes (prune, coing). Plutôt fondu, l’ensemble révèle aussi un peu d’épices et de poivre, surtout sur la finale, marquée elle aussi par le caractère sec. Persistance bien longue, avec de l’astringence.

Mortlach

Un Speyside ? C’est à ne pas croire !

Existant dès 1823, année de la légalisation du scotch whisky, cette distillerie de Dufftown, au coeur du Speyside, élabore surtout un malt très apprécié des blenders pour sa richesse et sa puissance… d’où la grande rareté des single malts. Une distillation en deux étapes et demi (mais
différente de celle pratiquée à Springbank) expliquerait son caractère original, ainsi que la grande diversité de formes de ses six alambics.

Jaune doré. Plutôt fermé, le nez finit par s’ouvrir les fruits jaunes (prune, pêche) et le sucre candi. Attaque sur les épices (ginseng, poivre noir), avec un certain moelleux. Le côté brûlant domine ensuite, mais on distingue tout de même les épices et le fruité, avec une pointe de miel de châtaignier. Longue finale sur le poivre noir, pour un malt puissant bien différent du style rond et charmeur du Speyside.

Glen Elgin

Moelleusement malté

La région d’Elgin au nord du Speyside, le long de la rivière Lossie, compte neuf distilleries en activité, mais celle qui porte son nom est l’une des moins connues. Fondée à la fin du 19e siècle, puis modernisée en 1964 puis en 1992, ses malts sont en effet essentiellement utilisés pour l’élaboration des blends, dont le White Horse. Leur finesse fruitée découle d’une longue fermentation et d’une lente distillation. Il n’existe qu’un seul malt officiel, en 12 ans d’âge.

Jaune d’or. Nez d’abord, puis rond sur le malté et la croûte de pain. Attaque moelleuse, puis la puissance de l’alcool se fait vite dominante (un peu d’eau est conseillé). Dominante des céréales, avec des notes miellées, mais relevées par le poivre noir et quelques notes de gingembre. Le fruité (poire très mûre) se fait également sentir. Finale longue et chaleureuse, avec de la persistance sur le moelleux malté.

Craigellachie

Moelleux et tannique

Fondée en 1891 par Peter Mackie, le créateur de White Horse, cette distillerie a servi principalement à l’assemblage de ce blend, même si son embouteillage en single a commencé très tôt, quoiqu’en quantités limitées. Située au coeur du Speyside, non loin de Macallan, elle a été modernisée et agrandie en 1965. Elle appartient depuis 1998 au groupe Martini-Bacardi.

Ambré foncé. Nez discret mais onctueux, sur le caramel et la pomme cuite. Attaque bien elevée,
avec des fruits noirs bien mûrs. La bouche est moelleuse sur le caramel au beurre, mais plutôt épicée (poivre noir), amenant vers une finale assez sèche et tannique, voire desséchante. Belle persistance sur le caramel et les fruits cuits.

Glen Spey Glenlivet

Fruité et poivré …

Bien que fondée en 1880, et modernisée un peu moins d’un siècle plus tard, cette distillerie du Speyside, dans la ville de Rothes, n’a jamais vraiment fait beaucoup parler d’elle. Il est vrai que ses malts sont depuis longtemps essentiellement utilisés pour élaborer le blend J&B, qui se réserve la quasi-totalité de la production, avec une capacité de 1,4 million de litres par an. Une rareté…

Jaune d’or. Nez fruité, mais aussi céréalier, avec une petite touche de miel. Plutôt sec à l’attaque, il devient ensuite un peu plus moelleux grâce au développement d’un fruité assez généreux. Avec les fruits jaunes (poire, prune) se détachent quelques notes de poivre noir qui relèvent l’ensemble. Harmonieux et long, un parfait malt d’apéritf.

Glenrothes 1999

Une chaleureuse puissance …

Après un démarrage en 1878, la faillite d’une banque a d’abord retardé son ouverture jusqu’ en 1887. Située à Rothes (qui en compte quatre autres), dans le Speyside, cette distillerie a été par la suite agrandie deux fois, et compte aujourd’hui dix alambics. Mais ses malts sont rares en embouteillage en single, car l’essentiel est utilisé par les blenders, notamment pour ’élaboration du Cutty Sark. Elle appartient depuis 1999 à Edrington Group, mais ses malts sont distribués par Berry Brothers.

Jaune clair. Nez plutôt fermé puis, à l’aération, se développe sur un caractère céréalier et miellé. Puissant à l’attaque et plutôt sec, il s’épanouit sur une tonalité de fruits secs (raisins de Corinthe, amande douce) adouci par un peu de miel. Bien chaleureux, car non réduit, voilà un malt bien réjouissant par son équilibre entre le sec et le fruité. Finale réconfortante sur les fruits secs.

Clynelish

Un apéritif revigorant …
Cette distillerie des Highlands du Nord ne date que de 1967 et ne doit pas être confondue avec Brora (fermée depuis 1983), beaucoup plus ancienne et située juste à côté, mais dont les malts ont par le passé également porté le nom de Clynelish. Bâtie sur le modèle de Caol Ila, la distillerie élabore des malts essentiellement destinés aux blends (Johnnie Walker surtout). D’importants travaux d’agrandissement ont été annoncés par Diageo, mais sont depuis suspendus.
Jaune doré. De la puissance maltée au nez, avec des notes épicées. La bouche se développe dans le même registre, sur les fruits jaunes (poire Williams, pomme jaune), un peu de miel doré et du poivre gris. Bien sec dans l’ensemble, il constitue surtout un apéritif revigorant, mais avec une belle longueur apportée par sa robuste constitution.

Glen Elgin

Puissamment savoureux …
La région d’Elgin au nord du Speyside, le long de la rivière Lossie, compte neuf distilleries en activité, mais celle qui porte son nom est l’une des moins connues. Fondée à la fin du 19e siècle, puis modernisée en 1964, ses malts sont en effet essentiellement utilisés pour l’élaboration des blends, dont le White Horse. Leur finesse fruitée découle d’une longue fermentation et d’une lente distillation. Il n’existe qu’un seul malt officiel, en 12 ans d’âge.

Ambré. Nez un peu discret, avant que ne se développent le biscuit malté, le caramel au beurre et un peu de cire d’abeille. Moelleux voire onctueux au premier abord, il devient ensuite un peu brûlant (degré oblige) sans perdre de son côté fruité (pomme cuite, poire jaune). Le corps est puissamment savoureux, mais bien équilibré, avec une belle finale poivrée et une remarquable persistance. Un Speyside qui reste à découvrir.

Linkwood

Chaleureux et puissant …
Fondée en 1821, cette distillerie d’Elgin, dans la partie nord du Speyside, a connu de nombreux remaniements depuis. Toutefois, l’un de ses dirigeants, entre les deux guerres, était renommé pour ne remplacer qu’à l’identique les alambics trop âgés, en y martelant les mêmes bosses. Les deux importants alambics d’origine (maintenant non utilisés) ont été remplacés par quatre autres lors d’un agrandissement en 1973, puis par une nouvelle paire en 2013. Il n’existe qu’un malt officiel, le 12 ans, les autres viennent des embouteilleurs indépendants.

Plutôt fermé au départ, le nez se révèle lentement sur un malté chaleureux. Ce qui se confirme en bouche, avec de la puissance et une netteté bien franche. Bien fondus, les arômes de fruits secs (raisins de Corinthe, bananes caramélisées) s’accompagnent de pomme cuite et d’une petite pointe épicée (poivre noir). Bien rond, mais sec, jusqu’à la finale, d’une remarquable persistance.

Tamdhu

Apéritif, mais aussi digestif …
Fondée en 1896, cette distillerie du Speyside (non loin de Cardhu) est devenue très vite la propriété des Highland Distillers, avant d’appartenir à Edrington Group. Rénovée et agrandie dans les années 70, elle élabore des malts très appréciés des blenders. Elle a eu pour particularité de procéder sur place au maltage de son orge, en utilisant le système Saladin. Toutefois, la distillerie a été mise en sommeil en 2009. En 2011, Ian Macleod l’a rachetée, la production a repris un an après (mais le maltage a été arrêté) avec l’ambition de faire de
Tamdhu un malt plus présent sur le marché.

Jaune doré, limite ambré. Nez d’abord discret, puis puissant à l’aération, sur les céréales maltées et le pain toasté. Bien corpulent en bouche, sur une dominante caramel, avec de la pomme cuite et du boisé. Mais il reste sec sur la finale, avec une petite pointe astringente. Ce qui le positionne aussi bien à l’apéritif qu’en digestif très réconfortant.

Glenallachie

Miellé et fruité …
Installée au coeur du Speyside, cette distillerie moderne (fondée en 1967) à proximité d’Edradour est utilisée essentiellement par les blenders, Mackinlay-Mc Pherson d’abord, puis Campbell (Pernod-Ricard) depuis 1989, après une période de sommeil, suivi d’une augmentation des capacités de production. Il n’existe qu’un seul malt officiel, les autres venant des embouteilleurs indépendants.

Jaune doré. Nez puissant, d’abord animal, puis surtout malté et à dominante végétale. Attaque pleine de vivacité, voire un peu brûlante pour son degré, puis il se révèle bien moelleux, avec des notes de miel, de cire d’abeille, et du fruit jaune (prune surtout). Finale un peu plus sèche, avec de l’ampleur sur le fruité et le miel.

Benriach

Bien épicé pour l’apéritif …
Voisine de Longmorn, et construite un an après, en 1898, cette distillerie du Speyside n’a fonctionné que quatre ans… avant d’être fermée pendant 65 ans ! Mais sa malterie a longtemps été en service. Rachetée par Seagram en 1978, elle a été ensuite agrandie en 1985… puis mise en sommeil en 1999. Devenue propriété de Pernod-Ricard en 2001, elle a été revendue en 2004 à un groupe sudafricain. Depuis, ses malts, longtemps réservés aux blends, ont été renouvelés avec des créations très intéressantes. Et les aires de maltage doivent être remises en service !

Jaune pâle. Nez plutôt discret, à dominante végétale, tourbe (?) et foin. Attaque sur le fruité (pomme jaune, coing) avec quelques notes épicées. Le corps est moelleux, avec de l’ampleur, mais reste sec, ce qui le rend bien apéritif. Les épices (poivre noir surtout) se font davantage sentir sur la finale, et persistent assez longtemps en bouche, accompagnées par les notes fruitées.

Glen Moray

Située non loin de Glenmorrangie, ce fut à l’origine une brasserie. La distillation débute en 1897, elle est une des premières distilleries à innover des affinages en fût de vin blanc, Chardonnay et Chenin blanc en particulier, ce qui en faisait l’originalité, malgré tout ses whiskies furent longtemps assez confidentiels.

Fût N°3878, mise en fût le 25 juin 2002. Un single cask puissant et gourmand grâce à son vieillissement intégral en fût de xérès pour une complexité fabuleuse. Très velouté en bouche, avec des notes de cacao et des fruits secs, et une finale très longue toute en douceur de chêne.

Glendullan

Onctueux et poivré …

Deux périodes marquent l’histoire de cette distillerie créée à la fin du 19ème siècle. Au cours de la première, elle produisait un malt très apprécié du roi Edouard VII, qui avait droit à des versions spéciales. Rachetée par la DCL, la distillerie va être progressivement fermée dans les années 70, tandis qu’une unité de production (brassage et distillation) est construite à proximité, donnant des malts plus légers et plus aromatiques que ceux de l’ancienne installation. Glendullan est l’un des trois Singleton commercialisés aujourd ‘hui par Diageo.

Jaune très pâle. Le nez est onctueux, voire gras, avec du caramel au beurre et une petite pointe florale. Epicé voire brûlant dès l’attaque, il se développe sur le moe lleux, sans perdre un caractère assez sec. Les fruits jaunes dominent (poire, coing, prune) accompagné par le poivre noir et un peu de gingembre qui le rend astringent. Finale chaleureuse, mais toujours bien épicée.

Glenallachie

Sec avant tout …

Installée au coeur du Speyside, cette distillerie moderne (fondée en 1967) à proximité d’Edradour est utilisée essentiellement par les blenders, Mackinlay-Mc Pherson d’abord, puis Campbell (Pernod-Ricard) depuis 1989, après une période de sommeil, suivi d’une augmentation des capacités de production. Il n’existe qu’un seul malt officiel, les autres venant des embouteilleurs indépendants.

Jaune très pâle. Nez peu expressif, puis puissant voire lourd à l’aération, sur une dominante végétale. Attaque sèche et un peu brûlante, puis il se développe sur la prune jaune et la poire, très relevée par le poivre noir et les épices. Bien sec sur la finale avec des notes de cire d’abeille.

Miltonduff

Un solide compagnon

Etablie sur les terres d’un prieuré bénédictin, où aurait existé une brasserie, cette distillerie du
Speyside, au sud d’Elgin, remonte au moins à 1824, mais a été modernisée à plusieurs reprises
depuis, notamment dans les années 1970. Ses malts sont principalement destinés aux blends,
surtout Ballantine’s, et de ce fait peu disponibles en embouteillage en single malt.

Ambré clair. Nez un peu fermé, sur la pomme cuite, le caramel et les fruits secs. Forte attaque,
à la limite du brûlant, suivi par une belle ampleur où dominent les fruits secs (raisins de corinthe), le caramel bien cuit et la poire rôtie. Très sec de tonalité, il est relevé voire bien épicé, avec une petite pointe d’âcreté. D’une longue persistance, c’est un solide compagnon pour affronter les embruns ou en fin de repas.

Mortlach

Du malt et du fruit …

Existant dès 1823, année de la légalisation du scotch whisky, cette distillerie de Dufftown, au coeur du Speyside, élabore surtout un malt très apprécié des blenders pour sa richesse et sa puissance… d’où la grande rareté des single malts. Une distillation en deux étapes et demi (mais différente de celle pratiquée à Springbank) expliquerait son caractère original, ainsi que la grande diversité de formes de ses alambics. D’importants travaux commencés en 2013 devraient à terme doubler sa capacité.

Jaune clair. Nez d’abord discret, sur le malté, avec un peu de fruité à l’aération (confiture de prune jaune). Attaque forte, voire brûlante. Rond mais très épicé en bouche, les fruits jaunes (coing, prune) dominent aux côtés du malt. Un Speyside certes, mais un peu austère
et astringent tout de même. Finale moyenne sur le malté et le fruité.

Linkwood

Chaleureux et revigorant …
Fondée en 1821, cette distillerie d’Elgin, dans la partie nord du Speyside, a connu de nombreux
remaniements depuis. Toutefois, l’un de ses dirigeants, entre les deux guerres, était renommé
pour ne remplacer qu’à l’identique les alambics trop âgés, en y martelant les mêmes bosses. Les deux importants alambics d’origine (maintenant non utilisés) ont été remplacés par quatre autres lors d’un agrandissement en 1973, puis par une nouvelle paire en 2013. Les malts ne sont guère embouteillés, sauf par les indépendants.

Ambré soutenu. Nez animal, un peu lourd, puis se développant sur le santal et la pomme cuite. Très chaleureux en bouche, sans être franchement brûlant, il présente un corps moelleux et rond, sur les fruits cuits, que les épices (poivre noir, gingembre) relèvent ensuite. Le puissant boisé apporte des notes vanillées, mais aussi une petite astringence sur la finale. Un digestif puissant pour les hivers froids et humides.

Glen Spey

Rare et curieux …
Bien que fondée en 1880, et modernisée un peu moins d’un siècle plus tard, cette distillerie du
Speyside, dans la ville de Rothes, n’a jamais vraiment fait beaucoup parler d’elle. Il est vrai que ses malts sont depuis longtemps essentiellement utilisés pour élaborer le blend J&B, qui se réserve la quasi-totalité de la production, avec une capacité de 1,4 million de litres par an. Une rareté…

Très pâle, presque incolore. Nez végétal, un peu gras. Attaque à la fois moelleuse et très épicée. Le malt domine, faisant penser presque à un new spirit, c’est-à-dire l’eau-de-vie sortant de l’alambic, tant il n’y a pratiquement pas d’influences du fût. Le poivre gris domine, accompagné par l’âcreté du gingembre, jusqu’à la finale et au-delà. Une curiosité !

Glenrothes

Belle puissance épicée
Après un démarrage en 1878, la faillite d’une banque a d’abord retardé son ouverture jusqu’en
1887. Située à Rothes (qui en compte quatre autres), dans le Speyside, cette distillerie a été par
la suite agrandie deux fois, et compte aujourd’hui dix alambics. Mais ses malts sont rares en embouteillage en single, car l’essentiel est utilisé par les blenders, notamment pour l’élaboration du Cutty Sark. Elle appartient depuis 1999 à Edrington Group, mais ses malts sont distribués par Berry Brothers.

Ambré tirant sur le fauve. Nez chaleureux, surtout épicé avec du boisé et de la puissance. Attaque vigoureuse et bien épicée comme au nez. Malté intense, avec de belles notes de fruits cuits, mais aussi un caractère animal (gibier) et du boisé. Les épices (gingembre, poivre noir, génévrier) s’amplifient jusqu’à dominer la finale, longue et persistante.

Benromach

Entre le fumé et l’épicé …
Construite en 1898, cette distillerie à l’ouest du Speyside, près de la ville de Forres, a rouvert exactement un siècle après, en 1998, 15 ans après sa mise en sommeil par DCL (United Distillers). Reprise par un embouteilleur indépendant, elle a été complètement modernisée, y compris pour l’alambic, d’une taille plus petite. C’était d’ailleurs la plus petite distillerie du Speyside… mais elle vient d’être supplantée par Ballindalloch. Cas rare, toute la production est utilisée en single malt.
Ambré clair. Nez un peu fumé, puis marqué par le végétal (foin), avec du caramel au beurre. Tapissant bien le palais, il est épicé, bien malté, avec du fruit sec (noisette) et une pointe d’agrumes. On retrouve un peu de bois brûlé sur la finale, bien réchauffante.

Caperdonich

Pour les collectionneurs

Cette distillerie du Speyside, fondée par Glen Grant en 1897, s’est révélée produire un malt très différent de sa proche voisine, malgré une eau identique, des matières premières et des méthodes de production similaires. Elle n’a guère fonctionné : fermée trois ans après sa création, elle n’a rouvert que 65 ans après, une fois rachetée par Glenlivet. Pernod-Ricard l’a fermée en 2002, et les bâtiments ont été détruits depuis.
Jaune doré. Nez discret, évoluant entre malté et fruité (fruits jaunes). Attaque ronde et onctueuse, puis il se développe avec puissance sur la poire bien mûre et la prune jaune. Poivre noir et gingembre viennent relever le tout. Du classique, certes, mais qui deviendra de plus en plus rare : les collectionneurs devraient en profiter.

Auchroisk

Bien relevé avant tout

Ouverte en 1974, cette distillerie moderne du Speyside a remporté plusieurs prix d’architecture. Se prononçant “Authrusk”, ce qui signifie “gué de la rivière rouge”, elle commercialise aussi ses malts sous l’appellation “The Singleton”. Possédant huit alambics, elle utilise une eau particulièrement douce, et une partie du vieillissement est réalisée en fûts de xérès. Le nom Auchroisk est par contre plutôt utilisé pour des vieillissements en fûts de bourbon.

Jaune doré. Nez fruité (poire mûre), un peu alcooleux avec du boisé. Assez brûlant à l’attaque, il développe malgré tout un caractère moelleux, biscuit au beurre, avec du fruité : datte, figue bien mûre, pomme cuite. Poivre noir et girofle relèvent le tout, lui apportant une belle richesse aromatique. Finale évoluant sur un caractère plus sec, un peu astringent. Le temps lui a donné une intéressante personnalité…

Linkwood

Fondée en 1821, cette distillerie d’Elgin, dans la partie nord du Speyside, a connu de nombreux remaniements depuis. Toutefois, l’un de ses dirigeants, entre les deux guerres, était renommé pour ne remplacer qu’à l’identique les alambics trop âgés, en y martelant les mêmes bosses. Les deux importants alambics d’origine (maintenant non utilisés) ont été remplacés par quatre autres lors d’un agrandissement en 1973, puis par une nouvelle paire en 2013.

Jaune pâle. D’ abord fermé, le nez assez sec se développe sur des notes de céréales et d’épices. Assez brûlant à l’attaque (un peu d’eau est conseillé), il est avant tout sec, marqué par le poivre noir et le gingembre, comme si son âge pourtant avancé ne l’avait pas marqué. Bien persistant sur sa dominante céréales, avec une finale devenant plus arrondie.

Glenrothes

“Epicé mais fruité“

Après un démarrage en 1878, la faillite d’une banque a d’abord retardé son ouverture jusqu’en1887. Située à Rothes (qui compte quatre autres distilleries), dans le Speyside, celle-ci fut  par la suite agrandie deux fois, et compte aujourd’hui dix alambics. Mais ses malts sont rares en embouteillage en single, car l’essentiel est utilisé par les blenders, notamment pour l’élaboration du Cutty Sark.

Jaune clair et brillant. Nez d’abord fermé, puis un peu de miel et de cire d’abeille. Attaque puissante mais supportable malgré le degré, car il est plutôt onctueux au palais. Les fruits jaunes (poire, prune) dominent, bien relevés par le poivre noir qui se développe jusqu’à la finale. Belle persistance sur le fruité.

Allt-a-bhainne

Doux et fruité

Créée en 1975 par le groupe Seagram essentiellement pour ses besoins en blends (notamment Chivas), cette distillerie moderne est entièrement automatisée et emploie moins de dix personnes pour une production d’environ 5 millions de litres par an. Se prononçant « Alt-Abanya » et signifiant en gaëlique « ruisseau de lait » (ou d’eau blanche), ce malt n’est que rarement commercialisé, d’autant que la distillerie a été mise en sommeil par son nouveau propriétaire, Pernod-Ricard, de 2002 à 2005.

Au nez, pommes juteuses, toasts beurrés, foin séché et menthe poivré. La bouche est surtout fruitée (ananas, jus de pomme, groseille et sucre glace). Il devient de plus en plus crémeux ensuite, jusqu’à la finale, bien fruitée et douce.

Glendronach

Chocolat et crème anglaise

Protégé du duc de Gordon (à l’origine de la loi de 1823 qui a mis fin à la distillation clandestine), James Allardice fonda la distillerie en 1826, qui fut ravagée par un incendie onze plus tard, suite aux négligences de son propriétaire. Reconstruite, elle connut plusieurs propriétaires indépendants, puis Teacher’s, Allied Breweries et enfin Pernod-Ricard, qui l’a revendu en 2008 à BenRiach, propriété d’un groupe d’investisseurs, qui ont relancé la production après des années de mise en sommeil.

Au nez, gâteau au chocolat, piment vert et gâteau au citron meringué, avec des zestes de citron. En bouche, sur une base de pâte brisée, se détachent de l’herbe fraîchement coupée, des amandes et du miel. La finale est marquée par le sucre brun, le café en grain et la crème anglaise.

Ardmore

Du fumé au huileux

Située dans une vallée reculée à la limite du Speyside, cette distillerie centenaire (fondée en 1898) a longtemps servi à l’élaboration du blend Teacher’s. Malgré son importance – huit grands alambics – elle est encore méconnue, mais sa notoriété augmente depuis son acquisition par Jim Beam en 2005.

Au nez, huile d’olive et vanille douce, avec des notes de fumé et de crème fraîche. La bouche commence sur le fumé, plutôt sec, avec de la noix, puis le malt devient plus huileux. Des notes plus fumées apparaissent sur la finale, accompagnées d’olive et d’orange amère.

Auchroisk

Sec et fruité

Ouverte en 1974, cette distillerie moderne du Speyside a remporté plusieurs prix d’architecture. Se prononçant « Auth-rusk », ce qui signifie « gué de la rivière rouge », elle commercialise aussi ses malts sous l’appellation The Singleton”. Possédant huit alambics, elle utilise une eau particulièrement douce, et une partie du vieillissement est réalisée en fûts de xérès. Le nom Auchroisk” est par contre plutôt utilisé pour des vieillissements en fûts de bourbon.

Jaune doré, avec reflets rosés. Nez fruité avec notes florales (rose). Sec à l’attaque, son corps est assez puissant, avec des notes surtout florales et fruits secs (amande, noisette), puis une rondeur davantage marquée par les fruits rouges se fait sentir. Surtout apéritif, l’ensemble est avant tout sec jusqu’à la finale, un peu épicée, mais de courte persistance.

Glen Keith

Un Speyside technique

Cette distillerie récente du Speyside (1957-1960), située en face de strathisla dans un vieux moulin, a été la première à être chauffée au gaz, et a servi à de nombreuses expérimentations : triple distillation, distillation de malts en colonne continue, élaboration de malts très tourbés. Fermée en 1999, elle a été remise en marche en 2013 avec une capacité importante de 6 millions de litres d’alcool par an.

Ambré. Nez assez puissant, animal, avec des notes de toffee et de fruits cuits. Moelleux et chaleureux à l’attaque, il se développe sur un caractère surtout fruité (pomme cuite), avec une pointe d’acidité un peu astringente. Finale sèche (fruits secs), de persistance assez courte. Plus technique que franchement original.

Braeval (Braes of Glenlivet)

Bien épicé pour l’apéritif

Fondée en 1973 sous le nom de Braes of Glenlivet – c’était la plus moderne de l’Écosse à l’époque – la distillerie a toujours été destinée à l’élaboration de malts pour les blends, principalement Chivas. En 1994, son nom devient Braeval, pour éviter toute confusion avec The Glenlivet, propriété du même groupe. Appartenant aujourd’hui à Pernod-Ricard, elle a été en sommeil à partir de 2002, puis rouverte depuis 2008. Ses malts ne sont pas commercialisés officiellement.

Jaune clair. Nez discret, à dominante maltée. Moelleux à l’attaque, il se développe sur un caractère plus sec, voire un peu astringent et épicé. Prune jaune et coing marquent le côté fruité. Finale puissante sur la dominante épicée (poivre noir, gingembre) qui présente une belle persistance et ouvre l’appétit.

Glenronach Revival

Très  Xéres …

Protégé du duc de Gordon (à l’origine de la loi de 1923 qui a mis fin à la distillation clandestine), Ja­mes Allardice fonda la distillerie en 1826, qui fut ravagée par un incendie onze mois plus tard, suite aux négligences de son propriétaire. Reconstruite, elle connut plusieurs propriétaires, dont Walter Scott et Charles Grant (de la distillerie Glenfid-dich). Après avoir été propriété de Teacher’s, puis d’Allied Breweries, elle appartient depuis 2008 à BenRiach, propriété d’un groupe d’investisseurs, qui ont relancé la production après des années de mise en sommeil. Couleur acajou avec des reflets fauves. Nez intense, parfumé, fruits rouges très mûrs, bois de santal, tabac blond, raisins secs. Attaque plutôt onctueuse, puis devient très vite plus vif, acéré et sec. Beaucoup d’épices, puis se développe une belle amertume apportée par le cacao amer et un peu de boisé. Long et plaisant jusqu’à la fin, sans aucune lourdeur et une pointe de rancio…

Glenrothes 12 ans

Belle vivacité

Ambré aux notes orangées. Nez de fruits rouges et de cire d’abeille, sur une base bien maltée. Attaque assez moelleuse, suivie pas une belle vivacité épicée (poivre noir).

Glenglassaugh – Evolution

Un junior richement prometteur

Fondée en 1875, cette distillerie est située en bord de mer, sur le Moray Firth. Une localisation qui la voit parfois classée dans le Speyside (très voisin), mais aussi dans les Highlands du Nord. Assez vite propriété des Highland Distillers, elle a été complètement rénovée à la fin des années 50, avec notamment le changement des alambics. Ses malts ont surtout été utilisés par les blenders. Mise en sommeil en 1986, elle a été rachetée par des investisseurs privés en 2008, qui ont relancé la production, puis reprise par le groupe BenRiach en 2013.

Jaune très pâle. Nez fruité (pêche) avec un peu de caramel au beurre
et une pointe de vanille. Bouche moelleuse et fruitée (malgré la puissance en alcool), presque doucereuse, mais finalement relevée par des épices (gingembre et poivre noir) et un peu de fruits exotiques. Déjà riche en arômes pour son jeune âge.

Braeval

Un solide compagnon

Fondée en 1973 sous le nom de Braes of Glenlivet – c’était la plus moderne de l’Écosse à l’époque – la distillerie a toujours été destinée à l’élaboration de malts pour les blends, principalement Chivas. En 1994, son nom devient Braeval, pour éviter toute confusion avec The Glenlivet, propriété du même groupe. Appartenant aujourd’hui à Pernod-Ricard, elle ne possède pas de chais de vieillissement sur le site, l’eau-de-vie nouvelle étant expédiée à Keith. En sommeil entre 2002 et 2008, ses malts ne sont pas commercialisés officiellement.

Jaune d’or. Nez de céréales maltées, avec des notes de fruits jaunes (prune). Attaque puissante, mais moelleuse aussi. Les notes maltées et fruitées s’expriment à plein, avec beaucoup de rondeur mais aussi une pointe épicée qui prend plus d’ampleur sur la finale. Bonne persistance pour un malt sans complication, mais solide et de bonne compagnie.

Craigellachie

Un automne dans les Highlands ,,,

Fondée en 1891 par le créateur de White Horse, Peter Mackie, cette distillerie a servi principalement à l’assemblage de ce blend, même si son embouteillage en single a commencé très tôt, quoiqu’en quantités limitées. Située au coeur du Speyside, non loin de Macallan, elle a été modernisée et agrandie en 1965. Elle appartient depuis 1998 au groupe Martini-Bacardi. Bouteille de sous- Ambré.
Nez fauve, sous-bois, pommes cuites. Attaque un peu brûlante, mais le corps se développe ensuite sur un bel ensemble d’arômes boisés et tanniques, avec beaucoup de fruité comme au nez, dans un registre de confiture. Mais il reste sec jusqu’à la finale, avec un peu d’astringence, l’ensemble des arômes étant bien fondu, Un males senteurs automnales.

Tamdhu

Agréablement malté

Fondée en 1896, cette distillerie du Speyside (non loin de Cardhu) est devenue très vite la propriété des Highland Distillers, avant d’appartenir à Edrington Group. Rénovée et agrandie dans les années 70, elle élabore des malts très appréciés des blenders. Elle a pour particularité de procéder sur place au maltage de son orge, en utilisant le système Saladin. Toutefois, la distillerie a été mise en sommeil en 2009. En 2011, Ian Macleod l’a rachetée, la production a repris un an après (mais le maltage a été arrêté) avec l’ambition de faire de Tamdhu un malt plus présent sur le marché.
Ambré doré. Nez discret, plutôt sur le fruité. Bien sec sur l’attaque, il se développe ensuite sur un registre plus moelleux, avec un bon fondu fruité, caramel au beurre et un peu de poivre noir pour le relever. Finale agréable, avec du caractère, et une bonne persistance sur le malté.

Linkwood

Élégamment apéritif

Fondée en 1821, cette distillerie d’Elgin, dans la partie nord du Speyside, a connu de nombreux remaniements depuis. Toutefois, l’un de ses dirigeants, entre les deux guerres, était renommé pour ne remplacer qu’à l’identique les alambics trop âgés, en y martelant  les mêmes bosses. Les deux importants alambics d’origine (maintenant non utilisés) ont été complétés par quatre autres lors d’un grandissement en 1973. Surtout secs et épicés, les malts développent également d’autres aspects grâce à l’utilisation de fûts de xérès.
Jaune pâle. Nez plutôt sec et floral. Attaque sur un caractère sec qu’il conserve bien ensuite. Beaucoup d’élégance sur un corps puissant, avec du poivre noir, un peu de gingembre, mais aussi des notes florales plus discrètes (bruyère, lilas). Bien présent jusqu’à la finale, sa longue persistance (surtout pour un non tourbé) ne se laisse pas oublier.

Tamdhu

Un puissant gaillard

Fondée en 1896, cette distillerie du Speyside (non loin de Cardhu) est devenue très vite la propriété des Highland Distillers, avant d’appartenir à Edrington Group. Rénovée et agrandie dans les années 70, elle élabore des malts très appréciés des blenders. Elle a pour particularité de procéder sur place au maltage de son orge, en utilisant le système Saladin : il s’agit de caissons de 50 mètres de long équipé de remueurs où l’orge en train de germer est régulièrement brassé pour éviter de s’altérer. Un système aujourd’hui unique en Ecosse, que rappelle (discrètement), un épi d’orge situé sur l’étiquette de la version officielle.

Ambré fauve. Nez fruité : prunes jaunes, noisettes, avec une lègère pointe de caramel au beurre. Surtout alcoolisé à l’aération. Attaque d’abord moelleuse, puis très vite brûlante (ne pas hésiter à le diluer un peu…). Il développe ensuite avec puissance les fruits secs (noisette, raisins de Corinthe), le caramel et les épices (poivre noir, gingembre). Constitution robuste et solide, avec une finale plutôt astringente et une belle persistance.

Tamdhu

Malt et xérès : un beau mariage

Fondée en 1896, cette distillerie du Speyside (non loin de Cardhu) est devenue très vite la propriété des Highland Distillera, avant d’appartenir à Edrington Group. Rénovée et agrandie dans les années 70, elle élabore des malts très appréciés des blenders. Elle a pour particularité de procéder sur place au maltage de son orge, en utilisant le système Saladin : il s’agit de caissons de 50 mètres de long équipé de remueurs où l’orge en train de germer est régulièrement brassé pour éviter de s’altérer. Toutefois, la distillerie a été mise en sommeil en novembre 2009

Couleur ambrée. Le nez présente un caractère sec, avec des notes d’amande et de céréales mûres. En bouche, l’attaque est d’abord un peu douce, puis le corps se développe avec une belle amplitude. Le fino apporte sa dominante caractéristique : sec, un peu épicé, avec de belles notes de fruité, tandis que le malt lui donne fruité et moelleux, perceptibles davantage en fin de bouche. : Mais la finale reste sur le caractère sec et très apéritif. Une belle union entre le malt et le xérès.

Strathisla

Harmonie dans le Speyside

Fondée en 1785 par un négociant en textile, cette distillerie (appelée à l’origine Milltown ou Milton) revendique le titre de plus ancienne d’Ecosse toujours en activité, sur un site où se trouvait une brasserie au 13ème siècle. Elle a toutefois été largement reconstruite après un incendie en 1876. Mais elle conserve beaucoup de charme, tout en maintenant une longue tradition de petits alambics. Propriété de Seagram, puis de Pernod-Ricard, ses malts sont surtout utilisés pour les blends Chivas, et assez peu commercialisés.

Ambré. Nez moelleux, assez riche, avec beaucoup de douceur maltée et caramel au beurre. Attaque onctueuse, puis il devient plus épicé et un peu marqué par l’alcool. Corps bien fondu, harmonieux, mêlant pommes cuites (Tatin), caramel, raisins de Corinthe et poivre noir qui relève bien la finale. Assez sec et tannique, et d’une belle longueur en bouche. Un vrai condensé du Speyside.

Strathisla

Arrondi par le fruité

Fondée en 1785 par un négociant en textile, cette distillerie (appelée à l’origine Milltown ou Milton) revendique le titre de plus ancienne d’Ecosse toujours en activité, sur un site où se trouvait une brasserie au 13ème siècle. Elle a toutefois été largement reconstruite après un incendie en 1876. Mais elle conserve beaucoup de charme, tout en maintenant Finition Petrus Gaia une ]ongue tradition de petits alambics. Propriété de Seaeram, puis de Pernod-Ricard, ses malts sont Clan des Grands Malts surtout utilises pour les blends Chivas, et assez peu commercialisés.Ambré léger, avec quelques reflets orangés.

Nez léger, un peu fermé, avec quelques notes de fruits rouges (fraise des bois) et un petit caractère malté. Plutôt moelleux à l’attaque, il prend vite beaucoup de puissance en bouche, avec de beaux accents poivrés et pimentés. Un léger caractère fruité se développe ensuite, sans trop insister. La finale reste surtout dominée par le poivre, offrant une longueur correcte. Joli malt pour une fin d’après-midi d’automne.

Single Speyside

Un jardin de fleur au chocolat

Cette distillerie est une des rares à pouvoir se prévaloir d’être encore indépendante. Elle propose une très large sélection de malts. Elle a même initié la diffusion des tous premiers bruts de fût. Le malt non filtré du club délicatement ciselé par le sherry est enthousiasmant au nez. Très parfumé et frais, il évolue en bouche en de très douces sa­veurs florales teintées de l’amertume du chocolat. Très bonne persistance en bouche.

Mortlach

De quoi se réconforter

Existant dès 1823, année de la légalisation du scotch whisky, cette distillerie de Dufftown, au coeur du Speyside, a été plusieurs fois modernisée, tout en continuant à élaborer un malt très apprécié des blenders (Johnnie Walker Black Label surtout) pour sa richesse et sa puissance… d’où la grande rareté des single malts. Une distillation en deux étapes et demi (mais différente de celle pratiquée à Springbank) expliquerait son caractère original, ainsi que la grande diversité de formes de ses alambics.

Jaune très pâle. Nez malté et fruité, un peu alcooleux. Plutôt moelleux à l’attaque, il devient puissant, voire agressif en bouche. Puis il devient plus harmonieux et équilibré. Les fruits cuits (poire, pomme) dominent sans exagération, avec aussi de fortes notes maltées. Il devient épicé sur la finale, assez longue et de belle persistance. Parfait pour se réconforter après une journée venteuse et humide.

Mortlach

Un Speyside atypique, mais superbe

Existant dès 1823, année de la légalisation du scotch whisky, cette distillerie de Dufftown, au coeur du Speyside, a été plusieurs fois modernisée, tout en continuant à élaborer un malt très apprécié des blenders pour sa richesse et sa puissance… d’où la grande rareté de ses single malts. Une distillation en deux étapes et demie (mais différente de celle pratiquée à Springbank) expliquerait son caractère original, ainsi que la grande diversité de formes de ses alambics.

Ambré doré soutenu. Nez puissant, épicé, avec pêche jaune, sucre candi et du gras. Attaque puissante, vite épicée, mais avec du moelleux en arrière-plan. Corps bien charpenté, avec une riche palette aromatique : fruits jaunes, céréales maltées, biscuits au beurre, cire d’abeille, puis évoluant sur une finale de plus en plus épicée (poivre noir). Une puissance bien inhabituelle pour le Speyside, et surtout d’une étourdissante richesse aromatique.

Miltonduff

La pleine maturité d’un Speyside

Etablie sur les terres d’un prieuré bénédictin, où aurait existé une brasserie, cette distillerie du Speyside, au sud d’Elgin, remonte au moins à 1824, mais a été modernisée à plusieurs reprises depuis, notamment dans les années 1970. Ses malts sont principalement destinés aux blends, surtout Ballantine’s, et de ce fait peu disponibles en embouteillage en single malt.

Jaune doré. Nez moelleux, assez doux, fruits jaunes bien fondus. Attaque vive (surtout pour cet âge…) puis devient moelleux et harmonieux avec une structure très fondue. Sur une base bien maltée, on distingue la pêche jaune et la prune, relevées par quelques notes poivrées. Longue finale bien persistante. Un vrai Speyside en pleine maturité.

Macallan 16 ans

Apéritif et aromatique ? Mais oui !

Cette ancienne distillerie de ferme, placée au coeur du Speyside, s’est hissée depuis plusieurs décennies au sommet de la hiérarchie des malts, ce qui explique sa fière appellation de “The Macallan”. Une réputation qui doit beaucoup à l’utilisation longtemps exclusive de fûts de xérès pour le vieillissement, aujourd’hui abandonnée dans les nouveaux embouteillages (Fine Oak), mais aussi à une réelle maîtrise de l’art de la distillation.

Jaune doré. Nez puissant, à dominante maltée puis herbacée, avec une pointe de résine. Bouche d’abord onctueuse, puis d’une grande puissance (surtout à ce degré de réduction). D’une grande ampleur, il associe avec élégance un bel arc-en-ciel aromatique, où l’on retrouve le caractère malté, mais aussi le foin séché, la térébenthine et la sève de pin, relevés ensuite par de fines épices (poivre, coriandre, gingembre). La finale évolue sur une tonalité sèche, légèrement astringente, et donc très apéritive. Vraiment étonnant pour un Macallan, ce qui n’empêche pas le plaisir…

Macallan

Sec et bien robuste

Cette ancienne distillerie de ferme, placée au coeur du Speyside, s’est hissée depuis plusieurs décennies au sommet de la hiérarchie des malts, ce qui explique sa fière appellation de « The Macal­lan ». Une réputation qui doit beaucoup à l’utilisa­tion longtemps exclusive de fûts de xérès pour le vieillissement, aujourd’hui abandonnée dans les nouveaux embouteillages (Fine Oak), mais aussi à une réelle maîtrise de l’art de la distillation. Jaune doré soutenu, proche de l’ambré.

Nez de fruits secs (amande, raisin de Corinthe), avec une pointe de toffee. Attaque d’abord suave, très enve­loppante, puis il développe une puissance plus musclée, à dominante de fruits cuits, de pruneau, de noisettes grillées. Belle présence épicée : poivre noir, cannelle, quatre épices, le tout très fondue. Sur la finale, le boisé très marqué s’accompagne des notes fruitées caractéristiques du xérès, avec une belle persistance. Bien robuste avec un caractère sec omniprésent.

Linkwood

Une belle puissance apéritive

Fondée en 1821, cette distillerie d’Elgin, dans la partie nord du Speyside, a connu de nombreux remaniements depuis, le dernier en 2011. Toutefois, l’un de ses dirigeants, entre les deux guerres, était renommé pour ne remplacer qu’à l’identique les alambics trop âgés, en y martelant les mêmes bosses. Les deux importants alambics d’origine (maintenant non utilisés) ont été complétés par quatre autres lors d’un agrandissement en 1973. Surtout secs et épicés, les malts développent également d’autres aspects grâce à l’utilisation de fûts de xérès.

Jaune clair. Nez chaleureux, surtout malté, avec fruits jaunes (pêche), cire d’abeille, le tout bien fondu. Attaque puissante, plutôt sèche et épicée. Le corps est puissant, très sec, puis se dégage des notes fruitées, mais bien soutenues par une belle dominante épicée (poivre noir). Un malt direct, sans fioritures, peut-être sous l’influence d’un xérès sec… Finale particulièrement tannique, voire virile : un remarquable apéritif donc.

Linkwood

Un apéritif bien élégant

Fondée en 1821, cette distillerie d’Elgin, dans la partie nord du Speyside, a connu de nombreux remaniements depuis. Toutefois, l’un de ses dirigeants, entre les deux guerres, était renommé pour ne remplacer qu’à l’identique les alambics trop âgés, en y martelant les mêmes bosses. Les deux importants alambics d’origine (maintenant non utilisés) ont été complétés par quatre autres lors d’un agrandissement en 1973. Surtout secs et épicés, les malts développent également d’autres aspects grâce à l’utilisation de fûts de xérès.

Jaune pâle. Nez sec comme un fino, avec des notes de fleurs blanches. Attaque fine et élégante, puis il prend une belle puissance, avec un caractère bien sec, épicé et même poivré. Accompagné par un joli fruité (poire surtout), il prolonge son caractère sec et bien apéritif jusqu’à la finale, offrant une jolie persistance.

Graigellachie

Un automne dans les Highlands

Fondée en 1891 par le créateur de White Horse, Peter Mackie, cette distillerie a servi principalement à l’assemblage de ce blend, même si son embouteillage en single a commencé très tôt, quoiqu’en quantités limitées. Située au coeur du Speyside, non loin de Macallan, elle a été modernisée et agrandie en 1965. Elle appartient depuis 1998 au groupe Martini-Bacardi.

Ambré. Nez fauve, sous-bois, pommes cuites. Attaque un peu brûlante, mais le corps se développe ensuite sur un bel ensemble d’arômes boisés et tanniques, avec beaucoup de fruité comme au nez, dans un registre de confiture. Mais il reste sec jusqu’à la finale, avec un peu d’astringence, l’ensemble des arômes étant

Glentauchers

Harmonieuse discrétion

Fondée en 1898 dans le Speyside par deux associés, William Lowrie et le célèbre James Buchanan, créateur d’un des blends les plus vendus à l’époque, le Black & White. Bien desservie par le chemin de fer, et plusieurs fois modernisée, la distillerie a changé souvent de propriétaires (dont DCL, United Distillers, Allied Domecq et maintenant Pernod-Ricard), mais a toujours servi exclusivement à l’élaboration de blends, à tel point qu’il n’en existe pas de version officielle en single malt, et se trouve difficilement même chez les embouteilleurs indépendants.

Ambré un peu rosé. Nez discret, légèrement malté. Attaque moelleuse, puis un peu plus vive. La bouche est assez corpulente, avec une dominante fruitée (mirabelle, prune) mais aussi quelques notes de fruits rouges. Ensemble harmonieux, mais avec une certaine discrétion générale. Finale assez sèche, voire un peu astringente, mais avec toujours du fruité.

Glen Lossie

Élégamment fruité

Cette distillerie du Speyside, fondée en 1876 et agrandie en 1962, est assez méconnue des amateurs de malt… mais pas des blenders, qui ont été longtemps les seuls à l’utiliser, notamment pour Haig. Elle offre la particularité d’avoir six alambics équipés de purificateurs, ce qui donne un malt plus léger et plus net. Mis à part un embouteillage officiel de dix ans, les malts sont encore très rares sur le marché.

Jaune doré. Nez de céréales et de miel, mais plus sec à l’aération. Attaque vive, surtout pour un malt de cet âge. Passé le caractère un peu brûlant, il se révèle plutôt onctueux, sans perdre de son caractère sec et un peu astringent. Céréales, fruits jaunes (poire, pêche) sont accompagnées de petites notes poivrées, voire épicées. De plus en plus sec vers la finale, son fruité reste élégant avec une belle persistance.

Glen Spey Glenlivet

Apéritif bien fruité

Bien que fondée en 1880, et modernisée un peu moins d’un siècle plus tard, cette distillerie du Speyside, dans la ville de Rothes, n’a jamais vraiment fait beaucoup parler d’elle. Il est vrai que ses malts sont depuis longtemps essentiellement utilisés pour élaborer le blend J&B, qui se réserve la quasi-totalité de la production. Une rareté, surtout en brut de fût.

Jaune clair. Nez évoluant entre fruits mûrs et champ de céréales, avec quelques notes de fruits secs (noix). Attaque généreuse, puis se développe un corps plein, avec poivre noir et piment, mais de la pomme cuite, du coing, des amandes séchées. La finale est plus tannique, rendant le malt très apéritif. Belle persistance sur le fruité et les épices.

Glenrothes 2000

Puissance de l’oloroso

Après un démarrage en 1878, la faillite d’une banque a d’abord retardé son ouverture jusqu’en1887. Située à Rothes (qui en compte quatre autres), dans le Speyside, cette distillerie a été par la suite agrandie deux fois, et compte aujourd’hui dix alambics. Mais ses malts sont rares en embouteillage en single, car l’essentiel est utilisé par les blenders, notamment pour l’élaboration du Cutty Sark. Elle appartient depuis 1999 à Edrington Group , mais ses malts sont distribués par Berry Brothers.

Ambré foncé, reflets acajou. Nez de fruits rouges compotés, avec du pruneau et une pointe de cacao. Attaque brûlante (un peu d’eau n’est pas superflu…), pour un malt qui développe ensuite du moelleux, de la rondeur, accompagnés d’une petite acidité. L’alcool est très présent, mais permet le développement d’un caractère boisé, très tannique, accompagnant le fruité. Il évolue sur une finale assez longue qui laisse un goût marqué de cacao noir. L’oloroso se développe ici en toute puissance…

Glenrothes 2000

Autour du chocolat

Après un démarrage en 1878, la faillite d’une banque a d’abord retardé son ouverture jusqu’en 1887. Située à Rothes (qui en compte quatre autres), dans le Speyside, cette distillerie a été par la suite agrandie deux fois, et compte aujourd’hui dix alambics. Mais ses malts sont rares en embouteillage en single, car l’essentiel est utilisé par les blenders, notamment pour l’élaboration du Cutty Sark. Elle appartient depuis 1999 à Edrington Group, mais ses malts sont distribués par Berry Brothers. D –

Ambré très foncé, acajou. Nez de fruits rouges très mûrs, voire confitures, cacao et pointe d’acidité. Attaque puissante, voire brûlante, puis le malt se révèle assez moelleux, mais présente aussi une structure sèche, voire tannique. Les fruits cuits, le pruneau, mais aussi les amandes et les raisins secs sont au rendez-vous d’une belle richesse aromatique. On retrouve aussi de l’amertume autour du cacao. Il pourrait très bien accompagner une mousse au chocolat noir, mais constitue surtout un superbe digestif. Car sa longue finale présente ensuite une belle persistance.

Glenronach Cask Strength

La chaleur du xérès ,,,

Protégé du duc de Gordon (à l’origine de la loi de 1823 qui a mis fin à la distillation clandestine), James Allardice fonda la distillerie en 1826, qui fut ravagée par un incendie onze plus tard, suite aux négligences de son propriétaire. Reconstruite, elle connut plusieurs propriétaires, dont Walter Scott et Charles Grant (de la distillerie Glenfiddich), puis Teacher’s, Allied Breweries et enfin Pernod-Ricard, qui l’a revendu en 2008 à BenRiach, propriété d’un groupe d’investisseurs, qui ont relancé la production après des années de mise en sommeil.
Ambré aux nuances fauves. Nez puissant, aux notes vineuses de xérès. Attaque puissante (l’alcool est sensible), il se développe ensuite sur un moelleux assez opulent, bien marqué par les notes du xérès, notamment le cacao amer et un peu de boisé. La finale est relevé par des notes poivrées et épicées qui renforcent son caractère sec. Très chaleureux pour un automne brumeux.

Glenglassaugh revival

Un jeune à suivre

Fondée en 1875, cette distillerie est située en bord de mer, sur le Moray Firth. Une localisation qui la voit parfois classée dans le Speyside (très voisin), mais aussi dans les Highlands du Nord. Assez vite propriété des Highland Distillers, elle a été complètement rénovée à la fin des années 50, avec notamment le changement des alambics. Ses malts ont surtout été utilisés par les blenders. Mise en sommeil en 1986, elle a été rachetée par des investisseurs privés en 2008, qui ont relancé la production. Le Revival, de 3 ans d’âge, est le premier à être commercialisé.

Jaune doré. Le nez, surtout malté, fait penser à une pinte d’ale. Attaque sur la vivacité, avec surtout des notes végétales (céréales, herbe fraîche), mais aussi du fruité (pomme verte) accompagné de pointes épicées. L’ensemble est encore bien vert, mais laisse présager une belle structure qui devrait être marqué par le fruité. A suivre…

Glen grant

Un solide compagnon

C’est en 1840 que les frères Grant créent cette distillerie près de Rothes dans le Speyside. Un patronyme assez répandu en Ecosse, que l’on retrouve d’ailleurs dans plusieurs distilleries et sociétés de négoce. Mais Glen Grant va rapidement se faire connaître, notamment dans des versions très jeunes (5 ans d’âge en moyenne) au point d’être présent dans de nombreux bars de la planète. Son entrée dans le groupe Seagram, en 1977 (maintenant chez Pernod-Ricard) et l’installation de nouveaux alambics, n’a modifié en rien sa notoriété, véritable référence en matière de Speyside.

Jaune vif. Riche nez miellé, devenant plus malté à l’aération. Attaque assez vive, avec une nette dominante maltée, relevée par des notes plus épicées (poivre noir) et un peu miellées. Le corps est plein, riche, très expansif et roboratif. Un solide compagnon au caractère enjoué et jovial. Belle finale sur la céréale et le poivre, ici à leur apogée.

Dailuaine

Tout simplement classique

Comme l’indique son nom gaélique (« vallon verdoyant »), la distillerie est située dans un creux au bord de la rivière Spey. Créée en 1852 par William Mackenzie, elle a été peu de temps après reliée au réseau de chemins de fer, ce qui a beaucoup influé sur son développement. Ce fut la première distillerie du Speyside à être munie de la cheminée se terminant par une pagode, conçue par Charles Doig en 1889. Equipée de six alambics, et plusieurs fois modernisée, son malt a été réservé longtemps aux blenders (Johnnie Walker), et il est encore peu embouteillé en single.

Ambré doré. Le nez, assez léger, débute sur de la fraîcheur fruitée, puis des notes de céréales plutôt campagnardes, avec une petite pointe de miel de bruyère. Malgré la réduction, l’attaque est assez puissante, mais moelleuse avec un solide caractère épicé. Le corps évolue sur le fruité (influence du xérès ?) avec de la pomme et de la poire, mais la dominante reste avant tout sur les céréales. La finale est plutôt longue, avec toujours ce bel accord épicé qui persiste longuement. Certes, ce n’est pas de l’originalité qu’on trouvera dans cette bouteille, mais simplement une belle illustration du classicisme en vigueur dans le Speyside.

Dallas Dhu

Les atouts de l’âge

Fondée en 1899 lors du “boom du whisky”, cette distillerie à l’ouest du Speyside a essentiellement servi à alimenter les blenders, même si le single malt a parfois été diffusé sous le nom Dallas Mhor. La production a été stoppée en 1983, mais les bâtiments, ayant peu changé en près d’un siècle d’existence, ont été transformés en musée du whisky par Historic Scotland (les Monuments Historiques d’Ecosse) en 1988, à ne manquer lorsqu’on visite la région. Faut-il préciser que le malt est de plus en plus rare…. ?

Ambré soutenu. Nez chaleureux, bien épicé avec une dominante tannique, bois de santal. Moelleuse, l’attaque prend vite de la puissance, voire de la brutalité. Sur un corps vigoureux, se développent des notes très fondues de pommes cuites, de cuir, de boisé, de cire d’abeille… Une belle harmonie qui ne manque pas de vivacité, grâce à une pointe épicée qui se développe jusqu’à la finale, d’une grande longueur et d’une belle permanence. Comme quoi l’âge est souvent bien profitable aux malts…

Craigellachie

Poivré, voire volcanique

Fondée en 1891 par le créateur de White Horse, Peter Mackie, cette distillerie a servi principa­lement à l’assemblage de ce blend, même si son embouteillage en single a commencé très tôt, quoiqu’en quantités limitées. Située au coeur du Speyside, non loin de Macallan, elle a été moder­nisée et agrandie en 1965. Elle appartient depuis 1998 au groupe Martini-Bacardi.

Jaune doré, légèrement rosé. Nez délicat, d’une belle finesse, mêlant céréales et légères notes de fruits rouges. Attaque très vive en bouche, épicée et presque brûlante, nécessitant un peu d’eau (et ce n’est pas un brut de fût…). Le corps se révèle ensuite plutôt moelleux, voire onctueux, avec une dominante de fruits rouges (fraise, framboise), mais également bien maltée. Tonalité tout de même sur le sec, le poivré, jusqu’à la finale, assez longue… Un malt plaisant… si on franchit le cap de sa volcanique puissance initiale !

Braeval

Classiquement Speyside

Fondée en 1973 sous le nom de Braes of Glenlivet – c’était la plus moderne de l’Ecosse à l’époque – la distillerie a toujours été destinée à l’élaboration de malts pour les blends, principalement Chivas. En 1994, son nom devient Braeval, pour éviter toute confusion avec The Glenlivet, propriété du même groupe. Appartenant aujourd’hui à Pernod-Ricard, elle ne possède pas de chais de vieillissement sur le, site, l’eau-de-vie nouvelle étant expédiée à Keith.

En sommeil à partir de 2002, elle est de nouveau en activité depuis 2008. Ses malts ne sont pas com­mercialisés officiellement. Jaune doré. Nez axé avant tout sur le malt, plutôt sec avec quelques notes de fruits jaunes. Attaque presque brûlante, malgré la réduction. Plus il devient plutôt moelleux, se développant comme le nez sur les fruits jaunes (poire, coing) avec des notes de cire d’abeille. Un carac­tère plus épicé amène sur la finale, assez chaleureuse, mais d’une per­sistance plutôt moyenne. Un Speyside tout à fait classique, ni moins ni plus peut-être un peu plus sec que la moyenne.

Benrinnes

Fruité et épicé

Situé à plus de 200 m d’altitude sur le versant nord du mont du même nom, le site est alimenté par des eaux abondantes et bien filtrées par le granit. Ce qui explique l’implantation ancienne d’une distillerie (avant 1820). Réaménagée en 1955 et équipée d’alambics supplémentaires 11 ans plus tard, ses malts ont longtemps alimenté les blends Crawford, avec une distillation en deux étapes et demi. Le single malt est rare sur le marché… sauf pour les membres du Clan, qui en ont dégusté déjà plusieurs versions.

Jaune doré. Nez à dominante maltée, peu expressif. Brûlant à l’attaque, il se développe sur une base maltée, avec quelques notes de fruits jaunes et un caractère plutôt moelleux. Des notes plus épicées (poivre noir, gingembre) s’élèvent avec la finale qui garde tout de même un caractère plutôt sec. Belle persistance sur le fruité et les épices.

Benriach Solstice

Bienvenu pour l’hiver

Voisine de Longmorn, et construite un an après en 1898, cette distillerie du Speyside n’a fonctionné que quatre ans… avant d’être fermée pendant 65 ans ! Mais sa malterie a longtemps été en service. Rachetée par Seagram en 1978, elle a été ensuite agrandie en 1985… puis mise en sommeil en 1999. Devenue propriété de Pernod-Ricard en 2001, elle a été revendue en 2004 à un groupe sud-africain. Depuis, ses malts, longtemps réservés aux blends, ont été renouvelés avec des créations très intéressantes. Solstice, comme son nom l’indique, a été commercialisée juste après le solstice d’hiver 2010.

Ambré médium, tirant sur le rouge orangé. Au nez, la tourbe végétale s’accompagne de notes de fruits rouges bien mûrs et d’un caractère animal. Plutôt moelleux à l’attaque, il prend vite une belle puissance, entre un tourbe surtout végétal et les notes fruitées du nez. La finale laisse développer un caractère plus épicé (poivre noir) sur un style plutôt sec. Malgré ce mariage un peu curieux entre tourbe et fruité, c’est un malt généreux, puissant et très réchauffant surtout pour les longues nuits d’hiver !

Benriach

Très fino, n’est-ce pas ?

Voisine de Longmorn, et construite un an après, en 1898, cette distillerie du Speyside n’a fonctionné que quatre ans… avant d’être fermée pendant 65 ans ! Mais sa malterie a longtemps été en service. Rachetée par Seagram en 1978, elle a été ensuite agrandie en 1985… puis mise en sommeil en 1999. Devenue propriété de Pernod-Ricard en 2001, elle a été revendue en 2004 à un groupe sud-africain. Rarement commercialisés, ses malts ont surtout servis à l’élaboration de blends.

Jaune pâle. Nez discret, avec quelques notes de céréales et de foin séché. Attaque sèche, puis se développe un puissant fruité (poire, pomme jaune), avec aussi une dominante épicée, poivre noir. La finale évolue vers une dominante tannique, toujours orienté vers un côté très sec, bien apéritif. Le fino n’est pas loin…

Benromach

Sec avec une belle ampleur

Construite en 1898, cette distillerie à l’ouest du Speyside, près de la ville de Forres, a rouvert exactement un siècle après, en 1998, 15 ans après sa mise en sommeil par DCL. Reprise par un embouteilleur indépendant, elle a été complètement modernisée, y compris pour les alambics, d’une taille plus petite. C’est d’ailleurs la plus petite distillerie du Speyside. En attendant de découvrir ce nouveau malt (première commercialisation en 2009), il reste encore quelques exemplaires des productions anciennes.

Jaune doré. D’abord discret, le nez devient plus chaleureux, plutôt miellé avec de solides notes de céréales. Après une attaque moelleuse, il prend plus de force en bouche, avec une belle puissance surtout épicée. Fruits jaunes (pêche, abricot) et tonalité pâtissière ne le font pas évoluer sur le doux, car il reste fondamentalement très sec, et plutôt viril. Belle ampleur jusqu’à la finale, avec une pointe d’astringence.

Ardmore

Classique mais chaleureux

Située dans une vallée reculée à la limite du Speyside, cette distillerie centenaire (fondée en 1898) a longtemps servi à l’élaboration du blend Teacher’s. Malgré son importance – huit grands alambics chauffés au charbon – elle est encore méconnue, mais sa notoriété augmente depuis son acquisition par Jim Beam en 2005.

Jaune doré. Nez bien malté, chaleureux avec des Fût de manzanilla notes de miel et de cire d’abeille. Attaque vive, avec un corps assez enveloppant tout en étant plutôt sec. Bonne richesse aromatique, où l’on retrouve les notes du nez, avec une dominante plus marquée du caractère malté. Il devient un plus gras sur la finale, avec des notes poivrées d’une grande vivacité. Que du classique, mais avec une belle chaleur général.

Ardmore

Un vrai Highlander

Située dans une vallée reculée à la limite du Speyside, cette distillerie centenaire (fondée en 1898) a longtemps servi à l’élaboration du blend Teacher’s. Malgré son importance – huit grands alambics chauffés au charbon – elle est encore mé­connue, mais sa notoriété augmente depuis son acquisition par Jim Beam en 2005. Ambré léger. Nez de céréales, avec une présence tourbée végétale significative, et un peu de fumé. Attaque puissante, voire brûlante, vu le degré d’alcool.

Puis la bouche se révèle très chaleureuse, sur un caractère bien sec et viril. Le tourbe domine, sans exagération, dans une ambiance légèrement caramélisée. Epices (surtout gingembre), poivre noir, fruits secs sont au rendez-vous dans une puissante harmonie. Un grand malt à découvrir – en tout cas dans cette version – tant il symbolise bien la fierté et la puissance des Highlands.

Allt A Bhainne

Un rosé pour l’été !

Créée en 1975 par le groupe Seagram essentiellement pour ses besoins en blends (notamment Chivas), cette distillerie moderne est entièrement automatisée et emploie moins de dix personnes pour une production d’environ 5 millions de litres par an. Se prononçant “Alt-Abanya” et signifiant en gaëlique “ruisseau de lait” (ou d’eau blanche), ce malt n’est que rarement commercialisé, d’autant que la distillerie a été mise en sommeil par son nouveau propriétaire, Pernod-Ricard, de 2002 à 2005.

Ambré tirant sur l’orangé. Nez finement fruité, à dominante de fruits rouges (framboise, fraise des bois), avec des notes herbacées. Attaque suave, avec tout de même de la vivacité. Beaucoup de fraîcheur en bouche, avec toujours les mêmes notes fruitées, mais relevées par un peu d’épices (piment doux, poivre gris). Et l’astringence finale lui donne même un caractère… désaltérant ! Si ce n’était pas de saison, ce serait un excellent malt rosé… pour l’été.